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Calliclès

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Tout ce qui a été posté par Calliclès

  1. Salut à toi mon Gégérad! Désolé de ne pas t'avoir répondu plus tôt, retroussons-nous les manches et partons explorer le Philèbe de Platon! C'est un texte qui explore le concept du Bien, mais d'une façon nuancée qui laisse de la place à l'idée de "vie bonne" et de vie des plaisirs. On peut y trouver la racine de ce que les Epicuriens ont trouvé chez Platon. Mais ces considérations générales sur l'oeuvre ne nous seront d'aucune utilité, donc abandonnons-les dans un endroit où les généralités inutiles sont heureuses, comme Wikipédia ou les programmes électoraux. Et mettons-nous plutôt à la lecture dans le détail! Ce passage évoque la distinction intellectuelle entre différentes formes du savoir. C'est donc un texte d'épistémologie (philosophie de la connaissance, qui pose des questions sur la nature des raisonnements et des sciences). J'ai retrouvé ce passage dans la nouvelle édition du Philèbe sortie chez Vrin en collection bilingue (traduction par Sylvain Delcomminette, Vrin, 2022, p223, référence 59a). Et la traduction est un peu différente, mais peu importe, j'ai le texte grec original en vis-à-vis. Juste avant ce passage, le dialogue entre Socrate et Protarque recherchait la science la plus pure. Il y avait une comparaison avec la couleur blanche: une petite étendue de blanc pur se distinguerait au milieu d'une grande étendue d'un blanc moins pur. Puisqu'à cette époque l'orateur Gorgias (un maître en rhétorique célèbre de cette époque, qui donnait des leçons particulièrement chères) prétendait que la rhétorique était la science suprême, Philèbe l'avait évoqué. Mais cette idée est écartée par Socrate, pour qui la rhétorique n'est qu'un moyen d'accommoder les idées de façon agréables, sans réfléchir à son sujet, elle n'est donc pas une science (je te renvoie à cet autre dialogue de Platon qu'est Gorgias, où tout cela est expliqué de façon très amusante à lire: c'est pour dire que Gorgias est un emmerdeur négligeable dans le débat). Il y a une distinction à faire entre la science ou connaissance ( ἐπιστήμη, "épistémè") et l'opinion (δόξα, "doxa"). Avoir une opinion, c'est avoir un jugement tout fait et dénué de réflexion. La connaissance, au contraire, procède d'une réflexion, elle s'appuie sur un raisonnement logique et est toujours supérieure à l'opinion. Donc le début du texte doit t'apparaître plus clair: Platon demande à Protarque d'accepter un exercice de pensée, imaginer un imbécile ("un de ces hommes d'opinion") qui étudie la nature. Mais il définit immédiatement la nature: c'est l'ensemble des choses qu'il y a sous le ciel, là où tout change en permanence (par opposition à ce qui se passe dans le ciel, où les mouvements des planètes sont parfaitement réguliers et respectent des cycles éternels... en tout cas, c'est ce que les Grecs anciens croyaient de l'astronomie). Le raisonnement qui s'ensuit est limpide: si un homme d'opinion (donc qui ne pratique pas les sciences méthodiques) commence à étudier la nature (qui change continuellement et où les objets n'ont pas de permanence éternelle), il peut bien y consacrer sa vie s'il le souhaite, il n'y trouvera pas de connaissance ferme. A cause de la double-difficulté: d'une part le monde change, d'autre part son esprit n'a pas de méthode. Mais puisque le monde change en permanence, on ne peut pas en tirer de connaissance ferme et absolue, éternelle (Platon ne connait pas la théorie de l'évolution, la biologie, ni même la géologie, il est en train de défendre que seules les sciences exactes comme la géométrie ou la logique produisent des connaissances certaines). Pour atteindre une science vraie, il faut trouver une science dont l'objet est stable et sans mélange. On pourrait croire que cette distinction va servir plus tard dans le raisonnement à distinguer le bien stable du plaisir changeant, mais le dialogue est plus subtil que ça et ce serait simpliste. Le propos du dialogue Philèbe étant complexe, je ne vais pas tenter d'examiner cet extrait de trop près. Le petit exemple qu'il nous a fourni suffit à disserter sur la différence entre la science et l'opinion, la différence entre le changeant et le permanent. Bon courage pour la suite!
  2. Tu ne vas pas trop loin dans l'interprétation, c'est exactement ça: il y a une analogie entre le dieu créateur et l'artisan qui a fabriqué la clepsydre (dis-le dans ton commentaire). Nous sommes des observateurs du fait que nous n'ayons pas assistés à la création du monde. Mais comme l'observateur de la clepsydre, nous essayons de comprendre comment ça marche: être un observateur ne veut pas dire être passif. Du coup, est-ce qu'il y a une défense de l'articulation entre raison et religion? Oui. Mais c'est un exercice ancien: les Grecs écrivaient déjà des traités de théologie pour essayer d'expliquer le comportement de Zeus (et ça leur posait de nombreux problèmes intellectuels, de devoir justifier Zeus comme la volonté divine suprême et juste, alors que la moitié de leur mythologie le décrit comme un obsédé sexuel qui court après tout ce qui bouge). Pas besoin d'aller dans le détail à ce point, c'est une réflexion générale sur la démarche intellectuelle: déduction pour le créateur, induction pour l'observateur. Tu peux t'en tenir là, tout autre exemple sortirait du texte et de son interprétation rigoureuse. C'est la seconde alternative qui est la plus simple et la plus élégante. Avec toutefois une erreur dans le problème: ce n'est pas "justifier l'existence de dieu scientifiquement" qui intéresse Maïmonide, mais pourquoi nous ne pouvons pas acquérir une connaissance divine parfaite. Car depuis le début, Maïmonide considère l'existence de dieu comme évidente, c'est une prémisse de son raisonnement et il ne va pas revenir dessus dans ce texte.
