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Calliclès

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    France

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  1. Calliclès

    Discours de callicles- Georgias

    Bonsoir, Pouvez-vous poster votre texte à l'endroit, qu'on puisse le lire sans s'abîmer les cervicales? Ce texte est un grand classique! Il permet à Platon de montrer le cynisme de certains athéniens de bonne famille qui pensent qu'on peut tout justifier, du moment que cela renforce leur pouvoir (et ne se soucient pas du tout de la vérité). D'ailleurs, vous voyez que Calliclès confond la loi et la nature, en parlant d'un ordre naturel qu'il faut justifier et renforcer. La seule difficulté de ce texte vient du mot "justice", car Calliclès l'emploie de deux façons différents selon les moments: d'abord 1) pour parler de la justice athénienne, donc de ses lois et de son système judiciaire, c'est comme s'il disait "les tribunaux qui rendent justice", puis 2) de l'idée de justice. Et pour Calliclès, la bonne définition de cette idée de justice, c'est la domination du fort sur le faible. J'espère que ces petites précisions vous mettent sur la bonne voie sans vous mâcher le travail. Petite note historique: l'existence de certains personnages de Platon est avérée historiquement. Gorgias, Critias ou Protagoras sont bien réels, par exemple. Nous ne sommes pas sûrs pour Calliclès, en revanche. Au tout début du dialogue, on le présente comme un jeune athénien issu d'une famille visiblement très riche, puisqu'il se paye les enseignements de Gorgias (qui vendait ses leçons de rhétorique à prix d'or). Mais il est possible que ce soit un personnage fictif car il a un rôle conceptuel très symbolique: il sait débattre avec rigueur et ne se laisse pas piéger par Socrate, tout en assumant la violence de ses positions. C'est un cynique dans toute sa splendeur, qui assume des idées malfaisantes avec un minimum de mauvaise foi. Et Socrate ne l'enferme pas dans des contradictions comme les autres protagonistes (Gorgias et Pollos sont déboutés de cette manière). Calliclès finit par refuser de répondre à Socrate et s'enferme dans le silence à la fin du dialogue.
  2. Calliclès

    La finalité, le vivant

    Ah, si vous n'êtes pas en Tle, très bien: c'est un cours de quel niveau? Vous avez raison pour le verbe "penser" dont l'extension est assez large, mais qui signifie en philosophie "conceptualiser" plutôt qu'expliquer ou comprendre (mais sans exclure ces deux autres verbes). Autrement dit: peut-on former une théorie du vivant sans la finalité? Quand je dis obstacle, je parle d'obstacle épistémologique au sens où Gaston Bachelard a formé l'expression. Je ne sais pas dans quelle spécialité vous êtes, mais si vous faites de l'épistémologie en médecine ou de la philosophie des sciences, c'est un concept avec lequel vous devez vous familiariser impérativement. Je vous renvoie à un texte extrait du Nouvel esprit scientifique de Bachelard: http://classiques.uqac.ca/collection_methodologie/bachelard_gaston/obstacles_epistemologiques/obstacles_epist_texte.html Pour faire très bref: un obstacle épistémologique est une ancienne théorie qui empêche la communauté scientifique de mieux comprendre un phénomène. Pour Bachelard, on ne connaît pas en découvrant à partir de rien, parce qu'on ne part jamais de rien dans aucun domaine. On fait progresser la connaissance scientifique en déconstruisant d'anciens modèles théoriques qui nous empêchent de considérer le réel avec une meilleure objectivité. Exemple concret (qui n'est pas de moi mais de Michel Tournier, qui a été élève de Bachelard et était lui-même agrégé de philo avant de devenir romancier): la médecine a mis du temps à comprendre la maladie du cancer. Parce que la médecine préscientifique est dominée par la théorie du mal extérieur qui infecte le corps, ou du déséquilibre des humeurs (bile jaune, bile noire, sang, lymphe). Mais le cancer n'est ni un déséquilibre des fluides corporels, ni un agent infectieux. Le temps de surmonter ces vieux modèles, d'en chercher de nouveaux pour comprendre et combattre plus efficacement le cancer, c'est très concrètement le temps qu'il faut pour surmonter un obstacle épistémologique. Et l'histoire des sciences en est remplie: entre les théories des éléments qui empêchent de penser la matière correctement, les présupposés sur le vide qui font obstacle à une théorie de l'atome, etc... C'est dans le sens épistémologique qu'on peut qualifier la catégorie de "finalité" comme un obstacle pour penser le vivant. Votre première partie est intéressante, mais risque d'être très courte si vous rejetez immédiatement la catégorie de finalité comme une chose irrationnelle.
  3. Calliclès

