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La Liberté


perrine1254

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  • E-Bahut

LIBERTE

ETYMOLOGIE : Du latin : Libertas, condition de l'homme libre, "liber" opposé à "servus".

DEFINITIONS - (Vocabulaire de la Philosophie et des sciences humaines de Louis Marie MOREAUX).

1. En sociologie Politique.

- Liberté physique : pouvoir se mouvoir sans contrainte.

- Liberté civile ou liberté individuelle : pouvoir d'agir à sa guise dans les limites des lois et sans nuire à autrui.

- Liberté politique : pouvoir pour l'individu de jouir de ses droits civiques (Par ex : dans une démocratie, le droit de voter, le pouvoir pour une nation de se gouverner en toute souveraineté.

- Liberté de conscience : pouvoir réel de se conduire selon sa conscience, notamment en ce qui concerne les croyances et les pratiques religieuses. (cf. Objection de conscience).

- Liberté de pensée ou d'expression : pouvoir d'exprimer sa pensée sous forme parlée ou écrite ; les applications principales de la liberté d'expression sont la Liberté de la presse, et généralement celle des médias de masses (radiodiffusion, télévision . . . )

2. En psychologie, métaphysique.

- Liberté rationnelle (Descartes, Lagneau) : dans l'ordre soit de la pensée, soit de l'action, état de l'être qui JUGE ou AGIT en pleine conscience et conformément à l'exigence du bien (par opposition : état d'ignorance ou état de passion).

- Libre arbitre (par opposition : déterminisme, fatalisme.

3. Liberté d'indifférence

Histoire de l'ANE DE BURIDAN (exemple emprunté au philosophe médiéval Jean BURIDAN (vers 1300-1366) pour illustrer la théorie de la liberté d'indifférence) : Un âne, ayant également faim et soif et placé à égale distance d'une botte de foin et d'un seau d'eau, ainsi placé dans l'incapacité de choisir entre l'une et l'autre), se laisserait mourir.

NOTIONS VOISINES OU ETYMOLOGIQUEMENT PROCHES.

- Libertaire : partisan d'une liberté absolue pour l'individu, à l'égard de tout gouvernement ou Etat et également de toute église . Synonyme : Anarchiste , celui qui n'admet aucune autorité.

- Libertin , libertinage : aux XVIIe , XVIIIe siècles , celui qui s'est affranchi de toute croyance et pratique religieuse. En ce sens, on dit aujourd'hui "libre penseur".

- libéral, libéralisme : cf. fiche sur le Libéralisme.

ORGANISMES ET LEGISLATIONS OU DECLARATIONS.

* Déclarations

- Habeas corpus (1679).

- BILL OF RIGHTS (1689).

- Déclaration des droits de l'Homme et du Citoyen 26 août 1789.

- Déclaration universelle des Droits de l'Homme (10 décembre 1948).

* Lois

- Loi du 6 janvier 1978 relative aux fichiers, à l'informatique et aux libertés.

* Jurisprudence

- Décision du Conseil constitutionnel du 16 juillet 1971.

*Organismes

- CNIL,

- Comité d'Ethique

- Amnesty International,

- Terre des hommes.

IDEES

Liberté et "devoir d'ingérence".

Liberté, race et immigration.

Liberté, laïcité, religions.

Liberté individuelle et Etat.

Artiste et liberté : Flaubert, Baudelaire, S. Rushdi, M. Scorcese.

1 . Difficulté de la définition de la liberté .

- La conception de la Liberté n'est elle pas liée à la conception du monde ? Vision judéo-chrétienne de la Liberté : le libre-arbitre qui implique le respect de la volonté. Vision calviniste et janséniste d'un libre-arbitre réduit, voire inexistant.

- conception marxiste : libertés collectives.

2. Libertés individuelles et les libertés publiques : L'éternel conflit entre le respect des libertés individuelles et le respect de l'ordre public : ex. : le problème de la diffusion des films ou publication d'ouvrages.

