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Corpus Urgent !


Julie30

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Bonjour, je dois répondre à la question suivante : Quelle est la leçon commune à ces trois textes ? Comment est-elle rendue plaisante ?

Je n'y arrive vraiment pas, j'ai un peu analysé chacun des textes sachant que j'en sais plus sur le deuxième, j'ai fais un commentaire de texte sur celui-ci. Merci de m'aider au plus vite !! voilà les textes :

TEXTE A - Rabelais, Gargantua, chapitre 33,1634, (translation en français

moderne par Guy Demerson)

[ « l’homme à la bile amère», est le simple vassal d’un petit fief des bords de la Loire ; il s’est

révolté contre son suzerain, Grandgousier, bon et honnête seigneur. Le premier acte victorieux

de cette révolte consiste en un vol de fouaces (sorte de grosses galettes de boulangerie) ; à

partir de ce délit mineur, l’entourage de Picrochole s’emploie à le bercer d’illusions en flattant

ses rêves de conquêtes militaires. Ceux-ci vont se heurter à la réalité : Picrochole ne dépassera

pas les limites du petit territoire qu’il habite – Lerné, aux environs de Chinon - et sera vaincu et

humilié par Grandgousier, le bon prince]

Les fouaces dérobées, comparurent le duc de Menuail, le comte Spadassin et le

capitaine Merdaille qui lui dirent :

« Sire, aujourd’hui nous faisons de vous le prince le plus valeureux et le plus

chevaleresque qui ait jamais été depuis la mort d’Alexandre de Macédoine.

— Couvrez-vous, couvrez-vous, 5 dit Picrochole.

— Grand merci, dirent-ils, Sire, nous ne faisons que notre devoir. Voici ce que

nous proposons :

Vous laisserez ici quelque capitaine en garnison, avec une petite troupe de gens

pour garder la place qui nous semble assez forte, tant par nature que grâce aux

10 remparts dus à votre ingéniosité. Vous diviserez votre armée en deux, comme bien

vous comprenez. Une partie ira se ruer sur ce Grandgousier et ses gens et il sera, au

premier assaut, facilement mis en déroute. Là, vous récupérerez de l’argent en

masse, car le vilain a de quoi. Nous disons vilain parce qu’un noble prince n’a jamais

un sou. Thésauriser, c’est bon pour un vilain.

15 Pendant ce temps, l’autre partie tirera vers l’Aunis, la Saintonge, l’Angoumois et la

Gascogne et aussi vers le Périgord, le Médoc et les Landes. Sans rencontrer nulle

résistance, ils prendront villes, châteaux et forteresses. À Bayonne, à Saint-Jean-de-

Luz et à Fontarabie, vous saisirez tous les navires et, en côtoyant la Galice et le

Portugal, vous pillerez toutes les contrées maritimes jusqu’à Lisbonne où vous aurez

20 en renfort tout l’équipage qu’il faut à un conquérant. Cordieu ! L’Espagne se rendra,

car ce ne sont que des rustres. Vous passerez par le détroit de Séville et dresserez

là deux colonnes plus magnifiques que celles d’Hercule pour perpétuer le souvenir

de votre nom. Ce détroit sera nommé mer Picrocholine. Passée la mer Picrocholine,

voici Barberousse qui devient votre esclave...

25 — Je lui ferai grâce, dit Picrochole.

— Assurément, dirent-ils, à condition qu’il se fasse baptiser. Et vous attaquerez

les royaumes de Tunis, de Bizerte, d’Alger, de Bône, de Cyrène et toute la Barbarie,

hardiment. En continuant, vous prendrez en main Majorque, Minorque, la Sardaigne,

la Corse et les autres îles du golfe de Gênes et des Baléares. En longeant la côte à

30 main gauche, vous soumettrez toute la Gaule Narbonnaise, la Provence et le pays

des Allobroges, Gênes, Florence, Lucques ; et, Dieu te protège, Rome ! Le pauvre

Monsieur du Pape en meurt déjà de peur.

— Ma foi, dit Picrochole, je ne baiserai pas sa pantoufle.

— L’Italie prise, voilà Naples, la Calabre, les Pouilles et la Sicile mises à sac, et

35 Malte avec. Je voudrais bien que ces plaisantins de chevaliers, jadis Rhodiens, Vous

résistent, pour voir un peu ce qu’ils ont dans le ventre. »

[…]

Il y avait là un vieux gentilhomme, éprouvé en diverses aventures, un vrai routier

de guerre, nommé Échéphron. Il dit en entendant ces propos :

40 « J’ai bien peur que toute cette entreprise ne soit semblable à la farce du pot au

lait dont un cordonnier tirait une fortune en rêve. Ensuite, quand le pot fut cassé, il

n’eut pas de quoi manger. Qu’attendez-vous de ces belles conquêtes ? Quelle sera

la fin de tant d’embarras et de barrages ?

- Ce sera, dit Picrochole, que nous pourrons nous reposer à notre aise quand nous

45 serons rentrés. »

Alors Échéphron dit :

« Et si par hasard vous n’en reveniez jamais ? Le voyage est long et périlleux :

n’est-ce pas mieux de se reposer dès à présent, sans nous exposer à ces dangers?