  3. Ravi de voir que j'ai pu aider, mais n'oublie pas que c'est bien ta note: c'est ton travail qu'il faut féliciter, je n'ai rien écris que tu aurais pu bêtement copier-coller pour remplir le sujet. Pour le texte de Maïmonide: je tiens d'abord à préciser que si j'ai évidemment des connaissances en philosophie médiévale et théologie, ce n'est pas ma branche (pour une bonne raison: c'est un branche morte encombrée de problèmes insolvables et mal posés, un cul-de-sac intellectuel dont la philosophie occidentale s'est débarrassée depuis Kant en jugeant le concept de dieu indécidable, donc inutile). Ce texte a l'air d'aborder l'épistémologie (la philosophie de la connaissance qui se préoccupe de questions telles que "qu'est-ce que la vérité?", "qu'est-ce qu'une théorie scientifique?", ou encore "quelle est la différence entre croire et savoir?"), mais il parle en réalité de théologie (la philosophie religieuse chargée de résoudre les nombreuses contradictions des dogmes religieux, comme "qu'est-ce que dieu foutait avant la création?" et "si dieu est bon, pourquoi y a-t-il du mal quand même?") Première remarque d'importance: ce texte médiéval pose déjà de nombreux problèmes de traduction! La version qu'on t'a présentée utilise un vocabulaire vieilli qui porte à confusion. Il faut donc faire une notice de traduction du texte (que ton ou ta prof aurait peut-être pu fournir... je ne sais pas) artiste = artisan. Dans ce texte, ce n'est pas du tout une personne qui s'occupe d'expression artistique (en lisant l'exemple, on se rend compte qu'on gagnerait à remplacer "artiste" par "mécanicien" ou "horloger" pour mieux comprendre la situation). C'est ici à comprendre dans le sens d'artisan. science = savoir ou connaissance. Ce n'est pas ici le mot "science" au sens précis de grandes théories rationnelles, mais au sens élargi de connaissance, technique, savoir, et seulement enfin de science à la fin du texte. oeuvre = produit. C'est justement le sens artisanal du mot oeuvre qui est retenu, pas le sens artistique que la Modernité lui a donné à partir du XVIIe siècle. Maïmonide ne parle absolument pas d'un peintre ou d'un musicien qui compose une oeuvre d'art, sauf dans le sens strictement technique du terme. Il vaut mieux imaginer un menuisier en train de construite un meuble, ou un horloger en train d'ajuster un mécanisme complexe pour comprendre l'exemple de Maïmonide. connaissance = connaissance (du point de vue du créateur) / observation (du point de vue du spectateur). Ce terme est utilisé de deux façons différentes par Maïmonide, qui joue sur la polysémie du terme, cela peut prêter à confusion. Lorsque Maïmonide parle de la connaissance de l'artisan, il parle d'une maîtrise intellectuelle des concepts qui permettent de fabriquer une horloge (par exemple), c'est donc une connaissance des lois de la mécanique et de la physique. Mais lorsqu'il parle de la "connaissance", et même de la "connaissance parfaite" de celui qui observe, il faut comprendre "observation". C'est le processus intellectuel qui est en jeu. Par exemple, si tu connais la géométrie d'Euclide et la règle de construction et de calcul d'un quadrilatère, tu peux créer tous les carrés, trapèzes et losanges que tu veux, tu possèdes la connaissance théorique suffisante pour créer cet objet: la maîtrise de la géométrie. En revanche, un enfant ignorant de la géométrie découvre une forme différente losange après rectangle, sa connaissance de ces figures dépend de ce qu'il observe, c'est une connaissance empirique (pratique, mais sans compréhension des règles intellectuelles sous-jacentes, il saura certainement reconnaître un carré et le différencier d'un trapèze, mais il sera incapable de les définir clairement). cette boîte = L'exemple est celui d'une clepsydre, une horloge médiévale qui utilisait un système interne de poids et contrepoids, tout en agissant comme un gros sablier qui utilise l'écoulement de l'eau au lieu du sable. Mais ce système ingénieux nécessitait qu'on y remette de l'eau tous les jours à la même heure. Il a donc disparu progressivement après l'apparition des horloges à ressort, qu'on peut se contenter de remonter toutes les semaines. C'est là que la distinction entre la connaissance du créateur et la connaissance du spectateur va s'appliquer: celui qui a fabriqué la clepsydre comprend les lois de la mécanique, alors que celui qui regarde une clepsydre sous tous les angles voit sa connaissance augmenter petit à petit au fur et à mesure qu'il l'observe. S'il y passe suffisamment de temps et de réflexion, avec rigueur et logique il finira même par déduire les lois de la mécanique du fonctionnement de la clepsydre, et aura donc l'impression que "la science suit l'oeuvre." La fin du texte est une expérience de pensée: imaginons une autre machine que la clepsydre, plus grosse et pratiquement infinie dans son étendue et sa complexité. On ne pourrait pas en comprendre les lois sous-jacentes, peu importe le temps d'observation. Et cette machine géante à la complexité infinie: c'est le cosmos, avec les mouvements réguliers et mystérieux des planètes, ainsi que toutes les choses qu'on ne comprend pas. Et enfin, il termine sa comparaison en disant qu'il y a entre nous et dieu une différence de connaissance comparable à celle qui sépare l'artisan qui a fabriqué la clepsydre, de celui qui regarde la clepsydre. Et c'est un appel à l'humilité intellectuelle, c'est un avertissement rationnel "restez modestes dans votre approche du monde, la science ne permettra jamais de comprendre la totalité des règles du cosmos", mais exprimé de façon irrationnelle avec un appel à l'humilité devant dieu. Et je trouve ça un peu nul. Abordons la critique du texte, pour laquelle je vais laisser de côté ma réserve et donner un avis personnel qui n'engage que moi: d'une part, cet exercice de traduction est bien pénible, non? C'est la raison pour laquelle je ne donne pas de texte médiéval ou trop exotique à mes élèves: la traduction est un obstacle. On se retrouve à faire un cours de philosophie dans lequel tous les problèmes abordés sont des problèmes de langage, alors qu'on pourrait parler plus facilement des concepts avec un texte plus proche de la langue des élèves. Par exemple: dans ta classe, je suis sûr que certains élèves vont se planter méchamment. Certains vont croire que