tido666 Posté(e) le 25 mars 2004 Signaler Posté(e) le 25 mars 2004 bonjour mon sauveur potentiel, voilà je sèche totalement sur ce poème qui ne m'inspire pas du tout du tout...serais tu en mesure de me donner une ou qq pistes pour me venir en aide ? Les goinfres Coucher trois dans un drap, sans feu ni sans chandelle, Au profond de l'hiver, dans la salle aux fagots, Où les chats, ruminant le langage des Goths, Nous éclairent sans cesse en roulant la prunelle ; Hausser notre chevet avec une escabelle, Etre deux ans à jeun comme les escargots, Rêver en grimaçant ainsi que les magots Qui, bâillant au soleil, se grattent sous l'aisselle ; Mettre au lieu de bonnet la coiffe d'un chapeau, Prendre pour se couvrir la frise d'un manteau Dont le dessus servit à nous doubler la panse ; Puis souffrir cent brocards, d'un vieux hôte irrité, Qui peut fournir à peine à la moindre dépense, C'est ce qu'engendre enfin la prodigalité
E-Bahut sansid3 Posté(e) le 26 mars 2004 E-Bahut Signaler Posté(e) le 26 mars 2004 Antoine Girard Saint-Amant (1594-1661): "a poet, born at Rouen, the son of a naval officer. He was the boon companion of the comte d'Harcourt, whom he accompanied on his campaigns and sea-voyages and in a mission to England in 1643, and later a follower of Marie de Gonzague, Queen of Poland. He was a freethinker and a remarkable poet, vivid and realistic, especially in his songs of the tavern. He was the author of picturesque, some of them burlesque, lyrics and of a long tedoius epic on Moses, Moïse sauvé (1653). The bizarre and whimsical quality of some of his verse is seen in his well-known sonnet, Les Goinfres and in the longer poem, La Solitude. He was one of the original members of the Académie, but was condemned by Boileau
Ber Posté(e) le 29 mars 2004 Signaler Posté(e) le 29 mars 2004 Je te propose cette ébauche, mais attention, cela fait plus de 20 ans que je ne suis plus lycéen... cette ébauche doit donc être imparfaite et tu ne dois pas t'en contenter sans l'améliorer. Saint-Amand appartient à la cabale libertine qui se développa sous la régence de Marie de Médicis. Cette cabale fut brisée en 1623 avec le jugement de Théophile , le plus imprudent des libertains. Mais l'affaiblissement du gouvernements de Louis XIV à partir de 1680 redonne de la vigueur au mouvement qui annonce les philosophes du siècle suivant. Dans ce sonnet, Saint-Amand nous décrit son extrème dénuement , la précarité de son logement dans le premier quatrain, la faim qui le tenaille et le prive de sommeil dans le deuxième quatrain, comment il se protège du froid dans le premier tercet et les railleries qu'il doit endurer de son hôte pour survivre dans le dernier tercet. Saint-Amand, pour se protéger du froid, dort avec deux compagnons d'infortune sous un simple drap, dans une salle qui n'est pas chauffée, pas éclairée, qui n'est qu'une remis où l'on entasse les fagots de bois. Le poête ne peut trouver le sommeil et observe les chats dont les yeux brillent et semblent être les seules sources de lumière. Remarquons une certaine amplitude de la période qui énumère de façon ascendante les pauvres conditions dans lesquelles vit Saint-Amand. Le style a un caractère oratoire pour captiver l'atttention du lecteur. Cependant, dès le deuxième quatrain, l'auteur semble prendre une distance ironique vis à vis de sa situation matérielle. Son jeune forcé lui fait penser aux escargots qu'on laisse jeuner avant de les cuisiner. Il grimace en dormant, probablement à cause de la famine qui le tourmente et cette image lui fait penser aux singes qui ont une meilleure vie puisqu'il peuvent se chauffer au soleil. Mais peut-être cette comparaison avec le singe est elle due au fait que Saint Amand, appartenant au mouvement libertain, est athée et raille les enseignements de la bible. L'homme serait donc plus semblable à un singe qu'à un Dieu qui n'existe pas. La construction reste identique au premier quatrain. La phrase est ample et accumule les énumerations de façon ascendante un peu comme le froid se fait plus intense au cours des heures. Mais les conditions déplorables de son logement le réveille. Il nous rappelle la précarité de sa situation dormant tout habillé avec son chapeau et son manteau pour se protéger du froid. Aucune ironie ne perce ici, le ton est devenu didactique pour nous apprend ce qu'il convient de faire pour lutter contre l'intempérie. Enfin dans le dernier tercet, l'auteur change à nouveau de registre et revient à une certaine ironie. Nous apprenons qu'il endure en plus l'humiliation de sa condition matérielle car il est hébergé chez un vieillard, à peine mieux loti que lui mais qui le raille souvent. Le dernier vers est particulièrement caustique pour l'hôte puisque Sant-Amand trouve trop large sa générosité. Dans ce poême, Saint Amand fait penser à François Villon ou à Rutebeuf qui vivaient mal de leur plume et connurent la faim et le froid. Mais l'originalité de ce poême tient aussi à la distance ironique de ses propos. Il n'invoque pas le ciel puisque nous savons que les libertains étaient athées, il dépeint sa pauvreté.
