cecetopher Posté(e) le 1 janvier 2016 Signaler Posté(e) le 1 janvier 2016 Pendant ce temps, nous avions fait un bon bout de chemin. J'ai remarqué qu'il y avait plus de soldats et de détenus autour de nous. A ce moment, de rang par cinq, on s'est mis à la queue leu leu. Au même moment, on nous a dit d'ôter veste et chemise pour passer torse nu devant le médecin. Je sentais que le rythme s'accélérait. Soudain, j'ai vu deux groupes séparés, là-bas devant. Le plus important, à droite, se composait de personnes diverses, et à gauche le plus petit et en quelque sorte le plus plaisant comprenait entre autres des garçons de notre groupe. A première vue, ces derniers _ du moins à mes yeux _ avaient été déclarés aptes. Cependant, j'allais de plus en plus vite vers l'endroit ou je distinguais, au milieu de la foule, des silhouettes qui allaient et venaient, un point fixe, un uniforme impeccable, le képi haut, en arc, des officiers allemands ; j'ai été étonné que mon tour arrive si vite. D'ailleurs, l'examen n'a pas demandé plus de deux ou trois secondes (environ). Juste devant moi, il y avait Moskovics _ lui, le docteur lui a immédiatement montré d'un geste du doigt l'autre direction. Je l'ai encore entendu essayer d'expliquer : " Arbeiten ... Sechzehn ... " * _ mais une main qui a surgi de quelque part l'a saisi, et déjà je prenais sa place. Quant à moi, je le voyais bien, le médecin me regarda plus soigneusement, me pesant d'un regard grave et attentif. Je bombai le torse pour lui montrer ma cage thoracique et _ je m'en souviens _ j'ai même souri un peu, là, comparé à Moskovics. J'ai tout de suite éprouvé un sentiment de confiance pour le médecin, car son visage avait une très belle apparence, sympathique, un peu allongé, rasé, avec des lèvres plutôt fines, des yeux bleus ou gris, en tout cas clairs, au regard bienveillant. J'eus tout loisir de l'observer pendant qu'il appuyait ses deux mains gantés de chaque côté de mon visage et tirait légèrement vers le bas des deux côtés la peau sous mes yeux _ de ce geste de médecin que je connaissais déjà. Au même moment, d'une voix basse et néanmoins claire, trahissant un homme cultivé, il me demanda : "Wie alt bist du ? " **_ mais en quelque sorte tout à fait incidemment. Je lui ai dit : "Sechzebn" ***. Il hocha légèrement la tête, mais plutôt parce que c'était la bonne réponse et non parce que c'était la vérité _ c'est du moins le sentiment qui m'avait soudain effleuré. Je remarquai également, mais c'était plutôt une impression passagère et peut-être erronée, qu'il semblait satisfait, il avait l'air presque soulagé, en quelque sorte ; je sentais que je lui plaisais bien. Ensuite, une main encore posée sur mon visage, et montrant de l'autre côté opposé la route, il m'a envoyé parmi les aptes. Les gars m'ont fait un triomphe, ils riaint de joie. Et à la vue de ces visages rayonnants, j'ai compris la différence qui séparait en fait notre groupe de ceux d'en face : la réussite, si je ne m'abusais. * : " Travailler ... Seize ans ... " ** : " Quel âge as-tu ? " *** : " Seize ans " Imre Kertész, Etre sans destin, 1975, extrait, pages 118-121, depuis " Pendant ce temps " jusqu'à " Si je ne m'abusais ". Bonjour / Bonsoir, J'ai un commentaire à faire sur cet extrait de texte ci dessus. Je sais faire des commentaires, mais je n'arrive pas à faire le plan du texte. Pouvez -vous m'aider à trouver le plan ? Je vous remercie par avance. c.
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