aketo.a Posté(e) le 2 avril 2004 Signaler Posté(e) le 2 avril 2004 Bonjour,j'ai une disserte à faire sur "les femmes savantes" de Molière.On e demande de dire quelles sont les conventions théâtrales de cette ièce,relations entre les personnages,autour de quel(s) sujet(s) tournent les conflits et quels personnages sont impliqués dedans,ainsi que les différents stratagèmes utilisés pour détourner telle tentative.ex :tels personnages font telles choses chez le notaire pour empêcher le mariage entre Trissotin et Henriette,... Je n'arrive pas du tout à démarrer;alors,pourriez-vous me donner quelques éléments pour me mettre sur la voie,s'il vousplait?Merci d'avance.
E-Bahut sansid3 Posté(e) le 2 avril 2004 E-Bahut Signaler Posté(e) le 2 avril 2004 ton sujet de dissertation est bien long, bien catalogue, d'habitude un sujet de dissertation est plus concit. est-ce vraiement la ton sujet exact? tu tapes "femmes savantes" sur google et tu trouves des sites comme http://perso.wanadoo.fr/biographies-litter...s/FSAVANTES.htm Pourquoi les Femmes savantes? Les thèmes y sont évidemment proches de ceux de l'Ecole des femmes. Il s'agit toujours de la "tragédie" de la vie amoureuse, de la torture par les femmes, de la difficulté d'établir avec cet autre absolu la relation de transparence idéale que semblent pourtant commander les "lois de la nature". Mais entre les deux pièces dix années capitales ont passé. En 1662, quand Molière écrit l 'Ecole des femmes, il a 40 ans, il est en pleine santé, il vient d'épouser Armande Béjart, avec le succès grandissant le monde semble encore plein de promesses. Il écrit une pièce qui, à travers le magnifique personnage d'Agnès, exalte l'idée de liberté, prêche l'émancipation des femmes,"affirme que la nature est bonne et qu'il suffit à l'homme de ne pas la contrarier pour qu'elle produise des fruits exquis"(Antoine Adam). Dix ans plus tard, le ton a changé. Molière a accumulé les succès, mais avec eux il a découvert la jalousie et la méchanceté du monde, la férocité des cabales et coteries mondaines qui s'acharnent contre lui depuis le scandale du Tartuffe; la vie avec Armande a viré à l'enfer conjugal; il est maintenant gravement malade -il a moins d'un an à vivre après la création des Femmes savantes -, il est en rage perpétuelle contre l'impuissance des médecins à le soigner, contre les théories savantasses qui dissimulent si mal le travail de la mort, cette autre loi inexorable de la nature. Sa "mélancolie"(son état dépressif, dirions-nous aujourd'hui) est constante. Il y a tout cela dans les Femmes savantes. Un humour et une humeur noirâtres; une amertume de fond; une détestation violente du bavardage mondain et de la cuistrerie, trop commodes paravents de l'arrivisme et des plus basses entreprises de séduction; une exaspération ricanante contre l'esprit de sérieux, cette folie de la littérature et de la science, qui masque pathétiquement la solitude de chacun, la réalité du corps et des désirs, la souffrance. Qu'est-ce qui nous fait vivre et comment vivre ensemble? Plus que la satire aux relents misogynes et vaguement réactionnaires consacrée par le l9e siècle, c'est ce questionnement-là qui nous retient dans les Femmes savantes aujourd'hui. A quoi il faut ajouter encore ceci: La pièce offre une configuration idéale du cercle infernal de la famille bourgeoise telle qu'elle n'a cessé, dans ses nombreuses variantes, d'obséder Molière. Ici, une mère autoritaire, un père faible, des soeurs ennemies, une tante hystérique et un oncle heureusement clairvoyant (il faut bien que la comédie connaisse son happy-end) déterminent un espace d enfermement proprement étouffant. Chacun y défend âprement son territoire contre les empiétements de l'autre et cherche éperdument à échapper à la pression du groupe dominée par la mère tyrannique, jusqu'à ce que la question d'argent, instance décisive en milieu bourgeois, vienne précipiter le dénouement. C'est cette fiévreuse -et bien sûr bouffonne, puisque nous sommes chez Molière -tentative d'évasion hors de la sphère maternelle qui fait aussi le prix de cette drôle de pièce "intime". Et c'est peut-être cela qui continue de nous intéresser si fort chez Molière, qui donne à son théâtre son acuité si particulière: la description d'une disharmonie fondamentale dans cette structure sociale exemplaire qu'est la famille. Avec ses conséquences inévitables: le désordre mental et l'aspiration à la tyrannie.
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