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Questions De Compréhension Sur Le Recueil (Les Cahiers De Douai De Rimbaud )


med.

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Posté(e)

1) quels poèmes abordent le thème de l'amour et/ou de la sensualité ? lesquels au contraire,vont a l'encontre de cette thématique et pourquoi ?

2) sept poèmes peuvent être considérés comme "engages" lesquels ?a qui de quoi s'attaquent -ils ?

3) citer au moins trois poèmes qui témoignent du bonheur de l'errance sur les routes ou dans la nature du vagabondage voire de la fugue . quels plaisirs expriment-ils?

4) pourquoi peut-on considérer ce recueil comme un recueil du refus de la contestation voire de la révolte? justifiez votre réponse.

​je vous prit de bien vouloir me répondre Merci D'avance rolleyes.gif

  • E-Bahut
Posté(e)

Bonheur de l'errance sur les routes: "Sensations": "Par les soirs bleus d'été, j'irai par les sentiers...."; "Ma bohême": "On n'est pas sérieux quand on a dix-sept ans ..."

Je crois que tu devrais ouvrir le fil "Rimbaud" sur le net.

Posté(e)

essaye sa :

Si le lecteur est en quête de vers charmants, de poésie printanière, qu'il arrête ici son pas allègre. Il ne trouvera pas dans Fugues cette forme d'évasion tendre et subtile que d'autres proposent. Non! Mes fugues le feront transpirer.

Pardon si c'est banal, mais qu'est-ce que ma poésie ? Mes vers sont sous l'empire de la réalité. Voilà pourquoi - peut-être - ils vous indigneront. A dire vrai, vous me rendriez fou de joie, si vous vouliez chers lecteurs en faire la critique. De la réalité le poète s'amuse mais sa Muse ... ne lui demande pas de toujours magnifier l’existence. Mes vers pourront décevoir … comme peut décevoir la vie, au fond ! C’est pourquoi j'ai voulu faire une poésie en acte. Je l'ai voulue objective - c'est à diretournée vers le réel, mais non dépourvue de fantaisie.

Demandons aux poètes du nouveau ! mais combien arrivent à nous épater par leur poésie ! Vous trouverez dans ce recueil et tout particulièrement dans mes sonnets une poésie qui prend ses aises, une poésie du bien-être, une poésie en pleine dilatation... Ô Nature ! ô folle ! Que de choses tu as créées ! J'ai voulu que ma - la - poésie te ressemble ! Qu'elle soit ce dérèglement des sens qui me fait adorer la déesse Liberté ! Mais je n’en dis pas plus... L'heure du jugement est proche ! Lisez ! Fuguez!

ou sa : Combien de fois as-tu illuminé mes rêves ? Si tu savais ! Tu n'as jamais voulu de moi, mais je n'ai jamais renoncé à toi. Tu es l'élue de mon cœur, la reine de mes poèmes…

Tes yeux verts m'ont toujours guidé dans mon inspiration. Le vert, c'est la vie, le printemps, la fraîcheur, les amourettes des soirs d'été, c'est toi !

- Je sais que tu te moques de moi, ris, ris, mi-femme, mi-déesse - Tu es si belle, et si mystérieuse...

Tu as toujours trouvé des excuses pour te défiler, mais j'ai tenu bon. Tu traînes, lié à ta douce et fine cheville, mon cœur, tel un boulet... Je te poursuis avec passion et sans lassitude. Ta silhouette se dessine dans chacun de mes poèmes. Toi, la jeune fille espiègle qui connaît l'unique et véritable liberté. Toi qui t'endors à la Grande-Ourse., les soirs bleus d'été, allongée sur l'herbe menue... J'envie tes bohémienneries, mais je me résous à ne pouvoir te rejoindre que dans les dédales de mes rêves... Nous partageons les mêmes idées, bien que tu n'aies jamais daigné prendre la peine de m'écouter -je suis bien trop insupportable et possessif - c'est ce que tu dis, n'est-ce pas?- Néanmoins, ta voix m'a toujours envoûté et tes paroles ? une musique à mes oreilles.

Tu n'aimes pas la guerre, moi non plus ! Tu trouves les hommes fous. Moi aussi. Tu rêves d'errance. Moi aussi. Mais tout cela n'est qu'idées, rêves. La réalité nous empêche d'agir comme nous l'entendons. Mon boulet, c'est ma mère. Le tien, c'est moi. - Avec plaisir- Tes refus ne font qu'animer ma passion. Tu as tout faux. Je me plais à te le signaler. Ah. Nina ! Tu es insaisissable, - c'est du moins ce que tu crois ! - mais tu es prisonnière de mes poèmes !

