paulhino76 Posté(e) le 3 mai 2014 Signaler Posté(e) le 3 mai 2014 Texte 1 Rire de quelqu’un dans la vie et rire d’un comédien sur scène sont deux expériences radicalement différentes. Dans un spectacle comique, on ne rit pas d’une personne, mais d’un personnage. Le rapport éthique en est profondément modifié. Souvenons-nous de l’ambition de Molière dans la préface de Tartuffe : « corriger les vices des hommes ». Le personnage comique représente une incarnation d’un ou de plusieurs défauts de l’humaine condition. Le rire garde alors sa fonction de mise à distance, du moins en partie. L’art de l’auteur comique est en effet de jouer de cette sécurité que se donne le spectateur en refusant l’identification, pour mieux lui retourner le défaut qu’il ne veut pas partager avec le personnage. Le comique algérien Fellag formule une analyse très juste de son travail : « Tout le temps du spectacle que je donne, je vais jouer du marteau-piqueur, si je puis utiliser cette image. Je vais lancer une bombe. L’important est de faire passer cela de façon à me faufiler entre les mécanismes de résistance des spectateurs pour atteindre l’endroit, le nœud des nerfs qui déclenchent le rire. Car le rire n’est qu’un mécanisme nerveux qui acquiesce, qui dit : “Oui, bravo, je suis d’accord !” C’est une réaction qui se déclenche quand le spectateur se sent percé à jour et se dit : “Merd, je suis découvert, il a deviné que moi aussi je suis lâche, que moi aussi j’ai des préjugés, j’ai mes cachotteries, etc.”[11] » Le rieur n’est pas celui qui corrige, c’est lui qui est corrigé dès qu’il prend conscience que la frontière qu’il établit entre lui et le personnage est intenable. Il rit toujours de lui-même, en définitive. Le plaisir de rire devient alors un moyen plaisant de se remettre en cause, ou tout du moins, une première étape joyeuse vers un examen de ses préjugés. (...) Bergson concluait son ouvrage par une très belle métaphore maritime où l’amertume du rire se voyait soulignée. De l’amertume, il y en a sûrement pour celui qui se trouve incapable de dépasser la remise en cause des valeurs et de leur en substituer de nouvelles. Prisonnier d’une lucidité stérile, il arbore ce cynisme (au sens moderne[13]) cher à Cioran. Politesse du désespoir, le rire se déploie alors dans toute sa négativité : toute situation, toute valeur sont sujettes au sarcasme, ostensiblement rejetées comme autant d’illusions moribondes auxquelles le rieur ne veut et ne peut plus croire. L’amour, la mort, les mœurs, la religion, l’hypocrisie représentent autant de cibles de choix pour un Karl Kraus, un Roland Jaccard ou un Guido Ceronetti. En faisant de la société entière la scène de la comédie humaine, en se voulant le spectateur solitaire de la bêtise ordinaire, le rieur nihiliste s’isole et expérimente ainsi le pouvoir d’exclusion du rire poussé à son paroxysme : ce n’est plus un homme ou un groupe qu’il met à distance, c’est le monde entier ! Le plaisir de rire se montre dès lors profondément antisocial.Le rire prend donc de multiples visages. Répressif, comme chez Bergson, il se met au service de la société contre l’individu. Révolté, il se met au service de l’individu contre la société. Les dictatures ont depuis longtemps compris que le plaisir de rire n’a rien d’innocent et que la censure se doit de couper court à toute velléité satirique. Comme l’écrivait Wittgenstein, « l’humour n’est pas une humeur, c’est une vision du monde. Et c’est pourquoi, si l’on a raison de dire que l’humour fut banni de l’Allemagne nazie, cela ne signifie pas simplement que l’on n’y était pas de bonne humeur, mais quelque chose de beaucoup plus profond et beaucoup plus important[14]. » texte 2: Fellag est un humoriste algérien né en 1950 qui vit en France. Ce texte est un extrait de son dernier spectacle, Petits chocs des civilisations, donné en 2012, qui a pris la forme d'un ''cooking show''. En sortant de chez moi, un matin, j’achète la presse du jour, puis je rentre dans un bistro. J’ouvre l’un des journaux, et, un gros titre, étalé de tout son long me saute aux yeux. C’est pas possible ! Stupéfaction ! Ahuri, je parcours l’article… Je n’en reviens pas… J’ouvre les autres magazines… Pareil ! La même nouvelle partout : «Un sondage d’opinion affirme que le couscous est devenu le plat préféré des Français.»… Je rêve ! Qu’estce qui leur prend aux Gaulois ? Le ciel leur est tombé sur la tête ou quoi ? ?... Incroyable... le couscous est arrivé en tête de toutes les recettes qui concourent sur le tour de France de la bonne bouffe… Dites-moi, chers Français de souche, derrière ce compliment exceptionnel adressé à notre plat emblématique, se cacherait-il une déclaration d’amour ? N’est-ce pas une façon détournée de nous dire que vous nous aimez enfin ?… Document 3 Question : Expliquez en vous appuyant sur des exemples précis ( texte et affiche), la réaction que vise à susciter dans le public le spectacle de Fellag, et ce qu'elle confirme de l'analyse présentée dans le texte 1. Voilà , tous est dit dans le titre du sujet je ne comprend pas du tout la question ..
paulhino76 Posté(e) le 4 mai 2014 Auteur Signaler Posté(e) le 4 mai 2014 Je ne comprend pas du tout besoin d'aide SVP
paulhino76 Posté(e) le 4 mai 2014 Auteur Signaler Posté(e) le 4 mai 2014 Y'a personne pour m'aider ? svp aidé moi !!!!
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