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Dissertation


audreyzayn

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Posté(e)

Bonjour je suis actuellement en 1ere Littéraire et j'ai une dissertation a rendre pour la fin de la semaine prochaine.

Seulement je ne trouve pas de plan pour celle-ci :s

Pouvez-vous m'aidez?

Voici la question:

Le théâtre est-il selon vous un genre propice à la contestation?

J'ai pour textes:

cette scene de "L'Ile des Esclaves" de Marivaux

IPHICRATE. Eh ! Ne perdons point de temps, suis-moi, ne négligeons rien pour nous tirer d'ici ; si je ne me sauve, je suis perdu, je ne reverrai jamais Athènes, car nous sommes dans l'île des Esclaves.

ARLEQUIN. Oh, oh ! Qu'est-ce que c'est que cette race-là ?


IPHICRATE. Ce sont des esclaves de la Grèce révoltés contre leurs maîtres, et qui depuis cent ans sont venus s'établir dans une île, et je crois que c'est ici : tiens, voici sans doute quelques-unes de leurs cases ; et leur coutume, mon cher Arlequin, est de tuer tous les maîtres qu'ils rencontrent, ou de les jeter dans l'esclavage.

ARLEQUIN. Eh ! Chaque pays a sa coutume ; ils tuent les maîtres, à la bonne heure, je l'ai entendu dire aussi, mais on dit qu'ils ne font rien aux esclaves comme moi.

IPHICRATE. Cela est vrai.


ARLEQUIN. Eh ! Encore vit-on.

IPHICRATE. Mais je suis en danger de perdre la liberté, et peut-être la vie; Arlequin, cela ne te suffit-il pas pour me plaindre ?

ARLEQUIN, prenant sa bouteille pour boire. Ah ! je vous plains de tout mon cœur, cela est juste.

IPHICRATE. Suis-moi donc.


ARLEQUIN siffle. Hu, hu, hu.


IPHICRATE. Comment donc, que veux-tu dire ?


ARLEQUIN, distrait, chante. Tala ta lara.


IPHICRATE. Parle donc, as-tu perdu l'esprit, à quoi penses-tu ?


ARLEQUIN, riant. Ah ! ah ! ah ! Monsieur Iphicrate la drôle d'aventure ; je vous plains, par ma foi, mais je ne saurais m'empêcher d'en rire.

IPHICRATE, à part les premiers mots. Le coquin abuse de ma situation, j'ai mal fait de lui dire où nous sommes. Arlequin, ta gaieté ne vient pas à propos, marchons de ce côté.

ARLEQUIN. J'ai les jambes si engourdies.


IPHICRATE. Avançons, je t'en prie.


ARLEQUIN. Je t'en prie, je t'en prie ; comme vous êtes civil1 et poli ; c'est l'air du pays qui fait cela.

IPHICRATE. Allons, hâtons-nous, faisons seulement une demi-lieue sur la côte pour chercher notre chaloupe, que nous trouverons peut-être avec une partie de nos gens ; et en ce cas-là, nous nous rembarquerons avec eux.


ARLEQUIN, en badinant. Badin2 ! Comme vous tournez cela !
Il chante. L'embarquement est divin.
Quand on vogue, vogue, vogue,
 L'embarquement est divin.
Quand on vogue avec Catin3.


IPHICRATE, retenant sa colère. Mais je ne te comprends point, mon cherArlequin.

ARLEQUIN. Mon cher patron, vos compliments me charment ; vous avez coutume de m'en faire à coups de gourdin qui ne valent pas ceux-là, et le gourdin est dans la chaloupe.

"Antigone" De Anouilh ici

Et cette scène de "Le Retour au désert"

AZIZ - Qu'ils se tapent donc, et, quand ils seront calmés, Aziz ramassera les morceaux.

Entre Édouard.

MADAME QUEULEU - Édouard, je t'en supplie, je vais devenir folle

Édouard retient sa mère, Aziz retient Adrien.

ADRIEN - Tu crois, pauvre folle, que tu peux défier le monde ? Qui es-tu pour provoquer tous les gens honorables ? Qui penses-tu être pour bafouer les bonnes manières, critiquer les habitudes des autres, accuser, calomnier, injurier le monde entier ? Tu n'es qu'une femme, une femme sans fortune, une mère célibataire, une fille-mère, et, il y a peu de temps encore, tu aurais été bannie de la société, on te cracherait au visage et on t'enfermerait dans une pièce secrète pour faire comme si tu n'existais pas. Que viens-tu revendiquer ? Oui, notre père t'a forcée à dîner à genoux pendant un an à cause de ton péché, mais la peine n'était pas assez sévère, non. Aujourd'hui encore, c'est à genoux que tu devrais manger à notre table, à genoux que tu devrais me parler, à genoux devant ma femme, devant Madame Queuleu, devant tes enfants. Pour qui te prends-tu, pour qui nous prends-tu, pour sans cesse nous maudire et nous défier ?

