Malorgie Posté(e) le 26 avril 2016 Signaler Posté(e) le 26 avril 2016 Bonsoir à tous , je me présente brièvement je suis une élève en première S. J'ai une dissertation à faire et je me sens perdue , c'est sur le personnage de roman , voici la question : Pourquoi les personnages doivent ils avoir la parole ? J'ai une idée qui porte sur le fait que cela nous apporte des indications sur eux , leur entourage , leur passés... Mais je bloque. J'aimerais juste avoir quelques pistes afin de pouvoir les développées de moi même. Merci d'avance , bonne soirée à tous !
E-Bahut moîravita Posté(e) le 27 avril 2016 E-Bahut Signaler Posté(e) le 27 avril 2016 Sur quel corpus repose ce sujet de dissertation ? Que signifie "avoir la parole" ? Ne pas être un objet, un animal ? monologuer? dialoguer ? polémiquer ? Difficile de t'aider sans précisions ^lus amples .
Malorgie Posté(e) le 28 avril 2016 Auteur Signaler Posté(e) le 28 avril 2016 Bonjour , voici le corpus : Dissertation Pourquoi les personnages de roman doivent-ils avoir la parole ? Vous répondrez à cette question en un développement argumenté en mobilisant les textes du corpus ainsi que ceux que vous avez lus et étudiés ( or problème on n'a pas encore commencé le roman !! :/) Texte A : Victor HUGO, Quatrevingt-treize, troisième partie, IV, " Le Verbe et le rugissement", 1874 L’action se passe en 1798, en pleine guerre de Vendée, qui oppose les révolutionnaires et les royalistes. Cimourdain, ancien prêtre converti aux idéaux de la Révolution, commande la troupe qui assiège la forteresse de La Tourgue où s’est réfugié le marquis de Lantenac, chef des Vendéens qui retiennent en otage trois enfants innocents. Cimourdain tente de négocier pour empêcher l’assaut imminent. Il s’adresse à l’Imânus, lieutenant du marquis de Lantenac. Cimourdain repartit avec une inflexion singulière, qui était à la fois haute et douce : — Insultez, mais écoutez. Je viens ici en parlementaire . Oui, vous êtes mes frères. Vous êtes de pauvres hommes égarés. Je suis votre ami. Je suis la lumière et je parle à l'ignorance. La lumière contient toujours de la fraternité. D'ailleurs, est-ce que nous n'avons pas tous la même mère, la patrie ? Eh bien, écoutez-moi. Vous saurez plus tard, ou vos enfants sauront, ou les enfants de vos enfants sauront que tout ce qui se fait en ce moment se fait par l'accomplissement des lois d'en haut, et que ce qu'il y a dans la Révolution, c'est Dieu. En attendant le moment où toutes les consciences, même les vôtres, comprendront, et où tous les fanatismes, même les nôtres, s'évanouiront, en attendant que cette grande clarté soit faite, personne n'aura-t-il pitié de vos ténèbres ? Je viens à vous, je vous offre ma tête ; je fais plus, je vous tends la main. Je vous demande la grâce de me perdre pour vous sauver. J'ai pleins pouvoirs, et ce que je dis, je le puis. C'est un instant suprême ; je fais un dernier effort. Oui, celui qui vous parle est un citoyen, et dans ce citoyen, oui, il y a un prêtre. Le citoyen vous combat, mais le prêtre vous supplie. Ecoutez-moi. Beaucoup d’entre vous ont des femmes et des enfants. Je prends la défense de vos enfants et de vos femmes. Je prends leur défense contre vous. Ô mes frères… — Va, prêche ! ricana l'Imânus. Cimourdain continua : — Mes frères, ne laissez pas sonner l'heure exécrable. On va ici s'entr'égorger. Beaucoup d'entre nous qui sommes ici devant vous ne verront pas le soleil de demain ; oui, beaucoup d'entre nous périront, et vous, vous tous, vous allez mourir. Faites-vous grâce à vous-mêmes. Pourquoi verser tout ce sang quand c'est inutile ? Pourquoi tuer tant d'hommes quand deux suffisent ? — Deux ? dit l'Imânus. — Oui. Deux. — Qui ? — Lantenac et moi. Et Cimourdain éleva la voix : — Deux hommes sont de trop, Lantenac pour nous, moi pour vous. Voici ce que je vous offre, et vous aurez tous la vie sauve : donnez-nous Lantenac, et prenez-moi. Lantenac sera guillotiné, et vous ferez de moi ce que vous voudrez. — Prêtre, hurla l'Imânus, si nous t'avions, nous te brûlerions à petit feu. — J'y consens, dit Cimourdain. Et il reprit : — Vous, les condamnés qui êtes dans cette tour, vous pouvez tous dans une heure être vivants et libres. Je vous apporte le salut. Acceptez-vous ? L'Imânus éclata. — Tu n'es pas seulement scélérat, tu es fou. Ah çà, pourquoi viens-tu nous déranger ? Qui est-ce qui te prie de venir nous parler ? Nous, livrer monseigneur ! Qu'est-ce que tu veux ? — Sa tête. Et je vous offre… — Ta peau. Car nous t'écorcherions comme un chien, curé Cimourdain. Eh bien, non, ta peau ne vaut pas sa tête. Va-t'en. — Cela va être horrible. Une dernière fois, réfléchissez. La nuit venait pendant ces paroles sombres qu'on entendait au-dedans de la tour comme au-dehors. Le marquis de Lantenac se taisait et laissait faire. Les chefs ont de ces sinistres égoïsmes. C'est un des droits de la responsabilité. parlementaire : négociateur. Texte B : Emile ZOLA, Germinal, quatrième partie, chapitre 7, 1885 Etienne Lantier, ouvrier mineur à la mine du Voreux, à Montsou, dans le Nord de la France, prend la tête d’un mouvement de rébellion contre les injustices et la misère qui accablent les ouvriers. Ces derniers mènent une grève difficile depuis un mois. Etienne les réunit pour les inciter à poursuivre leur lutte. Il fut terrible, jamais il n'avait parlé si violemment. D'un bras, il maintenait le vieux Bonnemort , il l'étalait comme un drapeau de misère et de deuil, criant vengeance. En phrases rapides, il remontait au premier Maheu, il montrait toute cette famille usée à la mine, mangée par la Compagnie, plus affamée après cent ans de travail, et, devant elle, il mettait ensuite les ventres de la Régie , qui suaient l'argent, toute la bande des actionnaires entretenus comme des filles depuis un siècle, à ne rien faire, à jouir de leur corps. N'était-ce pas effroyable : un peuple d'hommes crevant au fond de père en fils, pour qu'on paie des pots-de-vin à des ministres, pour que des générations de grands seigneurs et de bourgeois donnent des fêtes ou s'engraissent au coin de leur feu ! Il avait étudié les maladies des mineurs, il les faisait défiler toutes, avec des détails effrayants : l'anémie , les scrofules , la bronchite noire, l'asthme qui étouffe, les rhumatismes qui paralysent. Ces misérables, on les jetait en pâture aux machines, on les parquait ainsi que du bétail dans les corons , les grandes Compagnies les absorbaient peu à peu, réglementant l'esclavage, menaçant d'enrégimenter tous les travailleurs d'une nation, des millions de bras, pour la fortune d'un millier de paresseux. Mais le mineur n'était plus l'ignorant, la brute écrasée dans les entrailles du sol. Une armée poussait des profondeurs des fosses, une moisson de citoyens dont la semence germait et ferait éclater la terre, un jour de grand soleil. Et l'on saurait alors si, après quarante années de service, on oserait offrir cent cinquante francs de pension à un vieillard de soixante ans, crachant de la houille, les jambes enflées par l'eau des tailles . Oui ! le travail demanderait des comptes au capital, à ce dieu impersonnel, inconnu de l'ouvrier, accroupi quelque part, dans le mystère de son tabernacle , d'où il suçait la vie des meurt-de-faim qui le nourrissaient ! On irait là-bas, on finirait bien par lui voir sa face aux clartés des incendies, on le noierait sous le sang, ce pourceau immonde, cette idole monstrueuse, gorgée de chair humaine ! 