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Denis Diderot

SUPPLÉMENT AU VOYAGE DE BOUGAINVILLE (1796)

-L’Aumônier :La fille déshonorée ne trouve plus de mari.

-Orou : déshonorée ! et pourquoi ?

- L’Aumônier :La femme infidèle est plus ou moins méprisée.

- Orou : Méprisée ? et pourquoi ?

- L’Aumônier :Le jeune homme s’appelle un lâche séducteur.

- Orou: Un lâche ! un séducteur ! et pourquoi ?

- L’Aumônier :Le père, la mère et l’enfant son désolés. L’époux volage est un libertin ; l’époux trahi partage la honte de sa femme.

- Orou :Quel monstrueux tissu d’extravagances tu m’exposes là ! et encore tu ne me dis pas tout : car aussitôt qu’on s’est permis de disposer à son gré des idées de justice et de propriété ; d’ôter ou de donner un caractère arbitraire aux choses, d’unir aux actions ou d’en séparer le bien et le mal, sans consulter que le caprice, on se blâme, on s’accuse, on se suspecte, on se tyrannise, on est envieux, on est jaloux, on se trompe, on s’afflige, on se cache, on dissimule, on s’épie, on se surprend, on se querelle, on met ; les filles en imposent à leurs parents ; les maris à leurs femmes ; les femmes à leurs maris ; des filles, oui, je n’en doute pas, des filles étoufferont leurs enfants ; des pères soupçonneux mépriseront et négligeront les leurs ; des mères s’en sépareront et les abandonneront à la merci du sort ; et le crime et la débauche se montreront sous toutes sortes de formes. Je sais tout cela, comme si j’avais vécu parmi vous. Cela est, parce que cela doit être ; et la société, dont votre chef vous vante le bel ordre, ne sera qu’un ramas ou d’hypocrites, qui foulent secrètement aux pieds les lois ; ou d’infortunés, qui sont eux-mêmes les instruments de leurs supplices, en s’y soumettant ; ou d’imbéciles, en qui le préjugé a tout à fait étouffé la voix de la nature ; ou d’être mal organisés, en qui la nature ne réclame pas ses droits.

- L’Aumônier: Cela ressemble. Mais vous ne vous mariez donc point ?

- Orou :Nous nous marions.

- L’Aumônier :Qu’est-ce que votre mariage ?

- Orou :Le consentement mutuel d’habiter une même cabane, et de coucher dans un même lit, tant que nous nous y trouvons bien.

- L’Aumônier: Et lorsque vous vous y trouvez mal ?

- Orou :Nous nous séparons.

- L’Aumônier :Que deviennent vos enfants ?

- Orou : O étranger ! ta dernière question achève de me déceler la profonde misère de ton pays. Sache, mon ami, qu’ici la naissance d’un enfant est toujours un bonheur, et sa mort un sujet de regrets et de larmes. Un enfant est un bien précieux, parce qu’il doit devenir un homme ; aussi, en avons-nous un tout autre soin que de nos plantes et de nos animaux. Un enfant qui naît, occasionne la joie domestique et publique : c’est un accroissement de fortune pour la cabane, et de force pour la nation : ce sont des bras et des mains de plus dans Tahiti ; nous voyons en lui un agriculteur, un pêcheur, un chasseur, un soldat, un époux, un père.

faire une dissertation

voici un sujet de bac:" Eh bien dérangez-vous quelques heures , venez avec nous quelques heures et nous ferons voir de vos yeux, toucher de vous mains, les plaies ...." (Victor Hugo ,discours a l’assemblée, 30juin 1850).

vous montrerez en quoi l'écriture littéraire sous toutes ses formes est particulièrement apte a dénoncer les problèmes de la société.

développez la première partie du devoir :montrez comment l’écrivain sait rallier son lecteur a sa cause, en s'engageant lui-même ou en mettant en scène des personnages convaincants.

pourriez vous me proposer un plan s'il vous plait . merci

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