    La finalité, le vivant

    Salut Girodo, Tu critiques le sujet, ce qui signifie que tu es sur la bonne voie pour aborder la philosophie! C'est effectivement un sujet qui porte sur une notion dépassée en sciences: la finalité. A vrai dire, un biologiste ne pense pas en termes de "fin", c'est-à-dire objectif final, du vivant. Sinon... Il s'interdirait de comprendre beaucoup de processus évolutifs: la dérive génétique, la sélection sexuelle, la mutation... Ces mécanismes évolutifs sont en contradiction avec une finalité du vivant. Donc en termes strictement scientifique: non, la finalité n'est pas nécessaire pour penser le vivant. Ce serait même un obstacle! Si on s'en tient à une première lecture, ce n'est pas un bon sujet de Terminale. C'es un sujet qui renvoie spécifiquement à l'épistémologie de la biologie et qui paraît beaucoup trop précis pour la philosophie générale qu'on pratique au lycée. Mais... si on doit penser le vivant comme nécessairement orienté vers une fin, cela veut dire que la vie a un sens absolu. Cela devient une question existentielle sur laquelle la théologie a beaucoup travaillé. Ceci dit, je peux te donner quelques pistes d'analyse: Donner la définition de la finalité. Préciser l'opposition entre "nécessaire" et "utile". Définir très succinctement "le vivant", sans entrer dans une définition encyclopédique ou philosophiquement précise. Juste esquisser le contour général pour commencer.
  4. Calliclès

    Texte philosophie

    Pour commenter ce texte, votre cours à du expliquer l'opposition entre "scepticisme" et "dogmatisme". Comme d'habitude dans un commentaire, posez-vous les questions suivantes: 1) thème: de quoi parle le texte? 2) Thèse: quelle est l'idée centrale du texte, qu'on peut isoler en une phrase? 3) Problème: à quelle question répond ce texte? 4) Plan: comment s'articule le raisonnement dans le texte? Quelles sont les parties identifiables? Surtout: traitez ces questions dans l'ordre. Chacune vous permet ensuite d'avancer pour la suivante. Une fois que vous avez rédigé au propre les réponses à ces quatre questions: félicitations! Vous venez d'écrire l'introduction d'un commentaire de texte.
  5. Calliclès

    Commentaire de texte

    Salut lili n°33331, Avant de chercher un plan au texte, concentres-toi sur sa signification. Si tu le relis sans comprendre, ou que ça ne te touche pas, tu ne peux pas passer à la suite de l'analyse. Un commentaire de texte doit situer plusieurs choses: 1) le thème: de quoi parle ce texte? Pas de façon très spécifique, mais générale: quelle est la notion principale? 2) La thèse: de façon beaucoup plus précise, cette fois: quel est le propos du texte par rapport à cette notion? 3) Le problème: à quelle question philosophique répond ce texte? On ne peut répondre à cela que si on a compris la thèse. 4) l'enjeu (pas obligatoire pour les Terminales) : quelle est la place de ce texte dans l'histoire des idées? Quelles sont ses racines, et qui va-t-il inspirer? 5) Le plan: quelles sont les étapes du raisonnement? Commence par répondre à ces questions. Si tu as toutes les réponses, écris-les les unes à la suite des autres dans un beau paragraphe, avec des mots de liaison pour rendre le tout cohérent: surprise! ça fait une intro de commentaire de texte. Ensuite, puisque ce texte est extrait d'un manuel: tu as un paratexte et des mentions dans la marge qui font le boulot à ta place...
  6. Calliclès

    Holbach christianisme dévoilé

    Ce texte de D'Holbach est très simple à comprendre, puisqu'il a une thèse bien affirmée et qu'il la répète. Je dirai juste que la question six fait appel à des distinctions philosophiques expliquées dans le manuel ou dans ton cours, sinon tu aura du mal à y répondre. Les questions 1 à 4 coulent de source, la 5 te demande un petit effort de réflexion mais rien de méchant. C'est un texte bien choisi pour le début d'année: pas très difficile à expliquer. Mais un peu en-dessous de ce qui peut tomber au bac.
  7. Calliclès

    Pourquoi se soucier du vrai?

