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Question sur corpus


Cynthia5

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bonjour !

 

La question est : Quel est le point de vue dominant dans ces extraits et que met-il en valeur au sujet des personnages ?

 

Le plan que j’ai fait est :
- Introduction
- Point de vue : interne puisqu’il s’agit de rêve pour deux d’entre-eux et pour le premier il s’agit des pensées de Mouret
- Ce que ça met en valeur pour les personnages : le luxe les attire
Mais c’est sur ce paragraphe que j’ai du mal. En effet, je ne sais pas comment dire que c’est le point de vue interne qui met ceci en valeur 

mais est ce vraiment le luxe qui est mis en valeur dans ces textes ? Pour moi oui mais j'en doute, le luxe pour mouret est montré par le fait qu'il aime que ces femmes dépensent et pour madame bovary ainsi que le jeune couple il aime le luxe d'un beau paysage 

-conclusion

 

 

 

 

 

Les textes sont : 

>Emile Zola, Au bonheur des dames (1883)

Et Mouret regardait toujours son peuple de femmes, au milieu de ces flamboiements. Les ombres noires s'enlevaient avec vigueur sur les fonds pâles. De longs remous brisaient la cohue, la fièvre de cette journée de grande vente passait comme un vertige, roulant la houle désordonnée des têtes. On commençait à sortir, le saccage des étoffes jonchait les comptoirs, l'or sonnait dans les caisses ; tandis que la clientèle, dépouillée, violée, s'en allait à moitié défaite, avec la volupté assouvie et la sourde honte d'un désir contenté au fond d'un hôtel louche. C'était lui qui les possédait de la sorte, qui les tenait à sa merci, par son entassement continu de marchandises, par la baisse des prix et ses rendus, sa galanterie et sa réclame. Il avait conquis les mères elles-mêmes, il régnait sur toutes avec la brutalité d'un despote, dont le caprice ruinait les ménages. Sa création apportait une religion nouvelle, les églises que désertait peu à peu la foi chancelante étaient remplacées par son bazar, dans les âmes inoccupées désormais. La femme venait passer chez lui les heures vides, les heures frissonnantes et inquiètes qu'elle vivait jadis au fond des chapelles : dépense nécessaire de passion nerveuse, lutte renaissante d'un dieu contre le mari, culte sans cesse renouvelé du corps, avec l'au-delà divin de la beauté. S'il avait fermé ses portes, il y aurait eu un soulèvement sur le pavé, le cri éperdu des dévotes auxquelles on supprimerait le confessionnal et l'autel.Dans leur luxe accru depuis dix ans, il les voyait, malgré l’heure,s’entêter au travers de l’énorme charpente métallique, le long des escalierssuspendus et des ponts volants. Madame Marty et sa fille, emportées au plushaut, vagabondaient parmi les meubles. Retenue par son petit monde,madame Bourdelais ne pouvait s’arracher des articles de Paris. Puis, venait labande, madame de Boves toujours au bras de Vallagnosc, et suivie deBlanche, s’arrêtant à chaque rayon, osant regarder encore les étoffes de sonair superbe. Mais, de la clientèle entassée, de cette mer de corsages gonflésde vie, battant de désirs, tous fleuris de bouquets de violettes, comme pour lesnoces populaires de quelque souveraine, il finit par ne plus distinguer que lecorsage nu de madame Desforges, qui s’était arrêtée à la ganterie avecmadame Guibal. Malgré sa rancune jalouse, elle aussi achetait, et il se sentit lemaître une dernière fois, il les tenait à ses pieds, sous l’éblouissement des feuxélectriques, ainsi qu’un bétail dont il avait tiré sa fortune.

 

<!--[if !supportLists]-->-          <!--[endif]-->Flaubert, Madame Bovary (1857)

Emma ne dormait pas, elle faisait semblant d'être endormie ; et, tandis qu'il s'assoupissait à ses côtés, elle se réveillait en d'autres rêves. 

