puissant Posté(e) le 3 novembre 2010 Signaler Posté(e) le 3 novembre 2010 Voici le sujet Que représente «l’ici » dans ce recueil de Baudelaire ? Est-ce forcément un lieuconcret ? Si le port est un « séjour charmantpour une âme fatiguée des luttes de la vie » on peu penser que « l’ici »peut aussi désigner métaphoriquement la réalité quotidienne ou la conditionhumaine (celle du poète en particulier). Que représente cet « ici » au sensplus large ? Quelles sont les caractéristiques del’ailleurs ? Quels sont les moyens de fuir « l’ici» pour aller vers « l’ailleurs » ? Vous vous appuierez notamment sur lespoèmes suivants : (mais il n’est pas interdit d’enciter d’autre !) (Au lecteur, élévation, j'aime le souvenir deces époques nue, la vie antérieur, parfum exotique, la chevelure,le poison, l'invitation au voyage, Moesta et errabunda, La musique,La cloche fêlée, Les poèmes intitulés « spline », L'horloge,Paysage, Le cygne, Les petites vieilles, Les aveugles, Rêvesparisiens, L'âme du vin, Le voyage partie 7 et 8) + textecomplémentaire vus en cours : le port… Vous rendrez un devoir ordonné, sousforme d’un plan partiellement rédigé ; les idées doivent reposer sur des extraits depoèmes (extrait cour, limité à quelque mots, un vers, rarement plus… il ne faut pasrecopier tous les textes Plan possible : A) L'ici L'ici au sens spatial L'ici comme symbole de la condition du poète B) L'ailleurs L'ailleurs au sens spatial L'ailleurs comme symbole de la condition du poète Comment fait l'ici pour aller vers l'ailleurs ? et voici ce que j'ai fait A) L'ici L'ici au sens spatial Dans ce recueil de Baudelaire, « l'ici » représente un monde injuste, une société qui n’est qu’un échec, et sur la conviction que rien, absolument rien, ne pourra y changer quelque chose, toute tentative pour ce faire portant la germe de son propre échec, puisque, comme Baudelaire le pensait, le Mal est présent partout, même dans la vertu et les plaisirs. L'ici comme symbole de la condition du poète Ce poème est révélateur du spleen Baudelairien, de l'angoisse qui étreint le poète, quand il constate les ravages du temps sur son organisme. Grâce à l'art, il met en forme ce malaise existentiel , ce qui constitue une manière de l'exorciser. L'écriture apparaît alors comme un remède à l'usure du temps et au dégoût de soi qu'inspire au poète sa dégradation progressive : l'art permet d'opposer la résistance de l'intelligence à la force corrosive de la nature. Le poète survit alors par sa parole. Le spleen se caractérise par des sensations d’oppression, d’étouffement psychologiquement, c’est une impression d’ennui, d’enlisement de l’esprit dans une impuissance chronique ainsi que le suggère les poèmes de la section « spleen et idéal », comme « l’ennemi » ou « l’horloge ». Plus profondément, c’est le sentiment affligeant d’une usure de toutes les forces physiques et morales, d’une dévitalisation de l’homme réduit à n’être plus rien que matière inorganique. Le spleen est l’expression d’un malaise existentiel avec ses plus explicites manifestations avec son cortège de fantasmes terrifiants : « au moral comme au physique, j’ai toujours eu la sensation du gouffre », citation extraite des « Fusées ». Le vrai mal de Baudelaire est de n’être pas assez soi. Il veut reconquérir son être, ce qui passe par une épreuve d’identification, une récupération de son être dans le cadre de l’entreprise poétique. Il y a un manichéisme, deux postulations simultanées, l’une vers Dieu ou spiritualité et l’autre vers Satan. L’intitulé de la première partie des Fleurs du mal, « Spleen et idéal » regroupe les contraires. Psychologiquement, cela signifie l’enlisement de l’esprit, le sentiment d’usure, dévitalisation et néant. Sociologiquement, cela renvoie à la marginalité, l’être infirme, bancal tel l’albatros. Le malaise est existentiel