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D.fo


leopolda09

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Posté(e)

Bonjour,

Je dois réaliser un commentaire sur le texte L'histoire du Tigre de D.Fo.

J'ai commencé mais j'ai quelques problèmes à formuler clairement mes idées.

Pourriez-vous me dire ce qui va et ce qui ne vas pas?

Merci par avance.

L'histoire du tigre est un monologue à la première personne. C'est un homme qui raconte, aidé de son corps et de sa voix.

Un homme qui relate une histoire et se raconte à travers elle. Ses peurs, ses espoirs, deviennent, au fil du texte, les nôtres. S'adressant au public, l'acteur entretien une relation avec le spectateur, il le prend à parti, mime, s'exprime afin d'être entendu de lui. L'histoire est truffée de situations qui permettent de faire entendre le sens des propos par gestes, timbre de voix... comme par exemple : 'J'ai attrapé le téton et…MTCH MTCH MTCH…(il mime une tétée rapide et goulue)'. Par le biais de son périple et de cette incroyable rencontre, le personnage nous livre un incroyable discours tendu vers l'espérance et l'acceptation des différences.

Le monologue, est, au sens propre du terme, une prise de parole individuelle. Solitairement, le personnage porte un regard critique sur le monde dans lequel chacun de nous évoluent. Il dénonce sans détour l'arbitraire de nos modes de pensée trop étriqués, les injustices. Le tigre, considéré par les villageois comme source d'épouvante se révèle être pour eux des compagnons décisifs dans leur lutte contre les bandits et les bureaucrates. L'homme peint la vie dans toute sa cruauté et sa beauté. Cruauté de la guerre, de ses combats, de ses défaites, de la nation qui enferme les gens dans un moule. Mais beauté de la rencontre entre l'homme et la nature, de l'homme avec ses qualités, ses défauts, ses coups de gueule, ses combats pour survivre. Le soldat va s'accrocher à la vie, ne lâchera pas prise, car il se doit de résister. L'espoir fait vivre l'homme, l'entraide aussi. Car il est bien question ici d'entraide, de solidarité. L'homme, affaibli, transi par la fièvre, saura trouver refuge dans une grotte habitée par une tigresse et son petit. Une drôle de cohabitation s'installe alors, mélange de confiance et de méfiance mutuelle pour finir par ne former entre l'homme et l'animal qu'une seule et même famille, loin des normes imposées par une société trop étroite. Le soldat est un personnage hors-normes. Il sort du mode de vie et de pensée du monde humain. Il s'imprègne du mode de vie de la nature animale. La nature et l'être humain cohabitent et cette relation sera salvatrice pour les villageois. Le tigre, symbole de résistance va tenir un rôle salutaire dans les guerres entre les peuples. Le peuple va persister dans sa lutte, tenir bon, résister, ne s'en remettre symboliquement qu'au Tigre.

Jouer ce texte relève d'une grande performance d'acteur. Le comédien doit interpréter plusieurs personnages. Il est tour à tour le soldat-conteur, la tigresse et son petit, les villageois... Ce texte relève d'un jeu très physique.

Le monde extérieur se révèle être dangereux. Le danger vient de la nature avec la tempête, l'eau du fleuve mais aussi le danger de la nature animale au premier abord. Le monde des humains est aussi source de danger. La guerre avec ses crimes et sa peur reflète les dangers d'une nation et des membres au pouvoir.

Un rapport de force s'instaure aussi entre l'homme et l'animal (le tigrichon finit par craindre le soldat) mais aussi entre la nature et le monde humain (la tempête oblige le militaire à se réfugier dans une grotte).

Ce récit ressemble à un conte philosophique. C'est une histoire produite dans le but de peindre une critique du pouvoir politique et des normes de pensées étriquées. Dario Fo fait sortir son personnage des normes imposées. C'est ceci qui est source de rire.

En effet, ce monologue porte aussi une touche de comédie.

La rencontre incongrue entre l'animal et l'homme et la cohabitation qui en résulte met le texte dans un comique de situation. L'auteur met son personnage dans une situation incongrue.

L'adaptation à ce nouveau mode de vie est facteur de rire.

Le comique de gestes vient des didascalies imposant au comédien des mouvements comiques. Celui-ci à recourt à la pantomime afin d'illustrer ses propos comme par exemple : (Il mime le tigre traîné par la queue, essayant de résister en enfonçant ses griffes dans le sol).

Le comique de mots vient d'une part de la familiarité qui émane des paroles du soldat. Sa diction est assez crue comme nous le montre la phrase : 'On chiait tellement que pour des siècles, je crois, il poussera sur notre passage l'herbe la plus haute et la plus grasse du monde !.

D'autre part, le comique de langage provient des onomatopées. Les sons et les cris sont bestiaux, se rapprochant de l'animal.

Le comique de caractère réside dans la personnalité du soldat, les manières, le phrasé familier employé.

Le schéma actanciel du texte pourrait être ceci : Les bandits blancs et les bureaucrates sont vus comme opposants tandis que les tigres sont les adjuvants du héros (le soldat) dans sa quête de résistance.

Posté(e)

Pour ma part, je trouve ton commentaire très intéressant. Après, je n'ai pas lu le livre donc je ne peux pas trop te corriger.

Mais je pense que tu as parlé de tout les aspects de l'histoire, et d'une très belle façon.

Peut-être un oeil plus critique que le mien pourra t'aider.

Mais personnellement je trouve cela très intéressant.

Shadow

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