milimi Posté(e) le 21 mai 2004 Signaler Posté(e) le 21 mai 2004 Bonjour, est-ce que quelqu'un pourrait m'aider à trouver une problématique et deux axes pour cet extrait, il s'agit de l'incipit de "Histoire de ma vie" de George Sand. Je pense que ça aura un rapport avec la beauté que George Sand évoque mais je n'en suis pas sure. Merci d'avance pour la réponse "...J'étais fortement constituée, et, durant toute mon enfance, j'annonçais devoir être fort belle, promesse que je n'ai point tenue. Il y eut peut-être de ma faute, car à l'âge où la beauté fleurit, je passais déjà les nuits à lire et à écrire. Etant fille de deux êtres d'une beauté parfaite, j'aurais dû ne pas dégénérer, et ma pauvre mère, qui estimait la beauté plus que tout, m'en faisait souvent de naïfs reproches. Pour moi, je ne pus jamais m'astreindre à soigner ma personne. Autant j'aime l'extrême propreté, autant les recherches de la molesse m'ont toujours paru insupportables. Se priver de travail pour avoir l'oeil frais, ne pas courir au soleil quand ce bon soleil de dieu vous attire irrésistiblement, ne point marcher dans de bons gros sabots de peur de se déformer le cou-de-pied, porter des gants, c'est-à-dire renoncer à l'adresse et à la force de ses mains, se condamner à une éternelle gaucherie, à une éternelle débilité, ne jamais se fatiguer quand tout nous commande de ne point nous épargner, vivre enfin sous une cloche pour n'être ni halée, ni gercée, ni flétrie avant l'âge, voilà ce qu'il me fut toujours impossible d'observer. Ma grand-mère renchérissait encore sur les réprimandes de ma mère, et le chapitre des chapeaux et des gants fit le désespoir de mon enfance; mais, quoique je ne fusse pas volontairement rebelle, la contrainte ne put m'atteindre. Je n'eus qu'un instant de fraîcheur et jamais de beauté. Mes traits étaient cependant assez bien formés, mais je ne songeai jamais à leur donner la moindre expression. L'habitude contractée, presque dès le berceau, d'une rêverie dont il me serait impossible de me rendre compte à moi-même, me donna de bonne heure l'air bête. Je dis le mot tout net, parce que toute ma vie, dans l'enfance, au couvent, dans l'intimité de la famille, on me l'a dit de même, et ce qu'il faut bien que cela soit vrai..."
phildariane Posté(e) le 21 mai 2004 Signaler Posté(e) le 21 mai 2004 Tu peux essayer ces 2 thèmes pour les 2 axes, s'ils t'inspirent : -D'un côté, l'authenticité de la jeune fille, tournée vers la nature, sensuelle dans le sens où elle aime utiliser ses 5 sens pour vivre et apprendre à connaître les choses. -D'un autre côté, la superficialité de sa mère et grand-mère pour lesquelles seule l'apparence compte. On peut dire que c'est la nature( au sens de "vrai") contre l'artificiel ( ce qui se donne à voir et veut être reconnu pour l'apparence) . Je ne pense pas que ce soit la beauté qui compte puisque la jeune fille et sa mère ont 2 conceptions visiblement diifférentes, il s'agit plutôt de la conception de la femme à l'époque: doit-elle être belle et rester là, sans rien faire, de peur de s'abîmer, ou bien doit-elle être elle-même et partir à la découverte de la vie au dépens des contraintes morales que la société (représentée par la mère et la grand mère ) lui impose. En réalité, la conception de la beauté pour la mère se caractérise par l'obéissance à certaines règles et contraintes (adoptées sans doute aveuglément), tandis que pour sa fille, qui se sent laide sous le regard maternel, ce qui compte se trouve dans l'épanouissement et la découverte du monde.
milimi Posté(e) le 22 mai 2004 Auteur Signaler Posté(e) le 22 mai 2004 Merci beaucoup, je vais voir ce que je peux faire avec ces 2 axes.
llrryy Posté(e) le 17 juin 2007 Signaler Posté(e) le 17 juin 2007 Quelqu'un a des pistes ici autour du langage utilise ? Merci
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