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Affichage du contenu avec la meilleure réputation le 12/06/2022 dans Messages
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Bonjour, j'ai réalisé un plan de dissertation à partir du sujet suivant: Peut-on dire qu'il n'y a pas de justice, mais seulement des lois ? Je vous prie d'y apporter une correction avant le 15 Juin, date de l'épreuve. " Peut-on dire qu'il n'y a pas de justice, mais seulement des lois ? Amorce: Le IIIème Reich a édicté des lois qui obligeaient les juifs à porter un signe distinctif, à vivre dans des quartiers précis, à les empêcher de se marier avec des Allemands non juifs. Il autorisait la déportation des populations juives, leur esclavage et leur extermination, la population était forcée d'obéir à des lois. Bien que la justice soit une notion sujette à controverse, car elle peut être définit comme un ensemble de valeurs qui diffère d'un individu à l'autre, toute personne s'accorde à dire que le IIIème Reich était fondamentalement injuste. Problématique: L'Etat garantit-il des lois compatibles à la notion de justice ? -La justice serait-elle contraire à l'Etat ? +L'Etat institue des lois qui favorisent bien souvent ceux qui les édictent. Il est alors source d'inégalités. Ce sont ces inégalités mêmes qui peuvent être à la base du sentiment d'injustice touchant les personnes qui ne profitent pas des effets de ces lois. En ce sens, la notion de justice serait purement subjective, il dépendrait à chacun de juger de la compatibilité ou non entre justice et Etat. Par exemple, les Etats des sociétés développées de notre époque ont de multiples similitudes car ils accordent une grande importance à l'économie. Les moyens de production et les richesses sont détenus par une minorité, fait favorisé par le cadre juridique de nos sociétés, lors que la majorité ne profite pas du fruit de son labeur. En ce sens, l'Etat est source d'injustice pour une grande partie de la population. +Les Etats peuvent être une forme d'oppression sur leurs populations. Au fur et à mesure que les Etats se sont agrandis - passant de la cité grecque, par exemple, de César ou de Napoléon - ils sont devenus plus autoritaires, écrasants par rapport aux populations. La où l'Etat n'est pas un empire, il cherche à le devenir (comme dans l'Allemagne nazie ou en Russie soviétique) et ses chefs deviennent des dictateurs. C'est ce qu'illustre Friedrich Nietzsche en disant: "L'Etat est le plus froid des monstres froids". Par exemple, dans la tragédie antique d'Antigone de Sophocle, Antigone est une jeune fille révoltée contre la loi de la cité (c'est-à-dire de l'Etat) représentée par son oncle Créon: ses deux frères s'étant entretués au cours d'une bataille pour le pouvoir, l'un d'eux a été privé de sépulture par Créon. Antigone veut l'enterrer religieusement. Dans cet exemple, Hegel voit le conflit du droit familial, représenté par Antigone, et du droit de l'Etat, représenté par Créon. Antigone invoque des valeurs considérées comme justes mais que Créon (autrement dit l'Etat) rejette. +L'oppression de l'Etat sur la société peut se transformer en véritable totalitarisme. L'Etat est alors contre la société humaine qu'il contrôle voire détruit. Hannah Arendt, qui a étudié les régimes totalitaires, considère le totalitarisme comme un phénomène de "masses". Pour elle, ces "masses" sont perdues, elles ont besoin d'un modèle fort et acceptent facilement les idéologies totalitaires. Le totalitarisme se caractérise par un Etat maximal qui concentre toute l'autorité entre les mains d'une seule personne au point de réglementer elle-même la société, l'économie et les libertés publiques. Ces dernières tendent à disparaître du fait du poids de la censure et de la police. Par exemple, le dictateur de la Russie soviétique, Staline, a sacrifié une partie importante de la population de son pays pour la croissance de son économie et l'affirmation de son contrôle total sur la population. Au total, les experts estiment que plus de 50 millions de soviétiques ont été victimes du régime politique