diabola46 Posté(e) le 25 mai 2009 Signaler Posté(e) le 25 mai 2009 Bonsoir, pourrais-je avoir de l'aide svp sur une question de français que je n'arrive pas : Question : Avec les textes : répondre à : présenter le corpus, faites une transition (intro, developpement, conclusion) Selon Simone de Beauvoir : "On ne nait pas femme, on le devient" en quoi ces textes permettent-ils d'éclairer le sens de cette citation? Textes : CORPUS A- Rousseau, Emile ou De léducation, 1762 B- Simone de Beauvoir, Le Deuxième sexe, 1949 C- Gisèle Halimi, La cause des femmes, 1964 Texte A- Jean-Jacques Rousseau, Emile ou De léducation, V, 1762 Dans le dernier livre de lEmile dont ce texte est tiré, Rousseau aborde la question de léducation des filles, à travers le personnage de Sophie. La jeune fille aimable et polie en société, excellente ménagère, gracieuse, modeste, vertueuse, a été élevée pour former avec »lhomme naturel »quincarne Emile le couple idéal. 1 La femme est faite spécialement pour plaire a lhomme ; si lhomme doit lui plaire a son tour, cest une nécessité moins directe, son mérite est dans sa Mais cest celle de la nature, antérieure à lamour même. Cultiver dans les puissance, il plait par cela seul quil est fort. Ce nest pas ici la loi de lamour, jen conviens ; 2 Cultiver dans les femmes les qualités de lhomme et négliger celles qui leur sont propres, cest donc véritablement travailler a leur préjudice : les rusées le voient trop bien pour en être les dupes ; en tachant dusurper nos avantages elles nabandonnent pas les leurs ; mais il arrive de là que, ne pouvant bien ménager les uns et les autres, parce quils sont incompatibles, elles restent au dessous de leur portée sans se mettre a la notre et perdent la moitié de leur prix. Croyez-moi, mère judicieuse, ne faites point de votre fille un honnête homme, comme pour donner un démenti a la nature ; faites en une honnête femme, et soyez sure quelle en vaudra mieux pour elle et pour nous. Linconstance des goûts leur est aussi funeste que leur excès, et lun et lautre leur vient de la même source. Ne leur ôtez pas la gaieté,les ris, le bruit,les folâtres jeux, mais empêchez quelles ne se rassasient de lun pour courir a lautre,ne souffrez pas quun seul instant de leur vie,elles ne connaissent plus de frein. Accoutumez-les à se voir interrompre au milieu de leurs jeux et ramener a dautres soins sans murmurer. La seule habitude suffit encore en ceci, parce quelle ne fait que seconder la nature. Il résulte de cette contrainte,une docilité dont les femmes ont besoin toute leur vie, puisquelles ne cessent jamais dêtre assujetties ou a un homme ou aux jugements des hommes,et quil ne leur est jamais permis de se mettre au dessus, de ces jugements. La première et la plus importante qualité dune femme est la douceur ; faite pour obéir a un être aussi imparfait que lhomme,souvent si plein de vices, et toujours plein de défauts,elle doit apprendre de bonne heure a souffrir même linjustice,et a supporter les torts dun mari sans se plaindre ; ce nest pas pour lui,cest pour elle quelle doit être douce : laigreur et lopiniâtreté des femmes ne font jamais quaugmenter leurs maux et les mauvais procèdes des maris ; ils sentent que ce nest pas avec ces armes là quelles doivent les vaincre. Le ciel ne les fit point insinuantes et persuasives pour devenir acariâtres ; il ne les fit point faibles pour être impérieuses ; il ne leur donna point une voix si douce pour dire des injures ; il ne leur fit point des traits si délicats pour les défigurer par la colère. Quand elles se fâchent, elles soublient ; elles ont souvent raison de se plaindre, mais elles ont toujours tort de gronder. Chacun doit garder le ton de son sexe ; un mari trop doux peut rendre une femme impertinente ; mais a moins quun homme ne soit un monstre, la douceur dune femme le ramène et triomphe de lui tôt ou tard. Justifiez toujours les soins que vous imposez aux jeunes filles, mais imposez leur en toujours. Loisiveté et lindocilité sont les deux défauts les plus dangereux pour elles et dont on guérit le moins quand on les a contractes. Les filles doivent être vigilantes et laborieuses ; ce nest pas tout ; elles doivent être gênées de bonne heure. Ce malheur, si cen est un pour elles, est inséparable de leur sexe, et jamais elles ne sen délivrent que pour en souffrir de bien plus cruels. Elles seront toute leur vie asservies a la gène la plus continuelle et la plus sévère, qui est celle des bienséances : il faut les exercer dabord a la contrainte, afin quelle ne leur coûte jamais rien, a dompter toutes leurs fantaisies pour les soumettre aux volontés dautrui. Si