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Lecture Analytique


lili1511

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Bonjour, je viens de me rendre compte que pour la lecture analytique Ad Majorem Dei Gloriam de Hugo dans le recueil Les Châtiments je n'ai pas d'ouverture, notre professeur nous avait juste dit "Il y a d'autres poèmes où Hugo s'en prends à ce qu'il considère comme de faux prêtres." mais nous avait pas dit lesquels donc je pense que si je dis ça à mon examinateur le jour de l'oral, il va tout simplement me demander "quels poèmes?". Et après des recherches je n'ai rien trouvé donc auriez vous des idées d'ouvertures ? Le plan de ma lecture analytique (si ça peut vous aider) est : 

Quels reproches fait Hugo aux Jésuites ?

I)Etre avide de pouvoir 

A.Ils veulent gouverner                              B.Imposer un nouvel ordre religieux, social et moral

II)Vouloir tout détruire

A.Supprimer les libertés                            B. Utiliser la force pour atteindre leur but 

III)Manipulateurs 

A.Ils s'associent avec des bandits                         B.Ils bercent les foules

Merci pour votre aide. 

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  • E-Bahut

Titre : Aux prêtres

Poète : Victor Hugo (1802-1885)

Recueil : Les quatre vents de l'esprit (1881).

 

Citation

 

Il sied de ressembler aux dieux. Ton Dieu, flamine, 
Dévore ses enfants ; ton Dieu, mage, extermine ; 
Augure, ton Dieu ment ; uléma, ton Dieu met 
La terre sous le sabre impur de Mahomet ; 
Ton Dieu, Rome, est l'agneau, mais il tette la louve ; 
Ô noir dominicain qui rêves, ton Dieu trouve 
Agréable l'odeur infâme des bûchers ; 
D'affreux temples, ayant pour prêtres des bouchers, 
Sont l'habitation de ton Dieu, corybante ; 
Brahmine, ton Dieu sombre aime la nuit tombante ; 
Rabbin, ton Dieu maudit la race de Japhet, 
Et cloue au fond du ciel le soleil stupéfait ; 
Sabaoth est cruel, Jupiter est immonde, 
Et pas un Dieu ne sait comment est fait le monde ; 
Les peuples ont le choix pour fléchir le genou 
Entre le monstre Asgar et le monstre Vishnou ; 
Ce Dieu brait, celui-là rugit, celui-ci beugle ; 
C'est pourquoi l'idéal de l'homme est d'être aveugle, 
Ténébreux, vil, féroce, ignorant, odieux, 
Afin d'être aussi près que possible des dieux.

Le 4 août 1874.

Victor Hugo.
 


 


 

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  • E-Bahut

 

 

 

Citation

 

Victor Hugo, "Pour Dieu, contre ses prêtres"

Je donne cinquante mille francs aux pauvres, je désire être porté au cimetière dans leur corbillard, je refuse l'oraison de toutes les Eglises, je demande une prière à toutes les âmes, je crois en Dieu."

 

Telles sont les célèbres ultimes volontés de Victor Hugo et les dernières lignes écrites de sa main, trois jours avant sa mort, le 22 mai 1885. 

 

Citation

 

 

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  • E-Bahut

Religions et religion 
Victor Hugo
Les quatre vents de l'esprit, XXVI, 
Les bonzes, 26 juillet 1874.

 

 

Que je prenne un moment de repos ? Impossible. 
Koran, Zend-Avesta, livres sibyllins, Bible, 
Talmud, Toldos Jeschut, Védas, lois de Manou, 
Brahmes sanglants, santons fléchissant le genou, 
Les contes, les romans, les terreurs, les croyances, 
Les superstitions fouillant les consciences, 
Puis-je ne pas sentir ces creusements profonds ? 
J'en ai ma part. Veaux d'or, sphinx, chimères, griffons, 
Les princes des démons et les princes des prêtres, 
Synodes, sanhédrins, vils muphtis, scribes traîtres, 
Ceux qui des empereurs bénissaient les soldats, 
Ceux que payait Tibère et qui payaient Judas, 
Ceux qui tendraient encore à Socrate le verre, 
Ceux qui redonneraient à Jésus le calvaire, 
Tous ces sadducéens, tous ces pharisiens, 
Ces anges, que Satan reconnaît pour les siens, 
Tout cela, c'est partout. C'est la puissance obscure. 
  
Plaie énorme que fait une abjecte piqûre ! 
  
Ce contre-sens : Dieu vrai, les dogmes faux ; cuisson 
Du mensonge qui s'est glissé dans la raison ! 
Démangeaison saignante, incurable, éternelle, 
Que sent l'homme en son âme et l'oiseau sous son aile ! 
  
Oh ! L'infâme travail ! Ici Mahomet ; là 
Cette tête, Wesley, sur ce corps, Loyola ; 
Cisneros et Calvin, dont on sent les brûlures. 
Ô faux révélateurs ! Ô jongleurs ! Vos allures 
Sont louches, et vos pas sont tortueux ; l'effroi, 
Et non l'amour, tel est le fond de votre loi ; 
Vous faites grimacer l'éternelle figure ; 
Vous naissez du sépulcre, et l'on sent que l'augure 
Et le devin son pleins de l'ombre du tombeau, 
Et que tous ces rêveurs, compagnons du corbeau, 
Tous ces fakirs d'Ombos, de Stamboul et de Rome, 
N'ont pu faire tomber tant de fables sur l'homme 
Qu'en secouant les plis sinistres des linceuls. 
  
