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Calliclès

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  1. Calliclès

    Le Léviathan (non pas le monstre mais T. Hobbes)

    Il y a beaucoup de choses dans ce petit texte. J'aime beaucoup Thomas Hobbes et j'ai pas mal planché sur le Léviathan durant mes études. Pour faire court: tu n'as aucun mal à identifier la problématique, puisqu'elle est donnée par le texte: qu'est-ce qu'une bonne loi? Mais la difficulté du texte vient du nombre de distinctions opérées en peu de temps. D'abord, il distingue la bonne loi de la loi juste (tu le signales comme étant la correction d'un lieu commun, je dirais plutôt que Hobbes établit une distinction conceptuelle entre les deux en neutralisant l'idée de loi injuste à sa manière: en laissant la charge au souverain). Mais ensuite, pour neutraliser l'idée de "loi injuste", il se lance dans une analogie entre une loi et une règle d'un jeu de société (ce qui indique à quel point Hobbes est dans l'idée qu'on adhère à la société, comme un joueur vient à la table de jeu de son plein gré... Un sociologue moderne aurait beaucoup de choses à dire à Hobbes sur les gens contraints de rester dans une société). Cette analogie doit être un peu commentée. Puis il se lance dans une explication qui, apparemment, te pose problème: la loi bonne ne peut pas être celle qui avantage le souverain sans être nécessaire au peuple. C'est-à-dire que le souverain est, pour Hobbes, soudé à sa fonction de serviteur du peuple : ils ne peuvent pas avoir d'intérêts divergents. A ce niveau, il faut se poser la question: à qui s'adresse ce texte? Pas au grand public, car à l'époque la majorité de la population travaille la terre et ne lit pas. Les livres de l'époque s'adressent au gens de culture, donc de pouvoir. C'est un conseil politique glissé aux gens qui veulent gouverner: vous ne devez pas séparer votre intérêt de celui du peuple. La phrase sur la faiblesse est un double avertissement: un roi qui affaiblit son peuple (en le privant de liberté) est aussi un roi faible. Et un peuple est faible si on ne peut pas appliquer les lois. Pour illustrer l'idée de loi qui n'est pas nécessaire au peuple, il parle d'un "piège pour récupérer de l'argent": Hobbes nous parle de droit fiscal et met en garde les politiques contre des taxes abusives (si si, pas de quoi en faire un gilet jaune, mais tout de même, l'avertissement est bien là). Autrement dit, Hobbes s'inscrit dans une tradition libérale (la loi n'est pas une privation), qui se prononce pour un pouvoir fort, une autorité qui peut s'imposer au peuple, mais qui doit toujours rester au service de l'intérêt général. Hobbes est un peu antérieur au Lumières, mais il préfigure beaucoup de leurs idées (parce que les lumières se sont beaucoup inspirées de lui, notamment Rousseau qui reprend beaucoup au Léviathan dans son Contrat social).
  2. Calliclès

