babs Posté(e) le 16 octobre 2004 Signaler Posté(e) le 16 octobre 2004 bonjour, je dois faire un commentaire composé sur l'horrible danger de la lecture de Voltaire mais j'éprouve quelques difficultés à le rédiger par rapport aux axes donnés par ma prof, donc pouvez vous m'aider svp, j'ai déjà fais ceci mais je n'arrive pas à faire la suite L'horrible danger de la lecture est une oeuvre ironique, écrite par Voltaire sous l'ancien Régime.A travers ce texte, il s'élève contre la censure. On peut dégager de ce texte 3 grands axes : - une parodie de l'Orient et du texte de loi - L'élément de la satire : le pouvoir satirique - L'éloge indirecte de la lecture d'une manière ironique I. une parodie de l'Orient et du texte de loi : Voltaire imite une loi en employant des formules assez conventionnelles telles que "nous Joussouf Chéribi" qui est l'énonciateur s'adressant à tous les fidèles (les destinataires). Il a recours aussi à des expressions impersonnelles, "il est à craindre que", "nous" de Majesté ce qui donne une certaine tournure aux phrases engendrant un ton emphatique. De plus, l'emploi de l'impératif ("ordonnons que") est propre au texte de loi. D'ailleurs, la structure du texte parle d'elle-même. C'est une structure rigoureuse avec l'emploi de § numérotés qui correspondent aux différentes raisons justifiant la décision de Joussouf Chéribi. Le §1 est une formulation traditionnelle d'ouverture d'un texte de loi. Le §2 correspond à la décision d'interdiction sur l'imprimerie. Les §3 à 8 sont des articles numérotés donnant les raisons de Joussouf Chéribi. Le §9 énonce les mesures prises : interdictions de lire et de penser. §10 ressemble à une formulation pour conclure un texte de loi. donc, l'ensemble de l'oeuvre est structuré, organisé, hiérarchisé pour former un édit religieux qui prend l'apparence d'un mandement religieux oriental. En effet, le cadre oriental est mis en avant, avec de nombreuses références : - à la Turquie : "Sublime Porte", "Stamboul", "St Empire Ottoman" - à la religion musulmane : "mouphti", "Mahomet", "Cadis" - à la culture musulman avec le calendrier "l'an 1143 de l'Hégire" Donc, le champs lexical religieux est prépondérant, il est présent tout au long du texte. Toutefois, cette oeuvre est un texte de loi avant tout. Selon Joussouf, il faut interdire la diffusion du savoir grâce aux textes imprimés parce que la conaissance et la réflexion sont des fléaux. Et les mesures prises en vue de mettre en application la décision de Joussouf sont énoncées dans les §2 et §3. En effet, le §2 donne les mesures visant à interdire l'imprimerie et le §3 donne les mesures visant à interdire l'apprentissage de la lecture et à réprimer l'usage de la pensée. De plus plusieurs raisons justifient ces mesures: tout d'abord les livres apportent des techniques qui assurent le progrès économique, ensuite ils assurent la diffusion rapide des connaissances et le développement de la pensée rationnelle. ils permettent de développer l'esprit critique, de rendre les hommes plus vertueux dans leurs croyances religieuses, la diffusion du progrès et de la médecine. II. L'élément de la satire : le pouvoir satirique : Mais tout au long de ce texte il énonce un pouvoir satirique