au physique comme au moral. Il y a une aliénation absolue. Le spleen a partie liée avec le temps, la durée corruptrice, dévastatrice. Le temps étire le malaise, « j’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans ». Le temps est la violence du spleen. Le poème « l’ennemi » est fondé sur cette dualité du spleen et de l’idéal, le temps spleenétique et celui de l’idéal. Le premier est supplice d’abondance néfaste, l’autre est par essence périssable donc torture, privation et frustration. Baudelaire subit le flux porteur d’instants extatiques et de séquences morbides entre spleen et idéal parce que l’un relève du temps , l’autre de l’instant, la dualité est donc radicale, c’est ainsi que se joue le drame existentiel baudelairien que l’on retrouve dans »l’horloge » et « le goût du néant ». Sans se confondre avec le spleen totalement, il en étire le malaise, en décuple le supplice. S’il est identifié par le poète comme l’ennemi absolu, c’est qu’il est par essence satanique éloignant l’homme chaque jour davantage de sa part divine. B) L'ailleurs L'ailleurs au sens spatial . L'Idéal, c'est aussi l'Ailleurs, un Ailleurs abstrait, qu'il concrétise, par exemple, par l'image d'une île paradisiaque ("Parfum exotique"). On peut comprendre aussi l'Idéal en prenant l'image de l'albatros "grand oiseau des mers" aux "ailes de géant" : l'idéal est ici concrétisé par l'azur où vole l'oiseau. L’idéal est rare, bref et fragile, il s’oppose à l’opaque, lourde et longue matérialité du spleen. Le symbole de l’idéal, le monde de l’idéal est l’antimonde du spleen. Il est par essence périssable. Le temps spleenétique est opposé au temps de l’idéal. Nous avons ainsi un double postulat de son être déchiré entre la soif d’une idéalité et d’une pureté perdues et l’enlisement dans les tourments du quotidien qu’il nomme spleen. Nous retrouvons cette problématique baudelairienne dans les poèmes de la section « spleen et idéal », comme « l’horloge », « le goût du néant », « l’ennemi » etc. Le drame baudelairien se traduit donc dans le flux porteur d’instants extatiques et de séquences entre spleen et idéal parce que l’un relève du temps, l’autre de l’instant, la dualité est par conséquent radicale. L'ailleurs comme symbole de la condition du poète C'est ce qu'il oppose au spleen. On pourrait dire le Bien, la Beauté, Dieu, peut-être, contre le mal, le laid, Satan. En fait, Baudelaire sentait en lui des aspirations contraires : il se sentait parfois porté vers le vice, le trouble, le découragement, était pris par l'Ennui, et cela provoquait les périodes de spleen. Mais il entrevoyait parfois ce que pouvait être le contraire de tout cela, avait l'espoir que tout pouvait changer pour lui Comment fait l'ici pour aller vers l'ailleurs ? Baudelaire est tiraillé par le Bien et le Mal : il se sent aspiré tantôt par l'Idéal, la Beauté, le Bien, tantôt par le mal, Satan. Il oscille constamment entre ces deux tendances, et c'est lorsqu'il "tombe" vers le bas, le mal, qu'il éprouve le spleen. De plus, il est très souvent submergé par l'ennui : chez lui, l'ennui vient de l'impression que le temps s'étire. Cet état d'esprit se retrouve souvent, dans ses poèmes, dans des paysages encrassés, pluvieux. (Il appelle le temps "l'Ennemi"); cela le dévore, le ronge, et n'a rien à voir avec le temps des Romantiques qui, eux, en déplorent la fuite. Il éprouve le goût de l'Ailleurs, de l'exotisme, façon d'échapper à son ennui, au monde qui le stresse. Autre chose : dans Les Fleurs du mal, il évoque 3 femmes, qui représentent ce que pourrait être la femme idéale : la mère, la maîtresse sensuelle, la jeune fille pure. Pouvez-vous me dire si j'ai bon