Parce que tu n'as jamais voulu de moi, et que tu m'as toujours rejeté, j'ai gravé ton nom sur ma plume, et malgré ta volonté, je t'ai fait mienne. J'ai volé le vert de tes yeux pour en faire le décor de mes vers.

Je suis un voleur. Je suis un poète. J'aime la liberté et les fugues de printemps. Je rêve de nos escapades à la campagne, de nos soirées...

Il s'est passé tellement de choses depuis notre rencontre... Mes rêves qui ne t'ont jamais intéressée, mes réflexions ou mes idées qui t'ennuient. je te les remets. Malgré tout. Je te rends ce que je t'ai volé, oh Inspiration! - 'Tu penses que je suis fou? Ne mens pas, je le vois d'ici - Je te l'ai déjà dit: Je t'ai désirée, je t'ai obtenue. Contre ta volonté. Il m'a fallu violer tes rêves. A présent, je t'offre ces vers que je t'ai volés, ces vers interdits. Ton nom, tu beauté, tes réparties... ont peuplé mes vers. J'ai essayé de les associer à chacun des thèmes de mes poèmes : tes yeux rebelles pour la guerre que tu m'as toujours déclarée malgré mon désaccord; ton coeur pour l'amour que J'ai toujours cherché en toi et en toute femme; tes petits pieds pour tes fugues dans les champs dont j'ai tellement rêvé... Je te raconte dans mes poèmes, éternelle désirée.

On se ressemble, Nina, même si tu en ris. - Qu'importe! Ça m'est égal, j'aime quand tu ris – Bien que tu ne veuilles pas de moi, accepte mes vers, et cette dédicace. Je t'ai volée, et tu as volé mon cœur. Moi, je te rends ce que j’ai pris, alors accepte-le. C'est à toi. Rends-moi mon coeur en retour, afin que je puisse à nouveau aimer, et que cette fois j'en récolte le fruit. - Et ne prends pas tes airs de perfectionniste, je sais que tu armes tes critiques, alors avant que tu ne te serves de ta langue acérée, écoute-moi - tu penses que ces quelques poèmes ne méritent pas le nom de recueil. Détrompe-toi. La quantité n'a pas d'importance.. ce qui compte, c'est le message qui passe. Le message d'amour, de liberté, de soif de paix, de balade... Et ces choses là ne demandent pas de lourdes pages de vers, simplement quelques mots qui dansent sur les rythmes enflammés des battements de mon cœur.

A toi, contre toi,

ou sa :

Au fil de l'année, la nature évolue, prends des formes et des couleurs différentes mais garde

constamment sa beauté. Beauté renouvelée, « resculptée » selon les saisons, ces « miracles »

engendrés par les solstices et équinoxes de notre planète Terre. L'Homme a toujours rendu hommage

à la Mère Nature : il l'a remerciée, il l'a célébrée mais par dessus tout, il l'a poétisée. Car avant d'être

un genre, la poésie est un art. C'est un travail d'orfèvre: les mots sont « peaufinés », les vers sont

modelés et remodelés pour obtenir « l'alliage parfait », la forme est « taillée au poinçon » et enfin,

l'oeuvre obtenue par ces heures acharnées de travail est tout simplement unique. De plus, la poésie

est très souvent associée à sa Muse dont les consoeurs sont les patronnes d’autres domaines, la

musique, la sculpture et la peinture. « L’art poétique » est souvent lié à l’un d’entre eux, car il fait un

appel « intime », « personnel » à la sensibilité intérieure du lecteur, à son imagination. Il y a ainsi plus

de liberté. L’Art est également caractérisé par un certain aspect universel. La musique, la peinture, la

sculpture… ont dépassé les limites linguistiques. Toutefois, ce n’est pas vraiment le cas de la poésie.