E-Bahut clems Posté(e) le 16 octobre 2004 E-Bahut Signaler Posté(e) le 16 octobre 2004 Nous Joussouf Chéribi, par la grâce de Dieu mouphti du Saint-Empire ottoman, lumière des lumières, élu entre les élus, à tous les fidèles qui ces présentes verront, sottise et bénédiction. Comme ainsi soit que Saïd Effendi, ci-devant ambassadeur de la Sublime Porte vers un petit Etat nommé Frankrom, situé entre l'Espagne et l'Italie, a rapporté parmi nous le pernicieux usage de l'imprimerie, ayant consulté sur cette nouveauté nos vénérables frères les cadis et imans de la ville impériale de Stamboul, et surtout les fakirs connus pour leur zèle contre l'esprit, il a semblé bon à Mahomet et à nous de condamner, proscrire, anathématiser ladite infernale invention de l'imprimerie, pour les causes ci-dessous énoncées : 1. Cette facilité de communiquer ses pensées tend évidemment à dissiper l'ignorance, qui est la gardienne et la sauvegarde des Etats bien policés. 2. Il est à craindre que, parmi les livres apportés d'Occident, il ne s'en trouve quelques-uns sur l'agriculture et sur les moyens de perfectionner les arts mécaniques, lesquels ouvrages pourraient à la longue, ce qu'à Dieu ne plaise, réveiller le génie de nos cultivateurs et de nos manufacturiers, exciter leur industrie, augmenter leurs richesses, et leur inspirer un jour quelque élévation d'âme, quelque amour du bien public, sentiments absolument opposés à la sainte doctrine. 3. Il arriverait à la fin que nous aurions des livres d'histoire dégagés du merveilleux qui entretient la nation dans une heureuse stupidité. On aurait dans ces livres l'imprudence de rendre justice aux bonnes et aux mauvaises actions, et de recommander l'équité et l'amour de la patrie, ce qui est visiblement contraire aux droits de notre place. 4. Il se pourrait, dans la suite des temps, que de misérables philosophes, sous le prétexte spécieux, mais punissable, d'éclairer les hommes et de les rendre meilleurs, viendraient nous enseigner des vertus dangereuses dont le peuple ne doit jamais avoir de connaissance. 5. Ils pourraient, en augmentant le respect qu'ils ont pour Dieu, et en imprimant scandaleusement qu'il remplit tout de sa présence, diminuer le nombre des pèlerins de la Mecque, au grand détriment du salut des âmes. 6. Il arriverait sans doute qu'à force de lire les auteurs occidentaux qui ont traité des maladies contagieuses, et de la manière de les prévenir, nous serions assez malheureux pour nous garantir de la peste, ce qui serait un attentat énorme contre les ordres de la Providence. A ces causes et autres, pour l'édification des fidèles et pour le bien de leurs âmes, nous leur défendons de jamais lire aucun livre, sous peine de damnation éternelle. Et, de peur que la tentation diabolique ne leur prenne de s'instruire, nous défendons aux pères et aux mères d'enseigner à lire à leurs enfants. Et, pour prévenir toute contravention à notre ordonnance, nous leur défendons expressément de penser, sous les mêmes peines; enjoignons à tous les vrais croyants de dénoncer à notre officialité‚ quiconque aurait prononcé‚ quatre phrases liées ensemble, desquelles on pourrait inférer un sens clair et net. Ordonnons que dans toutes les conversations on ait à se servir de termes qui ne signifient rien, selon l'ancien usage de la Sublime-Porte. Et pour empêcher qu'il n'entre quelque pensée en contrebande dans la sacrée ville impériale, commettons spécialement le premier médecin de sa Hautesse (*), né dans un marais de l'Occident septentrional; lequel médecin, ayant déjà tué quatre personnes augustes de la famille ottomane, est intéressé plus que personne à prévenir toute nouvelle introduction de connaissances dans le pays; lui donnons pouvoir, par ces présentes, de faire saisir toute idée qui se présenterait par écrit ou de bouche aux portes de la ville, et nous amener ladite idée pieds et poings liés, pour lui être infligé par nous tel châtiment qu'il nous plaira. Donné dans notre palais de la stupidité, le 7 de la lune de Muharem, l'an 1143 de l'hégire.