— Oh, dit Spadassin, pardieu, voilà un bel idiot ! Allons nous cacher au coin de la

50 cheminée et passons-y notre temps et notre vie avec les dames, à enfiler des perles

ou à filer comme Sardanapale ! Qui ne risque rien n’a cheval ni mule, c’est Salomon

qui l’a dit.

— Qui se risque trop, dit Échéphron, perd cheval et mule, c’est ce que répondit

Marcoul.

— Baste ! dit Picrochole, passons outre. Je ne crains que ces diables de légions

de Grandgousier. Pendant que nous sommes en Mésopotamie, s’ils nous donnaient

sur la queue ? Quel serait le remède ?

— Il est facile, dit Merdaille : un beau petit ordre de mobilisation que vous enverrez

aux Moscovites vous mettra sur pied pour un moment quatre cent cinquante mille

60 combattants d’élite. Oh ! Si vous me faites lieutenant à cette occasion, je tuerai un

peigne pour pour un mercier ! Je mords, je rue, je frappe, j’attrape, je tue, je renie !

— Sus ! Sus ! dit Picrochole, qu’on mette tout en train et qui m’aime me suive ».

TEXTE B - Jean de la Fontaine, « La Laitière et le pot au lait », libre VII, Fables X,

1678, (édition établie par Georges Couton)

LA LAITIÈRE ET LE POT AU LAIT

Perrette sur sa tête ayant un pot au lait

Bien posé sur un coussinet,

Prétendait arriver sans encombre à la ville.

Légère et court vêtue elle allait à grands pas,

5 Ayant mis ce jour-là, pour être plus agile,

Cotillon1 simple, et souliers plats.

Notre laitière ainsi troussée

Comptait déjà dans sa pensée

Tout le prix de son lait, en employait l'argent,

10 Achetait un cent d'oeufs, faisait triple couvée ;

La chose allait à bien par son soin diligent2.

Il m'est, disait-elle, facile

D'élever des poulets autour de ma maison :

Le Renard sera bien habile,

15 S'il ne m'en laisse assez pour avoir un cochon.

Le porc à s'engraisser coûtera peu de son ;

Il était quand je l'eus de grosseur raisonnable :

J'aurai le revendant de l'argent bel et bon.

Et qui m'empêchera de mettre en notre étable,

20 Vu le prix dont il est, une vache et son veau,

Que je verrai sauter au milieu du troupeau ?

Perrette là-dessus saute aussi, transportée.

Le lait tombe ; adieu veau, vache, cochon, couvée.

La dame de ces biens, quittant d'un oeil marri3

25 Sa fortune ainsi répandue,

Va s'excuser à son mari,

En grand danger d'être battue.

Le récit en farce en fut fait ;

On l'appela le Pot au lait.

30 Quel esprit ne bat la campagne ?

Qui ne fait châteaux en Espagne ?

Picrochole, Pyrrhus4, la Laitière, enfin tous,

Autant les sages que les fous ?

Chacun songe en veillant, il n'est rien de plus doux :

35 Une flatteuse erreur emporte alors nos âmes :

Tout le bien du monde est à nous,

Tous les honneurs, toutes les femmes.

Quand je suis seul, je fais au plus brave un défi ;

Je m'écarte, je vais détrôner le Sophi5 ;

40 On m'élit roi, mon peuple m'aime ;

Les diadèmes vont sur ma tête pleuvant :

Quelque accident fait-il que je rentre en moi-même ;

Je suis gros-Jean6 comme devant.

TEXTE C - Jean de la Fontaine, « Le Curé et le Mort », livre VII, Fables XI, 1678,

(édition établie par Georges Couton)

LE CURÉ ET LE MORT

Un mort s'en allait tristement

S'emparer de son dernier gîte ;

Un Curé s'en allait gaiement

Enterrer ce 5 mort au plus vite.

Notre défunt était en carrosse porté,

Bien et dûment empaqueté,

Et vêtu d'une robe, hélas ! qu'on nomme bière1,

Robe d'hiver, robe d'été,

10 Que les morts ne dépouillent guère.

Le Pasteur2 était à côté,

Et récitait à l'ordinaire

Maintes dévotes oraisons,

Et des psaumes et des leçons,

15 Et des versets et des répons :

Monsieur le Mort, laissez-nous faire,

On vous en donnera de toutes les façons ;

Il ne s'agit que du salaire.

Messire Jean Chouart couvait des yeux son mort,

20 Comme si l'on eût dû lui ravir ce trésor,

Et des regards semblait lui dire :

Monsieur le Mort, j'aurai de vous

Tant en argent, et tant en cire,

Et tant en autres menus coûts.

25 Il fondait là-dessus l'achat d'une feuillette3

Du meilleur vin des environs ;

Certaine nièce assez propette4

Et sa chambrière Pâquette

Devaient avoir des cotillons.

30 Sur cette agréable pensée

Un heurt survient, adieu le char.

Voilà Messire Jean Chouart

Qui du choc de son mort a la tête cassée :

Le Paroissien en plomb5 entraîne son Pasteur ;

35 Notre Curé suit son Seigneur ;

Tous deux s'en vont de compagnie.

Proprement toute notre vie

Est le curé Chouart, qui sur son mort comptait,

Et la fable du Pot au lait.

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