    Derrière cette question, il y a le problème de la vérité, donc de l'objectivité. La question parait provocante, parce que si on répond "pas besoin de s'en soucier", on tombe dans le cynisme. Celui des politiciens et des publicitaires: pour eux le vrai n'existe pas, ils ne travaillent que la persuasion, la manipulation des faits. D'ailleurs, ils travaillent souvent contre le vrai (le gouvernement qui manipule les chiffres du chômage à mi-mandat, ou les publicités mensongères en tout genre). Mais dans la mesure où ça marche... Puisque les politiciens se font élire et que les publicitaires vendent n'importe quoi en racontant n'importe quoi... Pourquoi, effectivement, se soucier du vrai? Je te laisse réfléchir au sujet: à partir de mon accroche, peux-tu commencer à trouver des problématiques?
  8. Calliclès

    philosophie

    Dans un premier temps, concentrons-nous sur le texte de Locke en laissant de côté la version "moderne" qui est accolée. Ce texte pose une distinction un peu subtile, mais claire, au §17: Le soi est une conscience, pas une substance. Autrement dit, ce qui fait l'identité d'une personne, c'est sa conscience (conscience du passé: souvenirs ; conscience de l'instant ; conscience d'un état émotionnel: bonheur ou malheur). Alors que toute la théologie médiévale essaye de penser le soi à partir de l'âme. Or, l'âme pose un problème: puisqu'elle est immatérielle, comment communique-t-elle avec le corps? Comment une substance spirituelle et une substance matérielle peuvent-elle cohabiter au sein d'un seul être? En disant que le soi est dans la conscience et pas dans la substance, Locke reformule complètement le problème et écarte les soucis sans fin posés par l'union du corps et de l'âme. Il stipule que le soi dépend de la conscience, où qu'elle se trouve, quelle que soit sa substance, qu'elle se partage un corps ou deux. Cette thèse est défendue par des expériences de pensée (deux consciences se partageant un seul corps, ou une conscience répartie dans deux corps différents). Il explique à chaque expérience de pensée que la personne, c'est la conscience. Laisse-moi prendre une autre expérience de pensée semblable: la superstition populaire des vies antérieures. Des gens croient qu'ils ont vécu des vies antérieures dont ils n'ont pas conscience et n'éprouvent pas de souvenirs réels (seulement d'étrange réminiscences qui expliquent les sentiments de déjà-vu ou de familiarité avec des lieux jamais visités). Mais si on applique le raisonnement de Locke, on se rend compte que le concept de "vie antérieure" sans souvenir est absurde: si on ne se souvient pas d'une telle vie antérieure, comment peut-on dire qu'on l'a vécue? Il n'y a pas de souvenirs clairs, donc pas de conscience du passé, donc il n'y a pas d'identité commune entre notre vie présente et la supposée vie antérieure. Autrement dit: si j'ai effectivement eu des vies antérieures mais que je ne m'en souviens pas, tout se passe comme si les vies antérieures n'existaient pas (et n'avaient jamais existé), car je n'en ai pas conscience.
  9. Calliclès

    philosophie

    Bonsoir You41, Il y a d'autres personnes qui ont eu des dissertations à faire sur la conscience. Aller voir les sujets, vous trouverez beaucoup d'éléments intéressants. Votre sujet de dissertation est relativement simple: "Suis-je ce que j'ai conscience d'être?" pose le problème : y a-t-il en moi des choses qui échappent à la conscience? Tout de suite, vous pouvez convoquer l'idée d'inconscient et toute la psychologie pour en traiter. Que ce soit les biais cognitifs étudiés dans la psychologie moderne, ou l'inconscient freudien, le "ça" des pulsions agissantes. C'est une piste immédiate et évidente: vous devrez parler de psychologie dans cette dissertation.
  10. Calliclès