Cela lui confère donc un caractère unique propre à chaque culture. A vrai dire, ces limites jouent

terriblement en sa défaveur car le caractère poétique réside dans la subtilité, la beauté de la langue et

en passant par des traductions, elle perd en quelque sorte « l’harmonie » établie (sonorités, respect

de la métrique, différents sens des mots…). Par exemple, un poème de Rimbaud, « Ophélie » dans

lequel toute la première partie I contient un aspect musical reposant sur des allitérations et des

assonances visant à imiter les bruits de la nature ou encore à créer une harmonie en réemployant les

sonorités présentes dans le nom « Ophélia », perdrait la majeur partie de son intérêt s’il était traduit en

chinois, en japonais ou en allemand. Cependant, au-delà de l’art, il ne faut pas oublier de mentionner

le genre de la poésie. Etablie comme étant un modèle de forme littéraire, elle est régie par des règles

précises et certains ont même cherché à les dépasser, à en inventer de nouvelles (on peut en effet

citer les Parnassiens). En effet, les poètes doivent prouver leur originalité car qui dit « modèle » dit

souvent « imitation ». C’est donc vers l’écriture qu’ils doivent se pencher pour rivaliser sur des topos

comme l’amour d’une jeune fille, la mort… Cependant, nombreux sont les poètes qui revendiquent le

caractère artistique plutôt que technique. Cet esprit se retrouve au Japon où nous avons établit la

première étape de notre voyage : le Printemps au pays du Soleil-Levant.

ou sa :

À mon avis tout à fait intime, j’eusse préféré, en dépit de tant d’intérêt s’attachant intrinsèquement presque aussi bien que chronologiquement à beaucoup de pièces du présent recueil que celui-ci fût allégé pour surtout des causes littéraires trop de jeunesse décidément, d’inexpériences mal savoureuses, point d’assez heureuses naïvetes. J’eusse, si le maître, donné juste un dessus de panier, quitte à regretter que le reste dût disparaître, ou alors ajouté ce reste à la fin du livre, après la table des matières et sans table des matières quant à ce qui l’eût concerné, sous la rubrique « pièces attribuées à l’auteur », encore excluant de cette peut-être trop indulgente déjà hospitalité les tout à fait apocryphes sonnets publiés sous le nom glorieux et désormais sacré par de spirituels parodistes.

Quoi qu’il en soit, voici, seulement expurgée des apocryphes en question et classée aussi soigneusement que possible par ordre de dates, mais, hélas ! privée de trop de choses qui furent aux déplorables fins de puériles et criminelles rancunes sans même d’excuses suffisamment bêtes, confisquées, confisquées ? volées ! pour tout et mieux dire, dans les tiroirs fermés d’un absent. Voici le livre des poésies complètes d’Arthur Rimbaud avec ses additions inutiles à mon avis et ses déplorables mutilations irréparables à jamais, il faut le craindre.

Justice est donc faite, et bonne et complète car en outre du présent fragment de l’œuvre, il y a eu des reproductions par la Presse et la Librairie des choses en prose si inappréciables, peut-être même si supérieures aux vers, dont quelques-uns pourtant incomparables, que je sache !

Ici, avant de procéder plus avant dans ce très sérieux et très sincère et pénible et douloureux travail, il me sied et me plaît de remercier mes amis Dujardin et Kahn, Fénéon, et ce trop méconnu, trop modeste Anatole Baju, de leur intervention en un cas si beau, mais à l’époque périculent, je vous l’assure, car je ne le sais que trop.

Kahn et Dujardin disposaient néanmoins de revues jeunes et d’aspect presque imposant, un peu d’outre-Rhin et parfois, pour ainsi dire pédantesques ; depuis il y a eu encore du plomb dans l’aile de ces périodiques changés de direction ― et Baju, naïf eut aussi son influence, vraiment.

Tous trois firent leur devoir en faveur de mes efforts pour Rimbaud, Baju avec le tort peut-être inconscient de publier à l’appui de la bonne thèse des gloses farceuses de gens de talent et surtout d’esprit qui auraient mieux fait certainement de travailler pour leur compte, qui en valait, je le leur dis en toute sincérité, La peine assurément !

Mais un devoir sacré m’incombe, en dehors de toute diversion même quasiment nécessaire, vite. C’est de rectifier des faits d’abord ― et ensuite d’élucider un peu la disposition, à mon sens, mal littéraire, mais conçue dans un but tellement respectable ! du présent volume des Poésies complètes d’Arthur Rimbaud.

On a tout dit en une préface abominable que la Justice a châtiée, d’ailleurs par la saisie, de par la requête d’un galant homme de qui la signature avait été escroquée, M. Rodolphe Darzens, on a donc dit tout le mauvais sur Rimbaud, homme et poète.

