Ton prof t'a donné beaucoup d'ingrédients de méthode, tu devrais y arriver. Mais il faut admettre que ce texte est particulièrement long.
Dans un premier temps: "l'ataraxie des stoïciens" est quelque chose que votre prof devrait expliquer, ce n'est pas une notion connue des débutants. Les stoïciens sont une des quatre grandes écoles de pensée antiques issues de Platon (les premiers furent les cyniques, puis les épicuriens, les sceptiques et les stoïciens). Chez les stoïciens et d'autres écoles antiques, on considère qu'on peut atteindre un état mental dit "ataraxie", c'est-à-dire absence de trouble, quiétude. C'est en cela que consisterait le bonheur.
Ensuite, pour le thème, c'est extrêmement simple, Rousseau l'explique dès la première ligne: la différence entre l'homme sauvage et l'homme civilisé.
Pour la thèse, comme souvent dans les textes philosophiques, elle est confirmée à la fin: je te laisse la trouver.
La problématique du texte, c'est tout simplement la question à laquelle répond ce texte. Si tu trouves la thèse, tu peux trouver la problématique.
Pour faire court, ce texte est une apologie de ce qu'on appelle en histoire le mythe du bon sauvage. Les philosophes, comme trop souvent, on privilégié leur imagination à l'observation. Lorsque le monde moderne s'est construit par la colonisation, d'abord avec les grandes explorations maritimes du XVe et XVIe siècle (les grands voyages de Colomb, Vespuci, Magellan, Cortès, Cartier et d'autres), puis du XVIIe et XVIIIe siècle (la circum-navigation de Cook, La Pérouse, Bougainville, entre autres), les récits de cultures lointaines s'accumulent dans les bibliothèques. On parle des "sauvages" vivant dans les îles des Caraïbes ou du Pacifique. Notre sympathique Jean-Jacques Rousseau, qui aimait se faire fouetter le cul à la brosse à cheveux par une dame de Savoie entre deux confessions, imaginait que ces peuples tribaux étaient plus libres et indépendant que les civilisés. Pour son époque, c'était très moderne: il prenait à contre-pied le mépris habituel des Européens pour les civilisations qui résistent moins bien qu'eux à la variole, et qui ont le mauvais goût de ne pas avoir inventé la poudre ou l'acier pour se défendre quand les Anglais débarquent. Au lieu, comme beaucoup de ses contemporains, de dire "nous sommes supérieurs, pillons-les", Rousseau essaie d'inventer une défense des peuples colonisés, ou décimés par les virus européens.
De nos jours, évidemment, on se rend compte de la naïveté de Rousseau: il parle avec de grands termes vagues et absolus de peuples qu'il n'a jamais rencontrés, dont il n'a appris ni la langue ni les coutumes, et qu'il n'a pas étudié sur le terrain. Pas de faux procès cependant: à l'époque de Rousseau, même les géologues et les naturalistes méprisaient le travail de terrain et analysaient ce qu'on leur rapportait depuis le confort de leur cabinet d'étude.
Relis ce texte patiemment, savoure le style de Rousseau, considère qu'il se répète un peu et que ça devrait t'aider. Il est possible que tu n'ai pas de problème avec la philosophie, mais seulement avec le style du Français classique du XVIIIe siècle. Si tu n'y arrives pas du tout, réponds simplement à ce message, je réponds toujours dans les 24h (je suis officiellement plus efficace que le SAV de Free).