    Philosophie, poser un problème, TS

    C'est peut-être un peu tard pour répondre. Je serai tenté de dire: 1) Comment la nature peut-elle commettre des erreurs alors qu'elle est par définition le processus naturel qui fait advenir tous les vivants? Est-ce que la notion d'erreur ne serait pas un jugement de valeur culturel plaqué sur des phénomènes naturels? Si c'est naturel, comment cela peut-il être une erreur? Thèse 1: la nature ne commet pas d'erreur, parce que c'est la nature. Citer n'importe quel philosophe préscientifique qui pense que dieu a créé le monde: la nature ne comporte pas d'erreur parce qu'elle porte la perfection divine (c'est un peu crétin, mais une part considérable de l'humanité pense comme ça, donc il faut le citer, ne serait-ce que pour le critiquer ensuite). Thèse 2: La nature est bourrée d'erreurs qui se résolvent de façon brutale et catastrophique: la rencontre des plaques tectoniques crée des séismes, les épidémies font que certains virus exterminent une population qui permettait au virus de se reproduire, certaines espèces évoluent d'une façon qui les blesse (les biologistes appellent cela une exaptation, comme la queue du paon qui lui permet de mieux faire la cour aux femelles, mais l'empêche quand même d'échapper à certains prédateurs). [troll] D'ailleurs, Donald Trump et Kim Kardashian existent, est-ce que ce ne sont pas d'énormes erreurs de la nature? [/troll] 2) L'art est-il universel? L'oeuvre d'art peut-elle dépasser sa culture d'origine? L'art est-il exclusif et excluant? Thèse 1: Oui, une oeuvre d'art n'a de sens que dans un certain contexte, sinon elle perd beaucoup (d'ailleurs, quand je lis les mythologies de peuples anciens et éloignés, je ne pige pas grand-chose alors que c'était le fondement de leur système de croyance pendant mille ans). Thèse 2: l'art est au contraire révélateur d'une sensibilité universelle (et d'ailleurs, quand j'écoute du Mozart ou que je lis l'Odyssée d'Homère, c'est vachement bien, alors que tous les gens pour qui ces oeuvres ont été créées sont morts depuis un bail). 3) /!\ C'est un problème de droit international ou de géopolitique plus que de philo. La notion de droit peut-elle être étendue à un groupe de personnes? Le droit d'une population peut-il se comparer au droit individuel? Thèse 1 : Non, car la responsabilité est individuelle, donc le droit aussi et cette extension est peut-être pensable, mais pas très applicable en pratique. Thèse 2: Le droit collectif existe lorsque que l'on perd le compte des cas individuels: exemple au hasard... la reconnaissance de la Solution Finale (ou Shoah) comme un crime contre l'humanité (une catégorie légale qui n'existait pas auparavant). Et plus proche de nous: les associations de consommateurs utilisent des recours collectifs contre certains industriels. 4 ) /!\ C'est un sujet dont la formulation incite à répondre "non", donc mal formulé. La technique est-elle la condition de tout progrès? Il a-t-il un rapport entre progrès moral et progrès technique? La technologie rend-elle la société meilleure? Il va falloir convoquer Rousseau et Marx, à l'évidence. Thèse 1: Non, bien sûr, les progrès du vivre-ensemble, de la pédagogie, du droit, sont des progrès moraux qui ne semblent pas corrélés au progrès technique. Thèse 2: L'économie et la production étant le fondement de ce qui est disponible dans la société, un progrès technique entraîne immédiatement une modification de la production et de la disponibilité des biens, donc une modification des façons de vivre. A partir de là, les peuples justifient ces façons de vivre par des raisonnements a posteriori: la morale (exemple: un peuple de pêcheurs vénère un dieu marin (disons Poséidon chez les Grecs), ce n'est pas leur religion qui leur ont permis de perfectionner les techniques de pêche, mais les techniques de pêche qui ont orienté leur culture dans cette direction, la technique façonnant l'économie puis la morale). 5) /!\ Puisque le sujet demande "en quel sens?", il n'y aura pas d'antithèse ici, mais plusieurs propositions de réponse. L'homme appartient-il à la nature? La culture humaine est-elle un phénomène naturel? Thèse 1: L'homme n'est pas naturel parce qu'il utilise trop de moyens techniques depuis trop longtemps: c'est un être qui vit dans un environnement artificiel parce qu'il adapte la nature au lieu de s'y adapter. Thèse 2 : l'être humain pratique une morale, donc une entraide permanente, qui l'amène à contrecarrer le destin naturel des individus par l'entraide sociale: les malades sont soignés, les vieux entretenus, les handicapés soutenus. La sélection naturelle ne s'applique plus vraiment au sein de la société grâce à la solidarité: l'humain a donc aboli un phénomène naturel.
  11. Calliclès

