fafa200 Posté(e) le 14 décembre 2003 Signaler Posté(e) le 14 décembre 2003 Bonjour, Pouvez-vous m'aider à mettre en place ma dissertation, svp ? Je dois la rendre avant les vacances et c'est la première fois que j'en fais une donc je ne sais pas trop comment m'y prendre.. Voici le sujet: Dans Les Mémoires d'outre-tombe, Chateaubriand justifie ainsi son projet autobiographique: "Mettons à profit le peu d'instants qui me restent; [..] Le navigateur, abandonnant pour jamais un rivage enchanté, écrit son journal à la vue de la terre qui s'éloigne et qui va bientôt disparaître." En quoi, selon vous, l'écriture autobiographique permet-elle de recréer le passé? Vous développerez votre réflexion en vous appuyant sur le texte du corps (ci-dessous).. Merci.. Les soirées d'automne et d'hiver étaient d'une autre nature. Le souper fini et les quatre convives revenus de la table à la cheminée, ma mère se jetait, en soupirant, sur un vieux lit de jour de siamoise flambée ; on mettait devant elle un guéridon avec une bougie. Je m'asseyais auprès du feu avec Lucile ; les domestiques enlevaient le couvert et se retiraient. Mon père commençait alors une promenade, qui ne cessait qu'à l'heure de son coucher. Il était vêtu d'une robe de ratine blanche, ou plutôt d'une espèce de manteau que je n'ai vu qu'à lui. Sa tête, demi-chauve, était couverte d'un grand bonnet blanc qui se tenait tout droit. Lorsqu'en se promenant, il s'éloignait du foyer, la vaste salle était si peu éclairée par une seule bougie qu'on ne le voyait plus ; on l'entendait seulement encore marcher dans les ténèbres : puis il revenait lentement vers la lumière et émergeait peu à peu de l'obscurité, comme un spectre, avec sa robe blanche, son bonnet blanc, sa figure longue et pâle. Lucile et moi, nous échangions quelques mots à voix basse, quand il était à l'autre bout de la salle ; nous nous taisions quand il se rapprochait de nous. Il nous disait, en passant : " De quoi parliez-vous ? " Saisis de terreur, nous ne répondions rien ; il continuait sa marche. Le reste de la soirée, l'oreille n'était plus frappée que du bruit mesuré de ses pas, des soupirs de ma mère et du murmure du vent. Dix heures sonnaient à l'horloge du château : mon père s'arrêtait ; le même ressort, qui avait soulevé le marteau de l'horloge, semblait avoir suspendu ses pas. Il tirait sa montre, la montait, prenait un grand flambeau d'argent surmonté d'une grande bougie, entrait un moment dans la petite tour de l'ouest, puis revenait, son flambeau à la main, et s'avançait vers sa chambre à coucher, dépendante de la petite tour de l'est. Lucile et moi, nous nous tenions sur son passage ; nous l'embrassions en lui souhaitant une bonne nuit. Il penchait vers nous sa joue sèche et creuse sans nous répondre, continuait sa route et se retirait au fond de la tour, dont nous entendions les portes se refermer sur lui. Le talisman était brisé ; ma mère, ma soeur et moi transformés en statues par la présence de mon père, nous recouvrions les fonctions de la vie. Le premier effet de notre désenchantement se manifestait par un débordement de paroles : si le silence nous avait opprimés, il nous le payait cher.
E-Bahut sansid3 Posté(e) le 14 décembre 2003 E-Bahut Signaler Posté(e) le 14 décembre 2003 Mettons à profit le peu d'instants qui me restent; La perspective est importante. Il n'y a plus de temps pour vivre, pour continuer a agir. Il ne reste plus que quelques instants Le navigateur, l'acteur, celui qui se dirige vers des points eloignes abandonnant pour jamais sentiment d'une perte, d'une finalite. De nouveau perspective d'une fin un rivage enchanté devant cette fin qui s'approche, le rivage est enchange. Deja il y a un processus de transformation qui oublie les terribles moments... , écrit son journal à la vue de la terre qui s'éloigne et Pour ecrire son journal, il faut une certaine distance, on ne peut pas etre nez a nez avec les evenements. A quoi sert cette distance? qui va bientôt disparaître." De nouveau la perspective de la fin Vu l'importance de la mort dans ce passage, on peut se demander si le passe va etre recree de facon a 1. transformer la mort en une suite a la mesure de la vie ou 2. se justifier avant la mort par crainte d'un jugement... justes quelques reactions quelles sont les tiennes?
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