Maïmonide parle effectivement d'un artiste au sens moderne du terme, et vont se dire qu'il faut parler de philosophie de l'art: parce qu'ils ne connaissent pas le sens premier d'artiste: artisan, fabricant. D'autres ne vont tout simplement rien piger à cette histoire d'horloge avec des poids et de l'eau... Parce qu'ils ne savent pas ce que c'est qu'une clepsydre! Et comment leur en vouloir? J'ai étudié l'histoire des idées, je lis des livres d'histoire des sciences pour le plaisir, je collectionne des gadgets mécaniques inutiles, et la dernière fois que j'ai vu une clepsydre, c'était dans un musée. C'était un objet courant à l'époque de Maïmonide, et si tout le monde ne savait pas forcément s'en servir, il y a fort à parier que tout le monde en avait déjà vu une fonctionner, au moins chez quelqu'un d'autre, c'était donc un exemple pédagogique lorsque Maïmonide a écrit ce texte au XIIe siècle, mais c'est devenu un obstacle à la compréhension d'aujourd'hui: il faut assortir ce texte d'une petite note de civilisation, par exemple "Maïmonide parle ici de la clepsydre, une horloge à eau utilisée au Moyen-Âge". Ton ou ta prof s'aventure vers une pluie de mauvaises notes, ou elle devra ajuster sa notation sur ce devoir, parce qu'il ou elle a choisit un texte qui surajoute des problèmes de langages aux problèmes conceptuels que vous deviez expliquer. Ensuite, le raisonnement de Maïmonide est intéressant sur le plan épistémologique: il sépare la connaissance qui vient d'une maîtrise des règles théoriques, de la connaissance qui procède au contraire de l'observation. Ce sont deux mouvements intellectuels différents: la déduction (aller des règles comprises vers une conclusion logique et son application), et l'induction (aller de l'observation des objets vers le postulat d'une règle pour construire une théorie). Et d'un point de vue épistémologique, son raisonnement est assez juste: peu importe le temps qu'on y consacre, on n'aura jamais de connaissance parfaite des lois de l'univers (il y a de moins en moins de mystères scientifiques au fur et à mesure que les sciences progressent et que les théories gagnent en efficacité, mais on tombe finalement sur de nouveaux phénomènes encore plus difficiles à comprendre). Mais la conclusion théologique n'a selon moi aucun sens. Si dieu est un horloger (admettons...), cela n'explique rien du monde, puisqu'on ne sait toujours pas d'où sort dieu, ce qu'il faisait avant de fabriquer son horloge en forme de cosmos, ni pourquoi il a fabriqué un cosmos, à partir de quels éléments disponibles, et encore moins comment il a appris les règles lui permettant de fabriquer un cosmos. Cela ne nous dit rien non plus de la nature des règles: les lois du cosmos sont-elles arbitraires, choisies par dieu au moment de la création (comme tu peux choisir la puissance et la durée de cuisson de ton grille-pain si tu le construis toi-même) ? Ou est-ce que ce sont des lois nécessaires, et dieu n'aurait de toute façon pas pu faire autrement (comme tu ne peux rien changer aux principes thermiques, mécaniques et électriques exploités dans cet appareil qu'est le grille-pain) ? Cela ne répond à aucune question philosophique qu'on peut se poser sur la nature du monde et des lois de la physique. Pire: puisque la conclusion de Maïmonide est de dire qu'on ne comprendra jamais complètement, c'est pratiquement un appel à l'inaction. Puisqu'on ne comprendra de toute façon jamais les lois du cosmos, à quoi bon? J'espère que cet extrait a été coupé trop tôt et qu'il était suivi d'une analyse de l'intérêt pratique et théorique de la science et de ses applications, parce qu'en l'état actuel la conclusion est une catastrophe: on ne comprendra jamais complètement les lois de l'univers, ça n'appartient qu'à dieu. Et c'est ce qu'on appelle le dieu de l'ignorance: lorsque dieu sert de rustine intellectuelle pour faire tenir une théorie incomplète, on dit "c'est dieu qui l'a fait". Le problème du dieu de l'ignorance, c'est qu'on peut admettre sa nécessité pour expliquer certains phénomènes tant qu'on reste ignorant. Mais à partir de Galilée, Newton et Darwin entre autres, ce dieu d'ignorance est sévèrement abîmé: plus les théories des sciences naturelles sont complètes, plus le dieu d'ignorance est inutile!* Bref, je ne sais pas où va Maïmonide dans la suite du texte, mais on peut lire cette conclusion comme "il ne sert à rien de chercher, on ne saura jamais". Ce qui est une pensée au mieux inutile, si elle est énoncée entre savants capables de comprendre qu'il faut rester humble devant la complexité de l'univers, au pire nuisible au financement de la recherche si un politique mal intentionné s'emparait de l'argument pour arrêter de financer les travaux des savants. Je pense et j'espère que Maïmonide réservait ce texte à de futurs savants qui avaient besoin de comprendre cette leçon, tout en comprenant qu'ils ne doivent pas déblatérer sur leur impuissance intellectuelle devant les gens qui allongent de la thune pour payer leur labo. *Note superflue, à lire si tu as le temps: A partir de Copernic, on a une théorie astronomique beaucoup plus complète puisque que mettre le Soleil au milieu du système simplifie le modèle des planètes. A partir de Galilée, non seulement la théorie astronomique s'enrichit de nouvelles observations (il invente la lunette astronomique et observe quatre satellites autour de Jupiter: les lunes dites "galiléennes"), mais la théorie physique fait un bond de géant puisqu'il explique la chute des corps en comprenant que tous les objets sont attirés par la même force vers le centre de la Terre, et pas seulement certains objets selon leur nature comme on le pensait avant. Et Newton enfonce le clou définitivement en réunissant les deux: sa théorie de la gravitation universelle explique à la fois la chute des corps et les mouvements célestes, c'est la même gravité qui fait tomber une pomme et contraint la Lune à tourner autour de la Terre. Mais il reste encore à comprendre comment la gravité peut agir à distance instantanément sur d'autres corps: c'est une question complexe et dieu a encore un rôle à jouer pour Newton, qui considère que les règles de l'univers ont été décidées par le créateur et qu'il se contente de les découvrir. Einstein va plus loin, et sa théorie de la relativité générale, avec le concept d'espace-temps, vient