Tu ne pouvais pas mieux tomber: je viens de finir un cours en distanciel sur cette notion avec une élève.
1) La thèse de l'auteur est à la fin, Locke est un philosophe méthodique qui fait tout pour s'exprimer clairement, il n'y a pas de piège. Idem pour le déroulement de l'argumentation: c'est un texte articulé en plusieurs paragraphes: aucun piège, il y a autant d'étapes que de paragraphes, tout simplement.
2) La comparaison est faite en creux. L'état de nature est défini par une suite de négations, il faut comprendre: "donc, dans la société civile, au contraire..."
3) Existe-t-il des lois naturelles?
C'est une question de réflexion qui mérite que tu argumentes, mais tu dois comprendre le problème, qu'on peut formuler de la façon suivante: comment une loi peut-elle être naturelle alors que les lois doivent être décrétées par définition? Il y a une tension entre l'idée même de loi: écrite, promulguée par une autorité, artificielle, conventionnelle, issue du débat public et de la volonté d'imposer un ordre social par-dessus l'ordre naturel, et l'idée de nature, qui est immanente, immuable, indifférente aux décisions et aux décrets. Une loi, c'est comme un calendrier, de l'argent ou un moyen de contraception: c'est extrêmement pratique et on aurait tort de s'en passer, mais c'est évidemment contre-nature. Les scientifiques disent "loi de la nature" en commettant un abus de langage, lorsqu'ils décrivent les règles immuables de la physique. Mais Locke ne parle visiblement pas de ça.