lilite76 Posté(e) le 14 avril 2012 Signaler Posté(e) le 14 avril 2012 Bonjour ma prof de seconde nous à posé une question sur cet extrait : quel est la thèse de ce dernier? Je vois un gros rapport avec la lecture et que une bibliothèque est un énorme besoin pour l'Homme et pour la culture. Aidez moi s'il vous plait ! « Tu viens d'incendier la Bibliothèque? — Oui. J'ai mis le feu là. — Mais c'est un crime inouï, Crime commis par toi contre toi-même, infâme Mais tu viens de tuer le rayon de ton âme ! C'est ton propre flambeau que tu viens de souffler Ce que ta rage impie et folle ose brûler, C'est ton bien, ton trésor, ta dot, ton héritage Le livre, hostile au maître, est à ton avantage. Le livre a toujours pris fait et cause pour toi. Une bibliothèque est un acte de foi Des générations ténébreuses encore Qui rendent dans la nuit témoignage à l'aurore. Quoi ! dans ce vénérable amas des vérités, Dans ces chefs-d'œuvre pleins de foudre et de clartés, Dans ce tombeau des temps devenu répertoire, Dans les siècles, dans l'homme antique, dans l'histoire, Dans le passé, leçon qu'épelle l'avenir, Dans ce qui commença pour ne jamais finir, Dans les poètes ! quoi, dans ce gouffre des bibles, Dans le divin monceau des Eschyles terribles, Des Homères, des Jobs, debout sur l'horizon, Dans Molière, Voltaire et Kant, dans la raison, Tu jettes, misérable, une torche enflammée, De tout l'esprit humain tu fais de la fumée ! As-tu donc oublié que ton libérateur, C'est le livre? Le livre est là sur la hauteur Il luit ; parce qu'il brille et qu'il les illumine, Il détruit l'échafaud, la guerre, la famine Il parle; plus d'esclave et plus de paria. Ouvre un livre. Platon, Milton, Beccaria. Lis ces prophètes, Dante, ou Shakespeare, ou Corneille ; L'âme immense qu'ils ont en eux, en toi s'éveille , Ébloui, tu te sens le même homme qu'eux tous; Tu deviens en lisant grave, pensif et doux ; Tu sens dans ton esprit tous ces grands hommes croître ; Ils t'enseignent ainsi que l'aube éclaire un cloître 1 A mesure qu'il plonge en ton cœur plus avant, Leur chaud rayon t'apaise et te fait plus vivant Ton âme interrogée est prête à leur répondre ; Tu te reconnais bon, puis meilleur; tu sens fondre Comme la neige au feu, ton orgueil, tes fureurs, Le mal, les préjugés, les rois, les empereurs ! Car la science en l'homme arrive la première. Puis vient la liberté. Toute cette lumière, C'est à toi, comprends donc, et c'est toi qui l'éteins Les buts rêvés par toi sont par le livre atteints. Le livre en ta pensée entre, il défait en elle Les liens que l'erreur à la vérité mêle, Car toute conscience est un nœud gordien 2 . Il est ton médecin, ton guide, ton gardien. Ta haine, il la guérit ; ta démence, il te l'ôte. Voilà ce que tu perds, hélas, et par ta faute Le livre est ta richesse à toi ! c'est le savoir, Le droit, la vérité, la vertu, le devoir, 1 monastère 2 nœud mythique, extrêmement compliqué et qui désigne au sens figuré un problème presque insoluble. Le progrès, la raison dissipant tout délire. Et tu détruis cela, toi ! — Je ne sais pas lire. » Victor Hugo, L'année terrible, juin 1871 (VIII)
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