    Philosophie animal domestique

    En termes de biologie (pas de philosophie) : l'animal domestique n'est pas un animal "comme les autres" parce que 1) d'un point de vue génétique: il a subi une sélection artificielle au lieu d'une sélection naturelle (l'éleveur a choisi le taureau, la vache n'a pas cédé aux avances d'un taureau parmi d'autres dans une prairie). Ce qui implique que les éleveurs ont choisi quelle bête allait procréer et quelle autre allait finir en entrecôte plus rapidement. Ils ont choisi ces animaux selon des critères pratiques: les vaches qui donnent le plus de lait, les moutons qui donnent le plus de laine, les chiens les plus faciles à dresser, etc... Ce ne sont pas des traits qui ont aidé les animaux à survivre dans leur milieu naturel, mais des traits qui allaient dans le sens du profit de l'éleveur. A l'avenir, la manipulation du vivant ira probablement de plus en plus loin pour les animaux domestiques: il y a déjà des animaux de compagnie clonés, des projets sont en cours pour cloner du bétail: à quand les moutons O.G.M. ou le poulet modifié par édition génétique (technologie du CRISPR) ? 2) d'un point de vue éthologique (comportement): l'animal domestique a subi une présence constante de l'éleveur ou du propriétaire. Il a dû apprendre et s'ajuster à des comportements humains. Quand cela fait suffisamment longtemps, ces logiques comportementales deviennent même innées (le chien domestique est domestique depuis tellement longtemps que personne ne sait précisément de quand date la domestication... Mais nos gentils canis lupus ont une zone de leur cerveau dédiée à l'interprétation des expressions faciales humaines, donc... Ils sont domestiqués depuis suffisamment longtemps pour que leur morphologie cérébrale en porte la trace). Et encore, je n'ai même pas abordé le dressage. 3) D'un point de vue évolutif: il y a coévolution de l'humain et de l'animal domestique. Les Européens élèvent des vaches, des chèvres et des brebis depuis tellement longtemps qu'ils ont développé des anticorps pour se défendre de maladies transmises par le bétail. Anticorps que les Américains natifs, par exemple, n'avaient pas... Ce qui explique en partie le choc microbien entre les colons Anglais et les Indiens d'Amérique. Cette coévolution des espèces par rapport à leurs microbes n'est qu'un exemple parmi une foule d'autres. Tiens: des recherches génétiques sur de large populations ont montré que la plupart des humains d'origine européenne ou nord-africaine sont capables de digérer le lait à l'âge adulte. Ce qui n'est pas le cas en Asie du sud-est (où une part importante de la population est dite intolérante au lactose). Mais cette capacité à digérer le lait à l'âge adulte est une mutation récente (seulement 5 000 ans environ), qui est survenue après la domestication du bétail. Donc les recherches sur l'évolution humaine ont permis aux médecins de comprendre que l'intolérance au lactose n'est pas une maladie: c'est l'état "normal" de certaines populations dont les ancêtres ne buvaient pas le lait de leur bétail. Ceux dont les ancêtres buvaient du lait (de chèvre pour les Européens, de chamelle pour les Nord-Africains) sont des mutants: ils ont coévolué avec leurs animaux domestiques. De façon générale: nous domestiquons certaines espèces depuis tellement longtemps qu'elles ne pourraient pas vivre sans nous et qu'on aurait beaucoup de mal à se passer de leur présence... je te laisse réfléchir au cas des abeilles domestiques, par exemple. Je parle biologie, et pas philosophie, parce que ton sujet est beaucoup plus scientifique que philosophique. La place du philosophe est de définir et séparer les notions et concepts, alors que le scientifique recherche et théorise les lois naturelles. Pour faire court: ton prof de physique peut t'enseigner les lois de diffraction de la lumière, ou les lois de transformation de l'énergie, mais la définition des termes "lumière" et "énergie" est un problème philosophique. Tu as le même genre de démarche dans ce sujet: il te faut des connaissances scientifiques pour y répondre (je ne pense pas que tu puisses répondre sans parler de biologie à un moment ou un autre), mais il y a des enjeux philosophiques, puisqu'il faudra définir "domestique" et "sauvage".
  12. Calliclès