3. La corrélation entre l'effectivité des droits de l'homme et les libertés publiques garanties.

4. La liberté est-elle vraiment un droit ? N'est-elle pas, plutôt, l'objet d'un combat permanent et - sans cesse - remis en cause ? ("Rien n'est jamais acquis par l'Homme"- ARAGON).

PERSONNES CELEBRES

- ARISTOTE, LOCKE, MONTESQUIEU, ROUSSEAU, MARX, MALRAUX, DE GAULLE, WALESA.

AUTEURS

- DESCARTES : C'est dans un rapport à la connaissance et à la volonté que se pose la question de la liberté. "Elle est la possibilité d'agir sans qu'aucune force extérieure nous y contraigne" (les méditations) Observation : ce qui laisse subsister la pression des "forces intérieures".

- SPINOZA : L'idée de la liberté s'affirme comme un acte volontaire sans contrainte (Ethique).

- MONTESQUIEU : "L'esprit des lois".

- J.J. ROUSSEAU : Il a tenté d'instaurer l'unité de l'éthique et du politique en plaçant la liberté dans le cadre du contrat et de la loi. "L'obéissance à la loi qu'on s'est prescrite est liberté"- ( Du contrat social) .

- KANT : "La liberté et la loi, pratique inconditionnée, renvoient réciproquement de l'une à l'autre". (Critique de la raison pure).

- HEGEL : "Principes de la philosophie du droit".

- MARX : "L'idéologie allemande".

- HEIDEGGER : "De l'essence de la vérité".

- SARTRE : "I1 n'y a pas de déterminisme, l'homme est libre, l'homme est liberté". (L'être et le néant).

CITATIONS

- Paul ELUARD (reprenant Mme ROLAND) : "ô, liberté ! que de crimes on commet en ton nom".

- LAMMENAIS : "Entre le riche et le pauvre, le fort de le faible, c'est la liberté qui opprime et la loi qui affranchit".

- SAINT-JUST : "Il n'y a pas de liberté pour les ennemis de la Liberté".

Observation : Exemple de sophisme fondé sur l'utilisation dans la même pensée d'un même mot (liberté) dans deux sens différents.

- VOLTAIRE : "La liberté consiste à ne dépendre que des lois".

- Déclaration des droits de l'homme et du citoyen, 26 août 1789 - Art. 4 : "La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui".

- AULU-GELLE (historien romain) : "Tout le monde en parle, personne ne sait en quoi elle consiste".

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  • E-Bahut

De la liberté (fin). Le déterminisme scientifique. Le fatalisme théologique.

Du déterminisme scientifique

Principe de ce déterminisme

Conséquences

La liberté n'est tout au plus que virtuelle

Elle n'existe même pas réellement

Doctrine kantienne de la liberté

Distinction du moi phénoménal et du moi nouménal

Kant met la liberté dans le moi nouménal, le déterminisme dans le moi phénoménal

Cette doctrine ne résout pas la difficulté car elle ne nous laisse qu'une liberté possible

Réfutation du déterminisme scientifique

Les groupes de causes et d'effets sont liés nécessairement

Mais la direction des séries ainsi formées n'est régie que par la finalité

Comment la fin laisse place à la contingence et à la liberté

Du fatalisme théologique

La liberté est-elle inconciliable avec la prescience divine?

L'est-elle avec la providence divine?

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Lecture 37. De la liberté (fin). Le déterminisme scientifique. Le fatalisme théologique.

Le déterminisme psychologique a tenté de montrer une contradiction entre la liberté humaine et le principe de causalité, appliqué au monde intérieur. Le déterminisme scientifique veut prouver une contradiction du même genre entre la liberté et le principe de causalité, appliqué au monde extérieur. En effet, selon cette doctrine, si nous pensons les choses extérieures sous la forme de la causalité, elles se montrent à nous comme composant d'immenses séries de causes et d'effets où tout s'enchaîne, chaque terme étant effet par rapport au précédent, cause par rapport au suivant. Supposons que l'homme puisse agir librement. Son action, étant libre, devra changer quelque chose dans le monde extérieur: il faut donc que quelque chose y puisse être changé, qu'il y ait en dehors de nous place pour la liberté. Il faudra que nous puissions troubler, interrompre à volonté ces séries de phénomènes. Supposez en effet que cela soit impossible, qu'il n'y ait nulle contingence en dehors de nous, nos actions extérieures ne sont plus libres, la liberté n'existe pas.

