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L'etranger D'a.camus. 3 Questions


Camillebesoindaide

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Posté(e)

Bonsoir, je suis élève de Seconde et j'ai de grandes difficultés en français.

Trois questions me posent problème à propos d'un extrait de l'Etranger d'Albert Camus.

Voici l'extrait (en sachant que Meursault a tué un arabe récemment.)

Moi j’écoutais et j’entendais qu’on me jugeait intelligent. Mais je ne comprenais pas bien comment les qualités d’un homme ordinaire pouvaient devenir des charges écrasantes contre un coupable. Du moins, c’était cela qui me frappait et je n’ai plus écouté le procureur jusqu’au moment ou je l’ai entendu dire : « A-t-il seulement exprimé des regrets ? Jamais, Messieurs. Pas une seule fois au cours de l’instruction cet homme n’a paru ému de son abominable forfait. » À ce moment, il s’est tourné vers moi et m’a désigné du doigt en continuant à m’accabler sans qu’en réalité je comprenne bien pourquoi. Sans doute, je ne pouvais pas m’empêcher de reconnaître qu’il avait raison. Je ne regrettais pas beaucoup mon acte. Mais tant d’acharnement m’étonnait. J’aurais voulu essayer de lui expliquer cordialement, presque avec affection, que je n’avais jamais pu regretter vraiment quelque chose. J’étais toujours pris par ce qui allait arriver, par aujourd’hui ou par demain. Mais naturellement, dans l’état où l’on m’avait mis, je ne pouvais parler à personne sur ce ton. Je n’avais pas le droit de me montrer affectueux, d’avoir de la bonne volonté. Et j’ai essayé d’écouter encore parce que le procureur s’est mis à parler de mon âme.

Il disait qu’il s’était penché sur elle et qu’il n’avait rien trouvé, Messieurs les jurés. Il disait qu’à la vérité, je n’en avais point, d’âme, et que rien d’humain, et pas un des principes moraux qui gardent le cœur des hommes ne m’était accessible. « Sans doute, ajoutait-il, nous ne saurions le lui reprocher. Ce qu’il ne saurait acquérir, nous ne pouvons nous plaindre qu’il en manqué. Mais quand il s’agit de cette cour, la vertu toute négative de la tolérance doit se muer en celle, moins facile, mais plus élevée, de la justice. Surtout lorsque le vide du cœur tel qu’on le découvre chez cet homme devient un gouffre où la société peut succomber. » C’est alors qu’il a parlé de mon attitude envers maman. Il a répété ce qu’il avait dit pendant les débats. Mais il a été beaucoup plus long que lorsqu’il parlait de mon crime, si long même que, finalement, je n’ai plus senti que la chaleur de cette matinée.

1. Etudiez le champ lexical de la justice. Quel type d'univers contribue-t-il à mettre en place ?

2. Qui parle dans cet extrait ? Quel est l'intérêt de ce choix narratif ?

3. En vous appuyant sur les trois dernières phrases du texte, montrez que cet extrait relève d'un satire de la justice.

Pour la question 1, je ne vois pas autre chose à dire hors mis que ce soit sur l'univers de la justice, d'un procès...

Pour la question 2, je sais que c'est Meursault.

Après je ne sais pas plus,

Merci à ceux qui répondront, bonne soirée

PS : J'espère des réponses au plus vite!

  • E-Bahut
Posté(e)

Etudiez le champ lexical de la justice.

Moi j’écoutais et j’entendais qu’on me jugeait intelligent. Mais je ne comprenais pas bien comment les qualités d’un homme ordinaire pouvaient devenir des charges écrasantes contre un coupable. Du moins, c’était cela qui me frappait et je n’ai plus écouté le procureur jusqu’au moment ou je l’ai entendu dire : « A-t-il seulement exprimé des regrets ? Jamais, Messieurs. Pas une seule fois au cours de l’instruction cet homme n’a paru ému de son abominable forfait. » À ce moment, il s’est tourné vers moi et m’a désigné du doigt en continuant à m’accabler sans qu’en réalité je comprenne bien pourquoi. Sans doute, je ne pouvais pas m’empêcher de reconnaître qu’il avait raison. Je ne regrettais pas beaucoup mon acte. Mais tant d’acharnement m’étonnait. J’aurais voulu essayer de lui expliquer cordialement, presque avec affection, que je n’avais jamais pu regretter vraiment quelque chose. J’étais toujours pris par ce qui allait arriver, par aujourd’hui ou par demain. Mais naturellement, dans l’état où l’on m’avait mis, je ne pouvais parler à personne sur ce ton. Je n’avais pas le droit de me montrer affectueux, d’avoir de la bonne volonté. Et j’ai essayé d’écouter encore parce que le procureur s’est mis à parler de mon âme.

Il disait qu’il s’était penché sur elle et qu’il n’avait rien trouvé, Messieurs les jurés. Il disait qu’à la vérité, je n’en avais point, d’âme, et que rien d’humain, et pas un des principes moraux qui gardent le cœur des hommes ne m’était accessible. « Sans doute, ajoutait-il, nous ne saurions le lui reprocher. Ce qu’il ne saurait acquérir, nous ne pouvons nous plaindre qu’il en manqué. Mais quand il s’agit de cette cour, la vertu toute négative de la tolérance doit se muer en celle, moins facile, mais plus élevée, de la justice. Surtout lorsque le vide du cœur tel qu’on le découvre chez cet homme devient un gouffre où la société peut succomber. » C’est alors qu’il a parlé de mon attitude envers maman. Il a répété ce qu’il avait dit pendant les débats. Mais il a été beaucoup plus long que lorsqu’il parlait de mon crime, si long même que, finalement, je n’ai plus senti que la chaleur de cette matinée.

Bonne soirée.

  • E-Bahut
Posté(e)

1;UNIVERS implacable, aussi insensible que cette insensibilité reprochée à Meursault, qui juge antérieurement l'accusé avant d'analyser son délit.

2. Emploi du "je" : le narrateur et le héros sont une même personne. Ce procédé devrait permettre au lecteur de se sentir particulièrement concerné. Or, meursault nous demeure "étranger": le "je" ne parle que pour dire ce qu'il voit, sent, jamais pour donner un sens aux événements,ce "je" reste donc extérieur à soi-même et il s'agit plutôt d'un "il" .

3. Satire de la justice :ce n'est pas le crime qui fait de M. un accusé , mais son absence de réaction aux obsèques de sa mère que les juges interprètent comme une insensibilité, une indifférence coupable, une absence d'humanité (or, ce sont les juges qui se montrent inhumains).

L'artifice de la rhétorique conventionnelle de la justice est aussi pointé dans ce passage.

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