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Etude Sur "prose Du Transsiberien Et De La Petite Jeanne De France" De Cendrars


Invité

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Posté(e)

Bonjour a tous ,

je suis en 1 ere S . Mon professeur nous a demandé de faire un petit exposé sur un texte qui nous tiens a cœur . J'ai choisi la "Prose du transsibérien et de la petite Jeanne de France" car je trouve vraiment ce poème très profond et magnifique personnellement .

Je suis d’ailleurs capable de faire un excellent exposé spécialement sur ce poème.Je suis en trin de mettre toutes mes recherches par écrit (d’ailleurs je pourrai le joindre ici ) seulement j'aurai spécialement besoin d'aide pour quelques détails que je cherche :

1/ Tout d'abord je trouve important de dire que l'on qualifie l'écriture de Cendrars de "cubisme litteraire" . Mais , ce que je trouve encore plus interessent , c'est d'expliquer en quoi peut-on parler de cubisme littéraire , a propos de son écriture (Cendrars) .

2/ Je voudrais leur parler de la peinture . Bien sur je parle du simultané etc... ça , j'ai tout un spitch dessus . Mais je voudrais leur parler aussi des references a la peinture qui sont presentes dans son poeme . l'idee serait qu'on me donne un avis : je voudrais avoir les references les plus judicieusement choisi (ou toutes même puisqu'il n'y en a pas beaucoup) et enfain faire un commentaire dessus (pour ça honnêtement j'ai beaucoup de mal sur cette partie) .

3/ Ce qui serait tres judicieux de ma part , serait de reperer des grandes parties (de faire un découpage en fait) dans le poeme et donner un titre pour chaque partie pour en faire enfain un commentaire . L'idée est de donner une idée assez large du poeme pour ceux qui ne le connaisse pas car il est tres long (donc en plus de lire un passage je pourrais faire ça ce serait pas mal ) .

4/ Dans le dernier tiers du poème (là ou je fais mon commentaire ) , il y a une citation :

"Autant d'images-associations que je ne peux pas développer dans mes vers

Car je suis encore fort mauvais poète

Car l'univers me déborde"

Je voudrais l'expliciter et bien la commenter .

Voila c'est tout ce qu'il me manque pour perfectionner mon exposé . Je vous remercie d'avance de votre aide .

Posté(e)

salut jess...77 si tu veux je peux faire un lien imageshack du sujet de français car bon je crois pas que ce soit un livre de coeur mais plus une obligation de faire ton rapport, tu t'attendais pas à une réponse de ce genre ? hé oui t'es grillé je sais qui tu es, je connais ton prof, je sais que tu te plain tout le temps (surtout si la prof ne corrige pas ta copie car tu demande de l'aide sur internet). Je te connais, et je connais le sujet du devoirs suffisamment pour savoir que ce que tu demande n'est autre que les réponses aux questions un peu chiantes du sujet... Ton livre de coeur de mes fesses oui tu est démasqué, j'aurais pu me dire c'est forcément quelqu'un de la première S... du lycée .... mais là ton pseudo c'est trop flagrant, donc je te conseille de ne pas continuer à manipuler les gens par "oui c'est un texte que j'adore et j'aimerais bien parler de cubisme littéraire" ou sinon tu peux être sûr d'avoir un 0 à ta prochaine copie... Hé oui tu n'as pas que des amis (d'ailleurs tu n'en as pas beaucoup).

Posté(e)

salut j'ai mis qulques elements sur ton poeme a toi de voir si sa t interesse

Blaise Cendrars auteur du XX ème siècle, est un poète, romancier mais aussi un grand voyageur. Parmi les nombreux pays visités, on retiendra ici son voyage en Russie à bord du Transsibérien. C'est ce voyage en Russie que l'auteur va décrire dans « La Prose du Transsibérien et de la Petite Jeanne de France ». Blaise Cendrars publia ce poème à compte d'auteur en 1943 et l'inclut dans son recueil Du Monde entier.

« La Prose du Transsibérien et de la Petite Jeanne de France » n'a de prose que le titre puisque c'est un poème écrit en versets. Cendrars justifie ce titre dans une lettre envoyée à un ami « Pour le mot « Prose », je l'ai choisi dans le sens bas-latin de « prosa », « dictu » . Poème me semblait trop prétentieux, trop fermé. Prose et plus ouvert, populaire. »

Ce poème est une description, une narration poétique de son voyage, relatée de manière assez précise. Il ponctue ce récit de toponymes, et de faits historiques comme le « Kremlin » et la révolution russe. Cette description peut rappeler un journal de bord poétique, pour conserver une trace de ce voyage. Cependant, malgré la vraisemblance de ce récit, l'auteur y mêle une part de fantasme assumé.