expliquer la gravité comme une propriété géométrique de l'univers, et non plus comme une force d'action à distance mystérieuse. Le dieu d'ignorance est d'abord tout-puissant lorsque la science est minimale et que ses théories sont locales. Mais plus les théories évoluent, plus elles englobent de phénomènes sous une même loi naturelle avec des prédictions efficaces, plus ce dieu est acculé dans un espace de plus en plus réduit, jusqu'à devenir parfaitement inutile à la fin du XIXe siècle (moment où Nietzsche constatera la "mort de dieu", c'est-à-dire le moment de l'histoire des idées où parler de dieu ne sert plus à rien, puisque le concept n'explique plus grand-chose). C'est la raison pour laquelle les croyants doivent déplacer leur foi ailleurs: croire en un dieu de valeurs morales par exemple, puisque dieu n'a plus de rôle à jouer comme principe d'explication du monde. Et c'est aussi la raison pour laquelle les créationnistes contemporains sont intellectuellement pathétiques, puisque toutes leurs actions consistent bêtement à contester et à freiner la recherche scientifique, dans le but grotesque de protéger leur ignorance, comme de vulgaires croyants de la Terre plate qui refusent de constater les faits, et préfèrent s'aveugler l'esprit que d'apprendre un peu d'astronomie.
  4. J'ai vérifié dans la base de données BDBac (la base numérique qui recense les sujets donnés au bac de philo depuis 1996, et publiée gratuitement par des collègues de l'académie d'Aix-Marseilles: je ne peux que les féliciter pour le boulot): le seul autre sujet commençant par "Peut-on se contenter..." était le sujet de remplacement pour la Polynésie, destiné à l'épreuve du bac Economique et Social en 2015: "Peut-on se contenter d'une liberté intérieure?", qui est lui aussi bien étrange... Et ton sujet n'a aucun retour trouvable facilement sur Google, donc je pense que tu as raison: ta prof écris ses sujets elle-même.
  5. Es-tu en Tle? Ce sujet est étrange, on ne donne généralement pas de sujet à un seul terme au lycée. Et bien c'est parti: "Peut-on se contenter de la vérité?" Je vais commencer par analyser les termes: "peut-on", c'est le verbe pouvoir qui est utilisé, pas le verbe "devoir", c'est donc une question qui porte sur un jugement de fait, et pas sur un jugement de droit. Les exemples sur l'éthique, la morale et la loi sont donc hors-sujets, ou ils doivent servir de contre-exemples pour montrer un écueil du raisonnement. "se contenter", c'est-à-dire être heureux avec. C'est le deuxième terme caché de la question: le bonheur. Ce sujet, sans en avoir l'air a priori, te demande de parler du bonheur, et si ta problématique fait intervenir le terme "heureux", ce ne sera pas hors-sujet. "la vérité" est une notion qui confine à la métaphysique. La vérité, c'est autre chose que les faits (lorsque les policiers disent qu'il veut connaître "la vérité", c'est un abus de langage: il veut savoir ce qui s'est passé, et c'est leur travail de mettre en lumière les faits, le but d'une enquête est de réunir les faits minutieusement sans prétendre toucher à une vérité). La vérité, en sciences, est un sujet complexe: c'est la théorie derrière les faits, la loi éternelle et absolue de la nature qu'on arrive à exprimer à force d'observations et de raisonnements. La vérité en science, c'est le théorème derrière la figure inexacte. On devrait parler de philosophie des sciences à un moment ou un autre. Mais la vérité, entendue au sens de faits, on ne s'en contente pas: on passe notre temps à broder, à rêver et réinventer sa vie, à se justifier (tu peux convoquer mille exemples littéraires sur la mauvaise foi). Ensuite, on va chercher la tension, le problème contenu dans ce sujet: "peut-on se contenter de la vérité?" D'une part, on peut constater qu'en pratique, les faits ne nous suffisent pas. Nous sommes dans une recherche d'un ailleurs. Sur les énigmes de la science, on invente des mythes (avant de comprendre la tectonique des plaques, les gens ne se contentaient pas de dire "on ne comprend pas encore" devant les séismes et les éruptions volcaniques, ils inventaient des histoires où Poséidon faisait trembler la terre et Héphaïstos faisait rugir sa forge). Ensuite, dans notre vie courante, nous réinventons le sens des événements, on interprète, on exagère nos mérites et on diminue nos échecs: c'est une manière de supporter la réalité. Peu de gens ont une approche factuelle de leur existence, au contraire: derrière les faits ils s'inventent volontiers des signes, des gloires et des destins. (Parenthèse longue: Il n'y a pas que les illuminés comme Christine Kelly qui s'imaginent être l'instrument d'une volonté divine: tous les crétins du monde sont persuadés que leur existence est tissée dans la trame mystique d'une vérité plus grande, c'est l'égo irrationnel qui nous fait croire à des destins, des vies antérieures, des missions divines, des signes d'une prédestination. La manifestation la plus stupide et la plus ouvertement égocentrique de ce nombrilisme, c'est l'astrologie moderne: lorsque les imbéciles se persuadent que leur destin est littéralement écrit dans le mouvement des astres, comme si l'univers tournait autour d'eux. Ils ne se rendent pas compte que l'univers semblent tourner autour d'eux du simple fait qu'ils sont prisonniers de leur point de vue singulier, de leur référentiel, cela ne les empêche pas de négliger ou sous-estimer la complexité du réel qu'ils ne comprennent pas). Ensuite, on devrait se contenter de la vérité. C'est tout ce que cherchent les juges. On pourrait même dire qu'on est parfois malheureux justement parce que la vérité nous échappe: c'est le travail des scientifiques de rechercher les lois régulières d'une nature complexe et incomprise, eux ne se contentent pas des approximations et des explications courantes justement parce qu'ils cherchent la vérité. Les croyants, eux, on un rapport paradoxal à la vérité: pour beaucoup de religions elle est à la fois intangible (nul ne comprend vraiment la nature et la volonté divine) et révélée (les commandements des textes et des prophètes sont là, il suffit de les appliquer sans comprendre pour que l'autorité religieuse considère que vous êtes dans le vrai). Le problème est donc: "peut-on être heureux de la vérité alors que la vérité se dérobe sans arrêt à notre compréhension?"
