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La Société De Consommation


TOMB

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Quelle est l'analyqe que J. Baudrillard fait du corps dans la société contemporaine ?

Texte de J. Baudrillard (La Société de Consommation) texte ci-dessous

Dans la panoplie de la consommation, il est un objet plus beau, plus précieux, plus éclatant que tous -plus lourd de connotations encore que l'automobile qui pourtant les résume tous : c'est le corps. Sa "redécouverte" après une ère millénaire de puritanisme, sous le signe de la libération physique et sexuelle, sa toute-présence (et spécifiquement du corps féminin) dans la publicité, la mode, la culture de masse -le culte hygiénique, diététique, thérapeutique ont on l'entoure, l'obsession de jeunesse, d'élégance, de virilité/féminité, les soins, les régimes, qui s'y rattachent, le Mythe du Plaisir qui l'enveloppe -tout témoigne aujourd'hui que le corps est devenu objet de salut. Il s'est littéralement substitué à l'âme dans cette fonction morale et idéologique. Une propagande sans relâche nous rappelle, selon les termes du cantique, que nous n'avons q'un corps et qu'il faut le sauver. Pendant des siècles, on s'est acharné à convaincre les gens qu'ils n'en avaient pas, on s'obstine aujourd'hui systématiquement à les convaincre de leur corps. Il y a là quelque chose d'étrange. Le corps n'est-il pas l'évidence même ? Il semble que non : le statut du corps est un fait de culture. Or, dans quelque culture que ce soit, le mode d'organisation de la relation au corps reflète le mode d'organisation de la relation aux choses et celui des relations sociales. Dans une société capitaliste, le statut général de la propriété privée s'applique également au corps, à la pratique sociale et à la représentation mentale qu'on en a. Dans l'ordre traditionnel, chez le paysan par exemple, pas d'investissement narcissique, pas de perception spectaculaire de son corps, mais une vision instumentale/magique, induite par le procès de travail et le rapport à la nature.

Ce que nous voulons montrer, c'est que les structures actuelles de la production/consommation induisent chez le sujet une pratique double, liée à une représentation désunie (mais profondément solidaire) de son propre corps : celle du corps comme capital, celle du corps comme fétiche(ou objet de consommation). Dans les deux cas, il importe que le corps, loin d'être nié ou omis, soit délibérement investi (dans les deux sens : économique et psychique du terme).

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