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Commentaire De Texte Sur Aragon


BSimpson

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La prof de français nous a donné ce poème d'Aragon pour faire un commentaire de texte en nous demandant de nous souvenir ce qu'on a vu en atelier avec la prof d'espagnol sur la guerre civile espagnole et avec le prof d'histoire sur la montée du fascisme en europe. Aidez moi car je suis nul en espagnol et pas bien fort en histoire ou en français.

UN JOUR UN JOUR

Tout ce que l'homme fut de grand et de sublime

Sa protestation ses chants et ses héros

Au dessus de ce corps et contre ses bourreaux

A Grenade aujourd'hui surgit devant le crime

Et cette bouche absente et Lorca qui s'est tu

Emplissant tout à coup l'univers de silence

Contre les violents tourne la violence

Dieu le fracas que fait un poète qu'on tue

Un jour pourtant un jour viendra couleur d'orange

Un jour de palme un jour de feuillages au front

Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront

Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche

Ah je désespérais de mes frères sauvages

Je voyais je voyais l'avenir à genoux

La Bête triomphante et la pierre sur nous

Et le feu des soldats porté sur nos rivages

Quoi toujours ce serait par atroce marché

Un partage incessant que se font de la terre

Entre eux ces assassins que craignent les panthères

Et dont tremble un poignard quand leur main l'a touché

Un jour pourtant un jour viendra couleur d'orange

Un jour de palme un jour de feuillages au front

Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront

Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche

Quoi toujours ce serait la guerre la querelle

Des manières de rois et des fronts prosternés

Et l'enfant de la femme inutilement né

Les blés déchiquetés toujours des sauterelles

Quoi les bagnes toujours et la chair sous la roue

Le massacre toujours justifié d'idoles

Aux cadavres jeté ce manteau de paroles

Le bâillon pour la bouche et pour la main le clou

Un jour pourtant un jour viendra couleur d'orange

Un jour de palme un jour de feuillages au front

Un jour d'épaule nue où les gens s'aimeront

Un jour comme un oiseau sur la plus haute branche

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  • E-Bahut

apparemment, la reference a Grenade est une reference a un massacre.

L'Espagne était coupée en deux, et la répression s'abattait d'un côté sur les quartiers ouvriers (massacres de Séville et Grenade) et de l'autre sur la bourgeoisie de droite – notamment à Barcelone, où les anarchistes vengèrent les leurs tués dans les durs combats du 19 juillet – et surtout sur le clergé.
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Comme te le rappelle Sansid, Federico Garcia Lorca sera fusillé par les gardes civiles près de Grenade. Ecrivain et poête engagé dans le camp républicain, il est un symbole de tout ce que les franquistes haissent: démocrate, humaniste de gauche, homosexuel, athée. Bref, il est donc tout désigné pour être fusillé en pleine campagne et son coprs sera jetté dans un fossé.

L'analyse détaillée de chaque strophe te permettra de dégager les idées et le style employé par Aragon

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Merci de votre aide mais l'histoire de Lorca la prof d'espagnol nous en a souvent parlé et en histoire aussi le prof nous a parlé de la guerre civil espagnol.

Je n'arrive pas à comprendre la première strophe.

Pour la 2 eme strophe, la bouche absente, Lorca qui s'est tu veut dire qu'il a été assassiné et le fracas est employé pour indiquer que le bruit de la fusillade est fort.

Pour la 3ème strophe, les oranges sont cultivées en espagne mais je ne vois pas le rapport avec Lorca.

L'auteur est contre la roi Juan carlos puisqu'il parle de manière de roi et de front prosterné qui est la révérence des espagnols devant le roi. mais svp aidez moi, parce que c'est vraiment obscur cette histoire.

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  • E-Bahut

aragon etait tres imbu de la litterature du moyen age. Qui sait d'ou lui est venu cette image.

Pendant la guerre, je crois qu'il n'y avait plus d'oranges. donc peut-etre, un symbole de la paix,

la couleur chaude, le gout sucre...

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Comme tu n'arrives pas à démarrer, je veux bien t'aider avec une explication sommaire de texte. Mais attention, je ne suis pas prof de français mais prof d'espagnol à le retraite. Ce qui signifie que je n'ai plus plus fait de commentaire de texte depuis 1958 et que les programmes ont fortement changé depuis. Mais tu peux te servir de mes explications comme d'une béquille pour dégager un plan et faire ensuite ton commentaire.

Louis Aragon, après des études de médecine devint une figure de prou du mouvement surréaliste. A l’instar de ses amis, il lutta activement contre le fascisme.

Ce poême, dont les quatrains sont des alexandrins, déroule chronologiquement la tragédie qui commença avec la guerre civile espagnole pour finir par l’embrasement général de tous les pays attaqués par les puissances fascistes. Cependant, même pendant les heures les plus obscures de cette peste, le poête ne perd pas la foi en un avenir meilleur pour l’humanité et la même strophe se répête trois fois pour maintenir l’espérance en un monde meilleur au cœur de ceux qui luttent et souffrent.