Sans doute, il ne s'ensuit pas immédiatement de là que la liberté n'a aucune réalité, mais seulement qu'elle est refoulée par les choses au fond de la conscience ne peut se manifester par des faits. Elle n'aurait plus qu'une valeur virtuelle. Nous la posséderions mais nous n'en pourrions rien faire. [notation in left margin: a.]

Mais il y a plus. Le déterminisme extérieur n'entraîne pas seulement cette conséquence que la liberté ne peut plus s'accuser au dehors, mais encore qu'elle ne peut pas exister du tout. En effet, les phénomènes physiologiques de notre organisme sont déterminés comme tous les autres. [notation in left margin: b.] Or, sans discuter ici la question de savoir si oui ou non la vie de l'âme a une existence indépendante de celle du corps, c'est un fait constaté par la science que nul phénomène psychologique ne peut se produire sans être accompagné d'un phénomène physiologique, tant l'âme est étroitement unie au corps. Mais si la vie organique est soumise au déterminisme, ce qu'on ne peut nier, la vie psychologique qui lui est absolument parallèle, sera aussi soumise à ce même déterminisme.

Ainsi, par exemple, pour qu'une volition ou acte de la volonté se produise, certaines modifications cérébrales sont nécessaires. Mais ces modifications physiques font partie d'une série de phénomènes, sont donc déterminées. La volition qui leur est liée est donc aussi déterminée. Ainsi donc, non seulement il ne peut y avoir de décision librement exécutée, mais pas même de décision libre.

Telle est la théorie du déterminisme scientifique.

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L'effort le plus vigoureux pour résoudre cette difficulté a été fait par Kant.

Ce philosophe admet qu'il y a dans l'homme deux hommes, dans le moi deux moi: l'un est phénoménal, n'a qu'une existence apparente, l'autre est nouménal, substantiel. Voici comment s'introduit en nous cette dualité:

Le moi un et réel ne peut se connaître qu'en se pensant sous la forme des principes rationnels, condition de toute connaissance. Il est obligé pour prendre conscience de lui-même, de s'appliquer les formes à priori de la sensibilité et les catégories de l'entendement. Mais ces lois de l'esprit ne sont pas plus celles de l'intérieur que celles de l'extérieur; les phénomènes intérieurs ne sont pas plus dans le temps que les phénomènes extérieurs dans l'espace; de même pour la causalité. Par conséquent le moi, en prenant conscience de lui-même, se dénature et se transforme. Le moi réel, nouménal, primitif, n'était pas soumis aux principes rationnels. Mais le moi conscient se pense sous la forme du temps, sous le concept de cause. Voilà donc les deux moi formés: il y a un moi qui est, mais n'est pas connu; un autre qui est connu, mais qui n'est pas.

Cette distinction de deux moi permet à Kant de résoudre la difficulté qu'oppose à la liberté le déterminisme scientifique. La science suppose le déterminisme; la morale, la liberté. Telles sont les deux thèses que Kant oppose l'une à l'autre: c'est sous cette forme même qu'il conçoit le problème de la philosophie. Tout son système tend à prouver qu'on peut accorder ces deux contradictions, concilier le déterminisme et la liberté. Pour cela, il assigne à la science et à la morale deux mondes différents: le principe de causalité règne incontestablement dans le monde phénoménal, la liberté dans le monde nouménal; pour les phénomènes, la science est vraie; la morale ne l'est pas moins pour les noumènes. Le moi apparent est donc bien soumis au déterminisme, mais le moi nouménal est le siège de la liberté.

On peut faire à la doctrine de Kant une objection extrêmement grave. Cette doctrine conserve une liberté non point réelle, mais possible. Les actions de notre vie, étant purement phénoménales, seraient déterminées. La volonté, enfermée dans le noumène, ne pourrait en sortir pour influer sur le phénomène. La liberté que Kant accorderait à l'homme serait toute métaphysique, virtuelle, stérile. La théorie d'ailleurs est soumise à un certain nombre d'autres critiques fort importantes. Mais celle-là suffit à la réfuter.