    Qu'est ce qui nous pousse a communiquer

    La première référence philosophique classique qui vient en tête est le "zoon politikon" d'Aristote: l'homme est un animal politique. Nous sommes faits pour vivre en société, d'où une nécessité du partage des tâches, des responsabilités, une négociation permanente des conditions de vie, bref: la politique. Donc la communication. Ensuite, d'un point de vue méthodologique, une question ouverte par "qu'est-ce que..." invalide les modèles de type thèse, antithèse, synthèse. Tu ne peux pas utiliser cette méthode ici, ça n'aurait pas de pertinence et te conduirait sur le terrain marécageux du hors-sujet. Il faut, à mon humble avis, se tourner vers une typologie des réponses possibles à cette question. Quelles sont effectivement les causes de notre communication? Dans un dialogue avec l'éthologue Conrad Lorenz, le philosophe des sciences Karl Popper formule une brève théorie du langage. Il y aurait trois niveaux de langage, hiérarchisés de la façon suivante: 1) l'expression pure et simple d'un état présent ("j'ai mal", "j'ai faim", "j'ai peur"), que presque tous les vivants possèdent grâce à une forme de communication ou une autre. Les cris de douleurs, les pleurs de bébé ou le couinement d'un chien rentrent dans cette première catégorie. 2) le signal: qui est une parole, un geste ou un son qui vise à provoquer une réponse dans le comportement de celui à qui on s'adresse ("attention!", "on ne bouge plus", "silence"). Là encore, ce n'est pas le privilège des humains: c'est un stimulus qui vise à provoquer une réponse, et tous les animaux sociaux possèdent des formes de communication plus ou moins sophistiquées pour envoyer toutes sortes de signaux: hurlements des loups, chants des oiseaux, cris des macaques... Et encore, ce ne sont que les signaux sonores: on pourrait disserter sur les changements de couleur des céphalopodes, les échanges de phéromones des fourmis, la danse des abeilles, etc... 3) le langage articulé. Qui n'est pas dit "articulé" parce qu'il est prononcé, mais parce qu'il articule des sons ensembles pour créer du sens qui dépasse le signal. Ce langage articulé est capable de mettre en rapport un ensemble de signaux avec une idée, un signifiant et un signifié, et de moduler son état. On peut parler du même objet au passé, au futur et au conditionnel: cela change tout (car l'articulation des signaux rend nécessaire la grammaire). Donc, nous sommes capables de parler de choses qui ne sont pas là, qui seront peut-être ou qui ne sont plus. Voire même de choses dont l'existence est hypothétique ou fictive: je peux parler du Père Noël, de Gandalf, de dieu ou de particules subatomiques qui ne sont pas encore observées. C'est un niveau de sophistication qu'on ne connait pas encore chez les animaux (même si, bien sûr, nos très proches cousins les grands singes ont des comportements sociaux très semblables aux nôtres). Une chose est sûre, cependant: nous avons un système de communication très efficace, qui peut véhiculer des informations très précises et moduler leur état de nombreuses façons. Une étude sur les primates s'est amusée à comparer la capacité de différents grands singes à se transmettre un savoir-faire, en mettant dans des cages séparées deux primates avec chacun un système qui délivre de la nourriture après une manipulation précise (tourner un cadran, abaisser, une poignée, ce genre de dispositif). Le premier primate sait s'en servir, pas le deuxième. On observe et on chronomètre la transmission de ce savoir-faire: les Chimpanzés sont plus rapides que les Orang-Outans, qui sont plus rapides que les Gibbons, etc... Mais tous sont battus à plate couture par deux enfants Humains de huit ans, qui sont les primates à la communication la plus efficace malgré leur jeune âge. Parce que leur langage est très sophistiqué et leur offre beaucoup de possibilités pour transmettre l'information. Mais qu'est-ce qui a pu nous pousser à développer des outils de communication aussi précis et flexibles? Voilà une question qui irait bien dans ton intro.
  3. Calliclès

    Dissertation

    Salut, Cette dissertation repose sur l'opposition conceptuelle entre liberté et déterminisme. La définition faible de la liberté est effectivement l'absence de contrainte. Exemple: être privé de liberté, c'est rajouter des contraintes comme on peut le faire en prison par exemple. Mais la vie est cependant pleine de contraintes: des contraintes naturelles (j'ai besoin d'eau et de nourritures), des contraintes comportementales (je ne peux pas ignorer mes instincts d'agression, de peur, de nutrition et de sexualité), mais aussi des contraintes sociales (je viens d'un certain milieu économique, d'un pays qui impose certaines lois, etc...) Il faut donc exprimer sa liberté dans la limite de certaines contraintes. Peut-on transcender certaines contraintes (comme, par exemple, le résistant torturé qui refuse de parler malgré la douleur) ? Ou être libre veut-il dire composer avec ces contraintes (auquel cas, on distinguera des nécessités internes, qu'il faut respecter sans que cela nous fasse perdre notre liberté, et des nécessités externes comme la les ordres d'une hiérarchie ou la pression sociale du groupe, qui atténuent notre liberté).
  4. Calliclès

    Explication

    Je vous ai déjà répondu sur ce sujet.
  5. Calliclès

    Religion

    A quelle condition une croyance religieuse pourrait être l’expression d’un choix personnel libre et authentique ? Réponse courte: laïcité. Réponse longue: à condition d'être exposé à différentes religions, dans une société ouverte et tolérante, qui dispense une éducation poussée qui permet à l'individu de comprendre les implications métaphysiques, morales et sociales d'un système religieux. Cette question est biaisée car la religion est un phénomène social qui ne s'encombre pas beaucoup de la liberté de choix de ses pratiquants. Une institution religieuse, ou une politique visant à exploiter le phénomène religieux, favorise l'endoctrinement des enfants et leur laisse le moins de choix possible. A moins qu'on explique, au catéchisme ou dans une école coranique, qu'on peut aussi devenir juif, hindou ou athée plus tard... Ce sujet de dissertation illustre bien comment on peut rendre un débat douteux en interrogeant la philosophie alors qu'on devrait d'abord poser la question à un spécialiste (ici, un sociologue).
  6. Calliclès