Dès la première strophe, Aragon énumère tout ce qui a fait la grandeur de l’humanité en opposition la guerre civile qui ravage l’Espagne et que symbolise le corps d’un homme assassiné par des bourreaux. Le ton est vigoureux et constitue une vraie exhortation. L’absence de ponctuation est typique du mouvement surréaliste.

Le poête nous apprend dès le premier vers de la 2ème strophe qui a été la victime du crime odieux. L’image de cette bouche absente évoque tout de suite le fameux tableau « Le cri » et suggère l’effroi. Pour faire taire les opposants, les fascistes assassinent ou brûlent les livres de ceux qui osent s’opposer. L’oxymore du 6ème vers est employée à dessein ici: le silence qui suit l’exécution est si fort que cette absence totale de bruit est encore plus assourdissant que le bruit de la fusillade : c’est l’ensemble de l’univers qui est affecté par la mort de Lorca car tuer un poète est un sacrilège. Le vers 7 est une réminiscence de la prédiction biblique qui enseigne à l’homme que « celui qui vit par le glaive périt par le glaive » et Aragon prédit que cette violence génèrera plus de violence encore contre ceux qui ont osé assassiner Lorca . L’allitération en t y en q du vers suivant évoque le bruit de la mitraille lors de l’exécution de Lorca et le fracas s’oppose au silence du vers précédent.

Le ton change soudain. La fluidité des vers, la césure à l'hémistiche, la répétition du mot jour au début de chaque vers est là pour bien ancrer l’idée que l’espoir survit malgré la barbarie. « couleur d’orange » évoque d’abord la couleur du soleil levant pour la renaissance de l’espoir. C’est aussi un symbole de rondeur, souvent employé par les surréalistes comme Paul Eluard, qui évoque la douceur de la féminité.

« un jour de palme de feuillages au front » car les palmes dans la bible s’utilisaient en signe de paix comme le rameau d’olivier. Les couronnes de feuillages étaient destinées dans l’antiquité à récompenser le gagnant d’une confrontation sportive, c’est à dire d’une confrontation pacifique et loyale. Dans le 11ème vers, la sensualité d’une « épaule nue » (qui est encore ici un symbole de rondeur, de féminité) et l’amour renaîtront enfin entre les gens. Le dernier vers enfin symbolise la paix avec un oiseau qui ne se cache pas et se montre sur la plus haute branche.

Le premier vers du quatrain suivant commence par une interjection pour souligner le désespoir d’Aragon devant tant de sauvagerie. La guerre n’est plus localisée à l’Espagne, et la France est à son tour attaquée. « la bête triomphante » désigne évidemment les puissances fascistes qui nous ont agressés pour nous mettre à genoux, nous réduire à la servitude. Le dernier vers décrit probablement la déroute des armées anglo-françaises qui s’embarquèrent à Dunquerke sous un déluge d’obus et peut être aussi au débarquement de Normandie.

Aragon manifeste son incompréhension face à tant de douleur avec une nouvelle interjection. Les barbares se partagent les territoires sans scrupules. L’auteur accumule à dessein les mots les plus forts pour montrer son rejet.

Le 6ème quatrain est la répétition du 3ème car l’espoir en l’humanité ne peut pas s’éteindre.

Les deux quatrains suivants commencent eux aussi par une interjection. Aragon s’interroge sur la destinée de l’homme en se référant à l’histoire de l’humanité. Faut il que règnent toujours la violence, les despotes pour plier les hommes ? Les plaies bibliques avec la perte des récoltes de blé à cause des sauterelles, la mort des nouveaux nés seraient elles une fatalité pour l’humanité ? Continuera t-on à condamner les gens aux travaux forcés, à les écraser, à justifier tous ces morts par de simples discours ? L’homme est il condamner à être baillonné avant la crucifixion ?

le poême finit enfin par la répétition du 3ème quatrain pour finir sur l'espoir qui ne meurt pas et qui laisse entrevoir enfin l'avènement de la paix.

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Merci Ramses pour ton aide. C'est vraiment super. Je n'aurai jamais pu tiré tout ça de ce texte. je ni comprenait rien et maintenant tout s'éclaire. J'aimerai bien que Teikos qui est prof de français m'explique comment Ramses avec l'histoire de l'orange on peut arriver à l'explication du soleil levant qui symbolise le renouveau. Et la femme dans l'orange, et la douceur féminine contre les assassins, super, fallait trouver quand meme! Une fois expliquer ça semble facile mais moi je dois être con car je ni aurait jamais penser. J'ai beau lire et relire le texte aucune idée ne vient. Qu'est ce que je peut faire pour remedié a ça et trouver un sens au poème si personne ne peut m'aider?

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