    Dissertation TES « Peut-on se connaître soi meme »

    Un argument est: - soit un exemple, mais il faut l'utiliser comme une simple illustration de l'idée que tu viens d'expliquer, et dire pourquoi cet exemple est généralisable et n'est pas qu'un simple cas particulier. - soit une démonstration logique. Un argument n'est pas: - Une citation d'auteur (ce serait un argument d'autorité, donc invalide: ce n'est pas parce que "Kant a dit..." que c'est vrai et que ça te dispense d'expliciter pourquoi Kant le dit, la philosophie n'est pas une religion et les auteurs ne sont pas des prophètes qu'on peut citer n'importe comment pour dire n'importe quoi). - Une simple répétition de ton idée (lapalissade: j'ai raison, parce que j'ai expliqué que j'avais raison).
  13. Calliclès

    Suis-je ce que j’ai choisi d’etre

    Salut Samy, Cette dissertation sur le soi est couplée à la question du choix. Ce qui t'amène sur tout un tas de problèmes philosophiques, donc de problématiques possibles. Mais cette dissertation tourne autour du couple de notions: liberté et déterminisme. Votre enseignant a dû intégrer des cours sur la liberté avant de vous donner un tel sujet. Suis-je ce que j'ai choisi d'être? pose le problème de la liberté immédiatement. Tu peux l'exprimer à travers le problème suivant: a-t-on le choix d'être ce qu'on est? D'une part je n'ai pas choisi tout un tas de choses (mon lieu de naissance, mon patrimoine génétique, l'époque), mais en plus je n'ai même pas choisi d'exister. Je suis donc lâché dans la vie, influencé par mon milieu familial, un cadre social précis, une culture locale qui font de moi un produit de la société (déterminisme social). D'autre part, je suis un mammifère dont le code génétique porte de nombreux instincts innés, dont je m'accommode (je n'ai pas choisi d'avoir faim, d'avoir peur, d'avoir des pulsions sexuelles: c'est le déterminisme biologique). Ajoutons à cela que j'ai été élevé par une famille ou des gens que je n'ai pas choisi, et qui m'ont transmis une éducation, mais aussi des habitudes ou des soucis personnels (ma mère m'a peut-être transmis un complexe à force de me juger: c'est le déterminisme psychologique). Mais que je le veuille ou non, je suis tenu pour responsable de mes actes à travers mes choix. Quels que soient mes déterminismes psychologiques, sociaux et biologiques, si je commets certains crimes, ça n'empêchera pas un juge de m'envoyer en prison, avec l'argument que j'étais libre de ne pas commettre ces crimes (il est important d'insister sur la dimension pratique du concept de liberté: ce n'est pas une idée purement métaphysique, c'est une hypothèse pratique de tous les jours: les gens sont libres, donc responsables, donc on doit les punir ou les récompenser). A partir de là, je peux me construire dans ma vie, à travers une série de choix quotidiens et déterminants (attention à ne pas insérer une psychologie de comptoir, du genre livre d'épanouissement personnel: "on choisit chaque jour qui on est" et autres banalités, c'est le meilleur moyen de partir en hors-sujet avec des idées qui ont plus rapport à une logique d'édition bas-de-gamme qu'avec n'importe quel concept philosophique). Je te conseille d'insister sur le concept de responsabilité morale dans la troisième partie. Le moment du choix, c'est le moment où la responsabilité s'exprime. Par exemple: va-t-on mentir ou dire la vérité si une vie est en jeu? Si tu détiens une information qui peut condamner plusieurs personnes (en étant résistant pendant la 2de Guerre Mondiale par exemple), vas-tu livrer cette information ou refuser de la donner, même sous la torture? Il y a un moment où ce genre de situation dépasse les déterminismes, par exemple le moment où l'on résiste à la torture. C'est Sartre qui en parle le mieux, pour avoir vécu cette période: "Le secret d'un homme, c'est la limite même de sa liberté, c'est son pouvoir de résistance aux supplices et à la mort. A ceux qui eurent une activité clandestine, les circonstances de leur lutte apportaient une expérience nouvelle : ils ne combattaient pas au grand jour, comme des soldats ; traqués dans la solitude, arrêtés dans la solitude, c'est dans le délaissement, dans le dénuement le plus complet qu'ils résistaient aux tortures : seuls et nus devant des bourreaux bien rasés, bien nourris, bien vêtus qui se moquaient de leur chair misérable et à qui une conscience satisfaite, une puissance sociale démesurée donnaient toutes les apparences d'avoir raison. Pourtant, au plus profond de cette solitude, c'étaient les autres, tous les autres, tous les camarades de résistance qu'ils défendaient ; un seul mot suffisait pour provoquer dix, cent arrestations. Cette responsabilité totale dans la solitude totale, n'est-ce pas le dévoilement même de notre liberté ?" Sartre, La République du silence. Texte de 1944 paru dans la revue Lettres françaises, republié dans Situations III en 1949. Au moment où l'on fait un choix, on agit. Et là, nous choisissons qui nous sommes pour le monde et pour les autres: lâches, courageux, hypocrites ou héroïques.
  14. Calliclès