    Discours de callicles- Georgias

    Bonsoir, Pouvez-vous poster votre texte à l'endroit, qu'on puisse le lire sans s'abîmer les cervicales? Ce texte est un grand classique! Il permet à Platon de montrer le cynisme de certains athéniens de bonne famille qui pensent qu'on peut tout justifier, du moment que cela renforce leur pouvoir (et ne se soucient pas du tout de la vérité). D'ailleurs, vous voyez que Calliclès confond la loi et la nature, en parlant d'un ordre naturel qu'il faut justifier et renforcer. La seule difficulté de ce texte vient du mot "justice", car Calliclès l'emploie de deux façons différents selon les moments: d'abord 1) pour parler de la justice athénienne, donc de ses lois et de son système judiciaire, c'est comme s'il disait "les tribunaux qui rendent justice", puis 2) de l'idée de justice. Et pour Calliclès, la bonne définition de cette idée de justice, c'est la domination du fort sur le faible. J'espère que ces petites précisions vous mettent sur la bonne voie sans vous mâcher le travail. Petite note historique: l'existence de certains personnages de Platon est avérée historiquement. Gorgias, Critias ou Protagoras sont bien réels, par exemple. Nous ne sommes pas sûrs pour Calliclès, en revanche. Au tout début du dialogue, on le présente comme un jeune athénien issu d'une famille visiblement très riche, puisqu'il se paye les enseignements de Gorgias (qui vendait ses leçons de rhétorique à prix d'or). Mais il est possible que ce soit un personnage fictif car il a un rôle conceptuel très symbolique: il sait débattre avec rigueur et ne se laisse pas piéger par Socrate, tout en assumant la violence de ses positions. C'est un cynique dans toute sa splendeur, qui assume des idées malfaisantes avec un minimum de mauvaise foi. Et Socrate ne l'enferme pas dans des contradictions comme les autres protagonistes (Gorgias et Pollos sont déboutés de cette manière). Calliclès finit par refuser de répondre à Socrate et s'enferme dans le silence à la fin du dialogue.
  7. Calliclès

    La finalité, le vivant

    Ah, si vous n'êtes pas en Tle, très bien: c'est un cours de quel niveau? Vous avez raison pour le verbe "penser" dont l'extension est assez large, mais qui signifie en philosophie "conceptualiser" plutôt qu'expliquer ou comprendre (mais sans exclure ces deux autres verbes). Autrement dit: peut-on former une théorie du vivant sans la finalité? Quand je dis obstacle, je parle d'obstacle épistémologique au sens où Gaston Bachelard a formé l'expression. Je ne sais pas dans quelle spécialité vous êtes, mais si vous faites de l'épistémologie en médecine ou de la philosophie des sciences, c'est un concept avec lequel vous devez vous familiariser impérativement. Je vous renvoie à un texte extrait du Nouvel esprit scientifique de Bachelard: http://classiques.uqac.ca/collection_methodologie/bachelard_gaston/obstacles_epistemologiques/obstacles_epist_texte.html Pour faire très bref: un obstacle épistémologique est une ancienne théorie qui empêche la communauté scientifique de mieux comprendre un phénomène. Pour Bachelard, on ne connaît pas en découvrant à partir de rien, parce qu'on ne part jamais de rien dans aucun domaine. On fait progresser la connaissance scientifique en déconstruisant d'anciens modèles théoriques qui nous empêchent de considérer le réel avec une meilleure objectivité. Exemple concret (qui n'est pas de moi mais de Michel Tournier, qui a été élève de Bachelard et était lui-même agrégé de philo avant de devenir romancier): la médecine a mis du temps à comprendre la maladie du cancer. Parce que la médecine préscientifique est dominée par la théorie du mal extérieur qui infecte le corps, ou du déséquilibre des humeurs (bile jaune, bile noire, sang, lymphe). Mais le cancer n'est ni un déséquilibre des fluides corporels, ni un agent infectieux. Le temps de surmonter ces vieux modèles, d'en chercher de nouveaux pour comprendre et combattre plus efficacement le cancer, c'est très concrètement le temps qu'il faut pour surmonter un obstacle épistémologique. Et l'histoire des sciences en est remplie: entre les théories des éléments qui empêchent de penser la matière correctement, les présupposés sur le vide qui font obstacle à une théorie de l'atome, etc... C'est dans le sens épistémologique qu'on peut qualifier la catégorie de "finalité" comme un obstacle pour penser le vivant. Votre première partie est intéressante, mais risque d'être très courte si vous rejetez immédiatement la catégorie de finalité comme une chose irrationnelle.
  8. Calliclès