Ce mauvais-là, il faut malheureusement, mais carrément, l’amalgamer avec celui qu’a écrit, pensé sans nul doute, un homme de talent dans un journal d’irréprochable tenue. Je veux parler de M. Charles Maurras et en appeler de lui à lui mieux informé.

Je lis, par exemple, ceci de lui, M. Charles Maurras.

Au dîner du Bon Bock, or il n’y avait pas alors, de dîner du Bon Bock où nous allassions, Valade, Mérat, Silvestre, quelques autres Parnassiens ou moi, ou par conséquent Rimbaud avec nous, mais bien un dîner mensuel des Vilains Bonshommes, fondé bien avant la guerre et qu’avaient honoré quelquefois Théodore de Banville et, de la part de Sainte-Beuve, son secrétaire, M. Jules Troubat. Au moment dont il est question, fin 1871, nos « assises » se tenaient au premier étage d’un marchand de vins établi au coin de la rue Bonaparte et de la place Saint-Sulpice, vis-à-vis d’un libraire d’occasion (rue Bonaparte) et (rue du Vieux-Colombier) d’un marchand d’objets religieux.

Au dîner du Bon Bock, dit donc M. Maurras, ses reparties (à Rimbaud) causaient de grands scandales. Ernest d’Hervilly le rappelait en vain à la raison.Carjat le mit à la porte. Rimbaud attendit patiemment à la porte et Carjat reçut à la sortie un « bon » (je retiens « bon ») coup de canne à épée dans le ventre.

Je n’ai pas à invoquer le témoignage de d’Hervilly qui est un cher poète et un cher ami, parce qu’il n’a jamais été plus l’auteur d’une intervention absurdément inutile que l’objet d’une insulte ignoble publiée sans la plus simple pudeur, non plus que sans la moindre conscience du faux ou du vrai dans la préface de l’édition de M. Genonceaux ; cet exotique à Paris d’ailleurs failli depuis ou quelque chose comme cela ; ni celui de M. Carjat lui-même, ni des encore assez nombreux survivants d’une scène assurément peu glorieuse pour Rimbaud, mais démesurément grossie et dénaturée jusqu’à la plus complète calomnie.

Voici donc un récit succinct mais vrai, jusque dans le moindre détail, du « drame » en question : ce soir-là aux Vilains Bonshommes on avait lu beaucoup de vers après le dessert et le café. Beaucoup de vers, même à la fin d’un dîner (plutôt modeste), ce n’est pas toujours des moins fatigants, particulièrement quand ils sont un peu bien déclamatoires comme ceux dontvraiment il s’agissait (et non du bon poète Jean Alcard). Ces vers étaient d’un monsieur qui faisait beaucoup de sonnets à l’époque et de qui le nom m’échappe.

Et sur le début suivant après passablement d’autres choses d’autres gens : On dirait des soldats d’Agrippa d’Aubigné Alignés au cordeau par Philibert Delorme.

Rimbaud eut le tort incontestable de protester d’abord entre haut et bas contre la prolongation d’à la fin abusives récitations. Sur quoi M. Etienne Carjat le photographe, poète de qui le récitateur était l’ami littéraire et artistique, s’interposa trop vite et trop vivement à mon gré, traitent l’interrupteur de gamin. Rimbaud qui ne savait supporter la boisson, et que l’on avait contracté dans ces « agapes » pourtant modérées, la mauvaise habitude de gâter au point de vue du vin et des liqueurs, ― Rimbaud qui se trouvait gris, prit mal la chose, se saisit d’une canne à épée à moi qui était derrière nous voisins immédiats et, par-dessus la table large de près de deux mètres, dirigea vers M. Carjat qui se trouvait en face ou tout comme la lame dégainée qui ne fit pas heureusement de très grands ravages, puisque le sympathique ex-directeur du Boulevard ne reçut, si j’en crois ma mémoire qui est excellent dans ce cas, qu’une éraflure très légère.

Néanmoins l’alarme fut grande et la tentative très regrettable ; vite et plus vite encore réprimée. J’arrachai la lame au furieux, la brisai sur mon genou et confiai, devant rentrer de très bonne heure chez moi où ma femme était dans un état de grossesse avancé pour ne pas excuser de trop longues et fréquentes miennes absences de la maison, le garçon à moitié dégrisé maintenant au peintre bien connu, Michel de l’Hay alors déjà un solide gaillard en outre d’un tout jeune homme des plus remarquablement beaux qu’il soit donné de voir, qui eut tôt fait de reconduire à son domicile de la rue Campagne-Première, en le chapitrant d’importance, le « gamin » de qui l’accès de colère ne tarda pas à se dissiper tout à fait avec les fumées du vin et de l’alcool dans le sommeil réparateur de la seizième année.