elles voulaient toujours travailler, on devrait quelquefois les forcer à ne rien faire. La dissipation, la frivolité, linconstance sont des défauts qui naissent aisément de leurs premiers goûts corrompus et toujours suivis. Pour prévenir cet abus apprenez-leur surtout à se vaincre. Texte B- Simone de Beauvoir, Le Deuxième sexe, 1949 La magie du regard adulte est capricieuse ; lenfant prétend être invisible, ses parents entrent dans le jeu, ils le cherchent a tâtons, ils rient et puis brusquement, ils déclarent : »Tu nous ennuies, tu nest pas invisible de tout. » Une phrase de lenfant a amusé, il la répète ; cette fois, on hausse les épaules. Dans ce monde aussi incertain, aussi imprévisible que lunivers de Kafka, on trébuche a chaque pas. Cest pourquoi tant denfants ont peur de grandir ; ils se désespèrent si leurs parents cessent de les prendre sur leurs genoux, de les admettre dans leur lit ; a travers la frustration physique ils éprouvent de plus en plus cruellement le délaissement dont lêtre humain ne prend jamais conscience quavec angoisse. Cest ici que les petites filles vont dabord apparaître comme privilégiées. Un second sevrage,moins brutal,plus lent que le premier,soustrait le corps de la mère aux étreintes de lenfant ; mais cest aux garçons surtout quon refuse peu a peu baisers et caresses ;quant a la fillette,on continue a la cajoler, on lui permet de vivre dans les jupes de sa mère, le père la prend sur ses genoux et flatte ses cheveux ; on lhabille avec des robes douces comme des baisers, on est indulgent a ses larmes et ses caprices, on la coiffe avec soin, on samuse de ses mines et de ses coquetteries : des contacts charnels et des regards complaisants la protégent contre langoisse de la solitude. Au petit garçon, au contraire, on va interdire même la coquetterie, ses manuvres de séduction, ses comédies agacent. « Un homme ne demande pas quon lembrasse Un homme ne se regarde pas dans les glacesUn homme ne pleure pas », lui dit-on. On veut quil soit « un petit homme » ; cest en saffranchissant des adultes quil obtiendra leur suffrage. Il plaira en paraissant ne pas chercher à plaire. Texte C- Gisèle Halimi, La Cause des femmes, 1974 Dans la préface de son ouvrage intitulée « La femme enfermée », lauteur nous livre son point de vue sur la Nature, référence constante dans les débats sur les droits des femmes. La Nature ne se justifie ni ne sexplique. ELLE EST. Et ; étant, elle détermine les biologie, physiologie, psychisme du sexe féminin comme étant fondamentalement différents de celui de lhomme, vous mavez comprise, c'est-à-dire Inférieurs. Nos différences « naturelles », source dinégalités, sont camouflées en dons, qualités, etc. Ainsi, la Nature nous a dotées de linstinct maternel, de lintuition, de la réceptivité alors quà nos compagnons seront attribuées force, intelligence, agressivités caractéristiques intrinsèquement phalliques et il nest de phallus, bien sûr, que triomphant ! Même leffort de quelques philosophes éclairés de lAntiquité grecque tels que Platon ou Aristote pour repartir également les « aptitudes naturelles » des deux sexes tourne court, « la femme restant en tout plus faible que lhomme.» Quand lethnologue américaine Margaret Mead sen alla, il y a quelques années, séjourner en Mélanésie (Océanie) parmi les autochtones, elle tomba de surprise en surprise. Lidée reçue selon laquelle chaque sexe avait un comportement inné, de par la Nature, se révéla fausse, Observant la vie de tribu Tchombouli, que constata t-elle ? Les femmes tondues, lil vif, le pied solide allaient a la pêche, administraient la tribu, se réunissaient pour prendre les décisions nécessaires a sa survie et son bien être, bref avaient la direction civile et politique de la Cité. Pendant ce temps, les hommes maquillés, couverts de bijoux et de colifichets, papotaient Aguicheurs, ils intriguaient pour conquérir les faveurs dune belle, rivalisaient de séduction pour elle, dansaient, chantaient De vrais allumeurs ! Si les pôles peuvent a ce point inverser,si la « nature » féminine devient celle des hommes et réciproquement,si, en somme, lacquis socio-culturel est a la source de nos « différences »,quel crédit reste-t-il à largument Nature ? Au demeurant, il serait faux de faire de cette nature le synonyme de la Norme, du Juste, du Bien, de lHarmonie. Le riche contre le pauvre, le fort contre le faible, la fatalité contre le progrès relèvent dune »nature » sans mansuétude pour lhomme. Une loi de la jungle à tous les niveaux. Merci beaucoup par avance pour votre aide importante. Bonne soirée.
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