Emma___n Posté(e) le 22 janvier 2014 Signaler Posté(e) le 22 janvier 2014 Bonjour, j'ai un commentaire de texte à faire sur un passage de Sido écrit par Colette. Voici le texte : Elle brandissait le peigne de fer qui servait à carder la chevelure de la havanaise et les angoras. Elle ne s’étonnait pas que des prodiges météorologiques l’eussent attendue au passage, et tutoyée. Vous croirez sans peine qu’à l’appel de « Sido » le vent du Sud se levait devant les yeux de mon âme, tors sur son pas de vis, empanaché de graines, de sable, de papillons morts, raciné au désert de Libye… Sa tête indistincte et désordonnée s’agitait, secouant l’eau et la pluie de grenouilles tièdes… Je suis capable encore de le voir. – Mais que tu as donc l’air bête aujourd’hui, ma fille !… D’ailleurs tu es beaucoup plus jolie quand tu as l’air bête. C’est dommage que cela t’arrive si rarement. Tu pèches déjà, comme moi, par excès d’expression. J’ai toujours l’air, quand j’égare mon dé, d’avoir perdu un parent bien-aimé… Quand tu prends l’air bête, tu as les yeux plus grands, la bouche entr’ouverte, et tu rajeunis… À quoi penses-tu ? – À rien, maman… – Je ne te crois pas, mais c’est très bien imité. Vraiment très bien, ma fille. Tu es un miracle de gentillesse et de fadeur ! Je tressaillais, je rougissais sous la louange piquante, l’œil acéré, la voix aux finales hautes et justes. Elle ne m’appelait « ma fille » que pour souligner une critique ou une réprimande… Mais la voix, le regard étaient prompts à changer : – O mon Joyau-tout-en-or ! Ce n’est pas vrai, tu n’es ni bête ni jolie, tu es seulement ma petite fille incomparable !… Où vas-tu ? Comme à tous les inconstants l’absolution me donnait des ailes, et dûment embrassée, légère, j’apprêtais déjà ma fuite. – Ne t’en va pas loin à cette heure-ci ! Le soleil se couche dans… Elle ne consultait pas la montre, mais la hauteur du soleil sur l’horizon, et la fleur du tabac ou le datura, assoupis tout le jour et que le soir éveillait. – … dans une demi-heure, le tabac blanc embaume déjà… Veux-tu porter des aconits, des ancolies et des campanules chez Adrienne Saint-Aubin, et lui rendre la Revue des Deux-Mondes ?… Change de ruban, mets-en un bleu pâle… Tu as un teint pour le bleu pâle, ce soir.Changer de ruban – jusqu’à l’âge de vingt-deux ans on m’a vue coiffée de ce large ruban, noué autour de ma tète, « à la Vigée-Lebrun », disait ma mère – et porter un message de fleurs : ainsi ma mère m’avertissait que j’étais, pendant une heure, un jour, particulièrement jolie, et qu’elle s’enorgueillissait de moi. Le ruban en papillon épanoui au-dessus du front, quelques cheveux ramenés sur les tempes, je prenais les fleurs à mesure que Sido les coupait. – Maintenant va ! Donne les ancolies doubles à Adrienne Saint-Aubin. Le reste à qui tu voudras, dans notre voisinage. Sur l’Est, il y a quelqu’un de malade, la mère Adolphe… Si tu entres chez elle… Elle n’avait pas le temps de finir sa phrase que je reculais, d’un saut, renâclant comme une bête devant l’odeur et l’image de la maladie… Ma mère me retenait par le bout d’une de mes tresses, et son soudain visage sauvage, libre de toute contrainte, de charité, d’humanité, bondissait hors de son visage quotidien. Elle chuchotait : – Tais-toi !… Je sais… Moi aussi… Mais il ne faut pas le dire. Il ne faut jamais le dire ! Va… Va maintenant. Tu t’es encore mis cette nuit un papier à papillotes sur le front, hein, mâtine ? Enfin… Elle lâchait ma rêne de cheveux, s’éloignait de moi pour me mieux voir : – Va leur montrer ce que je sais faire ! Ce que j'ai trouvé : Sido a deux visages Sido douce = allitérations en [l] + le champ lexical de la nature qui mystifie Sido et en fait une légende = apprivoise la sauvagerie de Sido Sido cruelle = allitérations en + sa suffisance ("Va leur montrer ce que je sais faire !" => ce = Colette) + => deux visages accentué par : "son soudain visage sauvage, libre de toute contrainte, de charité, d’humanité, bondissait hors de son visage quotidien." Sido manipule sa fille : ajoute à une critique un compliment : "bête" -> "jolie" ; "gentilesse" -> "fadeur" ; tu n'est pas bête -> tu n'est pas jolie => "mon joyau-tout-en-or" Colette s'en rend compte : "louange piquante" => oxymore ? par contre je n'arrive pas à trouver d'autres figures de style et je trouve ça bien léger pour un commentaire. D'autant que je ne voit pas quel axe abordé. I. Sido douce II. Sido cruelle ? Si vous avez des idées je suis preneuse. Merci d'vance, Emma
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