Juliealexandre Posté(e) le 2 mai 2016 Signaler Posté(e) le 2 mai 2016 Quelle est la thèse réfutée de Simone de Beauvoir "le deuxième sexe" de 1949 qui commence par "Comment les femmes auraient-elles jamais du génie alors que tout possibilité d'accomplir un oeuvre géniale - ou même une oeuvre tout court - leur été refusée ? comme these defendue j'ai mis que les femmes doivent se libérer de l'influence des hommes
PMV Posté(e) le 2 mai 2016 Signaler Posté(e) le 2 mai 2016 Bonjour, Tu exagères, là ! Moi qui ai passé ma vie à essayer de me libérer de l'influence des femmes, et qui ne suis pas sûr d'avoir tout à fait réussi ! C'est pour rire. Ce que voulait dire Simone de Beauvoir, c'est que, de tout temps (aujourd'hui encore ? À toi de réfléchir à cette question) les femmes ont été confinées dans des positions sociales subalternes qui leur interdisaient, de fait, de se consacrer à des tâches qu'on considérait réservées aux hommes. Une femme n'avait pas à se lancer dans une carrière d'écrivain, de peintre, de musicienne, de mathématicienne ou de philosophe, elle devait d'abord s'occuper de son ménage et de ses enfants. Relis la tirade de Chrysale dans les Femmes savantes (Acte II, scène 7) : Il n'est pas bien honnête, et pour beaucoup de causes, Qu'une femme étudie et sache tant de choses. Former aux bonnes mœurs l'esprit de ses enfants, Faire aller son ménage, avoir l'œil sur ses gens, Et régler la dépense avec économie, Doit être son étude et sa philosophie. Nos pères sur ce point étaient gens bien sensés, Qui disaient qu'une femme en sait toujours assez Quand la capacité de son esprit se hausse À connaître un pourpoint d'avec un haut de chausse. Les leurs ne lisaient point, mais elles vivaient bien ; Leurs ménages étaient tout leur docte entretien, Et leurs livres un dé, du fil et des aiguilles, Dont elles travaillaient au trousseau de leurs filles. Les femmes d'à présent sont bien loin de ces mœurs : Elles veulent écrire, et devenir auteurs. Nulle science n'est pour elles trop profonde, Et céans beaucoup plus qu'en aucun lieu du monde : Les secrets les plus hauts s'y laissent concevoir, Et l'on sait tout chez moi, hors ce qu'il faut savoir. Les jeunes filles de bonne famille apprenaient un peu d'aquarelle, devaient être capables de broder un mouchoir et de chanter une romance en s'accompagnant au piano, là s'arrêtaient leurs études, et il n'était pas question qu'elles se consacrent à l'astronomie ou la paléontologie. Et lorsque des femmes se lançaient dans des carrières considérées comme masculines, elles devaient souvent faire face à des critiques sévères. C'est pourquoi, au XIXe siècle, des romancières choisissaient de publier leurs livres sous un pseudonyme masculin, par exemple George Sand, mais aussi en Angleterre George Eliot et les soeurs Brontë. Mais tout au long de l'histoire, on trouve quand même de nombreuses femmes qui ne se sont pas contentées des tâches ménagères et de l'éducation des mioches, et qui ont rivalisé avec les hommes dans des domaines qui ne leur étaient pas à priori très accessibles. Et l'on peut penser qu'elles ont eu infiniment plus de mal que les hommes à réussir dans ces disciplines. Tiens, voilà une liste d'une dizaine de noms. À toi de trouver dans quel domaine chacune s'est illustrée : Louise Labé, Marie Curie, Camille Claudel, Sophie Germain, Leonor Fini, Élisabeth Jacquet de La Guerre, Simone Weil, Maria Malibran, Edmée Chandon, Adrienne Bolland. Donc, plutôt que de dire : À se libérer de l'influence des hommes, je dirais : à s'émanciper... Cordialement, PMV
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