Aller au contenu

Dissertation sur l art


spiderman

Messages recommandés

Je dois lire les textes de Michel Serres : le tiers instruit , souvenir d un an de Guy de mai passant et enfin le portrait de Giacometti de James 

en analysant en quoi la création artistique est considéré en tant qu une quête ou une epreuve ?

 

pouvez vous m aider svp c est important , 

merci 

Lien vers le commentaire
Partager sur d’autres sites

Le 14/3/2016 at 14:48, corcega a dit :

Oui, vas-y.

 

Le 13/3/2016 at 20:05, moîravita a dit :

Tu lis les textes, tu proposes des réponses : on ne fait pas les devoirs, ici .

Bonjour,

Je rappelle les textes: ils sont en entier ,  vous trouverez mon travail ensuite.

James Lord, Un portrait par Giacometti 
Le lendemain après-midi, je trouvai plusieurs personnes à l’atelier. À présent que Giacometti est devenu célèbre, il a beaucoup plus de visiteurs. Voilà dix ans, il était rare de le trouver aux prises avec des journalistes, des marchands étrangers, des directeurs de musée, des critiques, des collectionneurs et des curieux. Maintenant, c’est courant. Il a pris le changement avec calme, bien que souvent le fait qu’on lui vole continuellement son temps l’exaspère.
Il était quatre heures et demie quand nous pûmes nous mettre au travail. En commençant à peindre, il me dit :
-J’ai remarqué non seulement que, de face, tu as l’air d’une brute, mais que ton profil est un peu dégénéré.
Il rit franchement et ajouta :
-De face, tu vas en prison ; de profil tu finis à l’asile.
Nous nous mîmes à rire tous les deux. Bien qu’il fût capable de plaisanter, il paraissait accablé par l’énormité de la tâche pas du tout drôle qu’il avait entreprise. Il ne cessait de murmurer, en partie pour lui-même et en partie à mon adresse, combien elle était impossible.

-Voilà trente ans que je perds mon temps, dit-il. La racine du nez me dépasse, je n’ai aucun espoir de jamais en venir à bout.
Il continua néanmoins à travailler. L’après-midi passa lentement. Il fumait des cigarettes et racontait des histoires de gens qu’il avait connus et d’incidents qui l’avaient amusé ou intéressé. Mais il en revenait toujours à l’intolérable difficulté de la tâche qu’il avait sur les bras. J’essayai de déduire des mouvements de ses pinceaux la tournure que le tableau pouvait prendre, mais c’était impossible. Parfois il restait affaissé sur lui-même une minute ou davantage, la tête et les mains pendantes, dans une attitude de découragement absolu, comme s’il ne lui restait aucun espoir fût-ce même de vivre.
- C’est impossible, murmurait-il encore et encore. Jamais je ne m’en sortirai.
Parfois son cafard devenait contagieux. À force de poser là, heure après heure, dans cet atelier gris, encombré, poussiéreux, on commençait à sentir que, véritablement, tout l’avenir dépendait de la possibilité de traduire exactement à l’aide de pinceaux et de couleurs la sensation visuelle produite par un certain aspect de la réalité. Cela, naturellement, est par définition impossible, et pourtant, pour cette raison même, infiniment stimulant et valide. […]
Après deux heures de travail, nous dûmes nous arrêter cet après-midi là, parce qu’un éditeur vint le voir. La toile fut enlevée du chevalet. Tout le vague de la veille avait disparu. La tête était précise et modelée avec force, mais complètement noire. Le corps avait gagné en volume et un peu de la surface du fond avait été peinte.
- Est-ce que ça vaut la peine de continuer ? demanda Giacometti.
- Bien sûr, dis-je.
- Est-ce par charité que tu dis ça ? demanda-t-il encore à demi sérieusement. Si oui, tu es un salaud. Un ami me dirait qu’il faut cesser pour toujours.

L’éditeur, qui avait étudié la toile, dit :
- C’est superbe. La façon dont l’image semble apparaître et disparaître est vraiment vertigineuse.
- Ce qui est vertigineux, c’est que ça n’est ni fait ni à faire.
- Pour toi, peut-être, dis-je, mais pas pour nous.
- Nous verrons demain, répondit-il.