  6. D'une part, sur un forum, la politesse veut qu'on ne poste pas son sujet en plusieurs exemplaires. Les doublons seront fermés par un modérateur et on continuera à discuter ici: sur le sujet original. D'autre part: je ne vais pas faire le boulot à ta place, c'est hors de question. Cela n'aurait aucun intérêt: le but est que tu progresses par toi-même. Pour le premier texte de Rousseau: il n'y a pas grand-chose à comprendre, c'est une expérience de pensée. C'est-à-dire un exercice courant en philosophie: l'auteur te demande d'imaginer une situation qui va l'aider à expliquer son argument ensuite. Là, ce qui travaille Rousseau, c'est le passage de l'état de nature à l'état civil : autrement dit comment est-on passé de la sauvagerie à la civilisation ? (ce sont des catégories grossières, qui hérissent le poil des historiens, archéologues, anthropologues, paléo-anthropologues et autres préhistoriens, mais ce sont les mots d'un philosophe du XVIIIe siècle qui utilise des approximations). Il commence par décrire l'état de nature comme un printemps perpétuel, un paradis sans contraintes, une pure liberté (une vision très romancée de la vie en-dehors des sociétés sédentaires organisées par des lois). Sa deuxième métaphore agit à deux niveaux: "celui qui voulût que l'homme fut sociable toucha du doigt l'axe du globe et l'inclina sur l'axe de l'univers." 1er niveau: c'est une métaphore astronomique, et une métaphore filée qui poursuit la comparaison au printemps perpétuel. Rousseau, qui a étudié un peu de sciences, sait que la Terre est inclinée sur son axe de rotation, et que cette inclinaison fait varier l'ensoleillement d'un hémisphère à l'autre en fonction des périodes de l'année: c'est l'inclinaison de l'axe qui est responsable du cycle des saisons. Si on incline l'axe du globe, on sort du printemps perpétuel et on bascule dans le cycle des saisons. 2e niveau: c'est une métaphore de la mise en route des événements du monde. Autrement dit: avant que les humains ne se réunissent et s'organisent socialement, il n'y avait pas d'histoire à raconter, pas d'événement fort à vivre: chacun disposait librement de la nature. C'est la mise en route des rassemblements sociaux qui fait tourner le monde, symboliquement: tout ce passe comme si rien n'avait existé avant. Et on voit donc les événements de l'histoire se mettre en marche, avec des successions de violence et des mouvements démographiques. "je vois les hommes, rassemblés sur quelques points de leur demeure pour s'y dévorer mutuellement": la demeure est la Terre elle-même, et ces points de rassemblement sont les villes. "faire un affreux désert du reste du monde": hors des villes, les campagnes paraissent quasiment vides (rappelons que cela fut écrit au XVIIIe siècle, Rousseau n'a pas encore conscience que l'humanité est en train de s'emballer et que sa courbe de population est exponentielle, donc il voit le monde comme une opposition entre des villes surpeuplées et des campagnes désertées, cette vision peut nous sembler étrange au XXIe siècle, maintenant que nous sommes 8 milliards d'être humains sur cette petite planète).
  7. Doublon, le sujet est déjà traité ici: https://www.e-bahut.com/topic/59005-devoir-philo-rousseau-et-levi-strauss/
  8. Comment veux-tu être aidé? Je peux t'expliciter les textes dans une certaine mesure, ou t'expliquer les passages que tu ne comprends pas. Mais je ne vais pas répondre aux questions à ta place. D'autre part: ton ou ta prof de philo a très bien fait les choses, cette analyse double est pertinente et elle te demande de comprendre des passages précis du texte, avant de commencer à chercher une thèse, un thème, etc... Au temps jadis où j'ai passé le bac, mais c'est tellement vieux qu'il y avait encore des gens qui refusaient de croire au changement climatique, les cons, on nous balançait dans un texte sans filet et sans parachute! On devait tout comprendre soi-même en lisant une pauvre méthode rédigée sur Word et internet était encore dépendant de modem à 56Kb/s... Un enfer!
