ghost25320 Posté(e) le 9 mars 2011 Signaler Posté(e) le 9 mars 2011 Bonjour a tous, j'ai une question que jetrouve assez difficile, c'est pour cela que je vous demande de m'aider, cettequestion est: Montrez en quoi les textes de Stendhal (Le Rouge et le Noirpremiere partie chapitre X) et Camus (L'étranger) sont l'illustration du textede Robbe-Grillet (Pour un nouveau roman). Les textes: Stendhal-> J'ai gagné une bataille, se dit-il aussitôt qu'il se vit dans les bois et loindu regard des hommes, j'ai donc gagné une bataille ! Ce mot lui peignait en beau toute sa position, et rendit à son âme quelquetranquillité. Me voilà avec cinquante francs d'appointements par mois, il faut que M. deRênal ait eu une belle peur. Mais de quoi ? Cette méditation sur ce qui avait pu faire peur à l'homme heureux et puissantcontre lequel, une heure auparavant, il était bouillant de colère, acheva derasséréner(3) l'âme de Julien. Il fut presque sensible un moment à la beautéravissante des bois au milieu desquels il marchait. D'énormes quartiers deroches nues étaient tombés jadis au milieu de la forêt du côté de la montagne.De grands hêtres s'élevaient presque aussi haut que ces rochers dont l'ombredonnait une fraîcheur délicieuse à trois pas des endroits où la chaleur desrayons du soleil eût rendu impossible de s'arrêter. Julien prenait haleine un instant à l'ombre de ces grandes roches, et puis seremettait à monter. Bientôt par un étroit sentier à peine marqué et qui sertseulement aux gardiens de chèvres, il se trouva debout sur un roc immense, sûrd'être séparé de tous les hommes. Cette position physique le fit sourire, ellelui peignait la position qu'il brûlait d'atteindre au moral. L'air pur de cesmontagnes élevées communiqua la sérénité et même la joie à son âme. Le maire deVerrières était bien toujours, à ses yeux, le représentant de tous les richeset de tous les insolents de la terre ; mais Julien sentait que la haine quivenait de l'agiter, malgré la violence de ses mouvements, n'avait rien depersonnel. S'il eût cessé de voir M. de Rênal, en huit jours il l'eût oublié,lui, son château, ses chiens, ses enfants et toute sa famille. Je l'ai forcé,je ne sais comment, à faire le plus grand sacrifice. Quoi ! plus de cinquanteécus par an ! Un instant auparavant, je m'étais tiré du plus grand danger.Voilà deux victoires en un jour, la seconde est sans mérite, il faudrait endeviner le comment. Mais à demain les pénibles recherches. Julien, debout sur son grand rocher, regardait le ciel, embrasé par un soleild'août. Les cigales chantaient dans le champ au-dessous du rocher, quand ellesse taisaient tout était silence autour de lui. Il voyait à ses pieds vingtlieues de pays. Quelque épervier parti des grandes roches au-dessus de sa têteétait aperçu par lui, de temps à autre, décrivant en silence ses cerclesimmenses. L'œil de Julien suivait machinalement l'oiseau de proie. Sesmouvements tranquilles et puissants le frappaient, il enviait cette force, ilenviait cet isolement. C'était la destinée de Napoléon, serait-ce un jour la sienne ? Camus-> J'ai pensé que je n'avais qu'un demi-tour à faire et ce serait fini. Mais touteune plage vibrante de soleil se pressait derrière moi. J'ai fait quelques pasvers la source. L'Arabe n'a pas bougé. Malgré tout, il était encore assez loin.Peut-être à cause des ombres sur son visage, il avait l'air de rire. J'aiattendu. La brûlure du soleil gagnait mes joues et j'ai senti des gouttes desueur s'amasser dans mes sourcils. C'était le même soleil que le jour oùj'avais enterré maman et, comme alors, le front surtout me faisait mal ettoutes ses veines battaient ensemble sous la peau. A cause de cette brûlure queje ne pouvais plus supporter, j'ai fait un mouvement en avant. Je savais quec'était stupide, que je ne me débarrasserais pas du soleil en me déplaçant d'unpas. Mais j'ai fait un pas, un seul pas en avant. Et cette fois, sans sesoulever, l'Arabe a tiré son couteau qu'il m'a présenté dans le soleil. Lalumière a giclé sur l'acier et c'était comme une longue lame étincelante quim'atteignait au front. Au même instant, la sueur amassée dans mes sourcils acoulé d'un coup sur les paupières et les a recouvertes d'un voile tiède etépais. Mes yeux étaient aveuglés derrière ce rideau de larmes et de sel. Je nesentais plus que les cymbales du soleil sur mon front et, indistinctement, leglaive éclatant jailli du couteau toujours en face de moi. Cette épée brûlanterongeait mes cils et fouillait mes yeux douloureux. C'est alors que tout avacillé. La mer a charrié un souffle épais et ardent. Il m'a semblé que le ciels'ouvrait de toute son étendue pour laisser pleuvoir du feu. Tout mon êtres'est tendu et j'ai crispé ma main sur le revolver. Robbe-Grillet-> Un personnage, tout le monde sait ce que le mot signifie. Ce n'est pas un ilquelconque, anonyme et translucide, simple sujet de l'action exprimée par leverbe. Un personnage doit avoir un nom propre, double si possible : nom defamille et prénom. Il doit avoir des parents, une hérédité. Il doit avoir uneprofession. S'il a des biens, cela n'en vaudra que mieux. Enfin il doitposséder un « caractère », un visage qui le reflète, un passé qui a modelécelui-ci et celui-là. Son caractère dicte ses actions, le fait réagir de façondéterminée à chaque événement. Son caractère permet au lecteur de le juger, del'aimer, de le haïr. C'est grâce à ce caractère qu'il léguera un jour son nom àun type humain, qui attendait, dirait-on, la consécration de ce baptême. Aucune des grandes œuvres contemporaines ne correspond en effet sur ce pointaux normes de la critique. Combien de lecteurs se rappellent le nom dunarrateur dans La Nausée ou dans L'Étranger ? Y a-t-il là des types humains ?Ne serait-ce pas au contraire la pire absurdité que de considérer ces livrescomme des études de caractère ? On pourrait multiplier les exemples. En fait, les créateurs de personnages, ausens traditionnel, ne réussissent plus à nous proposer que des fantochesauxquels eux-mêmes ont cessé de croire. Le roman de personnages appartient belet bien au passé, il caractérise une époque : celle qui marqua l'apogée del'individu. Peut-être n'est-ce pas un progrès, mais il est certain que l'époque actuelleest plutôt celle du numéro matricule. Le destin du monde a cessé, pour nous, des'identifier à l'ascension ou à la chute de quelques hommes, de quelquesfamilles. Le monde lui-même n'est plus cette propriété privée, héréditaire etmonnayable, cette sorte de proie, qu'il s'agissait moins de connaître que deconquérir. Je pense que le texte de Robbe-Grillet est la définition du personnage de romanet que les deux autres textes sont des exemples mais je n'arrive pas àl'expliquer, merci d'avance pour vos prochaines réponses
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