ptitemelo Posté(e) le 30 mars 2004 Signaler Posté(e) le 30 mars 2004 voila j'ai un super sujet de dissert: "Jean Cocteau dans son Discours de réception à l'Académie Française affirmait: "Je sais que la poésie est indispensable mais je ne sais pas à quoi" Vous avez toute l'attitude pour commenter ce point de vue." ma prof a dit qu'on avait le champ libre, qu'il ne fallait pas que la dissert soit trop scolaire, qu'on pouvait inclure des vers qu'on a fait soi-même... j'aurai souhaité avoir un petit d'aide pour trouver mes parties... je ne pense pas qu'ici le plan dialectique soit la meilleure chose plutot un plan analytique mais en quoi consite-t-il vraiment ? merci d'avance
ptitemelo Posté(e) le 30 mars 2004 Auteur Signaler Posté(e) le 30 mars 2004 si vous avez des infos sur "a quoi sert la poésie" ou "en quoi est-elle indispensable ?" "qu'est-qu'elle peut apporter de nouveau ds la littérature ?" si vous avez des idées sur ces differentes questions merci de les faire parvenir...
E-Bahut sansid3 Posté(e) le 30 mars 2004 E-Bahut Signaler Posté(e) le 30 mars 2004 pour le plan analytique fait une recherche sur google tu trouveras des sites du genre http://www.site-magister.com/dissert2.htm Sur les idees sur la poesie de cocteau On a coutume de présenter la poésie comme une dame voilée, langoureuse, étendue sur un nuage. Cette dame a une voix musicale et ne dit que des mensonges. Maintenant, connaissez-vous la surprise qui consiste à se trouver soudain en face de son propre nom comme s’il appartenait à un autre, à voir, pour ainsi dire, sa forme et à entendre le bruit de ses syllabes sans l’habitude aveugle et sourde que donne une longue intimité? Le sentiment qu’un fournisseur , par exemple, ne connaît pas un mot qui nous paraît si connu, nous ouvre les yeux, nous débouche les oreilles. Un coup de baguette fait revivre le lieu commun. Il arrive que le même phénomène se produise pour un objet, un animal. L’espace d’un éclair, nous « voyons » un chien, un fiacre, une maison, « pour la première fois ». Tout ce qu’ils présentent de spécial, de fou, de ridicule, de beau nous accable. Immédiatement après, l’habitude frotte cette image puissante avec sa gomme. Nous caressons le chien, nous arrêtons le fiacre, nous habitons la maison. Nous ne les voyons plus. Voilà le rôle de la poésie. Elle dévoile, dans toute la force du terme. Elle montre nues, sous une lumière qui secoue la torpeur, les choses surprenantes qui nous environnent et que nos sens enregistraient machinalement. Inutile de chercher au loin des objets et des sentiments bizarres pour surprendre le dormeur éveillé. C’est là le système du mauvais poète et ce qui nous vaut l’exotisme. Il s’agit de lui montrer ce sur quoi son cœur, son œil glissent chaque jour, sous un angle et avec une vitesse tels qu’il lui paraît le voir et s’en émouvoir pour la première fois. Voilà bien la seule création permise à la créature. Car s’il est vrai que la multitude des regards patine les statues, les lieux communs, chefs-d’œuvre éternels, sont recouverts d’une épaisse patine qui les rend invisibles et cache leur beauté. Mettez un lieu commun en place, nettoyez-le, frottez-le, éclairez-le de telle sorte qu’il frappe avec sa jeunesse et avec la même fraîcheur, le même jet qu’il avait à sa source, vous ferez œuvre de poète. Cocteau La conception de la poésie que Cocteau refuse est celle d’un art nécessairement associé à l’Idéal, à la recherche d’une beauté inaccessible. Cette conception, héritée de l’Antiquité et revisitée par les poètes de la Pléiade, est évoquée ironiquement dans la première phrase sous la forme d’une allégorie, " une dame voilée, langoureuse… ", renvoyant à la muse inspiratrice. Reprise au début du troisième paragraphe, plus explicitement cette fois, elle vise par le terme de " mauvais poètes " des écrivains tels que les Parnassiens (Leconte de Lisle, Hérédia…). Cocteau préconise au contraire une poésie du quotidien, consistant non à privilégier des éléments du réel choisis pour leur supposée qualité esthétique, mais plutôt à renouveler le regard porté sur l’environnement le plus prosaïque, afin d’éclairer sa beauté propre, son identité. Les termes employés par le poète pour qualifier cette transfiguration appartiennent au réseau lexical de la lumière : " un éclair ", " elle dévoile ", " une lumière qui secoue sa torpeur ". Ils renvoient à une activité sensorielle pleine : " voir ", " entendre ", " nous ouvre les yeux ", " nous débouche les oreilles ". La poésie telle que l’envisage Cocteau suppose donc une opération de transfiguration évoquée sous la forme de l’injonction à la fin du texte : le poète est celui qui procède à une transmutation du langage, qui vivifie les lieux communs.
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