  9. La personne qui a écrit ce sujet avait forcément en tête, je peux te le garantir, le raisonnement de Kant dans "Qu'est-ce que les Lumières?" Je t'encourage donc vivement à citer le raisonnement kantien et à l'utiliser dans ta dissertation: Je cite le puceau amateur de saucisses de Köenigsberg ("Qu'est-ce que les Lumières?", traduction de Dominique Bourel et Stéphane Piobetta): "L'Auflklärung, les Lumières, c'est la sortie de l'homme de sa minorité, dont il est lui-même responsable. Minorité, c'est-à-dire incapacité de se servir de son entendement sans la direction d'autrui, minorité dont il est lui-même responsable, puisque la cause en réside non dans un défaut de l'entendement, mais dans un manque de décision et de courage de s'en servir sans la direction d'autrui. Sapere Aude ! [citation latine du poète Horace signifiant "Ose savoir!"] Aie le courage de te servir de ton propre entendement. Telle est la devise des Lumières." Kant pose une opposition entre penser de façon autonome et s'interdire de penser pour rester sous la tutelle d'un autre. Jusque-là, l'allusion à la religion n'est pas claire, mais continuons un peu le texte: "Si j'ai un livre, qui me tient lieu d'entendement, un directeur qui me tient lieu de conscience, un médecin, qui décide pour moi de mon régime, etc..., je n'ai vraiment pas besoin de me donner de peine moi-même." L'allusion est claire: Kant vise la religion (probablement chrétienne, mais ça fonctionne avec tous les dogmatismes, religieux ou non) avec cette phrase. Surtout lorsqu'on sait qu'un "directeur de conscience" était un prêtre chargé de confesser les adeptes du séminaires, c'est-à-dire les adolescents qui faisaient des études pour devenir prêtres. Ensuite, tu bloques pour une raison extrêmement simple: ton plan énonces une contradiction logique. Tel qu'il est, ton plan dis "En 1), nous allons voir que oui, et en 2, nous allons voir qu'en fait non, et après j'ai plus d'idée pour le 3)" Il faut que tu prennes position fermement et définitivement. Est-ce que oui ou non la religion nous rend dépendant? On va voir les arguments pour et les arguments contre, bien sûr, mais si tu choisis, alors tu dois énoncer clairement pourquoi tu vas te décider contre certains arguments. A la fin de ta dissertation, tu vas annoncer que tu prends position contre certains philosophes et que tu te ranges à l'avis d'autres, pour des raisons rationnelles qui doivent être explicites. Donc cette manière de faire une dissertation "alors au début on va voir que oui, mais en fait dans la deuxième partie on va dire non", c'est aussi énervant qu'un mec à qui on demande "est-ce que la fenêtre est ouverte?" et qui te répond "et bien nous verrons d'abord les arguments pour dire qu'elle est ouverte, et ensuite nous examinerons les arguments qui expliquent qu'elle est fermée, et enfin, dans une partie de synthèse, nous examinerons la possibilité que cette fenêtre soit en réalité entrouverte." C'est de la caricature de la méthode thèse-antithèse-synthèse. Mon conseil méthodologique: fous la thèse, la synthèse et l'antithèse par la fenêtre (ouverte). Et n'essaie pas de répondre "oui" ou "non" au sujet directement. Si ton plan peut se résumer par 'partie 1: OUI, et partie 2: NON, et j'ai pas eu le temps de faire la troisième partie", c'est que tu as raté l'exercice de la dissertation, je te prédis un 11/20 grand maximum, si tu écris avec style et érudition. Ton plan devrais ressembler à "étape 1 du raisonnement: cette partie du problème, puis étape 2: il en découle logiquement ce second problème, puis étape 3: nous trouvons une solution". Et ta conclusion va répondre, enfin, par oui ou non au problème posé, pas les parties! Cela, c'était le problème de méthode simple. Mais je dirais que tu as un second problème: le possible hors-sujet. Tu as essayé de tordre le sujet de "rend dépendant" vers "est indispensable à son existence", ce qui n'est pas la même chose. L'oxygène, par exemple, est indispensable à mon existence: je survis très mal sans (la dernière fois que j'ai passé plus d'une minute sans oxygène, c'était au fond d'une piscine et je suis remonté prendre ma respiration, là on peut parler d'indispensable). Mais l'oxygène ne m'a jamais "rendu" dépendant: je suis dépendant de l'oxygène par nature, avant même de naître je recevais de l'oxygène par le sang de ma mère, et à aucun moment je ne pourrais faire une cure de désintox à l'oxygène. Il n'y a pas eu de processus d'habituation à l'oxygène qui m'aurait rendu dépendant. Ce n'est pas la même chose pour une autre substance, disons l'héroïne. Je n'ai pas grandi avec de l'héroïne dans les veines, je n'en respire pas, je n'en utilise pas. Mais si je prenais de l'héroïne un jour, pour m'amuser, et que je recommençais plusieurs fois en me disant "je gère, même pas dépendant!", mon organisme pourrait s'habituer aux effets assez violents de cette drogue. Et je finirais par ressentir un syndrome de manque lorsque je n'en prends plus. Je serais donc de plus en plus en recherche de ma prochaine dose d'héroïne, mon cerveau étant tellement habitué qu'il finit par être moins sensible au plaisir lorsque je n'en prends plus. Et au bout d'un certain temps, qui peut varier selon le consommateur, la substance et la façon dont il la consomme, celui qui prenait de l'héroïne pour s'amuser devient incapable de ressentir du plaisir sans héroïne: il est devenu héroïnomane. C'est un processus au bout duquel la vie sans cette drogue est devenue une souffrance quotidienne: c'est le phénomène de dépendance. donc soyons clairs et expliquons clairement de quoi on parle ici: est-ce que la religion rend dépendant? Est-ce que les croyants se rendent plus facilement à l'autorité (pas n'importe laquelle: l'autorité approuvée par leur religion), et de plus en plus facilement à mesure qu'ils sont habitués à cette religion, ou est-ce qu'ils conservent généralement un esprit critique de cette autorité? Est-ce que les croyants conservent pleinement leur liberté de penser et de conscience dans l'expérience de la religion, ou est-ce que la religion encourage l'obéissance aveugle et le dogmatisme, au fur et à mesure qu'on s'habitue à cette expérience religieuse? Si la religion soulage de certaines douleurs sociales, en expliquant qu'on sera récompensé après sa mort par exemple, est-ce qu'elle encourage les individus à combattre ces douleurs sociales? Ou au contraire, les encourage-t-elle à accepter l'injustice et la douleur en se raccrochant à l'espoir de mourir récompensé? Voilà les questions que tu dois te poser pour répondre au sujet.