MATHILDE - Eh bien, oui, je te défie, Adrien; et avec toi ton fils, et ce qui te sert de femme. Je vous défie, vous tous, dans cette maison, et je défie le jardin qui l'entoure et l'arbre sous lequel ma fille se damne, et le mur qui entoure le jardin. Je vous défie, l'air que vous respirez, la pluie qui tombe sur vos tètes, la terre sur laquelle vous marchez ; je défie cette ville, chacune de ses rues et chacune de ses maisons, je défie le fleuve qui la traverse, le canal et les péniches sur le canal, je défie le ciel qui est au-dessus de vos tètes, les oiseaux dans le ciel, les morts dans la terre, les morts mélangés à la terre et les enfants dans le ventre de leurs mères. Et, si je le fais, c'est parce que je sais que je suis plus solide que vous tous, Adrien.

Aziz entraîne Adrien, Édouard entraîne Mathilde.

Mais ils s'échappent et reviennent.

MATHILDE - Car sans doute l'usine ne m'appartient-elle pas, mais c'est parce que je n'en ai pas voulu, parce qu'une usine fait faillite plus vite qu'une maison ne tombe en ruine, et que cette maison tiendra encore après ma mort et après celle de mes enfants, tandis que ton enfant se promènera dans des hangars déserts où coulera la pluie en disant : C'est à moi, c'est à moi. Non, l'usine ne m'appartient pas, mais cette maison est à moi et, parce qu'elle est à moi, je décide que tu la quitteras demain. Tu prendras tes valises, ton fils, et le reste, surtout le reste, et tu iras vivre dans tes hangars, dans tes bureaux dont les murs se lézardent, dans le fouillis des stocks en pourriture. Demain je serai chez moi.

ADRIEN - Quelle pourriture ? Quelles lézardes ? Quelles ruines ? Mon chiffre d'affaires est au plus haut. Crois-tu que j'ai besoin de cette maison ? Non. Je n'aimais y vivre qu'à cause de notre père, en mémoire de lui, par amour pour lui.

MATHILDE - Notre père ? De l'amour pour notre père ? La mémoire de notre père, je l'ai mise aux ordures il y a bien longtemps.

ADRIEN - Ne touche pas à cela, Mathilde. Respecte au moins cela. Cela au moins, ne le salis pas.

MATHILDE - Non, je ne le salirai pas, cela est déjà très sale tout seul

Merci à toutes les personnes qui m'aideront smile.png

  • E-Bahut
Posté(e)

Par rapport aux autres genres propices à la contestation(tracts, slogans, articles de journaux, chansons - "La femme Grillagée" de Pierre Perret vient d'être interdite sur les ondes, mais le rap est toujours permis!), le théâtre est un moyen privilégié d'exprimer des idées contestataires (voir Brecht à Berlin durant l'occupation nazie) , mais risque la censure, évidemment (Hugo, " Cromwell", Molière , "Tartuffe " etc.)

Le théâtre n'existe que par la représentation:il se doit donc d'intéresser le public, de créer avec lui, à travers les comédiens, une connivence d'une heure 30 environ, et d'élaborer un texte susceptible de passer la rampe, il se doit donc de choisir des moyens selon ce qu'il veut solliciter chez le spectateur : réflexion (Anouilh) , sensibilité (théâtre romantique) , dégoût, révolte, etc.

Tout doit être mis dans la bouche des personnages( ce qui justifie le rôle des confidents et des messagers, et aussi du monologue ).

La mise en scène, les décors sont très importants et jouent souvent sur les symboles inhérents à la pièce ("Rhinocéros" de Ionesco,par exemple, symbole de l'inhumain, de la bestialité(nazisme).

Le message passe grâce au jeu de l'acteur, présent physiquement sur scène, face au spectateur, qui de plus se sent en connivence avec les autres spectateurs : il se joue devant lui comme une cérémonie sacrée (le théâtre est issu de la religion dans toutes les cultures ).

Bon courage .

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