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Puisque la théorie de Kant ne suffit pas à réfuter le déterminisme scientifique, cherchons comment on peut accorder avec le principe de causalité l'existence de la liberté humaine.

Que la science suppose le déterminisme, c'est chose incontestable. Il est certain que les éléments qui composent les séries de phénomènes sont rigoureusement liés en chaînes. Si donc nous pensons les choses uniquement sous la forme de la causalité, nulle contingence, point de liberté.

Mais si la relation de phénomène à phénomène est bien déterminée, il n'en est pas de même du sens où se dirigent les séries ainsi formées. Le principe de causalité ne veut qu'une chose: que les phénomènes s'enchaînent rigoureusement. Mais la fin de chaque série est uniquement déterminée par le principe de finalité. Or la nécessité réclamée par ce principe est loin d'être aussi rigoureuse que celle exigée par le principe de causalité. Un même but peut être atteint par bien des moyens différents. Pour aller au même lieu, il est plus d'un chemin. Supposons que la fin des choses soit l'avènement de la liberté: que de moyens il existe de réaliser cette fin! Il y a plus: la réalisation même de ce but suppose dans les choses une grande part de contingence.

Ainsi donc, l'ordre que réclame le principe de finalité ne suppose pas un déterminisme absolu comme le demande le principe de causalité. Puisqu'il en est ainsi, les buts assignés aux milliards de séries de phénomènes qui traversent le temps et l'espace pourront être remplis de bien des façons différentes. Voilà par où la liberté peut s'introduire dans le monde extérieur, par où peut se produire le changement.

Voilà comment se peuvent concilier le déterminisme scientifique et la liberté.

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Bien que le fatalisme n'ait plus guère qu'une importance historique, il est nécessaire d'en dire un mot pour compléter la théorie de la liberté. Depuis l'avènement du théisme, le fatalisme se montre généralement sous la forme théologique. Il cherche à montrer une contradiction entre la nature de Dieu et la liberté humaine.

Deux attributs de Dieu ont été représentés comme inconciliables avec notre liberté: ce sont la prescience et la providence.

1. Si Dieu prévoit tout ce qui se fera, il a prévu de tout temps ce que je vais faire: donc je suis tenu de le faire: je ne suis pas libre par conséquent. Il faut sacrifier la perfection de Dieu ou la liberté humaine; les fatalistes sacrifient cette dernière.

Cette contradiction vient de ce qu'on a représenté Dieu dans le temps: pour lui il n'y a ni passé, ni présent, ni avenir; il est dans un perpétuel présent. Il ne voit donc pas "actuellement" ce qui se fera "tout à l'heure"; il voit éternellement ce que font les hommes. Pas de contradiction par conséquent.

2. Si Dieu peut intervenir dans le cours des choses humaines pour les modifier, il peut à volonté changer notre conduite; si cela ne supprime pas absolument toute liberté, cela l'atténue du moins beaucoup.

Nous retrouverons cette question en métaphysique, et lui donnerons alors sa solution.

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L'objection faite au déterminisme scientifique est sans valeur, elle équivaut à ceci:

Je fixe une planche sur un mur avec deux clous, j'avoue que sa position est invariablement déterminée: mais si j'en mettais un troisième en l'enfonçant après peu pour qu'il ne maintient pas la planche à lui seul, elle deviendrait dès lors librement mobile.

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  • E-Bahut

LIBERTE

-En latin, liber signifie libre, sans chaînes, sans entraves, et s'oppose à servus, l'esclave.

Libertas désignait ainsi la condition de l'homme libre qui peut agir à sa guise.

Le problème philosophique est celui d'une définition et d'une preuve de la liberté.

-La liberté s'identifie avec la spontanéité des tendances.