Au galop de quatre chevaux, elle était emportée depuis huit jours vers un pays nouveau, d'où ils ne reviendraient plus. Ils allaient, ils allaient, les bras enlacés, sans parler. Souvent, du haut d'une montagne, ils apercevaient tout à coup quelque cité splendide avec des dômes, des ponts, des navires, des forêts de citronniers et des cathédrales de marbre blanc, dont les clochers aigus portaient des nids de cigognes. On marchait au pas, à cause des grandes dalles, et il y avait par terre des bouquets de fleurs que vous offraient des femmes habillées en corset rouge. On entendait sonner des cloches, hennir les mulets, avec le murmure des guitares et le bruit des fontaines, dont la vapeur s'envolant rafraîchissait des tas de fruits, disposés en pyramide au pied des statues pâles, qui souriaient sous les jets d'eau. Et puis ils arrivaient, un soir, dans un village de pêcheurs, où des filets bruns séchaient au vent, le long de la falaise et des cabanes. C'est là qu'ils s'arrêteraient pour vivre ; ils habiteraient une maison basse, à toit plat, ombragée d'un palmier, au fond d'un golfe, au bord de la mer. Ils se promèneraient en gondole, ils se balanceraient en hamac ; et leur existence serait facile et large comme leurs vêtements de soie, toute chaude et étoilée comme les nuits douces qu'ils contempleraient. Cependant, sur l'immensité de cet avenir qu'elle se faisait apparaître, rien de particulier ne surgissait ; les jours, tous magnifiques, se ressemblaient comme des flots ; et cela se balançait à l'horizon, infini, harmonieux, bleuâtre et couvert de soleil. Mais l'enfant se mettait à tousser dans son berceau, ou bien Bovary ronflait plus fort, et Emma ne s'endormait que le matin, quand l'aube blanchissait les carreaux et que déjà le petit Justin, sur la place, ouvrait les auvents de la pharmacie.

 

 

<!--[if !supportLists]-->-          <!--[endif]-->Perec, Les C hoses (1965)

Ils se laissaient aller de merveille en merveille, de surprise en surprise. Il leur suffisait de vivre, d’être là pour que s’offre le monde entier. Leurs navires, leurs trains, leurs fusées sillonnaient la planète entière. Le monde leur appartenait, avec ses provinces couvertes de blés, ses mers poissonneuses, ses sommets, ses déserts, ses campagnes fleuries, ses plages, ses îles, ses arbres, ses trésors, ses usines immenses, depuis longtemps abandonnées, enfouies sous terre où se tissaient pour eux les plus beaux lainages, les plus éclatantes soieries. Ils connaissaient d’innombrables bonheurs. Ils se laissaient emporter au grand galop chevaux sauvages, à travers de grandes plaines houleuses d’herbes hautes. Ils escaladaient les plus hauts sommets. Ils dévalaient, chaussés de skis, des pentes abruptes semées de sapins gigantesques. Ils nageaient dans des lacs immobiles. Ils marchaient sous la pluie battante, respiraient l’odeur des herbes mouillées. Ils s’allongeaient au soleil. Ils découvraient, d’une hauteur, des vallons couverts de fleurs des champs. Ils marchaient dans des forêts sans bornes. Ils s’aimaient dans des chambres pleines d’ombres, de tapis épais, de divans profonds. Puis ils rêvaient de porcelaines précieuses, à décors d’oiseaux exotiques, de livres reliés de cuir, imprimés en elzévir sur des feuilles de Japon à la cuve, avec de grandes marges blanches non rognées où ils se reposaient délicieusement, de tables d’acajou, de vêtements de soie et de lin, souples et confortables, pleins de couleurs, de chambres spacieuses et claires, de brassées de fleurs, de tapis de Boukhara, de dobermans bondissants[…] Ils croyaient imaginer le bonheur, ils croyaient que leur invention était libre, magnifique, que , par vagues successives elle imprégnait l’univers. Ils croyaient qu’il leur suffisait de marcher pour que leur marche soit un bonheur. Mais ils se retrouvaient seuls, immobiles, un peu vides.Une plaine grise et glacée, une steppe arride : nul palais ne se dressait aux portes des déserts, nulle esplanade ne leur servait d’horizon.

merci!

 

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