Dieu n'étant aperçu que par les astres seuls, 
Les penseurs, sachant bien qu'il est là sous ses voiles, 
Ont toujours conseillé d'en croire les étoiles ; 
Dieu, c'est un lieu fermé dont l'aurore a la clé, 
Et la religion, c'est le ciel contemplé. 
  
Mais vous ne voulez pas, prêtres, de cette église. 
Vous voulez que la terre en votre livre lise 
Tous vos songes, moloch, Vénus, Ève, Astarté, 
Au lieu de lire au front des cieux la vérité. 
De là la foi changée en crédulité ; l'âme 
Éclipsant la raison dans une sombre flamme ; 
De là tant d'êtres noirs serpentant dans la nuit. 
  
L'imposture, par qui le vrai temple est détruit, 
Est un colosse fait d'un amas de pygmées ; 
Les sauterelles sont d'effrayantes armées ; 
Ô mages grecs, romains, payens, indous, hébreux, 
Le genre humain, couvert de rongeurs ténébreux, 
Sent s'élargir sur lui vos hordes invisibles ; 
Vous lui faites rêver tous les enfers possibles ; 
Le peuple infortuné voit dans son cauchemar 
Surgir Torquemada quand disparaît Omar. 
Nul répit. Vous aimez les ténèbres utiles, 
Et vous y rôdez, vils et vainqueurs, ô reptiles ! 
Sur toute cette terre, en tous lieux, dans les bois, 
Dans le lit nuptial, dans l'alcôve des rois, 
Dans les champs, sous l'autel sacré, dans la cellule, 
Ce qui se traîne, couve, éclôt, va, vient, pullule, 
C'est vous. Vous voulez tout, vous savez tout ; damner, 
Bénir, prendre, jurer, tromper, servir, régner, 
Briller même ; ramper n'empêche pas de luire. 
Chuchotement hideux ! Je vous entends bruire. 
Vous mangez votre proie énorme avec bonheur, 
Et vous vous appelez entre vous monseigneur. 
L'acarus au ciron doit donner de l'altesse. 
Quelles que soient votre ombre et votre petitesse, 
Je devine, malgré vos soins pour vous cacher, 
Que vous êtes sur nous, et je vous sens marcher 
Comme on sent remuer les mineurs dans la mine, 
Et je ne puis dormir, tant je hais la vermine ! 
  
Vous êtes ce qui hait, ce qui mord, ce qui ment. 
Vous êtes l'implacable et noir fourmillement. 
Vous êtes ce prodige affreux, l'insaisissable. 
Qu'on suppose vivants tous les vils grains de sable, 
Ce sera vous. Rien, tout. Zéro, des millions. 
L'horreur. Moins que des vers et plus que des lions. 
L'insecte formidable. Ô monstrueux contraste ! 
Pas de nains plus chétifs, pas de pouvoir plus vaste. 
L'univers est à vous, puisque vous l'emplissez. 
Vous possédez les jours futurs, les jours passés, 
Le temps, l'éternité, le sommeil, l'insomnie. 
Vous êtes l'innombrable, et, dans l'ombre infinie, 
Fétides, sur nos peaux mêlant vos petits pas, 
Vous vous multipliez ; et je ne comprends pas 
Dans quel but Dieu livra les empires, le monde, 
Les âmes, les enfants dressant leur tête blonde, 
Les temples, les foyers, les vierges, les époux, 
L'homme, à l'épouvantable immensité des poux.

 

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  • E-Bahut

Encore un:

Citation

Aux prêtres

Poète : Victor Hugo (1802-1885)

Recueil : Les quatre vents de l'esprit (1881).

Il sied de ressembler aux dieux. Ton Dieu, flamine,
Dévore ses enfants ; ton Dieu, mage, extermine ;
Augure, ton Dieu ment ; uléma, ton Dieu met
La terre sous le sabre impur de Mahomet ;
Ton Dieu, Rome, est l'agneau, mais il tette la louve ;
Ô noir dominicain qui rêves, ton Dieu trouve
Agréable l'odeur infâme des bûchers ;
D'affreux temples, ayant pour prêtres des bouchers,
Sont l'habitation de ton Dieu, corybante ;
Brahmine, ton Dieu sombre aime la nuit tombante ;
Rabbin, ton Dieu maudit la race de Japhet,
Et cloue au fond du ciel le soleil stupéfait ;
Sabaoth est cruel, Jupiter est immonde,
Et pas un Dieu ne sait comment est fait le monde ;
Les peuples ont le choix pour fléchir le genou
Entre le monstre Asgar et le monstre Vishnou ;
Ce Dieu brait, celui-là rugit, celui-ci beugle ;
C'est pourquoi l'idéal de l'homme est d'être aveugle,
Ténébreux, vil, féroce, ignorant, odieux,
Afin d'être aussi près que possible des dieux.

Le 4 août 1874.

 

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