Jesska6 Posté(e) le 26 octobre 2013 Signaler Posté(e) le 26 octobre 2013 Bonjour, j'ai un commentaire à faire sur l'acte II scene 6 de Lorenzaccio mais j'ai un peu de mal à trouver les axes et la problématique ! Un peu d'aide ne serait pas de refus ! J'ai déjà quelques pistes mais je ne parviens pas à les synthétiser.. Merci de me répondre ! Au palais du Duc.Le duc, à demi nu ; TEBALDEO, faisant son portrait ; Giomo joue de la guitare. GIOMO, chantant Quand je mourrai, mon échanson, Porte mon cur à ma maîtresse. Quelle envoie au diable la messe, La prêtraille et les oraisons. Les pleurs ne sont que de leau claire ; Dis-lui quelle éventre un tonneau ; Quon entonne un chur sur ma bière ; Jy répondrai du fond de mon tombeau. LE DUC Je savais bien que javais quelque chose à te demander. Dis-moi, Hongrois, que tavait donc fait ce garçon que je tai vu bâtonner tantôt dune si joyeuse manière ? GIOMO Ma foi, je ne saurais le dire, ni lui non plus. LE DUC Pourquoi ? Est-ce quil est mort ? GIOMO Cest un gamin dune maison voisine ; tout à lheure, en passant, il ma semblé quon lenterrait. LE DUC Quand mon Giomo frappe, il frappe ferme. GIOMO Cela vous plaît à dire ; je vous ai vu tuer un homme dun seul coup plus dune fois. LE DUC Tu crois ! jétais donc gris ? Quand je suis en pointe de gaieté, tous mes moindres coups sont mortels. (A Tebaldeo.) Quas-tu donc, petit ? est-ce que la main te tremble ? tu louches terriblement. TEBALDEO Rien, Monseigneur, plaise à votre Altesse. (Entre Lorenzo) LORENZO Cela avance-t-il ? êtes-vous content de mon protégé ? (il prend la cotte de mailles du duc sur le sofa.) Vous avez là une jolie cotte de mailles, mignon ! Mais cela doit être bien chaud. LE DUC En vérité, si elle me gênait, je nen porterais pas. Mais cest du fil dacier ; la lime la plus aiguë nen pourrait ronger une maille, et en même temps cest léger comme de la soie. il ny a peut-être pas la pareille dans toute lEurope ; aussi je ne la quitte guère, jamais, pour mieux dire. LORENZO Cest très léger, mais très solide. Croyez-vous cela à lépreuve du stylet ? LE DUC Assurément. LORENZO Au fait, jy réfléchis à présent : vous la portez toujours sous votre pourpoint. Lautre jour, à la chasse, jétais en croupe derrière vous, et en vous tenant à bras-le-corps, je la sentais très bien. Cest une prudente habitude. LE DUC Ce nest pas que je me défie de personne ; comme tu dis, cest une habitude, pure habitude de soldat. LORENZO Votre habit est magnifique. Quel parfum que ces gants ! Pourquoi donc posez-vous à moitié nu ? Cette cotte de mailles aurait fait son effet dans votre portrait ; vous avez eu tort de la quitter. LE DUC Cest le peintre qui la voulu ; Cela vaut toujours mieux, dailleurs, de poser le col découvert : regarde les antiques. LORENZO Où diable est ma guitare ? Il faut que je fasse un second dessus à Giomo. (il sort.) TEBALDEO Altesse, je nen ferai pas davantage aujourdhui. GIOMO, à la fenêtre Que fait donc Lorenzo ? Le voilà en Contemplation devant ce puits qui est au milieu du jardin : ce nest pas là, il me semble, quil devrait chercher sa guitare. LE DUC Donne-moi mes habits. Où est donc ma cotte de mailles ? GIOMO Je ne la trouve pas ; jai beau chercher ; elle sest envolée. GIOMO Cela est incroyable ; pas plus de cotte de mailles que sur ma main. LE DUC Allons, tu rêves ! cela est impossible. GIOMO Voyez vous-même, Altesse ; la chambre nest pas si grande. LE DUC Renzo la tenait là, sur ce sofa. (Rentre Lorenzo.) Quas-tu donc fait de ma cotte ? nous ne pouvons plus la trouver. LORENZO Je lai remise où elle était. Attendez ; non : je lai posée sur ce fauteuil ; non, cest sur le lit. je nen sais rien. Mais jai trouvé ma guitare. (il chante en saccompagnant. ) Bonjour, madame labbesse GIOMO Dans le puits du jardin, apparemment ? car vous étiez penché dessus tout à lheure dun air tout à fait absorbé. LORENZO Cracher dans un puits pour faire des ronds est mon plus grand bonheur. Après boire et dormir, je nai pas dautre occupation. (il continue à jouer.) Bonjour, bonjour, abbesse de mon cur. LE DUC Cela est inouï que cette cotte se trouve perdue ! Je crois que je ne lai pas ôtée deux fois dans ma vie, si ce nest pour me coucher. LORENZO Laissez donc, laissez donc. nallez-vous pas faire un valet de chambre dun fils de pape ? vos gens la trouveront. LE DUC Que le diable temporte ! cest toi qui las égarée. LORENZO Si jétais duc de Florence, je minquiéterais dautre chose que de mes cottes. A propos, jai parlé de vous à la chère tante. Tout est au mieux ; venez donc vous asseoir un peu ici que je vous parle à loreille. GIOMO bas au duc. Cela est singulier, au moins ; la cotte de mailles est enlevée. LE DUC On la retrouvera. (Il sassoit à Côté de Lorenzo.) GIOMO, à part Quitter la compagnie pour aller cracher dans le puits, cela nest pas naturel. Je voudrais retrouver cette cotte de mailles, pour môter de la tête une vieille idée qui se rouille de temps en temps. Bah ! un Lorenzaccio ! La cotte est sous quelque fauteuil.
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