Naguère Posté(e) le 4 novembre 2010 Signaler Posté(e) le 4 novembre 2010 Bonjour, C'est très correct. En ce qui concerne les trois figures féminines évoquées dans Les Fleurs du Mal, il s'agit de la femme idéale (Madame Sabatier, l'Ange), la maîtresse (Jeanne Duval, le Mal) et une troisième, Marie Daubrun. Naguère
E-Bahut moîravita Posté(e) le 4 novembre 2010 E-Bahut Signaler Posté(e) le 4 novembre 2010 Beau travail. pour les figures de la femme dans "Les Fleurs du Mal", elles sont rattachées à la conception dualiste de l'amour que le christianisme a accentuée: il existe pour l'auteur, deux sortes d'amour a) l'amour spirituel , la recherche de l'unité pardue(cfr Platon, "Le Banquet).Cet amour devient le moyen d'aller vers l'Idéal et exige une sorte de pureté, d'ascèse. b)l'amour charnel , qui est la recherche du plaisir pour le plaisir et qui, au lieu de conduire à Dieu, est un défi à Dieu, une révolte ,un péché;il est tout autant orgueil que soumission, haine de l'autre et de soi que amour de l'autre et de soi; La femme est donc ce qui permet d'entrevoir l'idéal, mais aussi ce qui s'y oppose. On trouve ainsi chez Baudelaire 1. La femme= idole, qui est une invitation à ne cultiver que la beauté et le bien :poèmes inspirés par Madame Sabatier (Le Flambeau vivant, Que diras-tu ce soir, pauvre âme..., Lamort des amants, Hymne) 2.La femme consolatrice , assimilée à la mère,la soeur, l'amante , qui dispense le plaisir de manière désintéressée(Chant d'automne,La chevelure, Les yeux de Berthe, semper eadem...) 3. La femme ennemie, tentatrice ,trompeuse,corruptrice, femme vampire ou marâtre: elle indique le divin, mais ne l'est pas, elle est le diable qui prend la forme du divin , elle est imposture de ladivinité (Bénédiction, Mon coeur mis à nu) Si la femme avoue l'imposture, elle doit se faire artificielle (toilette , fard, mode):la fausse idole peinte est acceptable car artificielle(cfr. le dandy). Poèmes pour la femme ennemie:Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne,Remords posthume),
puissant Posté(e) le 4 novembre 2010 Auteur Signaler Posté(e) le 4 novembre 2010 merci mais pouvez-vous me dire pour le reste si c'est bon ou faut-il modifier des choses
E-Bahut moîravita Posté(e) le 4 novembre 2010 E-Bahut Signaler Posté(e) le 4 novembre 2010 Les tentatives de Baudelaire pour atteindre l'Idéal se suivent logiquement dans Les Fleurs du Mal:partie 1. Spleen et Idéal: y alternent les poèmes clairs (la Beauté, les Bijoux )et les poèmes sombres 'Une charogne,Le gouffre, l'Horloge ....) :il y a donc opposition entre l'ICI = la situation du poète (de l'homme en général) et I'IDEAL, =L'AILLEURS, quelque chose qui existe, dont nous manquons et qui est hors d'atteinte; il nous est cependant permis d'en entrevoir certains aspects, le monde n'étant qu'un miroir brisé qui ne peut que nus renvoyer certains fragments de cet Idéal. essayant de rassembler ces beautés éparpillées , B. reste déçu. partie 2. Tableaux parisiens. La civilisations enlaidit tout mais le poète va extraire la beauté de cette laideur, de cette modernité. Comment faire pour que le monde nous paraisse beau ? Etre IVRE:"Le Vin" provoque artificiellement la transmutaion de la laideur en beauté.+ Les paradis artificiels. partie 3. pour chasser ce spleen, ce mal moral, le moyen ne serait-il pas de s'y plonger ? LES FLEURS DU MAL rassemblent les vices et montrent qu'il y a en eux une beauté, une grandeur. partie 4: LA REVOLTE: tentative à rebours pour rejoindre l'Idéal;l'homme se sent frustré de qqch mais n'en est pas responsable:l'auteur de la nature l'a puni:d'où seule échappatoire = la révolte, se faire l'égal de Dieu et peut-être ainsi rejoindre l'Idéal(poèmes sur les anges déchus: Satan, Caïn...) partie 5: Si tout le reste échoue, le seul espoir est LA MORT, ce grand vide, dont on ne sait s'il est possitif ou négatif, c'est l'inconnu, donc peut-être l'Idéal ... Essaie de classer tes idées en tenant compte de cette digression. Bon courage.