L'analyse portera plus précisément sur l'extrait page 50, depuis « Du fond de mon cœur » jusqu'à « s'amusent à faire l'amour ».

On peut remarquer que la forme de cet extrait marque une rupture avec le reste du poème. Ce passage est en effet composé de quatrains. Les deux derniers vers de la strophe précédente, « et la seule flamme de l'univers / est une pauvre pensée » sont importants pour le passage à analyser, puisqu'ils semblent annoncer un passage introspectif grâce notamment au verbes « penser », renforcé par les points de suspension qui marquent un glissement vers un passage introspectif.

On peut donc se demander en quoi le poète par le biais de l'introspection, rend il ce passage autonome et crée une véritable rupture par rapport au poème ?

Les deux premières strophes composent le premier mouvement, qui serait une introduction à ce passage, les deux strophes suivantes forment le deuxième mouvement et serait le cœur de l'extrait, sa tension, la cinquième strophe serait un détachement avec cet extrait et la dernière serait une rupture avec l'extrait et un retour au reste du poème.

Le premier vers « Du fond de mon cœur des larmes me viennent » ouvre le poème et annonce un extrait plutôt mélancolique, voire élégiaque grâce à l'association des termes « cœur » et « larmes ». Cela se poursuit au vers suivant avec le terme « Amour », mis en exergue grâce aux virgules et sacralisé par la majuscule qui fait allusion à l'amour divin. Mais cette idée mélancolique est détruite par le terme « maîtresse » qui serait le penchant plus trivial de l'amour. Dès les deux premiers vers, le poète annonce la principale opposition qui va être la tension de cet extrait. On peut également noter la présence du verbe « penser » au deuxième vers qui vient renforcer l'idée d'introspection et d'atemporalité et qui rappelle les deux derniers vers de la strophe précédente.

Le poète renverse ensuite les codes de l'amour traditionnel où on tombe amoureux d'une jeune femme sensuelle. Le poète trouve ici une maitresse qu'il réduit à une enfant grâce à la négation restrictive « ne...que ». Le poète amplifie encore cette dichotomie en confrontant deux termes en apparence antinomiques « immaculée » et « bordel ». « Immaculée » c'est l'immaculée conception, la pureté de Marie, sa virginité mystérieuse, le bordel c'est l'amour charnel, la trivialité la plus basse.

Ce derniers vers fait également écho au premier « Du fond de mon cœur […] au fond d'un bordel ». Cela ferme la première strophe qui présente la scène que le poète va décrire et ses paradoxes.

La premier vers de la strophe suivante « Ce n’est qu’une enfant » s'ouvre avec le démonstratif « ce » qui dépossède la jeune fille de son identité propre. « Ce » est en effet employé pour désigner un objet, il est neutre. Cette idée de réduction est renforcée par la locution restrictive « ne que »qui réduit encore une fois la prostituée. Le terme « enfant » peut également être ambigu puisqu'il s'emploie aussi bien au féminin au masculin. Le vers suivant « Elle ne sourit pas et ne pleure jamais » apporte une idée de gravité, que l'on associeraient pas à une enfant. Le poète se distancie donc de l'image traditionnelle de l'enfant. On retrouve ensuite la locution « au fond de mon cœur », qui rappelle le « fond de mon cœur/le fond d'un bordel » et qui présente ici le seul espace d'évasion du poète mais qui est une fois de plus au fond, dans les profondeurs. Cet espace d'évasion semble donc illusoire. La strophe se conclut par « un doux lys d'argent, la fleur du poète », la jeune fille n'est donc qu'un objet, objet du poète.

Ce premier mouvement introduit donc un passage introspectif et en présente les enjeux. Le poète renverse également les lieux communs de la rencontre en opposant le lexique de la poésie romantique où l'amour est sacralisé, et des termes beaucoup plus triviaux.

Dans le deuxième mouvement, le poète décrit une scène plus joyeuse, ce qui contraste avec la jeune prostituée, le poète va également agir, contrairement au premier mouvement.

Le premier vers de ce mouvement n'est ni négatif ni restrictif mais le poète décrit la jeune fille comme inactive puisqu'elle est « douce » et « muette ». Le « long tressaillement » souligne cette idée d'inactivité, en effet, un tressaillement est une brusque secousse du corps, intuitive.