L'homme est libre quand il peut réaliser ses désirs. Mais il y a des désirs contre lesquels nous luttons à cause de leurs conséquences fâcheuses pour l'organisme ou parce que la raison s'y oppose.

La liberté comme absence de contraintes aboutit à une contradiction. Sans contraintes = faire tout ce que l'on a envie de faire = être soumis à ses désirs. Et c'est donc être esclave de ses passions: ce qui est bien le contraire de la liberté.

-La liberté, au niveau de la conscience se définit par la possibilité de choisir. Pour qu'il y ait choix, il faut plusieurs motifs, plusieurs possibilités d'action. Mais le choix peut être impossible quand tous les motifs se valent : la liberté n'est pas cette indétermination , cette indifférence de l'action accomplie sans motif.

(cf l'exemple de l'âne de Buridan: placé entre deux sacs d'avoine, il meurt de faim au milieu parce qu'il n'a pas plus de raison d'aller à droite qu'à gauche).

-La liberté est l'acte d'un sujet libre, doué de raison, capable de choisir, de décréter par sa raison les lois auxquelles il obéira.

La liberté se définit comme une réalisation volontaire, justifiée par le plus grand nombre de motifs; car notre action est non seulement l'expression d'un choix personnel, mais d'un choix capable de se justifier rationnellement.

Cf Descartes: il distingue deux degrés de la liberté: au niveau le plus bas, elle est le pouvoir de dire oui ou non, de choisir. Mais devant l'idée claire et distincte, celle de Dieu par exemple, l'expérience de la liberté change de signification; elle devient une irrésistible adhésion à l'évidence.

La véritable liberté est rationnelle: elle est liée à la raison, à l'évidence claire et distincte.

Cf Kant : l'action est libre lorsque la conscience se détermine contre les désirs sensibles en fonction d'un principe rationnel. Une volonté libre obéit à la loi rationnelle qu'elle se donne. C'est le principe de l'autonomie de la volonté.

La liberté morale n'est donc rien d'autre qu'un pouvoir de la raison. Une volonté libre et une volonté soumise à la raison rationnelle ne font qu'un => Etre libre, c'est obéir à la raison.

"La liberté est une propriété de la volonté de tous les êtres raisonnables". Kant

(faire l'aumone "par pitié", c'est céder au penchant; mais faire l'aumône "par principe", c'est agir librement, selon un principe rationnel).

En fait, la liberté ne consiste pas dans ce qu'on fait, mais dans la manière dont on le fait. La liberté est une attitude, celle de l'homme qui se reconnaît dans sa vie, qui approuve l'histoire du monde et des évènements. C'est pourquoi la liberté consiste souvent à "changer ses désirs plutôt que l'ordre du monde", à s'adapter à l'évolution et à l'ordre des choses.

-C'est la même conception chez des philosphes modernes (comme Sartre) :

loin d'être liée seulement aux pouvoirs de la raison, la liberté s'expérimente dans toutes les situations. L'homme est un choix perpétuel puisqu'il est ce qu'il se fait.

La liberté est le pouvoir de dire oui ou non => liberté existentielle.

Ainsi conscience et liberté sont une seule et même chose. Sartre a d'ailleurs longtemps nié l'existence d'un inconscient susceptible de dépouiller l'homme de son libre choix. L'homme chez Sartre est totalement libre, devant les valeurs, devant la vie et devant la mort.

La liberté se prouve en se réalisant, lorsque l'homme réalise sa personnalité à travers les évènements du monde, au lieu de les subir du dehors.

Cette liberté totale a pour corrolaire une responsabilité totale : l'homme est responsable de tout devant tous : la liberté est donc un fardeau (cf L'existentialisme est un humanisme Sartre -"l'homme, totalement libre, est totalement responsable de tous les hommes; nous sommes condamnés à être libres").

-Note 1: à propos du fatalisme et du déterminisme qui tentent de nier la liberté humaine au sens philosophique :

-Fatalisme: tout ce qui peut arriver dans le monde est écrit ou prédit = contenu essentiel du fatalisme, doctrine qui postule qu'une puissance mystérieuse fixe inéluctablement le cours des évènements. Le fatalisme est profondément irrationnel.

