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"Récits d'humanisme" Michel Serres J'ai besoin d'aide !!!!


Clarissa
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 Jusqu'à aujourd’hui en effet, l’humanisme n’eut jamais lieu parce que l’homme universel qu’il évoquait n’existait pas. […]
 Il vient de naître aujourd’hui, d’une toute autre source. Tiré de la paléoanthropologie, de la biochimie et de quelques autres disciplines expertes dans les datations, le Grand récit qui raconte l’émergence, l’expansion et les voyages aventureux d’Homo sapiens permet de dessiner l’arbre généalogique d’une seule et même famille et donc d’accéder à un nouvel universel.
 Et de nouveau : existe t-il une nature humaine ? Qu’est-ce donc que l’homme ? A ces deux questions, chaque réponse proposée par la tradition tente de définir notre espèce en général. Mais toujours quelque critique, ironique et judicieux, oppose à chaque essai une bête dite brute qui correspond à cette définition, soit parce qu’elle a deux pieds sans plume ou qu’elle rit, soit qu’experte, elle fabrique des outils, qu’elle fait l’amour face à face… Fourmis, termites, castors, chimpanzés, bonobos… voilà, que je sache, autant d’animaux politiques. Et combien de fois, mon âme, avez-vous assisté à la réception du corps diplomatique par un chef d’Etat ou, malade, à la visite d’un patron de médecine précédant sa suite… sans reconnaître là, immanquablement, quelque mâle dingo dominant ses femelles et autres dépendants, un coq en gloire dans la basse-cour parmi poules et chapons, un lion de mer sur la plage sale, levant son cou flasque ? Ethologie et génétique savent mesurer cette distance infime à nos cousins animaux.
 Que l’on définisse enfin l’homme comme chose qui pense, combien en avez-vous rencontré sur la place publique ou dans quelque amphithéâtre ? Inversement, qui vous assure qu’aucune bête n’a conscience de soi, que la vache dans son pré ne médite pas sur ce pourquoi elle se trouve comme jetée dans ce carré de luzerne, ruminant sa déréliction ? Qui d’entre nous entra jamais dans la cénesthésie d’une chauve-souris ?
 Une fois rejetées ces définitions absurdes, une fois fermé cet accès à l’homme universel, il semble plus aisé de répondre à la question : qui es-tu toi, mon prochain, mon voisin, que je fréquente au quotidien et que je crois connaître ?
Michel SERRES, Récits d’humanisme (2006).

1/ Pourquoi l'humanisme est-il selon l'auteur une doctrine abstraite ? Pourquoi les données des sciences récusent-elles cet humanisme ?

 

2/ Qu'est-ce qui rend intenables les définitions de l'homme qui invoquent un critère spécifique ? Inversement, pourquoi peut-on considérer en un sens l'homme comme un animal ?

 

4/ Qu'est-ce que la "cénesthésie" ? Que veut dire l'auteur quand il écrit qu'on ne pourra jamais entrer dans celle d'une chauve-souris ?
 
 
J'ai vraiment besoin d'aide ( je n'ai rien compris à ce texte ).
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