Avant de « lâcher » tout à fait M. Charles Maurras, je lui demanderai de m’autoriser à m’expliquer une dernière fois sur un malheureux membre de phrase de lui me concernant.

À propos de la question d’ailleurs subsidiaire de savoir si M. Rimbaud était beau ou laid, M. Maurras qui ne l’a jamais vu et qui le trouve laid, d’après des témoins « plus rassis » que votre serviteur, me blâmerait presque, ma parole d’honneur ! d’avoir dit qu’il avait (Rimbaud) un visage parfaitement ovale d’ange en exil, une forte bouche rouge au pli amer (et in cauda venenum !) en Latin et Romain et Grec et Italien ! Que vous êtes, M. Mourras, ô gros voluptueux (à la Wilde !) des « jambes sans rivales ».

Ça c’est bête, je veux le croire, sans plus autrement, quoi ? Voici toujoursma phrase sur les jambes en question, extraite des Hommes d’aujourd’hui. Au surplus, lisez toute la petite biographie. Elle répond à tout d’avance, et coûte deux sous.

« … Des projets pour la Russie, une anicroche à Vienne (Autriche), quelques mois en France, d’Arras et Douai à Marseille, et le Sénégal, vers lequel bercé par un naufrage, puis la Hollande, 1879-80, vu décharger des voitures de moisson dans une ferme à sa mère, entre Attigny et Vouziers, et arpenter ces routes maigres de ses « jambes sans rivales ».

Voyons, M. Maurras, est-ce bien de bonne foi votre confusion entre infatigabilité… et autre chose.

— Ouf ! j’en ai fini avec les petites (et grosses) infamies qui de régions prétendues uniquement littéraires, s’insinueraient dans la vie privée pour s’y installer et veuillez, lecteur, me permettre de m’étendre un peu, maintenant qu’on a brûlé quelque sucre, sur le pur plaisir intellectuel de vous parler du présent ouvrage qu’on peut ne pas aimer, ni même admirer, mais qui a droit à tout respect en tout consciencieux examen ?

On a laissé les pièces objectionnables au point de vue bourgeois, car le point de vue chrétien et surtout catholique dont je m’honore d’être un des plus indignes peut être mais à coup sûr le plus sincère tenant, me semble supérieur ― j’entends, notamment les Premières Communions, les Pauvres à l’église(pour mon compte, j’eusse négligé cette pièce brutale avec pourtant ceci qui en fait partie : … Les malades du foie Font baiser leur longs doits jaunes Aux bénitiers.

Quant aux Premières Communions dont j’ai sévèrement parlé dans mesPoètes maudits à cause de certains vers plutôt irrévérencieux que blasphémateurs (ou réciproquement), c’est si beau !… n’est-ce pas ? à travers tant de drôles de choses… n’est-ce pas ?

Pour le reste de ce que j’aime parfaitement, le Bateau ivre, les Effarés, lesChercheuses de poux et bien après les Assis aussi, parbleu ! c’est un peu fumiste, mais si beau de détails ; Sonnet des Voyelles qui a fait faire à M. René Ghill de si mirobolentes théories et l’ardent Faune. C’est parfait de fauves, ― en liberté ! et encore une fois, je vous le présente, ce « numéro », comme autrefois dans Lutèce, de tout mon cœur, de toute mon âme et de toutes mes forces.

On a cru devoir (évidemment dans un but de réhabilitation qui n’a rien à voir ni avec la vie ni avec l’œuvre) ouvrir le volume par une pièce intitulée Etrennes des Orphelins, laquelle assez longue pièce, dans le goût un peu Guiraud avec déjà des beautés tout autres. Ceci qui vaut du Desbordes-Valmore : Les tout petits enfants ont le cœur si sensible !

Cela : La bise sous le seuil a fini par se taire…

qui est d’un net et d’un vrai, quant à ce qui concerne un beau jour de premier janvier: Surtout une facture solide même un peu trop qui dit l’extrême jeunesse de l’auteur quand il s’en servit d’après la formule parnassienne exagérée.