Michel Serres, Le Tiers instruit : 
Apprentissage, oubli. Mis à part des cas rarissimes, moins de dix assurément pour quatre millénaires d’histoire connue, dont les noms signent presque toujours des oeuvres de mathématiques et de musique, ces deux langages à mille valeurs parce que privés de sens discursif, on ne rencontre pas de génie naturel, immédiat et sauvage. Qui attend l’inspiration ne produira jamais que du vent, tous deux aérophagiques. Tout vient toujours du travail, y compris le don gratuit de l’idée qui arrive. S’adonner, ici et maintenant, d’un coup, à n’importe quoi, sans préparation, aboutit à l’art brut dont l’intérêt se borne à la psychopathologie ou à la mode : bulle passagère, pour tréteaux et bateleurs.
OEuvre d’art, voyons le mot. L’oeuvre a pour auteur un ouvrier, de formation artisanale, devenu expert en sa matière propre, formes, couleurs, images, pour tels, langue pour moi, marbre ou paysage ailleurs. Avant de prétendre produire des pensers neufs, il faut, par exemple, ouïr les voyelles : un ouvrier, un artisan d’écriture les distribue dans la phrase et la page comme un peintre les rouges dans les verts, ou un compositeur les cuivres sur les percussions, jamais n’importe comment. Ainsi des consonnes ou des subordonnées : labeur long sur la feuille trouée comme le tonneau des Danaïdes, si indéfini qu’on y passe sa vie. Créer : ne s’adonner qu’à cela, de l’aube à l’agonie.
Cela suppose la meilleure santé : dévorant le corps de son embrasement, la création épuise à mort et tue à la fleur de l’âge quiconque n’y résiste de vive force : Raphaël1, Mozart, Schubert, autour de trente ans, Balzac et saint Thomas d’Aquin2, vers quarante. Avant de se mettre à rimer, le vieux Corneille se déshabillait pour se rouler, tout nu, dans des couvertures de bure où il suait d’abondance, comme en un sauna : l’oeuvre géniale transpire du corps ainsi qu’une sécrétion. Elle sort des glandes. Des dizaines de kilomètres, tous les jours, marchaient Rousseau et Diderot. Les idées nouvelles émanent d’athlètes. Le sobriquet Platon signifie, en grec : large d’épaules. Il faut imaginer les grands philosophes en joueurs de rugby.

Guy de Maupassant, « Souvenirs d’un an »
Dans cet article, paru dans le journal Le Gaulois, Maupassant décrit Gustave Flaubert à sa table de travail.
Dans un fauteuil de chêne à haut dossier, il est assis, enfoncé, la tête rentrée entre ses fortes épaules ; et une petite calotte en soie noire, pareille à celles des ecclésiastiques, couvrant le sommet du crâne, laisse échapper de longues mèches de cheveux gris, bouclés par le bout et répandus sur le dos. Une vaste robe de chambre en drap brun semble l’envelopper tout entier, et sa figure, que coupe une forte moustache blanche aux bouts tombants, est penchée sur le papier. Il le fixe, le parcourt sans cesse de sa pupille aiguë, toute petite, qui pique d’un point noir toujours mobile deux grands yeux bleus ombragés de cils longs et sombres.
Il travaille avec une obstination féroce, écrit, rature, recommence, surcharge les lignes, emplit les marges, trace des mots en travers, et sous la fatigue de son cerveau il geint comme un scieur de long.
Quelquefois, jetant dans un grand plat de cuivre oriental, rempli de plumes d’oie soigneusement taillées, la plume qu’il tient à la main, il prend sa feuille de papier, l’élève à la hauteur du regard, et, s’appuyant sur un coude, déclame d’une voix mordante et haute. Il écoute le rythme de sa prose, s’arrête comme pour saisir une sonorité fuyante, combine les tons, éloigne les assonances, dispose les virgules avec science, comme les haltes d’un long chemin : car les arrêts de sa pensée, correspondant aux membres de sa phrase, doivent être en même temps les repos nécessaires à la respiration.
Mille préoccupations l’obsèdent. Il condense quatre pages en dix lignes ; et la joue enflée, le front rouge, tendant ses muscles comme un athlète qui lutte, il se bat désespérément contre l’idée, la saisit, l’étreint, la subjugue, et peu à peu, avec des efforts surhumains, il l’encage, comme une bête captive, dans une forme solide et précise.