-Déterminisme: il n'est pas l'envers de la liberté, car on ne peut appliquer à la conduite humaine un modèle scientifique conçu pour les phénomènes physiques. Si le comportement humain a ses lois, celles-ci suivent une logique du sens et, par sa liberté, l'homme est précisément capable de choisir ou de modifier la signification qu'il entend privilégier.

-Note 2: On ne peut dissocier la liberté politique du citoyen et la liberté intérieure, morale, du sujet. Le citoyen et le sujet sont un seul et même homme. La liberté elle aussi est une.

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  • E-Bahut

Le déterminisme

Introduction au déterminisme

La question du déterminisme est essentiellement métaphysique.

Commençons par une référence du traitement du sujet du déterminisme dans la science-fiction : Cyteen de CJ Cherryh, roman fresque dans lequel l’auteur raconte l’histoire d’une femme de science et de pouvoir, Ariane Emory, qui manque de temps pour mener à bien ses recherches susceptibles de bouleverser l'histoire de l'humanité avant sa mort. Elle décide de se cloner et confie le soin à ses alliés de prédestiner sa descendante, en la conditionnant, à suivre ses traces et parachever son oeuvre. Bien sûr, la mécanique de cette manipulation va vite s’enrayer.

Nous voyons là qu’il est difficile de distinguer entre eux dans une imbrication subjective le déterminisme, la causalité, le libre-arbitre et le destin. Ces notions sont indépendantes les unes des autres.

Par ailleurs, le déterminisme, sa notion suggère que de l’état initial de l’univers, tout en découle de manière déterminée, ainsi que tous les états futurs sont déterminés ; la prédiction semble dès lors possible.

Là non plus, il convient de ne pas confondre déterminisme et prédiction. Ce n’est pas la même chose et nous allons le voir plus clairement dans la suite de cet exposé.

La notion de déterminisme est formulée pour la première fois au 17ème siècle par Spinoza. La science a fait sien le déterminisme. Il semble évident que tout effet a une cause ; principe de raison suffisante. En découle une croyance : les mêmes causes produisent les mêmes effets. Et si la notion de cause et celle de déterminisme ne peuvent être confondues, le déterminisme semble aller de soi quand on accepté la notion de causalité. Mais nous voyons bien dans le roman Cyteen de CJ Cherryh qu’il est plus qu’ambitieux d’obtenir les « mêmes causes » pour produire « les mêmes effets ». Nous verrons plus loin quelles modalités permettent de tendre vers cette possibilité de reproduire de « mêmes causes » et bien sûr les limites de ces modalités.

Le déterminisme stipule qu’il n’y a pas d’évènement sans cause et que les mêmes causes produisent les mêmes effets. Par suite, tout ce qui arrive n’aurait pu être autre qu’il n’est. Il ne peut en être autrement, par nécessité. La prédiction scientifique semble dès lors possible.

Le devenir de toute chose est-il déterminé ?

La cause est exprimable sous la forme d’une relation d’antériorité entre la cause et l’effet avec un délai de temps. Ce lien est observable au billard quand la boule blanche rencontre une boule pleine (ou une boule cerclée) : il s’ensuit un déplacement de la boule pleine. Une série d’observations répétées permettent par induction de poser comme universelle voire nécessaire la relation temporelle entre les deux évènements – la rencontre de la boule blanche et de la boule pleine et le déplacement de la boule pleine.

Par ailleurs, la causalité n’est pas toujours dans l’interaction des choses, elle peut être propre à une chose et à ses qualités, intrinsèque. Nous pouvons nous référer au niveau atomique, par exemple à un élément que nous connaissons comme atomique, indécomposable en d’autres éléments. Eh bien, cet élément aurait des propriétés intrinsèques qui seraient causes indépendantes, conférant une certaine liberté à cet élément.

Quand à la prédiction, l’application d’une loi universelle à un cas particulier, selon Popper, permet de donner une explication causale d’un évènement, ce qui signifie déduire un énoncé qui le décrit, en prenant comme prémisses de la déduction, d’une part des lois universelles, d’autre part des énoncés singuliers qui constituent les conditions initiales.

