olchampion Posté(e) le 10 juin 2009 Signaler Posté(e) le 10 juin 2009 Bonjour à tous et merci de m’aider. J’ai fait un exercice type bac et je voudrai savoir ce qui ne va pas, et comment m’améliorer. Pourriez-vous y jeter un coup d’œil ? Voilà le corpus : Marivaux, La Colonie, scène 13 : HERMOCRATE Mais, qu'est-ce que c'est que cette mauvaise plaisanterie-là ? Parlez-leur donc, seigneur Timagène, sachez de quoi il est question. TIMAGÈNE Voulez-vous bien vous expliquer, Madame ? MADAME SORBIN Lisez l'affiche, l'explication y est. ARTHÉNICE Elle vous apprendra que nous voulons nous mêler de tout, être associées à tout, exercer avec vous tous les emplois, ceux de finance, de judicature et d'épée. HERMOCRATE D'épée, Madame ? ARTHÉNICE Oui d'épée, Monsieur ; sachez que jusqu'ici nous n'avons été poltronnes que par éducation. MADAME SORBIN Mort de ma vie ! qu'on nous donne des armes, nous serons plus méchantes que vous ; je veux que dans un mois, nous maniions le pistolet comme un éventail : je tirai ces jours passés sur un perroquet, moi qui vous parle. ARTHÉNICE Il n'y a que de l'habitude à tout. MADAME SORBIN De même qu'au Palais à tenir l'audience, à être Présidente, Conseillère, Intendante, Capitaine ou Avocate. UN HOMME Des femmes avocates ? MADAME SORBIN Tenez donc, c'est que nous n'avons pas la langue assez bien pendue, n'est-ce pas ? ARTHÉNICE Je pense qu'on ne nous disputera pas le don de la parole. HERMOCRATE Vous n'y songez pas, la gravité de la magistrature et la décence du barreau ne s'accorderaient jamais avec un bonnet carré sur une cornette… ARTHÉNICE Et qu'est-ce que c'est qu'un bonnet carré, Messieurs ? Qu'a-t-il de plus important qu'une autre coiffure ? D'ailleurs, il n'est pas de notre bail non plus que votre Code ; jusqu'ici c'est votre justice et non pas la nôtre ; justice qui va comme il plaît à nos beaux yeux, quand ils veulent s'en donner la peine, et si nous avons part à l'institution des lois, nous verrons ce que nous ferons de cette justice-là, aussi bien que du bonnet carré, qui pourrait bien devenir octogone si on nous fâche ; la veuve ni l'orphelin n'y perdront rien. Beaumarchais, le Mariage de Figaro, acte III, scène 16 : FIGARO, exalté. Tout près d’un château. Bon docteur, si vous me rendez à ma noble famille, mettez un prix à ce service ; des monceaux d’or n’arrêteront pas mes illustres parents. BARTHOLO, montrant Marceline. Voilà ta mère. FIGARO ... Nourrice ? BARTHOLO Ta propre mère. LE COMTE Sa mère ! FIGARO Expliquez-vous. MARCELINE, montrant Bartholo. Voilà ton père. FIGARO, désolé. Oooh ! aïe de moi ! MARCELINE Est-ce que la nature ne te l’a pas dit mille fois FIGARO Jamais. LE COMTE, à part. Sa mère ! BRID’OISON C’est clair, i-il ne l’épousera pas. BARTHOLO Ni moi non plus. MARCELINE Ni vous ! Et votre fils ? Vous m’aviez juré... BARTHOLO J’étais fou. Si pareils souvenirs engageaient, on serait tenu d’épouser tout le monde. BRID’OISON E-et si l’on y regardait de si près, per-ersonne n’épouserait personne. BARTHOLO Des fautes si connues ! une jeunesse déplorable ! MARCELINE, s’échauffant par degrés. Oui, déplorable, et plus qu’on ne croit ! Je n’entends pas nier mes fautes ; ce jour les a trop bien prouvées ! mais qu’il est dur de les expier après trente ans d’une vie modeste ! J’étais née, moi, pour être sage, et je la suis devenue sitôt qu’on m’a permis d’user de ma raison. Mais dans l’âge des illusions, de l’inexpérience et des besoins, où les séducteurs nous assiègent pendant que la misère nous poignarde, que peut opposer une enfant à tant d’ennemis rassemblés ? Tel nous juge ici sévèrement, qui, peut-être, en sa vie a perdu dix infortunées ! FIGARO Les plus coupables sont les moins généreux ; c’est la règle. MARCELINE, vivement. Hommes plus qu’ingrats, qui flétrissez par le mépris les jouets de vos passions, vos victimes ! c’est vous qu’il faut punir des erreurs de notre jeunesse ; vous et vos magistrats, si vains du droit de nous juger, et qui nous laissent enlever, par leur coupable négligence, tout honnête moyen de subsister. Est-il un seul état pour les malheureuses filles ? Elles avaient un droit naturel à toute la parure des femmes : on y laisse former mille ouvriers de l’autre sexe. FIGARO, en colère. Ils font broder jusqu’aux soldats ! MARCELINE, exaltée. Dans les rangs même plus élevés, les femmes n’obtiennent de vous qu’une considération dérisoire ; leurrées de respects apparents, dans une servitude réelle ; traitées en mineures pour nos biens, punies en majeures pour nos fautes ! Ah ! sous tous les aspects, votre conduite avec nous fait horreur ou pitié ! FIGARO Elle a raison ! LE COMTE, à part. Que trop raison ! Questions : 1) Reformulez les principaux arguments d’Arthénice, de Madame Sorbin et de Marceline. 