E-Bahut clems Posté(e) le 16 octobre 2004 E-Bahut Signaler Posté(e) le 16 octobre 2004 juste quelques idées en vrac: - la satire est très présente dans le discours même de l'élu, il sa caractérise lui-même par des superlatifs exagérés qui ne sont pas sans rappeler le discours des rois français (l'emploi du "nous" de majesté). - le zeugma "sottise et bénédiction" annonce d'entrée de jeu la portée de satirique, l'image du souverain qui s'adresse à la stupidité, à un peuple qu'il se permet de railler jusqu'au grotesque - "lumière des lumières" : l'ironie est flagrante au sens où le mot prend le sens d'intelligence, mais aussi du courant intellectuel qui s'oppose à l'obscurantisme et veut propager les connaissances; et le sens premier de "qui éclaire", ici c plutôt le contraire - "l'édification des fidèles" : c une manière de les engoncer dans leur propre ignorance, de la conserver, les "édifier" au rang de sujets, au sens d'êtres asservis - l'image du médecin qui tue ses patients est très satirique, ici il fait office de bourreau; le rôle est inversé, il ne guérit ni les corps ni les âmes - l'éloge de la lecture finit par être prédominant tant le texte est satirique : tous les adjectifs péjoratifs (ex "misérables philosophes") ont pour effet de donner de l'importance à ce qui est critiqué - de même, l'argumentation en alinéats renvoie à une structure carrée, stricte, qui renforce l'idée d'acharnement. plus le souverain accentue, motive cette loi, plus elle paraît ridicule. voilà. j'espère q c pas trop diffus. si tu as des questions?... une lecture de ce texte est proposée sur ce site : http://www.chez.com/bacfrancais/lecture.htm
babs Posté(e) le 17 octobre 2004 Auteur Signaler Posté(e) le 17 octobre 2004 merci clems pour tes idées est ce que je peux les intégrer dans ma 2ème partie ?mais peux tu m'aider pour mes 2 autres parties que je n'arrive pas à développer : - L'élément de la satire : le pouvoir satirique - L'éloge indirecte de la lecture d'une manière ironique je suis désolé mais c'est mon premier commentaire composé, merci juste quelques idées en vrac: - la satire est très présente dans le discours même de l'élu, il sa caractérise lui-même par des superlatifs exagérés qui ne sont pas sans rappeler le discours des rois français (l'emploi du "nous" de majesté). - le zeugma "sottise et bénédiction" annonce d'entrée de jeu la portée de satirique, l'image du souverain qui s'adresse à la stupidité, à un peuple qu'il se permet de railler jusqu'au grotesque - "lumière des lumières" : l'ironie est flagrante au sens où le mot prend le sens d'intelligence, mais aussi du courant intellectuel qui s'oppose à l'obscurantisme et veut propager les connaissances; et le sens premier de "qui éclaire", ici c plutôt le contraire - "l'édification des fidèles" : c une manière de les engoncer dans leur propre ignorance, de la conserver, les "édifier" au rang de sujets, au sens d'êtres asservis - l'image du médecin qui tue ses patients est très satirique, ici il fait office de bourreau; le rôle est inversé, il ne guérit ni les corps ni les âmes - l'éloge de la lecture finit par être prédominant tant le texte est satirique : tous les adjectifs péjoratifs (ex "misérables philosophes") ont pour effet de donner de l'importance à ce qui est critiqué - de même, l'argumentation en alinéats renvoie à une structure carrée, stricte, qui renforce l'idée d'acharnement. plus le souverain accentue, motive cette loi, plus elle paraît ridicule. voilà. j'espère q c pas trop diffus. si tu as des questions?... une lecture de ce texte est proposée sur ce site : http://www.chez.com/bacfrancais/lecture.htm <{POST_SNAPBACK}>
E-Bahut clems Posté(e) le 17 octobre 2004 E-Bahut Signaler Posté(e) le 17 octobre 2004 euh, en fait, ce que je te disais valait pour les deux dernières parties je saurais pas trop quoi te dire de plus, désolée. - L'élément de la satire : le pouvoir satirique - L'éloge indirecte de la lecture d'une manière ironique
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