Spinoza se demandait peut-être si le devenir de toute chose est déterminé. Au début de l’Ethique, il indique que d’une cause déterminée que l’on suppose donnée, suit nécessairement un effet, et au contraire si nulle cause déterminée n’est donnée, il est impossible qu’un effet suive.

Selon moi, il faudrait plus strictement se poser la question suivante : des conditions initiales, le devenir de toute chose est déterminé pour ne pas être autre. Dans la suite des évènements, tout évènement qui se produit n’aurait pu être autre ; il n’aurait pu en être autrement.

Déterminisme & prédiction

Le déterminisme scientifique de Laplace :

« Nous devons envisager l’état présent de l’Univers comme l’effet de son état antérieur, et comme la cause de celui qui va suivre. Une intelligence qui pour un instant donné connaîtrait toutes les forces dont la nature est animée et la situation respective des êtres qui la composent, si d’ailleurs elle était assez vaste pour soumettre ces données à l’analyse, embrasserait dans la même formule les mouvements des plus grands corps de l’Univers et ceux du plus léger atome : rien ne serait incertain pour elle, et l’avenir, comme le passé, seraient présents à ses yeux. »

Quand Laplace formule le principe du déterminisme scientifique, il suggère la possibilité de décrire le passé, comme l’avenir, au moyen du seul calcul.

Le déterminisme permet alors de transformer la science en système prédictif.

Connaître les causes et croire que les mêmes causes produisent les mêmes effets suffit pour considérer que l’état de l’univers à n’importe quel moment est contenu dans le premier instant de son existence.

Pour Popper, une théorie physique est déterministe si elle permet de déduire à partir d’une description mathématiquement exacte de l’état initial d’un système physique fermé décrit dans les termes de la théorie, la description de tout état futur du système.

Après réflexion, il faut abandonner l’idée d’une prédiction absolue et d’un déterminisme strict. Mais dans l’hypothèse d’un système fermé, la notion de déterminisme tient parfaitement la route.

Prenons le cas d’un programme informatique. Il est programmé pour assurer une tâche précise, avec des conditions initiales données, un but donné, pour fournir un résultat précis. Un programme simple est le suivant (en pseudo code) :

Fonction bonjour() Début afficher(« bonjour ») Fin ;

Le programme affichera toujours « bonjour ».

Il en est de même pour des programmes plus élaborés qui accomplissent des tâches ou produisent des calculs. Ils accomplissent le travail pour lequel ils ont été programmés. Ils font ce qui a été écrit.

Ce qui a été écrit, cela nous mène droit à la notion de destin et de fatalisme.

Fatalisme

Le destin, c’est ce qui a été dit par l’oracle et arrivera inévitablement puisque ça a été dit & écrit.

Le fatalisme croit que l’avenir est entièrement déterminé quoi qu’il se produise, quoi que nous fassions. Contrairement au déterminisme qui indique juste que tel effet s’ensuivra si on a telle cause.

La fatalisme revient, dans une certaine mesure, à nier le déterminisme : avoir l’effet sans avoir la cause.

Mais, comme l'explique Sacerdos dans sa contribution : Ces deux notions "ne s’opposent pas à la conciliation [...] si le fatalisme affirme que ce qui doit être sera, que ce qui est écrit se réalisera, et que c’est inéluctable, pourquoi ne pourrait il pas se baser sur le déterminisme pour se réaliser ?"

Notre devenir est-il écrit, quoi que nous fassions, ce qui doit nous arriver arrivera, non pas à cause d’un enchaînement de causes et d’effets, mais parce que tel est notre destin ?

Qu’en est-il de notre libre-arbitre ?