2) Montrez que les propos de Marceline tendent progressivement à passer d’un cas particulier à une généralisation Voilà ce que j’ai fait : 1) Dans la scène 13 de La Colonie, écrit par Marivaux en 1750, Arthémice et Madame Sorbin argumentent pour l’égalité des femmes. La première explique que c’est l’éducation des femmes qui les prédestinent à certaines tâches et non pas la nature. Elle pense « qu’il n’y a que de l’habitude à tout » et que donc les femmes peuvent très bien exercer les mêmes métiers que les hommes. Elle dit également que la justice est inégalitaire et favorise les hommes. Madame Sorbin appuie ces arguments en expliquant qu’elle a déjà tiré au pistolet ou en démontrant que les femmes peuvent être avocat, ayant « la langue assez bien pendue ». Dans l’extrait de la scène 16 de l’acte III du mariage de Figaro, c’est Marceline qui dénonce les inégalités entre hommes et femmes. Pour cela, elle montre que les femmes pauvres de son époque ne peuvent résister aux hommes riches, qui ont alors tous les pouvoirs . Elle explique que les femmes sont négligées même dans la bourgeoisie, n’obtenant « qu’une considération dérisoire ». Ces deux textes prennent donc parti pour les femmes et font débat au XVIIIème siècle, une polémique qui continuera après la Révolution avec Olympe De Gouges et qui reste d’actualité. 2) Dans sa première longue prise de parole, à partir de la ligne 20, Marceline expose d’abord son cas personnel. Elle parle en effet à la première personne du singulier, disant « je m’entends » ou « j’étais née ». Elle explique alors qu’elle a bien fauté en s’unissant à Bartholo, mais que c’est de part sa pauvreté et sa jeunesse qu’elle a succombé à cet homme riche. Puis, elle montre que son cas n’est pas isolé, utilisant « nous » ou « elles ». Ecriture d’invention : Ecrivez une courte scène théâtrale dans laquelle une Marceline moderne intervient devant un auditoire masculin hostile pour réclamer une insertion de plus en plus réelle des femmes dans la société. Acte II Le théâtre représente une salle de réunion. Une grande table rectangulaire est au milieu, et les membres du conseil d’administration sont assis autour. Scène 1 MARIE , LE PDG, UN ACTIONNAIRE, LES AUTRES MEMBRES MARIE se levant. Messieurs, je suis la seule femme cadre dans cette entreprise et cela doit changer ! LE PDG souriant. Calmez-vous, Marie. Vous savez bien qu’il existe moins de femmes qualifiées pour ces postes. MARIE. Une femme est tout à fait capable de travailler comme un homme et j’en suis la preuve ! Depuis toute petite on me dit que ces métiers ne sont pas pour nous. Comment voulez-vous qu’une femme soit libre de choisir en recevant une éducation qui la formate ! Votre entreprise doit servir d’exemple. UN ACTIONNAIRE. Mais les femmes sont comme ça, Madame. Elles ne sont pas faites pour trop de responsabilités. MARIE exaspérée . Pas faites pour ça ? Mais c’est la société qui les fait pour telle ou telle chose. Vous ne nous prenez pas au sérieux quand nous voulons prendre des décisions. Les femmes politiques sont négligées . Vous croyez encore que notre seul rôle se cantonne au foyer ? eh bien non, cela est fini. UN ACTIONNAIRE. Et l’instinct maternel ? MARIE. Ce n’est qu’une fausse idée qu’on essaye de nous faire croire, et cela vous arrange ! Mais les femmes et les hommes sont égaux, et c’est à cause de vous que nous sommes minoritaires, comme dans cette entreprise machiste ! LE PDG s’énervant. Voyons, marie, c’en est assez ! Je vous conseille de rester tranquille si vous tenez à votre place dans la boîte . Nous discuterons de votre projet plus tard. MARIE. Je préfère quitter cette entreprise, plutôt que de renoncer à lutter pour les droits des femmes. Elle sort .
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