  10. Calliclès

    hobbes

    Votre professeur vous a laissé des questions afin d'interpréter le texte pas à pas. Voyons: A) 1. Pourquoi la liberté entière est nécessairement stérile? Parce que les humains ne vivent pas seuls, et que cette liberté entière est nécessairement accompagnée de sa contrepartie: subir la liberté entière des autres. Dans un monde où tout le monde a le droit de tuer, tout le monde peut mourir n'importe quand et ça n'est pas un fondement très sympathique pour la société. 2. Le passage à la société civile limite la liberté (ligne 6-7). 3. Hobbes le précise à la fin du texte, avec une longue énumération: à toi de trouver une formule pour synthétiser tout ça (je ne vais pas te donner toutes les réponses). 4. Ah, là c'est à toi de trouver et c'est vraiment facile, la phrase est très claire là-dessus. C'est une opposition nette entre deux contraires. B) 1. Une fois que tu as répondu à la question A4, tu as l'idée principale du texte: sa thèse. Il suffit de formuler une question à laquelle répond cette thèse. Cette question est le problème philosophique précis auquel répond le texte: sa problématique! 2. Ah, là c'est plus compliqué: on te demande de trouver le plan. Il faut procéder méthodiquement et se demander "à quoi ça sert?" devant chaque phrase. Est-ce que c'est une affirmation (donc une thèse?), ou une démonstration (donc un raisonnement logique?) Est-ce que c'est un exemple, et si oui de quelle nature (expérience de pensée, exemple concret, exemple historique, démonstration par l'absurde?) A toi de voir comment l'auteur argumente, et avec quels arguments, justement. 3. Voilà, on te demande la thèse! C'est l'idée principale, une affirmation, la position que l'auteur défend dans cet extrait.
  11. Ce petit texte parle de la sagesse et du bonheur. Plus précisément: de la méthode des stoïciens pour atteindre le bonheur. D'après toi, à quelle question répond ce texte? Et quelle réponse précise donne-t-il? Si tu trouves cela, tu aura déjà une problématique et la thèse.
  12. 1) Socrate distingue dans sa méthode le vrai du faux, et fournis plusieurs exemples de disciplines dans lesquelles on considère que la persuasion n'est rien, si elle ne persuade pas vers quelque chose de vrai (la médecine, par exemple). Platon considère visiblement que la rhétorique n'est qu'une technique de persuasion qui n'a pas d'objet réel, qui n'est pas capable de distinguer le vrai du faux ou le juste de l'injuste. 2) Socrate distingue la science de la croyance, en considérant leur valeur de vérité. Alors qu'une croyance peut être vraie ou fausse, il n'y a pas de science fausse (elle perdrait immédiatement son statut de science). 3) Que la rhétorique n'est pas une science, puisqu'elle persuade de potentiellement n'importe quoi, sans distinguer le vrai du faux. 4) Faisons des couples d'opposés: Savoir =/= Croire Vérité =/= Opinion Dialogue =/= Rhétorique Objectif =/= Subjectif Convaincre =/= Persuader Vrai =/= faux (terme à rajouter)
  13. Question délicate! Pour faire une problématique au premier trimestre: essaie de formuler le problème philosophique que tu trouves dans le sujet, de la façon la plus claire possible.
  14. Je vais te demander un peu de patience car je connais mal Cicéron, je vais chercher ce texte pour le lire dans son contexte avant de te répondre.
  15. Il y a quatre sous-étapes au total. A toi de voir comment tu veux les regrouper: en deux parties, ou en trois? C'est ton choix d'interprétation du texte.
  16. La philosophie de Nietzsche est une philosophie du soupçon de mauvaise foi dans la lecture des auteurs classiques. Et c'est aussi une exhortation au rêve, à l'ailleurs, aux dehors de la rationalité et de la logique, une préfiguration romantique de l'existentialisme. Tu as deux paragraphes du Gai savoir, apparemment sans rapport l'un avec l'autre. Le but est de comprendre de quoi ils parlent, chacun de leur côté, et de trouver la thématique commune. Reprenons notre méthode habituelle. Pour introduire ton commentaire, tu dois faire un paragraphe présentant 1) De quoi ça parle? C'est le thème. 2) Quelle problème philosophique est abordé? Quelle question est posée par l'auteur et retient le lecteur? C'est la problématique. 3) Quelle réponse précise donne l'auteur à cette question? C'est l'idée centrale du texte: la thèse. 4) Quelles sont les étapes de l'argumentation? C'est le plan. En général, les philosophes sont clairs et précis dans leur démarche. C'est le but: on a déjà quelque chose de complexe à dire, donc on ne va pas en rajouter, il faut que le lecteur comprenne. Donc les philosophes vont généralement droit au but avec un vocabulaire précis et une structure évidente. Ils ne cherchent pas à camoufler leur thèse derrière des métaphores filées, ils n'écrivent pas de la poésie en prose, ils n'enchaînent pas les effets de style romantiques... ...Sauf Nietzsche. A tous les élèves qui doivent commenter un texte d'Aristote, de Descartes, de Spinoza ou de Kant, je dis: pas d'inquiétude, la méthode suffit, il faut simplement suivre le raisonnement et la thèse est au bout. A toi, qui porte sur ton dos de chameau la fardeau de la philosophie de Nietzsche, jusqu'au désert où elle te changera en lion, en attendant que tu redevienne un enfant, je dis ceci: bonne chance, suis la direction de l'étoile la plus lointaine.
  17. Par chance, ce sujet a déjà été traité la semaine dernière, jette un coup d'oeil sur ce topic où j'ai déjà répondu:
  18. Superbe texte! Je fais justement le Gorgias avec une de mes classes cette année. Il est tard, je vais dormir: je t'envoie une réponse demain.
  19. Alors, étant donné ta réponse, je pense que tu n'as pas compris (ou qu'on ne t'a pas expliqué) une chose fondamentale sur le commentaire de texte en philosophie: c'est un commentaire linéaire. Ce qui signifie que tu n'as pas besoin de le découper par thèmes, par arguments, et à faire des parties sur ces thématiques, comme on le fait parfois en lettres. Au contraire: en philosophie, on fait un commentaire de structure moins libre, mais beaucoup plus simple puisqu'on suit les étapes du textes et qu'on les commente dans l'ordre. Si le texte comporte deux parties, alors ton commentaire doit s'organiser en deux parties aussi, c'est très scolaire. Pour faire simple: d'après toi, combien d'étapes y a-t-il dans l'argumentation de ce texte? C'est le nombre de parties que ton commentaire doit avoir.