1. Bonnemort : ancien mineur. 2. Régie : services financiers de la Compagnie des mines. 3. anémie : état de faiblesse. 4. scrofules : affection qui prédispose à la tuberculose. 5. corons : cités composées de petites maisons en pays minier. 6. enrégimenter : embrigader, mettre au pas. 7. eau des tailles : eau qui suinte au fond des galeries de mines. 8. tabernacle : lieu sacré. 9. pourceau : porc. Texte C : Emmanuel DONGALA, Photo de groupe au bord du fleuve, 2010 Méréana vit en Afrique à l’époque actuelle. Abandonnée par son mari Tito, elle élève seule ses deux garçons et le bébé de sa sœur, décédée du sida. Elle travaille avec un groupe de femmes dans une carrière à concasser des blocs de pierre pour obtenir du gravier. Le président du pays, afin d’augmenter son prestige international, vient de décider la construction d’un aéroport. Ce projet nécessite des quantités importantes de gravier. Le prix du sac augmente mais tout le profit ira aux intermédiaires. Un groupe de femmes se réunit pour débattre. Méréana prend la parole. Là, tu es prise de court. Tu pensais qu’une idée allait émerger de la discussion, or elles te demandent d’en avancer une toi-même. Tu ne sais que dire. Tu n’as pas préparé de discours à lire. Tu bafouilles un instant puis une idée surgit soudainement dans ton esprit, une marche sur le commissariat de police. Sont-ce les séquelles des pensées que tu as ruminées après le coup de fil provocateur de Tito ? Alors les mots te viennent clairement et facilement, pas de la tête mais du cœur. « Chers sœurs et camarades, nous sommes des femmes qui essayons de gagner notre vie en cassant et en vendant la pierre. Il y a parmi nous des femmes qui sont allées à l’école et des femmes qui ne savent pas lire, il y a des jeunes et des plus âgées, il y a des femmes mariées et des célibataires, des veuves et des divorcées. Nous n’attendons pas que l’Etat nous donne un salaire. Non, nous sommes des femmes actives et tout ce que nous voulons, c’est qu’on nous achète notre marchandise à son juste prix. » Les applaudissements de la foule te donnent plus d’assurance encore. Tu veux parler à toutes ces femmes qui vous accompagnent, qu’elles soient du chantier ou pas, mais aussi aux mouchardes et aux mouchards présents. Tu continues en faisant l’historique des deux jours passés pour ceux qui ne sont pas encore au courant, tu parles du nouvel aéroport, de la flambée du prix de la caillasse, de votre refus de vendre, de la violente répression. Et tu continues : « L’union fait la force. C’est parce que nous étions des dizaines devant la prison du commissariat qu’ils ont relâché nos camarades Moukiétou, Moyalo et Ossolo. Je vous le dis, mes sœurs, ce n’est que de la même façon que nous récupérerons les sacs qu’ils ont volés. Ces hommes qui ont volé nos cailloux pensent que parce que nous sommes femmes nous allons nous taire comme d’habitude. Quand ils nous battent au foyer, nous ne disons rien, quand ils nous chassent et prennent tous nos biens à la mort de nos maris, nous ne disons rien, quand ils nous paient moins bien qu’eux-mêmes, nous ne disons rien, quand ils nous violent et qu’en réponse à nos plaintes ils disent que nous l’avons bien cherché, nous ne disons toujours rien et aujourd’hui ils pensent qu’en prenant de force nos cailloux, encore une fois nous ne dirons rien. Eh bien non ! Cette fois-ci ils se trompent ! Trop, c’est trop ! » Toujours debout sur ta chaise, tu continues à haranguer . Tu ne savais pas que les mots pouvaient avoir ce pouvoir