Izobella Posté(e) le 28 juin 2016 Signaler Posté(e) le 28 juin 2016 Bonjour! Alors voilà j'ai un énorme problème qui m'angoisse. Mon problème est que je passe mon oral de français le 30 juin (je sais je m'y prend tard mais j'ai exposé mon problème sur un autre site mais j'ai pas été aidé alors je tente le tout pour le tout...). Nous avons donc une liste de textes que l'on a analysé en cours. Malheureusement j'ai été absente une fois à un de ces cours. De ce fait, je n'ai pas mon analyse du Sonnet XVIII (à toutes les fleurs) de Ronsard, aucune personne de ma classe ne l'a (oui oui personne) et aucune information n'est donné sur internet. J'ai bien cherché avec une amie et pourtant rien à faire je trouve rien. Je n'arrive pas à l'analyser toute seule malheureusement, j'ai vraiment du mal pour ça et personne ne peut me guider dans mon entourage... Alors je vous votre aide, je serais tellement soulagée d'avoir une analyse, parce que si je tombe sur ce texte le jour de mon oral je saurais même pas dire une seule chose. Merci d'avance! (Depuis ce jour j'ai su me débrouiller pour trouver des choses mais malheureusement je ne trouve rien dans mon axe qui s'appelle "l'autoportrait ironique du poète", si vous pouvez m'aider je suis preneuse!) Voici le texte en question: A toutes les fleurs Bien que vous surpassiez en grâce et en richesse Celles de ce pays et de toute autre part, Vous ne devez pourtant, et fussiez-vous princesse, Jamais vous repentir d'avoir aimé Ronsard. C'est lui, Dame, qui peut avec son bel art Vous affranchir des ans et vous faire Déesse; Il vous promet ce bien, car rien de lui ne part Qui ne soit bien poli, son siècle le confesse. Vous me responderez qu'il est un peu sourdaut, Et que c'est déplaisir en amour parler haut: Vous dites vérité, mais vous celez après Que luy, pour vous ouïr, s'approche à votre oreille Et qu'il baise à tous coups votre bouche vermeille Au milieu des propos, d'autant qu'il en est près.
E-Bahut moîravita Posté(e) le 28 juin 2016 E-Bahut Signaler Posté(e) le 28 juin 2016 Je suppose que tu connais la biographie de Ronsard,petit page à la cour des Grands , devenu demi-sourd à 15 ans et écrivant des poèmes sur commande , comme le "Sonnet à Hélène" . A l'époque de la Renaissance, on s'inspire des poètes anciens tels que Horace pour ses odes, Anacréon et surtout, Pétrarque qui dédiait tous ses poèmes à une inconnue qui lui avait jeté son gant : Laure . Ronsard ,dans ce sonnet, s'inspire de ce dernier, comparant les femmes à des fleurs ,-mais s'adressant ici l à l'une d'elle (Vous, parmi toutes les autres)- comme dans "Mignonne, allons voir si la rose" , dont la fragilité et la courte existence devraient leur suggérer de profiter de la vie ("Carpe diem" d'Horace) avant de se fâner et de mourir . Je suppose aussi que tu as analysé la métrique, les pieds, la valeur des rimes , leur disposition, le rythme, les enjambements (str.3 et 4 ) qui jouent sur le soupir, la suspension .(celez= cachez) Les assonances et allitérations , comme les "p" et "b" dans la dernière strophe qui pourraient imiter le bruit des baisers . Peu ou pas de figures ("affranchir des ans") Ici, point de projection dans le funèbre . C'est Ronsard, qui se considérait comme le Prince des Poètes , dont les vers , dit-il , défieront le temps, qui se met en valeur, s'appelant par son nom à la 3 è personne , comme dans le "sonnet à Hélène" : grâce à lui,à ses vers, le dame sera éternelle, déifiée ; mais surtout, dans ce sonnet , il parvient à faire de sa surdité un atout lui permettant de s'approcher physiquement de la dame convoitée , et paradoxalement, afin de rester respectueux du désir de la belle de dialoguer à voix basse, "en sourdine",comme l'exige la bienséance . Bon courage et bonne chance .
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