 

Mon sujet est le suivant:

"analyser ces textes et dire en quoi la création artistique peut être considérée comme une quête et une épreuve ?

J'ai analysé (du moins essayé d'analyser ) chacun des 3 textes :

pouvez vous m'aider et dire si ce que j'ai écrit c'est juste ou faux et si ce n'est pas bon de me corriger et de rajouter des choses si c'est utile.

Toutefois, je n'arrive pas à faire un plan car je trouve que ces 3 textes se ressemblent ..  pouvez vous m'aider ?

 

Voici mon travail: 

UNE QUETE: Recherche d'un objetd'unvaleur ou même d'unpersonne qui prend sa source dans les convictions et la volonté de l'individu à accomplir son objectif.

UNE EPREUVE: Difficulté qui éprouve le courage de quelqu'un, qui provoque chez lui de la souffrance 

 

Texte 1 : Un portrait par Giacometti

-          On nous décrit un lieu de travail pour pratiquer de l’art : l’atelier. Il faut donc un lieu adapté pour faire de l’art

-          Recherche incessante de la perfection dans la création artistique : « j’ai remarqué non seulement que de face tu as l’air d’une brute mais que ton profil est un peu dégénéré » : travail qui demande de la précision aussi.

-          Champ lexical de la dureté du travail : il paraissait « accablé » + « intolérable difficulté de  la tâche »

-          Champ lexical du désespoir, d’un travail long à n’en jamais finir : « aucun espoir de jamais en venir à bout » + « découragement absolu»

-          Giacometti est un artiste qui a de la ténacité

-          Travail physique et mentale difficile : fatigue mentale à épreuve

-          Sentiment de représentation de la réalité, l’image est philosophique, artistique, créative. Elle dégage une réalité, une personnalité,  un message.

Texte 2 : Le tiers Payant

-          L’art doit être source d’inspiration

-          On en apprend des choses avec l’art

-          L’idée sort naturellement, c’est l’art qui apporte du travail

-          L’artiste produit une œuvre d’art. celle-ci en devient une, quand elle est composée, et est produit par un mélange de formes, d’images, de couleurs(ou pas),  élaborées par une inspiration, par l’émergence d’idées : synonyme de création artistique

-          La création artistique est un travail de toute une vie, on la travaille tout au long d’une vie. Elle est en devient une passion pour l’artiste « ne s’adonner qu’à cela, de l’aube à l’agonie » à travail long de toute une vie et aussi difficile : « création [artistique] à mort « : double sens (selon moi) l’art c’est toute sa vie !, c’est une passion, on y présente un intérêt très vif !

-          en dehors du terme « œuvre d'art », qui peut être utilisé pour désigner tout travail considéré comme artistique au sens large notamment des œuvres littéraires.

-          Travail difficile physiquement : « l’œuvre géniale transpire du corps ainsi qu’une sécrétion » :  UNE EPREUVE

-          L’inspiration vient toujours et ne s’arrête jamais : « des idées nouvelles émanent d’athlètes »

 

Texte n°3 : Souvenir d’un an de Guy de Maupassant

-          La création artistique demande de la concentration : »la tête entre ses fortes épaules »

-          Maupassant décrit quelqu’un qui écrit (je ne sais pas si c’est ça)

-          Le travail artistique est long pour qu’il soit parfait (à la fin)

-          Figure de style : comparaison « comme un scieur de long »

-          Un artiste s’imprègne de son travail à UNE QUETE

-          Champ lexical du travail difficile : « front rouge »

-          Figure de style : comparaison avec un athlète (on le retrouve dans le texte 2)

-          Travail qui perdure, qui ne s’arrête jusqu’à ce qu’il devienne une œuvre d’art : UNE EPREUVE

 

voila , pouvez vous m'aider ?

merci beaucoup ! 

Lien vers le commentaire
Partager sur d’autres sites

il y a une heure, moîravita a dit :

Quelle est la date à laquelle ce devoir doit être remis . Je vais essayer de trouver le temps de te répondre .

