SaraKamerone Posté(e) le 26 décembre 2013 Signaler Posté(e) le 26 décembre 2013 bonjour, je dois faire un commentaire sur "l'ecume des jours" de Boris VIAN (chapitre 51) seulement je suis bloquée pour trouver les sous axes et les sous sous axes ( a , b) pourriez vous m'aidez svp! "Le sol glissait et se dérobait sous ses pieds, mais il enfonçait moins et la route durcissait perceptiblement. Il aperçut la première cheminée près de lui, fichée en terre comme un pal. Des oiseaux foncés tournaient autour du sommet doù séchappait une mince fumée verte. À la base de la cheminée, un renflement arrondi assurait sa stabilité. Les bâtiments commençaient un peu plus loin. Il ny avait quune porte.Il entra, gratta ses pieds sur une grille luisante aux lames acérées et suivit un couloir bas, bordé par des lampes à lumière pulsée. Le carrelage était de briques rouges, et la partie supérieure des murs était, ainsi que le plafond, garnie de plaques de verre de plusieurs centimètres dépaisseur, à travers lesquelles on entrevoyait des masses sombres et immobiles. Tout au bout du couloir, il y avait une porte. Elle portait le numéro indiqué dans le journal, et il entra sans frapper, comme le recommandait lannonce.Un vieil homme en blouse blanche, les cheveux embroussaillés, lisait un manuel derrière son bureau. Des armes variées pendaient au mur, des jumelles brillantes, des fusils à feu, des lance-mort de divers calibres, et une collection complète darrache-curs de toutes les tailles.« Bonjour, monsieur, dit Colin. Bonjour, monsieur », dit lhomme.Sa voix était cassée et épaissie par lâge.« Je viens pour lannonce, dit Colin. Ah ? dit lhomme. Voilà un mois quelle passe sans résultats. Cest un travail assez dur, vous savez Oui, dit Colin, mais cest bien payé ! Mon Dieu ! dit lhomme. Cela vous use, voyez-vous, et cela ne vaut peut-être pas le prix, mais ce nest pas à moi de dénigrer mon administration. Dailleurs, vous voyez que je suis encore en vie Vous travaillez depuis longtemps ? dit Colin. Un an, dit lhomme. Jai vingt-neuf ans. »Il passa une main ridée et tremblante à travers les plis de son visage.« Et maintenant, je suis arrivé, voyez-vous je peux rester à mon bureau et lire le manuel toute la journée Jai besoin dargent, dit Colin. Cela est fréquent, dit lhomme, mais le travail vous rend philosophe. Au bout de trois mois, vous en aurez moins besoin. Cest pour soigner ma femme, dit Colin. Ah ? Oui ? dit lhomme. Elle est malade, expliqua Colin. Je naime pas le travail. Je regrette pour vous, dit lhomme. Quand une femme est malade, elle nest plus bonne à rien. Je laime, dit Colin. Sans doute, dit lhomme. Sans ça vous ne voudriez pas travailler. Je vais vous indiquer votre poste. Cest à létage au-dessus. »Il guida Colin à travers des passages nets aux voûtes surbaissées et des escaliers de brique rouge, jusquà une porte, voisine dautres portes, qui était marquée dun symbole.« Voilà, dit lhomme. Entrez, je vais vous expliquer le travail. »Colin entra. La pièce était petite, carrée. Les murs et le sol étaient de verre. Sur le sol, reposait un gros massif de terre en forme de cercueil, mais très épais, un mètre au moins. Une lourde couverture de laine était roulée à côté par terre. Aucun meuble. Une petite niche, pratiquée dans le mur, renfermait un coffret de fer bleu. Lhomme alla vers le coffret et louvrit. Il en retira douze objets brillants et cylindriques avec un trou au milieu, minuscule.« La terre est stérile, vous savez ce que cest, dit lhomme, il faut des matières de premier choix pour la défense du pays. Mais, pour que les canons de fusil poussent régulièrement, et sans distorsion, on a constaté, depuis longtemps, quil faut de la chaleur humaine. Pour toutes les armes, cest vrai, dailleurs. Oui, dit Colin. Vous pratiquez douze petits trous dans la terre, dit lhomme, répartis au milieu du cur et du foie, et vous vous étendez sur la terre après vous être déshabillé. Vous vous recouvrez avec létoffe de laine stérile qui est là, et vous vous arrangez pour dégager une chaleur parfaitement régulière. »Il eut un rire cassé et se tapa la cuisse droite.« Jen faisais quatorze les vingt premiers jours de chaque mois. Ah ! jétais fort ! Alors ? demanda Colin. Alors vous restez comme ça vingt-quatre heures, et au bout de vingt-quatre heures, les canons de fusil ont poussé. On vient les retirer. On arrose la terre dhuile et vous recommencez. Ils poussent vers le bas ? dit Colin. Oui, cest éclairé en dessous, dit lhomme. Ils ont un phototropisme positif, mais ils poussent vers le bas parce quils sont plus lourds que la terre, alors on éclaire surtout en dessous pour ne pas quil y ait de distorsion. Et les rayures ? dit Colin. Ceux de cette espèce-là poussent tout rayés, dit lhomme. Ce sont des graines sélectionnées."
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