  20. Calliclès

    Roche sédimentaire

    Merci de cette réponse aussi utile que respectueuse des étudiants, je suis sûr que tu sais transmettre le goût d'apprendre. 1) la question est très logique: si les couches sédimentaires s'accumulent par dépôt, une couche du dessus est-elle plus récente, plus vieille ou de la même époque qu'une couche inférieure? 2) Il faut relire la définition du principe de continuité avant de répondre à cette question. 3) Il faut relire les définitions du principe d'identité paléontologique et celle du principe de continuité (déjà vu pour la question 2) afin de répondre. 4) Même remarque, cette question teste les mêmes définitions que la question 3). 5) Il faut relire les définitions du principe de recoupement et du principe de superposition. Indice: la réponse c) n'a aucun sens, le filon n'est pas une simple décoloration de la roche magmatique. 6) Aucune idée: ton image est mal cadrée, je ne vois pas la partie droite du schéma, du coup l'exercice est incomplet. 7) Idem: je ne vois pas la fin du schéma donc je n'ai aucune idée de la réponse. 8: Il faut revoir la définition de fossile stratigraphique. Souviens-toi que ce type de fossile a une énorme utilité pour les paléontologues, qui s'en servent pour la datation relative. 9) C'est une question de définition assez basique, qui renvoie à l'intro de ce cours sur la paléontologie. Il suffit de feuilleter ton manuel jusqu'à trouver une frise chronologique des ères géologiques pour avoir la réponse. 10) Même en connaissant la réponse, je trouve la question un peu tordue, mais peu importe. Demande-toi: qu'est-ce que la chronostratigraphie? Comment l'expliquerais-tu à un élève de première qui n'a pas encore commencé le programme de Tle? Chercher la définition rigoureuse de ce mot, dans ton manuel ou ailleurs, permettrait de trouver la réponse.
  21. Tu n'as pas à écrire des arguments, tu dois simplement commenter les arguments de l'auteur. Tout à fait. Ce n'est pas un problème, c'est une démarche. Peux-tu formuler sous forme de question le problème auquel répond l'auteur? Ce n'est pas une thèse. Une thèse doit être une réponse précise, parfois une phrase longue (des fois trop longue, il faut la synthétiser). "les limites de la liberté", c'est un thème philosophique, une thèse serait: "les limites de la liberté sont les contraintes imposées par la volonté d'un autre" (une thèse spinoziste que je te donne comme exemple). Précisément. Ce sont bien les étapes de l'argumentation. Il y a cependant un dernier morceau du texte: celui concernant le concept de liberté économique (les cinq dernières lignes).
  22. Je tiens à préciser que ce petit texte est très bien choisit. Il est clair, relativement simple et facile à analyser, vraiment c'est un exercice parfait pour une classe de Tle: mes félicitations à ton ou ta prof de philo. T'a-t-on donné une méthode? Sinon, voici celle que je donne à mes élèves: Tu vas rédiger un petit paragraphe (dix à quinze lignes) dans lequel tu vas répondre à plusieurs questions sur le texte: 1) De quoi ça parle? (c'est le thème) 2) Quel est le problème philosophique énoncé ici? (c'est la problématique du texte) 3) Quelle réponse donne l'auteur à ce problème? Quelle est son idée principale dans le texte? (c'est la thèse). 4) Quelles sont les étapes du raisonnement qui permettent à l'auteur d'expliquer le problème et sa réponse? (c'est le plan du texte). Je te donne une première réponse pour commencer: le thème de ce texte est l'idée de liberté.
  23. Calliclès

    Spinoza

    Tel qu'il est charcuté, malheureusement, c'est difficile de répondre et trouver une problématique claire. Il y a un objet clair dans l'extrait: trouver une chose durable qui puisse rendre heureux (on sait, par la connaissance plus large des oeuvres de Spinoza, que cette chose est la recherche intellectuelle: pour Spinoza le mathématicien qui découvre un théorème est plus heureux que le marchand qui réussit, parce que son oeuvre est infiniment plus durable). Du coup, le problème de cet extrait devient: comment trouver une chose durable et éternelle, dont la recherche nous rende heureux?
  24. Les problèmes que tu soulèves dans l'intro sont pertinents. Dans ton troisième paragraphe: tu anticipes sur les raisonnements à venir chez Rousseau. Tu déroule en résumé le problème de la loi du plus fort et la nécessité du contrat social. Pas de gros problème: mais il faut l'expliquer. Ecris explicitement que tu t'es renseigné sur la doctrine de Rousseau et que tu comprends dans l'extrait donné les allusions à une théorie du pouvoir plus vaste. Ton dernier paragraphe est bon aussi. En revanche: toute la partie "plan" développe déjà beaucoup les idées. Tu as le cul entre deux chaises: tu en sais trop pour te contenter d'une intro, mais la consigne demande une simple annonce de plan. Ton plan est tellement détaillé qu'il prend de la place et s'aventure vers le commentaire développé, n'hésite pas à résumer ton annonce de plan en trois phrases seulement (trouve des titres pour les parties du texte, par exemple). Et tu devrais y joindre les réponses aux question, en les numérotant clairement.
  25. Calliclès

    DM histoire

    Alors, pour le plan: facile, il est donné dans la question (partie 1: politique, partie 2: administratif, partie 3: social, je cite les consignes). Pour répondre à la question elle-même: tu dois connaître les idéaux et les réformes de la Révolution de 1789. Pour faire court: prends tout simplement la Déclaration universelle des droits de l'Homme et du Citoyen, lis les articles et compare avec le document 3. Puis relis ta synthèse de cours sur la Révolution et regarde les points communs avec les documents 2 et 3.
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