    La finalité, le vivant

    Salut Girodo, Tu critiques le sujet, ce qui signifie que tu es sur la bonne voie pour aborder la philosophie! C'est effectivement un sujet qui porte sur une notion dépassée en sciences: la finalité. A vrai dire, un biologiste ne pense pas en termes de "fin", c'est-à-dire objectif final, du vivant. Sinon... Il s'interdirait de comprendre beaucoup de processus évolutifs: la dérive génétique, la sélection sexuelle, la mutation... Ces mécanismes évolutifs sont en contradiction avec une finalité du vivant. Donc en termes strictement scientifique: non, la finalité n'est pas nécessaire pour penser le vivant. Ce serait même un obstacle! Si on s'en tient à une première lecture, ce n'est pas un bon sujet de Terminale. C'es un sujet qui renvoie spécifiquement à l'épistémologie de la biologie et qui paraît beaucoup trop précis pour la philosophie générale qu'on pratique au lycée. Mais... si on doit penser le vivant comme nécessairement orienté vers une fin, cela veut dire que la vie a un sens absolu. Cela devient une question existentielle sur laquelle la théologie a beaucoup travaillé. Ceci dit, je peux te donner quelques pistes d'analyse: Donner la définition de la finalité. Préciser l'opposition entre "nécessaire" et "utile". Définir très succinctement "le vivant", sans entrer dans une définition encyclopédique ou philosophiquement précise. Juste esquisser le contour général pour commencer.
  9. Calliclès

    Texte philosophie

    Pour commenter ce texte, votre cours à du expliquer l'opposition entre "scepticisme" et "dogmatisme". Comme d'habitude dans un commentaire, posez-vous les questions suivantes: 1) thème: de quoi parle le texte? 2) Thèse: quelle est l'idée centrale du texte, qu'on peut isoler en une phrase? 3) Problème: à quelle question répond ce texte? 4) Plan: comment s'articule le raisonnement dans le texte? Quelles sont les parties identifiables? Surtout: traitez ces questions dans l'ordre. Chacune vous permet ensuite d'avancer pour la suivante. Une fois que vous avez rédigé au propre les réponses à ces quatre questions: félicitations! Vous venez d'écrire l'introduction d'un commentaire de texte.
  10. Calliclès

    Commentaire de texte

    Salut lili n°33331, Avant de chercher un plan au texte, concentres-toi sur sa signification. Si tu le relis sans comprendre, ou que ça ne te touche pas, tu ne peux pas passer à la suite de l'analyse. Un commentaire de texte doit situer plusieurs choses: 1) le thème: de quoi parle ce texte? Pas de façon très spécifique, mais générale: quelle est la notion principale? 2) La thèse: de façon beaucoup plus précise, cette fois: quel est le propos du texte par rapport à cette notion? 3) Le problème: à quelle question philosophique répond ce texte? On ne peut répondre à cela que si on a compris la thèse. 4) l'enjeu (pas obligatoire pour les Terminales) : quelle est la place de ce texte dans l'histoire des idées? Quelles sont ses racines, et qui va-t-il inspirer? 5) Le plan: quelles sont les étapes du raisonnement? Commence par répondre à ces questions. Si tu as toutes les réponses, écris-les les unes à la suite des autres dans un beau paragraphe, avec des mots de liaison pour rendre le tout cohérent: surprise! ça fait une intro de commentaire de texte. Ensuite, puisque ce texte est extrait d'un manuel: tu as un paratexte et des mentions dans la marge qui font le boulot à ta place...
  11. Calliclès

    Holbach christianisme dévoilé

    Ce texte de D'Holbach est très simple à comprendre, puisqu'il a une thèse bien affirmée et qu'il la répète. Je dirai juste que la question six fait appel à des distinctions philosophiques expliquées dans le manuel ou dans ton cours, sinon tu aura du mal à y répondre. Les questions 1 à 4 coulent de source, la 5 te demande un petit effort de réflexion mais rien de méchant. C'est un texte bien choisi pour le début d'année: pas très difficile à expliquer. Mais un peu en-dessous de ce qui peut tomber au bac.
  12. Calliclès

    Pourquoi se soucier du vrai?