enivrant. Plus tu parles, plus tu es exaltée, plus tu te sens sortir de toi-même, tu n’es plus toi. Tu n’es plus Méréana. Tu es une des pasionarias de l’histoire ! Tu es cette Noire américaine dont tu ne te rappelles plus du tout le nom mais dont le leitmotiv d’un célèbre discours à une convention de femmes te remonte spontanément à la mémoire : « Ne suis-je pas une femme ? » — Ne sommes-nous donc femmes que pour souffrir ? tu lances, en un cri venu du plus profond de ton cœur. Non, non et non ! Nous irons camper devant le commissariat avec nos nattes et nos enfants, et nous ne partirons pas de là tant qu’ils n’auront pas rendu nos sacs ou tant qu’ils ne nous les auront pas achetés. — A vingt mille francs, crie une femme. — Oui, à vingt mille francs ou au nouveau prix que nous allons négocier mais en tout cas pas à dix mille francs comme avant. Sinon, qu’il fasse soleil ou qu’il pleuve, nous resterons devant ce commissariat avec nos nattes et nos enfants. — Et nos maris aussi, lance une autre femme, il faut bien qu’ils servent à quelque chose ! Rires et applaudissements. De la foule des badauds, une voix crie : — Je sais que nous n’avons pas la parole ici, mais nous, les femmes qui souffrons au marché, nous allons nous joindre à vous, nous allons marcher et camper avec vous. 1 tu : pronom qui renvoie à Méréana. 2. ils : exploitants de la carrière de pierre, employeurs des femmes. 3. haranguer : prononcer un discours devant une assemblée. 4. pasionaria : femme qui se passionne pour une cause. 5. cette noire américaine : Sojourner Thruth, ancienne esclave noire qui prononça un discours, à Abron, Ohio en 1851, lors d’une convention. Elle milita pour le droit de vote des femmes et contre l’esclavage. Lors de son intervention, elle lança : « Ne suis-je donc pas une femme ? ». 6. leitmotiv : phrase, formule qui revient à plusieurs reprises. Je ne veux pas directement les réponses mais des pistes si possible s'il e plait , merci d'avance !
E-Bahut moîravita Posté(e) le 28 avril 2016 E-Bahut Signaler Posté(e) le 28 avril 2016 Dans tes extraits , les personnages ont la parole : pourquoi ? 1. extrait 1 . La parole au discours direct sert à convaincre un ou deux interlocuteurs de choisir l'une ou l'autre tactique dans une situation de conflit guerrier . 2.extrait 2 : Pas de discours direct, mais un monologue intérieur qui exprime la révolte des mineurs contre l'injustice du capitalisme exploiteur . 3.extrait 3 : La parole pour lutter et rassembler les femmes africaines , victimes d'humiliations et d'injustices tant au travail qu'au foyer et exclues du système scolaire . Je pense qu'un personnage ne doit pas nécessairement avoir la parole : ex: "Le Silence de la Mer" de Vercors , où le soldat allemand , hébergé de force chez des Français parle seul et n'aura jamais de réponse de la part de ses hôtes . Dans certains "nouveaux romans" aussi, les personnages , parfois réduits à un regard, n'ont pas la parole ("La Jalousie" de Alain Robbe-Grillet ) Certains silences peuvent exprimer davantage de révolte, de mépris , d'indifférences que les mots . Mais ton corpus rassemble des extraits de romans "sociaux" , qui dénoncent les injustices subies par certaines classes sociales , et où donc, les personnages n'ont plus que la parole pour se révolter .
Malorgie Posté(e) le 28 avril 2016 Auteur Signaler Posté(e) le 28 avril 2016 Merci beaucoup , je vais à présent développer ces arguments et en rajouter d'autres avec des exemples d’œuvres !! Merci
E-Bahut moîravita Posté(e) le 28 avril 2016 E-Bahut Signaler Posté(e) le 28 avril 2016 A bientôt . Courage .
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