de Staline de 1930 à 1950. La justice, bien que son acception en tant que système de valeurs diverge d'un individu à l'autre, est alors en totale contradiction avec l'Etat et les lois qu'il édicte. Transition: La justice en tant qu'ensemble de valeurs semble donc contraire à l'Etat, car celui-ci est toujours source d'injustices et d'inégalités pour une partie de la population. Souvent, il oppresse même les populations qu'il contrôle. Cette oppression peut aller jusqu'à la destruction de la population. Définir la justice autrement que comme ensemble de valeurs pourrait apporter une solution. -La justice et l'Etat peuvent-ils coexister ? +La justice n'a pas de définition universellement approuvé. Certains s'entendent pour la décrire en tant que système de valeurs, d'autres en tant que formes. Si l'on considère la justice comme un ensemble de valeurs, la liberté et l'égalité en sont les principes majoritairement approuvés. L'Etat est le cadre juridique régi par une constitution. D'après de nombreux philosophes, tels que Hobbes ou Rousseau, l'être humain vivait à l'état de nature en société. Cet état de nature a entraîné une insécurité, qu'illustre Hobbes avec sa fameuse citation: "Et comme il est vrai, et qu'un homme est un dieu à un autre homme, et qu'un homme est un loup à un autre homme". Hobbes sous-entend par là que tout homme, étant libre de faire ce qu'il veut dans l'état de nature, peut donc librement priver d'autrui sa liberté. L'état de nature est alors source d'injustices. La solution a été donné par l'instauration de l'Etat, qui permet d'assurer à chacun la sécurité contre la suppression d'une partie de leur liberté. L'Etat est alors synonyme de justice. Par exemple, Athènes est la première cité à réaliser effectivement la démocratie. La démocratie est un régime politique dans lequel le peuple élit ses dirigeants. Ainsi, l'Etat est ici juste dans le sens qu'il assure l'égalité et la liberté des citoyens Athéniens. +Pour le philosophe Hobbes, la justice n'existe pas à l'état de nature. L'ordre de justice se met en place à partir du moment où l'être humain vit en société. Pour assurer la sécurité de cette société humaine, il est nécessaire que chacun obéisse aux lois de son pays, que chacun les respecte. Dans cette perspective, la justice ne correspond pas à l'institution de telle ou telle règle particulière: elle relève de la nécessité de l'institution d'une règle mais ne dépend pas du contenu de cette règle. Par exemple, dans cette approche, cela signifie qu'obéir à des lois comme celles de l'Etat de Corée du Nord qui obligent chaque citoyen à la formation militaire et au culte quotidien de Kim Jong-Un est la définition même de la justice. Ici, justice et Etat sont donc strictement identiques. +Le libéralisme est une idéologie qui semble combiner justice et Etat. Dans le concept de libéralisme, défendu par Adam Smith et John Locke notamment, l'Etat n'occupe qu'une fonction sécuritaire, la justice se fait d'elle-même. L'Etat "libéral" est un Etat minimal qui assure la sécurité sans gêner le libre-échange qu'il favorise le plus possible. Par exemple, le régime politique français actuel peut être considéré comme libéral. L'Etat laisse de nombreuses libertés, telles que celles de se déplacer, de s'exprimer, de penser, et favorise effectivement le commerce. Il n'y a ainsi aucune restriction douanière des échanges entre les différents pays de l'Union Européenne. Justice et Etat semble alors coexister effectivement. Transition: L'Etat fût institué car l'état de nature était injuste. Il a permis l'émergence de la justice. De plus, considérer la justice en tant que forme et non en tant qu'ensemble de valeurs revient à la considérer comme l'expression de l'Etat, quel que soit le droit en vigueur. Egalement, il existe actuellement des Etats "justes" (en considérant leurs valeurs) car ils se fondent sur le respect de libertés fondamentales. -Qu'est-ce qui rend la coexistence entre Etat et justice possible ? +Les deux valeurs communément admises de la justice sont l'égalité et la liberté. Pourtant, la première