    Dissertation TL

    Bonjour Cerf-Volant, Le hasard fait que j'ai utilisé ce texte il y a trois semaines avec ma classe. Non, l'utilisation de ce texte n'est pas vraiment pertinente. Car Hume critique la nature humaine, qui est selon lui dogmatique. Autrement dit, tout ce que tu cites du texte, c'est le passage où Hume semble s'énerver contre les idées un peu trop fixes de ses contemporains. Dans la suite du texte, il invite à "un peu de pyrrhonisme", c'est-à-dire à mettre une dose de scepticisme. Ce texte a pour finalité d'inviter au doute (pas très étonnant de la part d'un philosophe étiqueté "sceptique"). Si tu veux, comme je le comprends, essayer de couper la poire en deux et de dire qu'il y a des limites au doute, Hume n'est pas la bonne source. Ou alors, il faut trouver un passage plus pragmatique. Je m'explique: ta troisième partie pourrait proposer l'idée que douter de tout n'est quand même pas pratique (si je doute du fait que le soleil va se lever, je risque d'en perdre le sommeil). Il y a donc des hypothèses pratiques, des croyances communes dans lequel le doute est neutralisé pour vivre simplement. Je te conseille d'utiliser ce passage de Tocqueville: Il n'y a pas de si grand philosophe dans le monde qui ne croie un million de choses sur la foi d'autrui, et qui ne suppose beaucoup plus de vérités qu'il n'en établit. Ceci est non seulement nécessaire, mais désirable. Un homme qui entreprendrait d'examiner tout par lui-même ne pourrait accorder que peu de temps et d'attention à chaque chose ; ce travail tiendrait son esprit dans une agitation perpétuelle qui l'empêcherait de pénétrer profondément dans aucune vérité et de se fixer avec solidité dans aucune certitude. Son intelligence serait tout à la fois indépendante et débile (1). Il faut donc que, parmi les divers objets des opinions humaines, il fasse un choix et qu'il adopte beaucoup de croyances sans les discuter, afin d'en mieux approfondir un petit nombre dont il s'est réservé l'examen. Il est vrai que tout homme qui reçoit une opinion sur la parole d'autrui met son esprit en esclavage ; mais c'est une servitude salutaire qui permet de faire un bon usage de la liberté. Il faut donc toujours, quoi qu'il arrive, que l'autorité se rencontre quelque part dans le monde intellectuel et moral. Sa place est variable, mais elle a nécessairement une place. L'indépendance individuelle peut être plus ou moins grande ; elle ne saurait être sans bornes. Ainsi, la question n'est pas de savoir s'il existe une autorité intellectuelle dans les siècles démocratiques, mais seulement où en est le dépôt et quelle en sera la mesure. TOCQUEVILLE, De la Démocratie en Amérique
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