On a cru aussi devoir intercaler de gré ou de force un trop long poème : Le Forgeron, daté des Tuileries vers le 10 août 1892, où vraiment c’est trop démoc-soc, par trop démodé, même en 1870, mais l’auteur, direz-vous, était si, si jeune ! Mais, répondrais-je, était-ce une raison pour publier cette chose faite à coups de « mauvaises lectures » dans des manuels surannés ou de trop moisis historiens ? Je ne m’empresse pas moins d’ajouter qu’il y a là encore de très beaux vers. Parbleu ! avec cet être-là !

Cette caricature de Louis XIV, d’abord :

Et prenant ce gros-là dans son regard farouche,

Cette autre encore :

Or le bon roi, debout sur son ventre était pâle.

Ce cri bien dans le ton juste, trop rare ici.

On ne veut pas de nous dans les boulangeries

Mais j’avoue préférer telles pièces purement jolies, mais alors très jolies, d’une joliesse sauvageonne ou sauvage tout à fait alors presque aux belles que le Bateau ivre ou que les Premières Communions.

Il y a dans ce ton Ce qui retient Nina, vingt-neuf strophes, plus de cent vers sur un rythme sautilleur avec des gentillesses à tout bout de champ : Dix-sept ans tu seras heureuse ! O les grands prés La grande campagne amoureuse ! — Dis, viens plus près !… . . . . . . . . . . . . . . Puis comme une petite morte Le cœur pâmé. Tu me disais que je te porte L’œil mi-fermé…

Et après la promenade au bois… et la résurrection de la petite morte, l’entrée dans le village où ça sentirait le laitage, une étable pleine d’un rythme lent d’haleine et de grands dos ; un intérieur à la Téniers. Les lunettes de ma grand’mère Et son nez long Dans son missel…

Aussi la Comédie en trois baisers : . . . . . . . . . . Elle était fort déshabillée Et de grands arbres indiscrets. Aux vitres penchaient leur feuillée Malinement, tout près, tout près.

Sensation, où le poète adolescent va loin, bien loin, comme un bohémien. Par la nature, heureux comme avec une femme.

Roman : On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans.

Ce qu’il y a d’amusant, c’est que Rimbaud, quand il écrivait ce vers, n’avait pas encore seize ans. Évidemment il se « vieillissait » pour mieux plaire à quelque belle… de très probablement son imagination.

Ma Bohème, la plus gentille sans doute de ces gentilles choses. Comme des lyres je tirai les élastiques De mes souliers blessés près de mon cœur.

Mes Petites amoureuses, les Poètes de sept ans, frères franchement douloureux des Chercheuses de poux : Et la mère fermant le livre du devoir S’en allait satisfaite et très fière sans voir

Dans les yeux bleus et sous le front plein d’éminence L’âme de son enfant livrée aux répugnances. . . . . . . . . . .

Quant aux quelques morceaux en prose qui terminent le volume, je les eusse retenus pour les publier dans une nouvelle édition des œuvres en prose. Ils sont d’ailleurs très beaux mais tout à fait dans la note des Illuminations et de la Saison en Enfer. Je l’ai dit tout à l’heure et je sais que je ne suis pas le seul à le penser : Le Rimbaud en prose est peut-être supérieur à celui en vers…

J’ai terminé, je crois avoir terminé ma tâche de préfacier. De la vie de l’homme j’ai parlé suffisamment. De son œuvre je reparlerai peut-être encore.

Mon dernier mot ne peut-être ici que ceci : Rimbaud fut un poète mort jeune mais vierge de toute platitude ou décadence ― homme il fut un homme mort jeune aussi mais dans son vœux bien formulé d’indépendance et de haut dédain de n’importe quelle adhésion à ce qu’il ne lui plaisait pas de faire ni d’être.

ou bien :

Amis lecteurs, vous comme moi avez déjà ressenti ou ressentira ce sentiment à la fois d'attirance et d'affection qu'est l'amour. L'amour est omniprésent, nous pouvons même dire que nous sommes cernés par l'amour : père et fils, mère et fille, homme et femme, copains, copines, vieux amis...

« Le monde a soif d'amour, tu viendras l'apaiser » dit Arthur Rimbaud dans Soleil et chair extrait des Cahiers de Douai, poète adolescent avait lui aussi remarqué cela. Le « tu », marque de la deuxième personne, apostrophe directement la femme aimée dont il sera particulièrement question dans les poèmes de Rimbaud présents dans cette anthologie, tirés des Cahiers de Douai.

