mariposas Posté(e) le 15 février 2009 Signaler Posté(e) le 15 février 2009 Bonjour, Etant en hypokhagne et n'ayant pas réalisé de commentaires depuis la classe de 1ère, j'éprouve des difficultés à composer un commentaire du poème de Ronsard suivant: Quand à longs traits je boy l'amoureuse etincelle Qui sort de tes beaux yeux, les miens sont esblouïs. D'esprit ny de raison troublé je ne jouïs, Et comme yvre d'amour tout le corps me chancelle. Le coeur me bat au sein, ma chaleur naturelle Se refroidit de peur, mes sens esvanouïs Se perdent tout en l'air, tant tu te resjouïs D'acquerir par ma mort le surnom de cruelle. Tes regards foudroyans me percent de leurs rais' La peau, le corps, le coeur, comme pointes de trais Que je sens dedans l'ame, et quand je me veux plaindre, Ou demander mercy du mal que je reçois, Si bien ta cruauté me reserre la vois, Que je n'ose parler, tant tes yeux me font craindre. J'ai réussi évidemment à dégager certains points mais je doute de leurs pertinences: Le poème s'articule autour de deux mouvements, suivant assez classiquement la forme du sonnet: les deux quatrains laissent penser que le poète est troublé par l'amour mais les deux tercets viennent corriger cela : c'est la cruauté de la femme désirée qui le tourmente. Ceci était déjà annoncé par "comme ivre d'amour", supposant que ce n'est pas le cas. C'est pourquoi on passe au premier quatrain de "l'étincelle des beaux yeux" aux "regards foudroyants" du premier tercet. Mon projet de lecture pourrait peut-être étudier ce basculement mais je ne sais pas comment, ayant trop peur de tomber dans une simple "étude de strate" si l'on veut, au lieu d'une démonstration. Sinon j'avais songé pendant un moment étudier : -d'un côté les effets de l'amour sur le poète, effets qu'il détaille avec tant de complaisance (amour exaltation se transformant rapidement en amour maladie...) -de l'autre l'image de la femme aimée qui est présentée ici Mais cela me semble un peu trop simpliste, et j'ai du mal à trouver quoi dire J'ai noté également que ce poème repose sur une contradiction: la chute annonce qu'il ne peut parler mais de manière paradoxale c'est ce qu'il fait. C'est donc peut-être un poème performatif qui permet au poète, par la formulation de sa crainte, de l'exorciser. Voilà, pourriez vous me dire si je pars dans la bonne piste et si possible me donner d'autres pistes...je piétine!
albine Posté(e) le 15 février 2009 Signaler Posté(e) le 15 février 2009 Bonjour, Etant en hypokhagne et n'ayant pas réalisé de commentaires depuis la classe de 1ère, j'éprouve des difficultés à composer un commentaire du poème de Ronsard suivant: Quand à longs traits je boy l'amoureuse etincelle Qui sort de tes beaux yeux, les miens sont esblouïs. D'esprit ny de raison troublé je ne jouïs, Et comme yvre d'amour tout le corps me chancelle. Le coeur me bat au sein, ma chaleur naturelle Se refroidit de peur, mes sens esvanouïs Se perdent tout en l'air, tant tu te resjouïs D'acquerir par ma mort le surnom de cruelle. Tes regards foudroyans me percent de leurs rais' La peau, le corps, le coeur, comme pointes de trais On peut étudier le pétrarquisme du Poète (clichés, images fortes) et Ronsard Poète de l'amour Que je sens dedans l'ame, et quand je me veux plaindre, Ou demander mercy du mal que je reçois, Si bien ta cruauté me reserre la vois, Que je n'ose parler, tant tes yeux me font craindre. J'ai réussi évidemment à dégager certains points mais je doute de leurs pertinences: Le poème s'articule autour de deux mouvements, suivant assez classiquement la forme du sonnet: les deux quatrains laissent penser que le poète est troublé par l'amour mais les deux tercets viennent corriger cela : c'est la cruauté de la femme désirée qui le tourmente. Ceci était déjà annoncé par "comme ivre d'amour", supposant que ce n'est pas le cas. C'est pourquoi on passe au premier quatrain de "l'étincelle des beaux yeux" aux "regards foudroyants" du premier tercet. Mon projet de lecture pourrait peut-être étudier ce basculement mais je ne sais pas comment, ayant trop peur de tomber dans une simple "étude de strate" si l'on veut, au lieu d'une démonstration. Sinon j'avais songé pendant un moment étudier : -d'un côté les effets de l'amour sur le poète, effets qu'il détaille avec tant de complaisance (amour exaltation se transformant rapidement en amour maladie...) -de l'autre l'image de la femme aimée qui est présentée ici Mais cela me semble un peu trop simpliste, et j'ai du mal à trouver quoi dire J'ai noté également que ce poème repose sur une contradiction: la chute annonce qu'il ne peut parler mais de manière paradoxale c'est ce qu'il fait. C'est donc peut-être un poème performatif qui permet au poète, par la formulation de sa crainte, de l'exorciser. Voilà, pourriez vous me dire si je pars dans la bonne piste et si possible me donner d'autres pistes...je piétine!
albine Posté(e) le 15 février 2009 Signaler Posté(e) le 15 février 2009 On peut étudier le pétrarquisme du Poète (clichés, images fortes) et Ronsard Poète de l'amour
Messages recommandés
Archivé
Ce sujet est désormais archivé et ne peut plus recevoir de nouvelles réponses.