Libre-arbitre

Pour Spinoza, nous ne faisons pas l’expérience du libre-arbitre ; nous prenons seulement l’ignorance des causes qui nous déterminent pour l’expérience de leur inexistence. Nous serions ignorants des causes qui nous déterminent :

« Les hommes se trompent en ce qu’ils se croient libres ; et cette opinion consiste en cela seul qu’ils ont conscience de leurs actions et sont ignorants des causes par lesquelles ils sont déterminés ; ce qui constitue donc leur idée de la liberté, c’est qu’ils ne connaissent aucune cause de leurs actions. »

Que reste-t-il du libre-arbitre ? Liberté qu’a l’homme de faire correspondre ses actes à sa volonté.

Et grâce au déterminisme nous accédons au libre-arbitre ; sa connaissance nous libère, nous donne la maîtrise sur les évènements : si vous savez que telle cause mène à tel effet, alors libre à vous de tout faire pour produire cette cause, ou pour ne pas la produire si l’effet n’est pas souhaitable.

Mais nous voyons que dans le film de la trilogie Matrix : Matrix reloaded, Neo a la vision de la chute de Trinity depuis le haut d’un immeuble poursuivie par un agent menaçant, dans la matrice. Pour éviter cela, Neo demande à Trinity de ne pas le suivre dans la matrice pour sa rencontre avec l’architecte. D’un drame dans le monde de Zion, s’ensuivra la décision de Trinity d’aller dans la matrice, s’engageant alors dans la voie que Neo voulait éviter à tout prix. Là, l’une des questions philosophiques de Matrix : en voulant atteindre un objectif ou au contraire pour éviter un drame, ne risquons-nous pas d’obtenir l’effet contraire ?

Il advient qu’il y a des limites au libre-arbitre et par là-même au déterminisme, dont la connaissance de celui-ci nous mène à une libération.

Limites du déterminisme

Le déterminisme nous montre qu’il existe un ordre dans la nature.

Du chaos émerge l’ordre. Et le chaos est mis en évidence dans la science contemporaine. Il y a le hasard : rencontre de séries causales indépendantes. Il y a la complexité : l’extrême quantité d’interactions et d’interférences qui défient nos possibilités de calcul. Indéterminations et phénomènes aléatoires.

L’indéterminisme n’est pas limpide, mais il y a une part d’incertitude, soit tenant aux limites de notre entendement, soit inhérente aux phénomènes.

Nous constatons aujourd’hui l’indéterminisme et le hasard, jusqu’à quand ? Toucherons-nous un jour la vérité sur le déterminisme ? La cause est une raison suffisante. De là à déterminer toutes les conditions suffisantes, à affirmer l’existence d’un cause globale nécessaire : non.

Je citais les systèmes déterministes fermés.

Prenons l’exemple de notre programme informatique qui dit « bonjour ». Est-ce toujours valable, si au lancement du système d’exploitation, le service système d’affichage ne démarre pas ? Le message ne s’affichera pas et donc tout ne se passe pas dans les mêmes conditions. Bien, dans ce cas, le système fermé, direz-vous, doit inclure le programme et le système d’exploitation s’exécutant dans la machine. En bref, le « soft » qui tourne dans la machine ; pour simplifier le « software ».

Partons du principe que je définisse ce « software » comme système déterministe fermé. Qu’arrive-t-il si juste avant que le programme envoie son résultat, j’actionne l’interrupteur du moniteur pour l’éteindre ? « bonjour » ne s’affichera pas ! Bon, je fais parti du système physique fermé avec l’ordinateur dans mon bureau : le « hardware »… Ce système est de moins en moins fermé, non ? Bien, je ne touche rien, mais une tempête solaire traverse la machine et perturbe les niveaux électriques de la mémoire de l’ordinateur et change quelques "0" et "1" du programme binaire en cours d’exécution. Hop, le programme se met à afficher « coucou ».

Nous pouvons continuer comme cela encore longtemps. Je pourrais toujours suggérer l’existence d’une cause extérieure perturbant le résultat pourtant déterminé attendu et considéré comme ne pouvant être autre.

Un système fermé déterministe est une pure abstraction mathématique. Dans la réalité, la question du déterminisme est essentiellement métaphysique car touchant à l’intouchable.

A chacun de trouver sa propre réponse.

Bon je pense qu'avec tt ça tu as de quoi avancer pas mal ton devoir!! bonne chance quand même

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