Je vous remercie de m avoir répondu 

je dois le rendre lundi prochain 

en vous remerciant encore 

Lien vers le commentaire
Partager sur d’autres sites

  • E-Bahut

La création artistique, quête ou épreuve ? (Les deux apparaissent dans toute création d'un véritable artiste ) 

Tes analyses de 3 textes sont bien menées . Voici quelques remarques : 

1/ Pour Lord , Description d'un portrait peint par Giacommetti . 

La création artistique apparaît comme une EPREUVE  , surtout psychique ,( remise en question existentielle : son avenir en dépend)  car il n'est jamais certain du résultat, qui s'implique dans une QUÊTE d'une impossible perfection .

2/ Pour Serres,  Le Tiers payant .

Insistance sur la nécessité du travail , même si l'inspiration est présente . Opposition avec l'art brut , sans travail, qui ne serait qu'une thérapie pour psychopathes ou une concession à la mode .

Ce travail incontournable serait donc une EPREUVE à la fois psychique et physique(athlétique même ) ,  au service d'une QUETE vitale de la création artistique .

3/ Maupassant: Portrait de Flaubert .

Ecrire, pour Flaubert, est une EPREUVE physique douloureuse , qui met en oeuvre tous les sens( vue, ouïe, toucher, ….) et tous les muscles de l'écrivain, ainsi qu'une épreuve psychique ( le doute, la remise en question permanente)  afin de mener sa QUETE vers la forme littéraire la plus précise et la plus parfaite .

Faubert, "ermite de Croisset" , lisait tout haut ses textes dans une chambre appelée le "gueuloir" !

 

Bonne chance . Travaille bien .

Lien vers le commentaire
Partager sur d’autres sites

Il y a 3 heures, moîravita a dit :

La création artistique, quête ou épreuve ? (Les deux apparaissent dans toute création d'un véritable artiste ) 

Tes analyses de 3 textes sont bien menées . Voici quelques remarques : 

1/ Pour Lord , Description d'un portrait peint par Giacommetti . 

La création artistique apparaît comme une EPREUVE  , surtout psychique ,( remise en question existentielle : son avenir en dépend)  car il n'est jamais certain du résultat, qui s'implique dans une QUÊTE d'une impossible perfection .

2/ Pour Serres,  Le Tiers payant .

Insistance sur la nécessité du travail , même si l'inspiration est présente . Opposition avec l'art brut , sans travail, qui ne serait qu'une thérapie pour psychopathes ou une concession à la mode .

Ce travail incontournable serait donc une EPREUVE à la fois psychique et physique(athlétique même ) ,  au service d'une QUETE vitale de la création artistique .

3/ Maupassant: Portrait de Flaubert .

Ecrire, pour Flaubert, est une EPREUVE physique douloureuse , qui met en oeuvre tous les sens( vue, ouïe, toucher, ….) et tous les muscles de l'écrivain, ainsi qu'une épreuve psychique ( le doute, la remise en question permanente)  afin de mener sa QUETE vers la forme littéraire la plus précise et la plus parfaite .

Faubert, "ermite de Croisset" , lisait tout haut ses textes dans une chambre appelée le "gueuloir" !

 

Bonne chance . Travaille bien .

Merci beaucoup pour tout!!

pour autant , j'ai parfois du mal à faire la différence entre une épreuve et une quête? pouvez vous me l'expliquer avec des exemples ? ou autre

Merci :)

Lien vers le commentaire
Partager sur d’autres sites

  • E-Bahut

Une quête, dans toute histoire , c'est ce pousse le héros à affronter des épreuves pour trouver ce qu'il considère comme son épanouissement, son bonheur . 

Tu peux consulter, si tu ne l'as pas étudié , le  SCHEMA NARRATIF que l'on retrouve par exemple dans tout conte de Perrault ;

Au départ, le héros a un manque . 
Il va affronter des épreuves (3 en général) pour combler ce manque (retrouver son statut social, par exemple) . Dans cette quête, il sera aidé par des adjuvants(nains ) et attaqué par des opposants (sorcière). Là , je pense à Blanche-Neige !!! . A la fin , le héros est réhabilité et reconnu en tant que héros . 

Lien vers le commentaire
Partager sur d’autres sites

Archivé

Ce sujet est désormais archivé et ne peut plus recevoir de nouvelles réponses.

×
×
  • Créer...
spam filtering