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Commentaire Chatterton Alfred de Vigny Acte III scene I


elodie9568

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Bonsoir! J'ai un commentaire composé à traiter durant ces vacances pour la rentrée, c'est sur l'extrait de Chatterton d'Alfred de Vigny. J'ai commencé mon introduction mais j'ai beaucoup de mal à trouvé un correct plan... Pouvez vous m'envoyer vos idées de plans ? Merci d'avance ! Voici-ci joint l'extrait :

Texte B : Alfred de Vigny, Chatterton, Acte III, Scène 1, 1835.

[Chatterton, jeune poète pauvre, vit chez un couple de grands bourgeois : John Bell et son épouse Kitty, dont il est amoureux. II cherche l'inspiration et expose le problème fondamental auquel tout écrivain est, selon lui, nécessairement confronté.]

La chambre de Chatterton, sombre, petite, pauvre, sans feu; un lit misérable et en désordre.

CHATTERTON. Il est assis sur le pied de son lit et écrit sur ses genoux.

— Il est certain qu'elle ne m'aime pas. - Et moi... je n'y veux plus penser. - Mes mains sont glacées, ma tête est brûlante. - Me voilà seul en face de mon travail. - Il ne s'agit plus de sourire et d'être bon ! de saluer et de serrer la main ! Toute cette comédie est jouée : j'en commence une autre avec moi-même. - Il faut, à cette heure, que ma volonté soit assez puissante pour saisir mon âme, et l'emporter tour à tour dans le cadavre ressuscité des personnages que j'évoque, et dans le fantôme de ceux que j'invente ! Ou bien il faut que, devant Chatterton malade, devant Chatterton qui a froid, qui a faim, ma volonté fasse poser avec prétention un autre Chatterton, gracieusement paré pour l'amusement du public, et que celui-là soit décrit par l'autre : le troubadour1 par le mendiant. Voilà les deux poésies possibles, ça ne va pas plus loin que cela ! Les divertir ou leur faire pitié; faire jouer de misérables poupées, ou l'être soi-même et faire trafic de cette singerie ! Ouvrir son cœur pour le mettre en étalage sur un comptoir ! S'il a des blessures, tant mieux ! il a plus de prix; tant soit peu mutilé, on l'achète plus cher ! (Il se lève) Lève-toi, créature de Dieu, faite à son image, et admire-toi encore dans cette condition ! (ll rit et se rassied. - Une vieille horloge sonne une demi-heure, deux coups.) Non, non !

L'heure t'avertit; assieds-toi, et travaille, malheureux ! Tu perds ton temps en réfléchissant : tu n'as qu'une réflexion à faire, c'est que tu es un pauvre. - Entends-tu bien ? un pauvre !

Chaque minute de recueillement est un vol que tu fais; c'est une minute stérile. - Il s'agit bien de l'idée, grand Dieu ! Ce qui rapporte, c'est le mot. Il y a tel mot qui peut aller jusqu'à un shelling2 ; la pensée n'a pas cours sur la place3.[...]

1. poète et musicien du Moyen Age.

2. pièce de monnaie.

3. la pensée n'a aucune valeur dans la société.

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