    Derrière cette question, il y a le problème de la vérité, donc de l'objectivité. La question parait provocante, parce que si on répond "pas besoin de s'en soucier", on tombe dans le cynisme. Celui des politiciens et des publicitaires: pour eux le vrai n'existe pas, ils ne travaillent que la persuasion, la manipulation des faits. D'ailleurs, ils travaillent souvent contre le vrai (le gouvernement qui manipule les chiffres du chômage à mi-mandat, ou les publicités mensongères en tout genre). Mais dans la mesure où ça marche... Puisque les politiciens se font élire et que les publicitaires vendent n'importe quoi en racontant n'importe quoi... Pourquoi, effectivement, se soucier du vrai? Je te laisse réfléchir au sujet: à partir de mon accroche, peux-tu commencer à trouver des problématiques?
  13. Calliclès

    philosophie

    Dans un premier temps, concentrons-nous sur le texte de Locke en laissant de côté la version "moderne" qui est accolée. Ce texte pose une distinction un peu subtile, mais claire, au §17: Le soi est une conscience, pas une substance. Autrement dit, ce qui fait l'identité d'une personne, c'est sa conscience (conscience du passé: souvenirs ; conscience de l'instant ; conscience d'un état émotionnel: bonheur ou malheur). Alors que toute la théologie médiévale essaye de penser le soi à partir de l'âme. Or, l'âme pose un problème: puisqu'elle est immatérielle, comment communique-t-elle avec le corps? Comment une substance spirituelle et une substance matérielle peuvent-elle cohabiter au sein d'un seul être? En disant que le soi est dans la conscience et pas dans la substance, Locke reformule complètement le problème et écarte les soucis sans fin posés par l'union du corps et de l'âme. Il stipule que le soi dépend de la conscience, où qu'elle se trouve, quelle que soit sa substance, qu'elle se partage un corps ou deux. Cette thèse est défendue par des expériences de pensée (deux consciences se partageant un seul corps, ou une conscience répartie dans deux corps différents). Il explique à chaque expérience de pensée que la personne, c'est la conscience. Laisse-moi prendre une autre expérience de pensée semblable: la superstition populaire des vies antérieures. Des gens croient qu'ils ont vécu des vies antérieures dont ils n'ont pas conscience et n'éprouvent pas de souvenirs réels (seulement d'étrange réminiscences qui expliquent les sentiments de déjà-vu ou de familiarité avec des lieux jamais visités). Mais si on applique le raisonnement de Locke, on se rend compte que le concept de "vie antérieure" sans souvenir est absurde: si on ne se souvient pas d'une telle vie antérieure, comment peut-on dire qu'on l'a vécue? Il n'y a pas de souvenirs clairs, donc pas de conscience du passé, donc il n'y a pas d'identité commune entre notre vie présente et la supposée vie antérieure. Autrement dit: si j'ai effectivement eu des vies antérieures mais que je ne m'en souviens pas, tout se passe comme si les vies antérieures n'existaient pas (et n'avaient jamais existé), car je n'en ai pas conscience.
  14. Calliclès

    philosophie

    Bonsoir You41, Il y a d'autres personnes qui ont eu des dissertations à faire sur la conscience. Aller voir les sujets, vous trouverez beaucoup d'éléments intéressants. Votre sujet de dissertation est relativement simple: "Suis-je ce que j'ai conscience d'être?" pose le problème : y a-t-il en moi des choses qui échappent à la conscience? Tout de suite, vous pouvez convoquer l'idée d'inconscient et toute la psychologie pour en traiter. Que ce soit les biais cognitifs étudiés dans la psychologie moderne, ou l'inconscient freudien, le "ça" des pulsions agissantes. C'est une piste immédiate et évidente: vous devrez parler de psychologie dans cette dissertation.
  15. Calliclès

