x-Tani2aa Posté(e) le 28 mai 2011 Signaler Posté(e) le 28 mai 2011 C'est pour mon épreuve d'histoire des arts... En fait, faut que je dise quelle influence l'oeuvre a-t-elle eu sur son époque ? Et il faut que je dise le regard que je porte sur l'oeuvre ... Si vous pouviez m'aider et me dire ce que vous pensez de l'oeuvre et ce que vous pensez de son influence sur son époque !! ... Merci LE PETIT COUTEAU 17 décembre 1943, vers midi. Nous venons de quitter Drancy et nous sommes alignés sur le quai de la gare de Bobigny.Je suis au premier rang, entre mes deux meilleurs amis. A ma gauche, MauriceMaintien, dit Momo, de Montreuil-sous-Bois, et à ma droite François Sandler deLyon. Devant nous, un train de marchandises, et tout le long des soldats S.S.armés de mitraillettes. Puis, nous voyons arriver, marchant lentement, AloïsBrunner, suivi de deux officiers S.S. Je l'avais déjà vu à Drancy où j'ai passé environ quinze jours. La nuitprécédente, dans l'immense salle dans laquelle nous dormions pour la dernièrefois à Drancy, pêle-mêle hommes, femmes et enfants, une jolie jeune femmeblonde, vêtue d'un manteau de fourrure qui était installée à proximité de notregroupe, se leva vers minuit. Elle nous dit que Brunner l'attendait dans sonbureau, et lui avait promis de ne pas faire partie de ce convoi, elle et samère. Elle est revenue, deux heures plus tard, en sanglotant. Le lendemain,elle était sur le quai avec sa mère. Donc, Brunner nous tient un discours, traduit instantanément par un civil, pournous avertir que si quelqu'un tentait de s'évader, tous les autres occupants duwagon seraient exécutés. De même il nous avertissait qu'il était interditd'emporter dans ses bagages tout couteau ou autre objet pointu en métal,permettant éventuellement d'attaquer le plancher du wagon, et qu'il étaitencore temps de les remettre spontanément. Et il se mit à ouvrir au hasard, desbagages et sacs à provisions. Il s'arrêta devant mon ami Français Sandler, sepencha et ouvrit son sac et se mit à le fouiller. En sortit un petit couteau àéplucher des pommes de terre. Se releva, un sourire sarcastique aux lèvres etapprocha le petit couteau des yeux de mon ami François, allant à toute vitessed'un œil à l'autre, comme s'il allait les lui crever. Et tout à coup, d'ungeste précis et rapide lui trancha plus de la moitié de l'oreille gauche, etremit le couteau à l'un des deux sbires qui l'accompagnait. Le sang dégoulinaitabondamment sur le côté gauche de François, mais personne n'osait bouger, etquelques instants plus tard nous sommes montés dans le wagon. Bien sûr dès quele train partit, on emmaillota l'oreille de François dans un morceau dechemise. L'image de cette oreille qui pendait, je n'ai jamais réussi àl'oublier. François n'a pas tenu très longtemps à Monovitz, où il est mort après sonadmission au KB. Mon ami Maurice Fainstein, qui avait fait sauter le local deJacques Doriot à Nice, et avait pratiquement été arrêté par la foule, avait étéemprisonné avec moi à la prison de Nice, où nous avons passé trois moisensemble. Il est mort de faiblesse, dans mes bras, totalement épuisé, aucourant du mois de mai 1944. Sa sœur m'a écrit plusieurs fois, après mon retourà Thionville, ainsi que la femme de François. Je possède toutes leurs lettres,mais rien n'était aussi pénible que d'annoncer à quelqu'un la mort d'un prochedans un camp. D'autant plus pénible que ces personnes voulaient des détails surcette mort, espérant toujours que je pouvais peut-être me tromper, et cetespoir qui ne les quittait pas, me mettait dans un état lamentable. Déjà le leur dire était difficile, mais presque exiger de moi des détails étaitau-dessus de mes forces, car les images que j'ai conservées des derniersmoments de Momo étaient douloureuses. Il avait tellement maigri, et ses yeux, àtravers ses lunettes rafistolées avec du fil de fer, étaient si remplis detristesse que c'était difficilement supportable. Voilà comment sont partis, pour ne plus revenir, par le convoi n° 63, mes deuxderniers amis, venus avec moi sur ce quai de la gare de Bobigny, pour assisterà cet acte de sauvagerie barbare d'Alois Brunner. Ils sont toujours présents dans ma mémoire. SergeSMULEVIC Le dernier convoi part de Drancy le 17 août 1944, à deux jours del'insurrection de Paris. Aloïs Brunner est du voyage.
FANDM Posté(e) le 28 mai 2011 Signaler Posté(e) le 28 mai 2011 Je ne comprends pas de trop ce que tu dis ? Regarde sur un moteur de recherche " Serge SMULEVIC " Le texte que tu présentes est un témoignage .
x-Tani2aa Posté(e) le 29 mai 2011 Auteur Signaler Posté(e) le 29 mai 2011 Ouais jsais mais faut que je donne les impressions que j'ai en lisant le texte... Sauf que j'en sais rien du tout /: En gros ce que je vous demande c'est qu'est-ce que vous pensez du texte ? Quelles émotions ressentez-vous en le lisant ?
FANDM Posté(e) le 29 mai 2011 Signaler Posté(e) le 29 mai 2011 On peut comprendre en remettant les évènements dans leur contexte . L' auteur de ce témoignage , si on lit un peu qui il est , relate un évènement qu 'il a vécu . Arrêté , emprisonné puis déporté en Allemagne dans un camp de travail , il dénonce le comportement barbare d' un officier SS lors du départ vers l' Allemagne . Ce témoignage , un de plus sur la violence ou de faits graves relevant du crime contre l' humanité ... est surtout là pour dénoncer la sauvagerie , la violence gratuite. Puis , on doit comprendre que le camp de travail (Monovitz) est un bagne où les conditions de vie sont dures . L' auteur témoigne à la fois du comportement de l' officier SS et sur le vécu en étant témoin de la mort de ses amis qui n' ont pas réchappé à la barbarie nazie .
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