Aller au contenu

Fausse Suivante


leopolda09

Messages recommandés

Posté(e)

Bonsoir,

Je dois étudier le personnage d'arlequin à travers cette scène de la Fausse Suivante de Marivaux.

SCENE V ACTE II

ARLEQUIN, TRIVELIN

TRIVELIN, à part.

Interrogeons un peu Arlequin là-dessus. (Haut.) Ah ! te voilà ! où vas-tu ?

ARLEQUIN

Voir s'il y a des lettres pour mon maître.

TRIVELIN

Tu me parais occupé ; à quoi est-ce que tu rêves ?

ARLEQUIN

À des louis d'or.

TRIVELIN

Diantre ! tes réflexions sont de riche étoffe.

ARLEQUIN

Et je te cherchais aussi pour te parler.

TRIVELIN

Et que veux-tu de moi ?

ARLEQUIN

T'entretenir de louis d'or.

TRIVELIN

Encore des louis d'or ! Mais tu as une mine d'or dans ta tête.

ARLEQUIN

Dis-moi, mon ami, où as-tu pris toutes ces pistoles que je t'ai vu tantôt tirer de ta poche pour la bouteille de vin que nous avons bu au cabaret du bourg ? Je voudrais bien savoir le secret que tu as pour en faire.

TRIVELIN

Mon ami, je ne pourrais guère te donner le secret d'en faire ; je n'ai jamais possédé que le secret de le dépenser.

ARLEQUIN

Oh ! j'ai aussi un secret qui est bon pour cela, moi ; je l'ai appris au cabaret en perfection.

TRIVELIN

Oui-da, on fait son affaire avec du vin, quoique lentement ; mais en y joignant une pincée d'inclination pour le beau sexe, on réussit bien autrement.

ARLEQUIN

Ah le beau sexe, on ne trouve point de cet ingrédient-là ici.

TRIVELIN

Tu n'y demeureras pas toujours. Mais de grâce, instruis-moi d'une chose à ton tour : ton maître et Monsieur le Chevalier s'aiment-ils beaucoup ?

ARLEQUIN

Oui.

TRIVELIN

Fi ! Se témoignent-ils de grands empressements ? Se font-ils beaucoup d'amitiés ?

ARLEQUIN

Ils se disent : comment te portes-tu ? À ton service. Et moi aussi. J'en suis bien aise… Après cela ils dînent et soupent ensemble ; et puis : bonsoir ; je te souhaite une bonne nuit, et puis ils se couchent, et puis ils dorment, et puis le jour vient. Est-ce que tu veux qu'ils se disent des injures ?

TRIVELIN

Non, mon ami ; c'est que j'avais quelque petite raison de te demander cela, par rapport à quelque aventure qui m'est arrivée ici.

ARLEQUIN

Toi ?

TRIVELIN

Oui, j'ai touché le cœur d'une aimable personne, et l'amitié de nos maîtres prolongera notre séjour ici.

ARLEQUIN

Et où est-ce que cette rare personne-là habite avec son cœur ?

TRIVELIN

Ici, te dis-je. Malpeste, c'est une affaire qui m'est de conséquence.

ARLEQUIN

Quel plaisir ! Elle est jeune ?

TRIVELIN

Je lui crois dix-neuf à vingt ans.

ARLEQUIN

Ah ! le tendron ! Elle est jolie ?

TRIVELIN

Jolie ! quelle maigre épithète ! Vous lui manquez de respect ; sachez qu'elle est charmante, adorable, digne de moi.

ARLEQUIN, touché.

Ah ! m'amour ! friandise de mon âme !

TRIVELIN

Et c'est de sa main mignonne que je tiens ces louis d'or dont tu parles, et que le don qu'elle m'en a fait me rend si précieux.

ARLEQUIN, à ce mot, laisse aller ses bras.

Je n'en puis plus.

TRIVELIN, à part.

Il me divertit ; je veux le pousser jusqu'à l'évanouissement. Ce n'est pas le tout, mon ami : ses discours ont charmé mon cœur ; de la manière dont elle m'a peint, j'avais honte de me trouver si aimable. M'aimerez-vous ? me disait-elle ; puis-je compter sur votre cœur ?

ARLEQUIN, transporté.

Oui, ma reine.

TRIVELIN

À qui parles-tu ?

ARLEQUIN

À elle ; j'ai cru qu'elle m'interrogeait.

TRIVELIN, riant.

Ah ! ah ! ah ! Pendant qu'elle me parlait, ingénieuse à me prouver sa tendresse, elle fouillait dans sa poche pour en tirer cet or qui fait mes délices. Prenez, m'a-t-elle dit en me le glissant dans la. main ; et comme poliment j'ouvrais ma main avec lenteur : prenez donc, s'est-elle écriée, ce n'est là qu'un échantillon du coffre-fort que je vous destine ; alors je me suis rendu ; car un échantillon ne se refuse point.

ARLEQUIN jette sa batte et sa ceinture à terre, et se jetant à genoux, il dit.

Ah ! mon ami, je tombe à tes pieds pour te supplier, en toute humilité, de me montrer seulement la face royale de cette incomparable fille, qui donne un cœur et des louis d'or du Pérou avec ; peut-être me fera-t-elle aussi présent de quelque échantillon ; je ne veux que la voir, l'admirer, et puis mourir content.

TRIVELIN

Cela ne se peut pas, mon enfant ; il ne faut pas régler tes espérances sur mes aventures ; vois-tu bien, entre le baudet et le cheval d'Espagne, il y a quelque différence.

ARLEQUIN

Hélas ! je te regarde comme le premier cheval du monde.

TRIVELIN

Tu abuses de mes comparaisons ; je te permets de m'estimer, Arlequin, mais ne me loue jamais.

ARLEQUIN

Montre-moi donc cette fille…

TRIVELIN

Cela ne se peut pas ; mais je t'aime, et tu te sentiras de ma bonne fortune : dès aujourd'hui je te fonde une bouteille de Bourgogne pour autant de jours que nous serons ici.

ARLEQUIN, demi-pleurant.

Une bouteille par jour, cela fait trente bouteilles par mois ; pour me consoler dans ma douleur, donne-moi en argent la fondation du premier mois.

TRIVELIN

Mon fils, je suis bien aise d'assister à chaque paiement.

ARLEQUIN, en s'en allant et pleurant.

Je ne verrai donc point ma reine ? Où êtes-vous donc, petit louis d'or de mon âme ? Hélas ! je m'en vais vous chercher partout : Hi ! hi ! hi ! hi !… (Et puis d'un ton net.) Veux-tu aller boire le premier mois de fondation ?

TRIVELIN

Voilà mon maître, je ne saurais ; mais va m'attendre.

ARLEQUIN s'en va en recommençant.

Hi ! hi ! hi ! hi !

Pourriez-vous m'aider? Merci

Posté(e)

Bonjour,

Alors, en fait je dois essayer de voir dans quelle mesure l'Arlequin de Marivaux est différent de celui de la commédia.

Je dois donc étudier une scène d'une pièce de Marivaux.

Mais j'ai un peu de mal.Pourriez vous m'aider?Merci

Archivé

Ce sujet est désormais archivé et ne peut plus recevoir de nouvelles réponses.

×
×
  • Créer...
spam filtering
spam filtering