    Philosophie, poser un problème, TS

    C'est peut-être un peu tard pour répondre. Je serai tenté de dire: 1) Comment la nature peut-elle commettre des erreurs alors qu'elle est par définition le processus naturel qui fait advenir tous les vivants? Est-ce que la notion d'erreur ne serait pas un jugement de valeur culturel plaqué sur des phénomènes naturels? Si c'est naturel, comment cela peut-il être une erreur? Thèse 1: la nature ne commet pas d'erreur, parce que c'est la nature. Citer n'importe quel philosophe préscientifique qui pense que dieu a créé le monde: la nature ne comporte pas d'erreur parce qu'elle porte la perfection divine (c'est un peu crétin, mais une part considérable de l'humanité pense comme ça, donc il faut le citer, ne serait-ce que pour le critiquer ensuite). Thèse 2: La nature est bourrée d'erreurs qui se résolvent de façon brutale et catastrophique: la rencontre des plaques tectoniques crée des séismes, les épidémies font que certains virus exterminent une population qui permettait au virus de se reproduire, certaines espèces évoluent d'une façon qui les blesse (les biologistes appellent cela une exaptation, comme la queue du paon qui lui permet de mieux faire la cour aux femelles, mais l'empêche quand même d'échapper à certains prédateurs). [troll] D'ailleurs, Donald Trump et Kim Kardashian existent, est-ce que ce ne sont pas d'énormes erreurs de la nature? [/troll] 2) L'art est-il universel? L'oeuvre d'art peut-elle dépasser sa culture d'origine? L'art est-il exclusif et excluant? Thèse 1: Oui, une oeuvre d'art n'a de sens que dans un certain contexte, sinon elle perd beaucoup (d'ailleurs, quand je lis les mythologies de peuples anciens et éloignés, je ne pige pas grand-chose alors que c'était le fondement de leur système de croyance pendant mille ans). Thèse 2: l'art est au contraire révélateur d'une sensibilité universelle (et d'ailleurs, quand j'écoute du Mozart ou que je lis l'Odyssée d'Homère, c'est vachement bien, alors que tous les gens pour qui ces oeuvres ont été créées sont morts depuis un bail). 3) /!\ C'est un problème de droit international ou de géopolitique plus que de philo. La notion de droit peut-elle être étendue à un groupe de personnes? Le droit d'une population peut-il se comparer au droit individuel? Thèse 1 : Non, car la responsabilité est individuelle, donc le droit aussi et cette extension est peut-être pensable, mais pas très applicable en pratique. Thèse 2: Le droit collectif existe lorsque que l'on perd le compte des cas individuels: exemple au hasard... la reconnaissance de la Solution Finale (ou Shoah) comme un crime contre l'humanité (une catégorie légale qui n'existait pas auparavant). Et plus proche de nous: les associations de consommateurs utilisent des recours collectifs contre certains industriels. 4 ) /!\ C'est un sujet dont la formulation incite à répondre "non", donc mal formulé. La technique est-elle la condition de tout progrès? Il a-t-il un rapport entre progrès moral et progrès technique? La technologie rend-elle la société meilleure? Il va falloir convoquer Rousseau et Marx, à l'évidence. Thèse 1: Non, bien sûr, les progrès du vivre-ensemble, de la pédagogie, du droit, sont des progrès moraux qui ne semblent pas corrélés au progrès technique. Thèse 2: L'économie et la production étant le fondement de ce qui est disponible dans la société, un progrès technique entraîne immédiatement une modification de la production et de la disponibilité des biens, donc une modification des façons de vivre. A partir de là, les peuples justifient ces façons de vivre par des raisonnements a posteriori: la morale (exemple: un peuple de pêcheurs vénère un dieu marin (disons Poséidon chez les Grecs), ce n'est pas leur religion qui leur ont permis de perfectionner les techniques de pêche, mais les techniques de pêche qui ont orienté leur culture dans cette direction, la technique façonnant l'économie puis la morale). 5) /!\ Puisque le sujet demande "en quel sens?", il n'y aura pas d'antithèse ici, mais plusieurs propositions de réponse. L'homme appartient-il à la nature? La culture humaine est-elle un phénomène naturel? Thèse 1: L'homme n'est pas naturel parce qu'il utilise trop de moyens techniques depuis trop longtemps: c'est un être qui vit dans un environnement artificiel parce qu'il adapte la nature au lieu de s'y adapter. Thèse 2 : l'être humain pratique une morale, donc une entraide permanente, qui l'amène à contrecarrer le destin naturel des individus par l'entraide sociale: les malades sont soignés, les vieux entretenus, les handicapés soutenus. La sélection naturelle ne s'applique plus vraiment au sein de la société grâce à la solidarité: l'humain a donc aboli un phénomène naturel.
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