Ce recueil n'a jamais été publié du vivant d'Arthur Rimbaud, conservé par son ami Paul Dameny qui le publiera après la mort du poète. Ce dernier grand vagabond, vivant de bohème et de fugue reflète ce goût pour les secrets que cache cette nature propice aux sentiments amoureux.

Cette Nature qui devient un être humain à part entière par le biais d'une majuscule dans Sensation établie dès le premier poème du recueil, Première soirée, un lexique enivrant de la nature, vous vous laisserez surprendre et vous vous évaderez vers une vie de bohème à travers cette poésie bucolique étant l'objet des poèmes de « l'homme aux semelles de vent » comme le surnommait Verlaine, « les grands arbres », « un petit rayon buissonnier papillonner dans son sourire » d'une Première soirée, au « soirs bleus d'été », « sentiers », « l'herbe menue » que vous foulerez à la simple lecture de Sensation , vous laisserez libre court à votre imagination, courrai les près, le bois, vivant d'errance et de fugue, logeant sous la nuit étoilée de Ma Bohème. Vous reprendrez la route avec le surnommé « passant considérable » comme le nommait Mallarmé. Les nombreuses répétitions du verbe « aller » (Sensation, Ma bohème, Les réparties de Nina) et l'usage du futur sont la marque concrète de cette mise en marche et de ce perpétuel désir de fuite qui est le moteur permanent des fugues de l'adolescent. Ainsi vous regagnerai les « villages de campagne » à travers « sentiers », cette odeur de printemps, de « framboise » et par des envolées lyriques enivrera votre lecture, et vous sentirez chez vous à la campagne, dans les « fermes » ou sent bon le lait chaud, où Rimbaud invite sa muse fictive Nina dans Les Répartis de Nina. Tout cela menant à l'ivresse de l'amour d'un jeune poète de dix-sept ans « au cœur Robinsonne » qui compare l'amour à « la sève » montant dans l'arbre, ou au « champagne » qui vous monte à la tête (Roman et Les Répartis de Nina) rend compte de cette frénésie de l'amour, Rimbaud nous invite à entrer en osmose avec la nature, grâce a celle-ci il subit une sorte d'ivresse poétique comme il le laisse entendre dans Ma Bohème.

La femme aimée, à qui s'adresse les différents poèmes est décrite de tous ces faits et gestes, c'est un jeune adolescent amoureux maladroit, qui s'éprend à séduire cette jeune fille à mi-nue assise sur la grande chaise du poète dans Première soirée. Une sensualité se dégage des mots de Rimbaud « un jolie rire de cristal » « Pauvre et palpitant sous ma lèvre ». Les deux amants entrent dans un jeux de séduction voire d'érotisme dont les points de suspension traduit l'ambiguïté de la situation, cette scène de séduction est beaucoup plus légère dans Roman , le vocabulaire de petitesse (« petit » répétés a nombreuses reprises) en est la preuve. Ici tout est simple et agréable et l'amour se résume à un baiser, pas de descriptions fastueuses mais seulement des points de suspension dans lesquels chacun peut imaginer la suite. Vous aussi, vous vous reconnaitrez sans doute dans la pensée de Rimbaud « On est pas sérieux quand on a dix-sept ans » dont la diérèse étoffe la naïveté et les illusions cet adolescent maladroit à la sensualité et sexualité naissante.

Vous serez sans doute captivé par le désir du poète dans Les réparties de Nina, le conditionnel traduisant son souhait d'emmener Nina avec lui, suivis de près de verbes au futur soulignant sa volonté grandissante « tu seras heureuse » « nous regagnerons la route »...

Notons, que la femme aimée est simplement évoquée et suggérée dans Sensation ou encore dans Ma bohème au profit de l'errance champêtre du poète devenant une errance amoureuse. En effet, un parallèle est fait entre la femme et ce bohémien (« comme un bohémien » , « comme une femme ») ou les sentiments abstraits de...

cela te va med.

  • E-Bahut
Posté(e)

J'ignore si tout "sa" (pour "ça") est de ta plume, Yassine , mais je t'avoue ne pas avoir le temps de me pencher sur chaque poème ... Ces modèles de préfaces me semblent trop travaillés, trop érudits pour un jeune de ton âge et ton prof ne s'y trompera pas ...

Posté(e)

tu peut me dire comment faire Moiravita STP

ça je sais que c'est faux ce qu'il a écrit yassine.sbre car c'est mon petit frère

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