Le poète se place ensuite en acteur « Moi je » et laisse la jeune fille à l'écart comme le montre l'adjectif « esseulée ». Il vient « de ci, de là, de fait » ce qui peut rappeler une dimension musicale, une chorégraphie, renforcée par la répétition du pronom « Elle » en début de strophes qui vient rythmer cet extrait. Enfin le vers « Elle fait un pas, puis ferme les yeux – et fait un pas. » met en scène la jeune fille dans une chorégraphie artificielle, un pas répété. Cette scène est aussi très visuelle, comme le montre le vers « Des robes d'or sur de grands corps de flammes » qui peut faire penser à des danseuses. . « Les robes d'or » sont également un symbole de séduction, de richesse. « Les flammes » rend cela presque hypnotique. La jeune fille, elle, est dans le dénuement le plus total, parce qu'en plus de n'avoir aucun apparat, « elle n'a plus de corps », elle devient immatérielle, impalpable. « Elle est trop pauvre » mis en fin de vers et accentué par un tiret montre bien la situation misérable de la jeune fille.

Ce mouvement, le cœur de l'extrait, oppose la jeune fille et les autres femmes, séductrices. La jeune fille n'a a priori rien de séduisant, elle n'a rien. Ce mouvement introduit également une dimension plus visuelle et musicale, qui apporte une certaine véracité à ce passage introspectif. La typographie joue aussi un rôle visuel, par la présence de tirets.

Le troisième mouvement se détache de ce passage introspectif pour revenir à la jeune fille. Cette quatrième strophe est ici une reprise du premier mouvement. Dès la première strophe, le poète fait de la jeune fille un objet, la fleur du poète. Mais ce lys, que l'on trouvait déjà à la deuxième strophe, et qui apparaissait tremblant, est ici fané, pauvre. La répétition de l'adverbe « tout » accentue l'idée d'inévitable, de définitif. Le lys peut aussi renvoyer à un bijou, à l'idée d'un objet que l'on contemplerait. Le poète joue sur cette ambiguïté, en effet, la jeune fille-lys, n'est ici plus agréable à regarder, et l'opposition incohérente entre le lys froid, fané et le bijou rappelle l'opposition entre amour sacré et amour trivial du premier mouvement.

Enfin, le dernier vers de la strophe « Que les larmes me viennent si je pense à son cœur. », rappelle le premier vers de l'extrait, mais le poète laisse ici apparaître un « je » qui marque son attachement à la jeune fille. Ce dernier vers vient également fermer le passage introspectif.

Cette strophe résume l'ambivalence de cet extrait. Le poète présente donc la jeune fille comme entité indéfinissable, nous pouvons également noter qu'elle n'est pas nommée, mais seulement désignée. Ce mouvement annonce la strophe suivante qui vient clore définitivement ce passage introspectif.

La dernière strophe du poème marque une rupture avec le passage introspectif et un retour vers le temps de la narration du poète.

Le terme « nuit » réintroduit le le temps de la narration et montre la banalité de cette nuit. La locution « cent mille autres » évoque une certaine idée de lassitude, du temps exergue qui passe . La reprise du verbe nuit en fin de vers montre cette répétition créer une boucle et un effet de lourdeur qui illustre ce temps, long.

Le vers suivant « -Les comètes tombent- » est mis en évidence grâce aux tirets. Le ton plus neutre incite le lecteur à prendre du recul, à regarder la scène de manière plus objective. Cette disposition, ce ton rappelle les didascalies au théâtre. L'introspection est finie, ce vers est un retour à la réalité poétique du voyage, au journal de bord du poète.

Le Littré nous indique que les comètes peuvent également être des rubans étroits ayant beaucoup d'apprêt. Le poète joue également sur la polysémie des termes comètes et lys, qui peuvent tout deux être des constellations, des astres, ou bien des éléments d'apparat. « -Les comètes tombent- » annonce donc la nudité présente dans le vers suivant « Et que l’homme et la femme, même jeunes, s’amusent à faire l’amour. » L'homme et la femme sont ici généralisés grâce au déterminant « le » qui efface toute identité propre. Enfin, e terme « s'amuse » introduit une idée de légèreté, qui semble presque incohérente avec le personnage de la jeune fille. Le poète décrit une scène de manière objective, il s'éloigne de son souvenir et quitte le moment introspectif en adoptant une neutralité qui rompt avec l'extrait et qui permet au poète de revenir au poème.

Cet extrait est donc un extrait quasi autonome, car il ne dépend pas du poème. En effet, cet extrait, où le poète met en place un « je » introspectif, se détache du reste du poème que l'on peut associer à un journal de bord poétique. Le poète profite également de ce passage pour nous donner sa vision de l'amour et des femmes, qui pourrait apparaître comme paradoxal. Le personnage de Jeanne n'est pas nommé, et représente à elle même la dualité décrite par le poète.

Cendrars joue également avec les lieux communs de la poésie romantique pour les contourner comme on peut le remarquer dès le premiers vers. La structure est elle aussi significative, car elle est régulière, contrairement à La Prose du Transsibérien et de la Petite Jeanne de France, et créer un passage hermétique dans le poème.

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