Shinu Posté(e) le 26 mai 2011 Signaler Posté(e) le 26 mai 2011 Merci beaucoup pour ce commentaire composé qui va énormément m'aider pour mon examen!
E-Bahut moîravita Posté(e) le 26 mai 2011 E-Bahut Signaler Posté(e) le 26 mai 2011 Merci beaucoup pour ce commentaire composé qui va énormément m'aider pour mon examen!
E-Bahut moîravita Posté(e) le 26 mai 2011 E-Bahut Signaler Posté(e) le 26 mai 2011 Quelques remarques: C'est un sonnet, évidemment. Du Bellay avait emprunté aux poètes italiens cette composition qui consiste à présenter les activités d'un personnage en une série de propositions infinitives aboutissant à un dernier trait qui donne le clef de l'énigme. QUATRAINS v2. salle aux fagots: cruelle ironie du sort qui vous fait coucher sans feu à côté de tas de fagots . V.3: césure au 3 è pied qui rend plus expressive l'évocatin qui suit , aux termes inattendus mais éloquents : langage des Goths= langage rude et barbare. V.4: chats considérés comme animaux un peu sorciers : la phosphorescence de leur regard=seule clarté dans cette salle sans chandelle . V.6. Exagération et comparaison burlesque V 7-8: esquisse de toute une scène pittoresque, réalisme comique qui cache une amère dérision. TERCETS: prodigalité : mot inattendu qui provoque un effet de surprise à la fin du sonnet. Le poète prend le lecteur au dépourvu , au lieu d'annoncer dès le début son désir de dénoncer les suites funestes de la prodigalité . Conclusion : Poème au rythme alerte où la drôlerie frise parfois la cruauté Remarque : on écrit LIBERTIN et non LIBERTAINS ( pour la réponse de Ber).
soldier Posté(e) le 26 mai 2011 Signaler Posté(e) le 26 mai 2011 bonjour,voilà quelque piste à toi d'étoffer un peu . Nous allons donc pouvoir étudier ce texte en trois parties: -un poète qui veut faire rire -un poète qui veut provoquer -l’image du poète I. Il veut faire rire Burlesque Vers 6/7 Nette exagération avec la comparaison des animaux et des hommes et montre la légèreté et le choix des mots qui est réfléchie Comparaison dévalorisante Vers 8 Comparaison avec magots : singe, donc dévalorisante puisqu’il baille au soleil et il montre aussi qu’il est paresseux. L’homme descend du singe et montre le retrait (marginalité) Chute comique Vers 14 Le vers 14 dans un sonnet et le plus important (puisque dernier) c’est lui qui donne tous son sens au poème. Il est antithétique, ironique : paradoxe II. Volonté de provoquer Se présente comme un fainéant Champ lexical de sommeil et de la nourriture Il présente normale une activité mal vue : la paresse péché capital donc rejet de la société Propos dégradants Aisselle, ruminant, Il veut casser l’image noble du sonnet pour cacher quelques choses. Thèmes triviale (vulgaire) correspond pas au thème poétique. Communique avec les animaux/ vie avec Vers 3 Ils vivent avec les chats qui éclairent et parlent avec eux : le goth. Il montre qu’ils les comprennent. III. Image du poète Une personne démunie Répétition de mots qui expriment le manque « sans, souffrir, à peine,… » Le poète insiste sue sa pauvreté, les seules choses qu’il a sont les brocards… obligation de dépendance, vers 1 : notion de pauvreté (partage) sans électricité, hiver. Marginal « vêtements d’extérieurs » « comprend le langage des chats » Il montre que le poète est comme eux. Image du poète Avec le sonnet Montre que le poète maîtrise cette forme. Montre son travail : les 12 pieds, la césure, richesse des rimes embrassées, nombreuses allitérations « r » et « l » qui montre le ronronnement des chats, et montre encore son travail. Césure les deux hémistiche se renforcent vers 1.
Shinu Posté(e) le 3 juin 2011 Signaler Posté(e) le 3 juin 2011 moîravita je ne comprends pas bien cette partie de ta réponse, je suis assez nulle en Français :s Du Bellay avait emprunté aux poètes italiens cette composition qui consiste à présenter les activités d'un personnage en une série de propositions infinitives aboutissant à un dernier trait qui donne le clef de l'énigme.
Shinu Posté(e) le 3 juin 2011 Signaler Posté(e) le 3 juin 2011 Aussi, une autre question, quand solider dit "Il veut casser l'image noble du sonnet pour cacher quelques choses"
E-Bahut moîravita Posté(e) le 3 juin 2011 E-Bahut Signaler Posté(e) le 3 juin 2011 Tido ou shinu ? je ne sais plus à qui répondre ...
Shinu Posté(e) le 3 juin 2011 Signaler Posté(e) le 3 juin 2011 Ben le post a été écrit il y a 7 ans de cela, je pense qu'il ne se souvient plus de ce post, donc ça ne devrait pas le déranger si tu réponds à mes questions enfin, évidement si tu le veux bien.
Messages recommandés
Archivé
Ce sujet est désormais archivé et ne peut plus recevoir de nouvelles réponses.