connaît de nombreuses limites, car elle ne prend pas en compte les inégalités de revenus ou de situation. Pour revenir à un système plus juste, la notion d'équité permet d'apporter une correction à la notion d'égalité, jugée trop générale. En un certain sens, l'équité ne s'oppose donc pas à l'égalité mais correspond à une égalité plus précise, c'est-à-dire à une égalité de traitement tenant compte des situations particulières des personnes ou des groupes. Les discriminations positives permettent également de corriger des inégalités dans la mesure où elles tendent à favoriser certains groupes pour compenser une inégalité de fait. Par exemple, la sous-représentation des femmes dans la haute fonction publique a conduit à l'adoption de lois sur la parité hommes-femmes qui prévoient un nombre égal d'hommes et de femmes dans les candidatures pour les scrutins de liste, les partis ne présentant pas 50% de candidats de chaque sexe devant dès lors payer une amende. L'équité et les discriminations positives semblent donc être des mesures qui apportent une justice "égalitaire" dans un Etat. +Lorsque l'ordre institué est considéré comme injuste, une partie de la population peut se révolter contre celui-ci. Il s'agit de la révolution pensée par Marx. Selon lui, la révolution correspond au passage d'un ordre injuste, où les moyens de productions sont entre les mains d'une minorité, au passage d'un ordre juste, qu'il associe au communisme, marqué par l'abolition de la propriété privée et l'avènement de la propriété collective. Par exemple, la révolution de 1789 a permis d'instaurer un nouveau régime politique communément admis comme plus juste. Le premier article de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen adopté en 1795 l'illustre en affirmant l'égalité de tous les hommes sans condition. +La séparation des pouvoirs pour garantir un Etat de droit semble également être une solution appropriée pour faire coexister justice et Etat, afin que plus aucun chef d'Etat ne puisse dire, à l'instar de Louis XIV: "L'Etat, c'est moi." Par exemple, les régimes politiques des pays développés d'Union Européenne reposent sur la séparation des pouvoirs exécutif, législatif, et judiciaire. Ainsi, des députés, voire des présidents, sont parfois mis en examen pour avoir enfreint la loi, comme l'ancien président Nicolas Sarkozy, accusé dans quelques affaires pour corruption et trafic d'influence notamment. Ainsi, la séparation des pouvoirs permet la coexistence de la justice et de l'Etat, puisque les organes judiciaires sont indépendants à l'égard de ceux du législatif et de l'exécutif. Conclusion: La justice et l'Etat peuvent coexister. Toutefois, lorsque l'Etat acquiert trop de pouvoirs, il peut finir par devenir écrasant par rapport aux populations qu'il domine, voire détruit. La révolution et la séparation des pouvoirs semblent être des solutions efficaces pour instaurer et garantir un Etat de droit. " Mes transitions sont-elles réussies ? De même que mon amorce ? Mes exemples pertinents ? Suis-je hors-sujet ? Quelle note puis-je obtenir avec ce plan de dissertation ? Je vous remercie d'avance pour votre temps et vos réponses, Calliclès.1 point
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Bonjour. J'avais supposé pour ce sujet que "lois" et "Etat" étaient strictement équivalents, puisqu'il n'y a pas de lois sans Etat, et qu'un Etat édicte forcément des lois. Les lois n'existent que grâce à l'Etat, selon moi, donc il était juste de remplacer la notion "les lois" par la notion "l'Etat" qui elle, est une notion de cours. Mais, je comprends ce que vous voulez dire, les lois peuvent être bonnes ou mauvaises, elles sont surtout manipulées par l'Etat et ses dirigeants. Je tâcherais de prendre acte de vos conseils et d'éviter d'écarter un pan du sujet en ratant la problématisation. A partir du sujet suivant: Discuter, est-ce renoncer à la violence ? La problématique-ci est-elle exacte : Le langage permet-il de dépasser la violence ou en est-il l'instrument ? Ici, ai-je raison d'associer "langage" et "discussion" ?1 point