puissant Posté(e) le 4 novembre 2010 Auteur Signaler Posté(e) le 4 novembre 2010 Merci beaucoup pour votre aide mais j'ai une dernière questions à vous poser Pourriez vous m'aider pour la construction du commentaire pour se faire voici mes idées A) L'ici L'ici au sens spatial Je dois développer ce qu'est le spleen baudlerien en disant que l'ici c'est le monde qui nous entoure en parlant des poèmes sombres 'Une charogne,Legouffre, l'Horloge ....) L'ici comme symbole de la condition du poète Je dois expliquer ce qu'est le spleen cette angoisse qu'a baudelaire quand il est sous l'emprise du mal B) L'ailleurs L'ailleurs au sens spatial L'AILLEURS, quelque chose qui existe,dont nous manquons et qui est hors d'atteinte; il nous est cependantpermis d'en entrevoir certains aspects, le monde n'étant qu'unmiroir brisé qui ne peut que nus renvoyer certains fragments de cetIdéal. essayant de rassembler ces beautés éparpillées L'ailleurs comme symbole de la condition du poète Je dois développer ce qu'est l'idéal tout le contraire de l'ici un monde ou harmonie est bien être serait dominant Comment fait l'ici pour aller vers l'ailleurs ? Comment faire pour que le monde nousparaisse beau ? Etre IVRE:"Le Vin" provoqueartificiellement la transmutaion de la laideur en beauté.+ Lesparadis artificiels.pour chasser ce spleen, ce mal moral,le moyen ne serait-il pas de s'y plonger ? LES FLEURS DU MALrassemblent les vices et montrent qu'il y a en eux une beauté, unegrandeur ...
E-Bahut moîravita Posté(e) le 5 novembre 2010 E-Bahut Signaler Posté(e) le 5 novembre 2010 A. L'ICI: 1. Au sens spatial : c'est l'environnement quotidien du poète, Paris et les travaux de destruction, de reconstruction, échafaudages etc.,bref, la laideur (mais le poète essaiera de la métamorphoser en beauté:(Thème de la modernité) 2. au sens "philosophique":c'est la condition humaine à laquelle nul ne peut échapper, donc génératrice d'angoisse et de SPLEEN, (= la nostalgie de qqch que nous ne connaissons pas ,ce qui provoque découragement, ennui, désespoir.) B. L'AILLEURS: 1. Au sens spatial, c'est le voyage, l'exotisme (Jeanne Duval était mulâtresse), les autres contrées ("Invitation au voyage",qui parle de la Hollande ) 2. au sens "philosophique" (ou symbolique) c'est exactement ce que tu as écrit pour le "sens spatial". L'IDEAL= ce dont nous manquons, c'est qqch qui existe mais qui est hors d'atteinte, c'est pourquoi nous sommes plongés dans le désespoir (= LE SPLEEN) Il nous est cependant permis d'en rechercher les différents aspects dans la vie: ETAPES POUR ATTEINDRE L'IDEAL:comment faire pour que le monde nous paraisse plus beau ? 1.Rassembler les beautés éparpillées (Sleen et Idéal) , mais restent certaines zones de laideur. 2.Transformer les zones laides en qqch de beau (Tableaux parisiens);mais la beauté qu'on y trouve est par essence artificielle. 3.Etre ivre: le vin provoque artificiellement la transmutation de la laideur en beauté ,s'adonner aux paradis artificiels. 4.Se plonger dans les vices: si on creuse le spleen jusqu'au bout, ne pourra-t-on pas remonter à la surface, retrouver l'idéal ?(Les Fleurs du mal " rassemblent les vices en montrant leur beauté, leur grandeur) 5.Se révolter:(voir ce que j'ai ecrit à ce sujet) 6. Appeler la mort: (idem) Ai-je répondu à ta question ? L'IDEAL serait aussi pour Baudelaire le paradis terrestre dont nous avons été chassés pour qqch que nous n'avons pas commis ( d'où la révolte)
puissant Posté(e) le 5 novembre 2010 Auteur Signaler Posté(e) le 5 novembre 2010 Merci beaucoup pour votre aide qui m'a été plus que précieuse et oui bien sur que vous avez répondue à ma question
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