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Préface Des Contes (1695) De Charles Perrault


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Posté(e)

Rebonjour c'est encore moi !

C’est une autre lecture analytique toujours concernant l’auteur Charles PERRAULT.

Ici j’ai pas trop bien compris le texte et la question qui va avec et qui suit :

Quelle est la finalité et la caractéristique essentielle des contes de Perrault tels que les présente leur auteur ?

Tout ce qu'on peut dire, c'est que cette Fable de même que la plupart de celles qui nous restent des Anciens n'ont été faites que pour plaire sans égard aux bonnes mœurs qu'ils négligeaient beaucoup. Il n'en est pas de même des contes que nos aïeux ont inventés pour leurs Enfants. Ils ne les ont pas contés avec l'élégance et les agréments dont les Grecs et les Romains ont orné leurs Fables; mais ils ont toujours eu un très grand soin que leurs contes renfermassent une moralité louable et instructive. Partout la vertu y est récompensée, et partout le vice y est puni. Ils tendent tous à faire voir l'avantage qu'il y a d'être honnête, patient, avisé, laborieux, obéissant, et le mal qui arrive à ceux qui ne le sont pas. Tantôt ce sont des Fées qui donnent pour don à une jeune fille qui leur aura répondu avec civilité, qu'à chaque parole qu'elle dira, il lui sortira de la bouche un diamant ou une perle; et à une autre Fille qui leur aura répondu brutalement, qu'à chaque parole il lui sortira de la bouche une grenouille ou un crapaud.

Tantôt ce sont des enfants qui pour avoir bien obéi à leur père ou à leur mère deviennent grands Seigneurs, ou d'autres, qui ayant été vicieux et désobéissants, sont tombés dans des malheurs épouvantables. Quelque frivoles et bizarres que soient toutes ces Fables dans leurs aventures, il est certain qu'elles excitent dans les Enfants le désir de ressembler à ceux qu'ils voient devenir heureux, et en même temps la crainte des malheurs où les méchants sont tombés par leur méchanceté. N'est-il pas louable à des Pères et à des Mères, lorsque leurs Enfants ne sont pas encore capables de goûter les vérités solides et dénuées de tous agréments, de les leur faire aimer, et si cela se peut dire, les leur faire avaler, en les enveloppant dans des récits agréables et proportionnés à la faiblesse de leur âge. Il n'est pas croyable avec quelle avidité ces âmes innocentes, et dont rien n'a encore corrompu la droiture naturelle, reçoivent ces instructions cachées; on les voit dans la tristesse et dans l'abattement, tant que le Héros ou l'Héroïne de Conte sont dans le malheur, et s'écrier de joie quand le temps de leur bonheur arrive; de même qu'après avoir souffert impatiemment la prospérité du méchant ou de la méchante, ils sont ravis de les voir enfin punis comme ils le méritent. Ce sont des semences qu'on jette qui ne produisent d'abord que des mouvements de joie et de tristesse, mais dont il ne manque guère d'éclore de bonnes inclinations.

J'aurais pu rendre mes Contes plus agréables en y mêlant certaines choses un peu libres dont on a accoutumé de les égayer; mais le désir de plaire ne m'a jamais assez tenté pour violer une loi que je me suis imposée de ne rien écrire qui pût blesser ou la pudeur ou la bienséance.

  • E-Bahut
Posté(e)

je suis desole, je trouve ce texte tres claire.

Sauf peut-etre au debut. Parcequ'il ne donne pas d'exemple

Tout ce qu'on peut dire, c'est que cette Fable de même que la plupart de celles qui nous restent des Anciens n'ont été faites que pour plaire sans égard aux bonnes mœurs qu'ils négligeaient beaucoup

peut-etre le texte precedent t'aidera a comprendre le demarage

Je pretens mesme que mes fables meritent mieux d'estre racontées que la pluspart des contes anciens, et particulièrement celuy de la matrone d'Ephese et celuy de Psiché, si l'on les regarde du costé de la morale, chose principale dans toute sorte de fables, et pour laquelle elles doivent avoir esté faites.

Toute la moralité qu'on peut tirer de la matrone d'Ephese est que souvent les femmes qui semblent les plus vertueuses le sont le moins, et qu'ainsi il n'y en a presque point qui le soient veritablement.

Qui ne voit que cette morale est tres-mauvaise, et qu'elle ne va qu'à corrompre les femmes par le mauvais exemple, et à leur faire croire qu'en manquant à leur devoir elles ne font que suivre la voie commune ?

Il n'en est pas de mesme de la morale de Griselidis, qui tend à porter les femmes à souffrir de leurs maris, et à faire voir qu'il n'y en a point de si brutal ny de si bizarre dont la patience d'une honneste femme ne puisse venir à bout.

à l'égard de la morale cachée dans la fable de Psiché, fable en elle-mesme tres-agreable et tres-ingenieuse, je la compareray avec celle de Peau D'Asne quand je la sçauray ; mais jusqu'icy je n'ay pû la deviner.

Je sçay bien que Psiché signifie l'ame ; mais je ne comprens point ce qu'il faut entendre par l'amour, qui est amoureux de Psiché, c'est-à-dire de l'ame, et encore moins ce qu'on ajoûte, que Psiché devoit estre heureuse tant qu'elle ne connoistroit point celuy dont elle estoit aimée, qui estoit l'amour ; mais qu'elle seroit tres-malheureuse dès le moment qu'elle viendroit à le connoistre : voilà pour moy une enigme impenetrable.

Tout ce qu'on peut dire, c'est que cette fable, de mesme que la pluspart de celles qui nous restent des anciens, n'ont esté faites que pour plaire, sans égard aux http://perso.wanadoo.fr/papiers.universitaires/mytho14.htm

bonnes moeurs, qu'ils negligeoient beaucoup.

http://perso.wanadoo.fr/papiers.universitaires/mytho14.htm

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