Pimpale Posté(e) le 1 novembre 2018 Signaler Posté(e) le 1 novembre 2018 Bonjour Je suis en train d'étudier le début du roman Bel de Maupassant. Je bloque complètement sur la notion de point de vue. J'ai l'impression qu'on a un point de vue omniscient mais on dirait un point de vue interne ? Puis j 'essaye de trouver une 2eme chose : la présence de l'avis du narrateur qui donnerait son avis sur le personnage. Qui pourrait m'aider ? Voici l 'extrait : Quand la caissière lui eut rendu la monnaie de sa pièce de cent sous, Georges Duroy sortit du restaurant. Comme il portait beau par nature et par pose d'ancien sous-officier, il cambra sa taille, frisa sa moustache d'un geste militaire et familier, et jeta sur les dîneurs attardés un regard rapide et circulaire, un de ces regards de joli garçon, qui s'étendent comme des coups d'épervier. Les femmes avaient levé la tête vers lui, trois petites ouvrières, une maîtresse de musique entre deux âges, mal peignée, négligée, coiffée d'un chapeau toujours poussiéreux et vêtue toujours d'une robe de travers, et deux bourgeoises avec leurs maris, habituées de cette gargote à prix fixe. Lorsqu'il fut sur le trottoir, il demeura un instant immobile, se demandant ce qu'il allait faire. On était au 28 juin, et il lui restait juste en poche trois francs quarante pour finir le mois. Cela représentait deux dîners sans déjeuners, ou deux déjeuners sans dîners, au choix. Il réfléchit que les repas du matin étant de vingt-deux sous, au lieu de trente que coûtaient ceux du soir, il lui resterait, en se contentant des déjeuners, un franc vingt centimes de boni, ce qui représentait encore deux collations au pain et au saucisson, plus deux bocks sur le boulevard. C'était là sa grande dépense et son grand plaisir des nuits; et il se mit à descendre la rue Notre-Dame-de-Lorette. Il marchait ainsi qu'au temps où il portait l'uniforme des hussards, la poitrine bombée, les jambes un peu entrouvertes comme s'il venait de descendre de cheval; et il avançait brutalement dans la rue pleine de monde, heurtant les épaules, poussant les gens pour ne point se déranger de sa route. Il inclinait légèrement sur l'oreille son chapeau à haute forme assez défraîchi, et battait le pavé de son talon. Il avait l'air de toujours défier quelqu'un, les passants, les maisons, la ville entière, par chic de beau soldat tombé dans le civil. Quoique habillé d'un complet de soixante francs, il gardait une certaine élégance tapageuse, un peu commune, réelle cependant. Grand, bien fait, blond, d'un blond châtain vaguement roussi, avec une moustache retroussée, qui semblait mousser sur sa lèvre, des yeux bleus, clairs, troués d'une pupille toute petite, des cheveux frisés naturellement, séparés par une raie au milieu du crâne, il ressemblait bien au mauvais sujet des romans populaires Je vous remercie d'avance pour vos lumières !
E-Bahut moîravita Posté(e) le 1 novembre 2018 E-Bahut Signaler Posté(e) le 1 novembre 2018 C'est un point de vue omniscient .le narrateur sait tout des personnages , même leurs pensées intimes . Normal donc que le narrateur donne son avis (dernier paragraphe) .
Pimpale Posté(e) le 1 novembre 2018 Auteur Signaler Posté(e) le 1 novembre 2018 D'accord. Mais comment voit on qu'il donne son avis ?
E-Bahut moîravita Posté(e) le 1 novembre 2018 E-Bahut Signaler Posté(e) le 1 novembre 2018 Par les adjectifs , les verbes, les comparaisons : une certaine élégance TAPAGEUSE , un peu COMMUNE ,moustache qui semblait MOUSSER sur ses lèvres ,... il ressemblait bien AU MAUVAIS SUJET des romans populaires .
Pimpale Posté(e) le 1 novembre 2018 Auteur Signaler Posté(e) le 1 novembre 2018 Ah d'accord ! Merci !
Pimpale Posté(e) le 1 novembre 2018 Auteur Signaler Posté(e) le 1 novembre 2018 Mais je me pose donc une question. Quels sont les effets produits ? Pourquoi ce choix du point de vue omniscient pour une oeuvre dite réaliste ? D'ailleurs, est ce que ce passage est naturaliste ou réaliste ? J'avoue être un peu perdue...Merci d'avance pour vos réponses !
E-Bahut moîravita Posté(e) le 2 novembre 2018 E-Bahut Signaler Posté(e) le 2 novembre 2018 Le passage est réaliste , comme toute oeuvre de Maupassant . Le naturalisme naît plus tard avec Zola. L 'écrivain réaliste observe la réalité avant de la retranscrire (il ne la "photographie" pas ,il veut rester "vraisemblable" .) S'il veut décrire tous les détails de son observation, il est évident que le narrateur doive adopter la "vision par derrière " , "l'omniscience" de celui qui sait tout de ses personnages , comme une caméra qui filmerait tout le champ de vision . Dans la "vision avec", la caméra serait dans l'œil d'un personnage privilégié et le lecteur n'aurait connaissance de l'histoire qu'à travers le regard de ce personnage .
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