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Commentaire


gusbis

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Bonjour,

j'ai un commentaire de l'abatros de beaudelaire a faire. Si il vous était possible de m'aider dans la recherche des axes a suivre cela serait tres sympatique de votre part.

je vous remercie d'avance

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Introduction

En 1857, il fait paraître Les Fleurs du mal qui lui valent d'être condamné devant les tribunaux qui ont retiré 6 poèmes de son oeuvre (recueil). Cette condamnation sera levé en 1949.

Elle a 2 titres :

- D'un point de vue politique et social, elle illustre la crise progressive de la situation sociale du poète rejeté par une société qui ne lui laisse plus qu'une place marginale sous la figure du bohème, de l'artiste maudit (V.Van Gogh), de la folie.

- D'un point de vue esthétique, on peut y voir la difficulté pour la société du second empire d'accepter les choix poétiques d'un écrivain qui fonde la modernité. Baudelaire présente l'exemple d'une poésie dont l'originalité réside dans le fait qu'elle mêle des éléments du romantisme à d'autres issus d'une tradition plus anciennes.

A l'aube de la société capitaliste, se poète lyrique ne pouvait que rencontrer une hostilité dont il souffrit autant qu'il la rechercha.

Intérêts et enjeux du texte

A l'origine de ce poème, on peut évoquer des souvenirs personnels que Baudelaire aurait ramené de son voyage en 1841 (côtes africaines). Ce qui est plus intéressant, c'est de voir comment Baudelaire va renouveler une image presque banale, un véritable lieu commun de la poésie au 19e siècle qui prend parfois des allures de volière. Dans Les Fleurs du mal, c'est le 2e oiseau en fâcheuse posture (voir "Le Cygne"). Il convient donc de s'interroger sur ce choix et cette tradition que Baudelaire reprend à son compte, pour donner une représentation douloureuse et pathétique du poète au milieu du 19e siècle.

Axes de lecture

On étudiera :

I. la structure et l'organisation du poème

II. les différentes oppositions sur lesquelles repose le poème

III. L'évocation de l'identité poétique au coeur de toutes les contradictions

Lecture méthodique

- 1er axe : Ce poème est composé de 4 quatrains, alexandrins, rimes croisées. Une structure poétique assez simple qui est peut-être compensée par une structure narrative plus complexe où l'on peut discerner 2 étapes. En 1er, les 3 premiers quatrains qui constituent une narration, puis le dernier quatrain qui représente un changement de point de vue, en permettant aux lecteurs d'accéder à une lecture symbolique. Les 2 premiers quatrains commencent tous 2 par des adverbes ou des locutions adverbiales marquant l'inscription du poème dans une trame narrative.

Le 3e quatrain poursuit la narration mais marque une rupture avec le démonstratif "ce" (vers 9) (pronom anaphorique) qui marque une forme d'éloignement mais surtout parce qu'il rompt avec la modalité énonciative.

Le 4e quatrain ne se situe pas sur le même plan que les autres puisqu'il nous installe dans l'ordre symbolique avec le dernier vers qui reprend un concetto. Au présent de narration se trouve donc évoqué une habitude qui joue avec un animal dont le passé glorieux fournit la seule perspective temporelle (vers 10) "naguère si beau", (vers 12) "l'infirme qui volé".

On peut d'ailleurs se demander si le dernier quatrain ne nous invite pas à lire dans le présent de narration un présent de vérité générale où l'anecdotique devient l'une des catégories d'un symbolique éternel.

C'est dans le 3ème quatrain que se trouve le mot "brûle-gueule". Celui-ci suffit à saturer de réalisme douloureux tout le poème. Sa place à la rime fait éclater sa grossièreté qui devrait être interdite dans une forme poétique. Baudelaire en joue comme d'une provocation et cette violence faite aux bons usages de la tradition poétique pourrait bien être le retournement de la violence subie par le poète au milieu du 19e siècle.

- 2e axe : On peut également reconnaître quelques grandes tensions dans le texte avec les réseaux de signification et d'opposition. La 1re est celle qui oppose l'animal (allégorie du poète) et les humains, représentation de l'hostilité à la parole poétique. Le 1er quatrain représente leur cohabitation de façon assez neutre mais au 2e et 3e quatrains, celle-ci prend un tour conflictuel avec tout d'abord la cruauté (vers 11), la moquerie (vers 12) et enfin le geste meurtrier (vers 14). En position vulnérable, l'albatros pourra retourner contre l'adversaire son ironie (vers 14 : "se rit de l'archer"). (Vers 7) "ce qui était le signe de sa défaite, devient le signe de sa grandeur" (vers 16).

2e réseau d'opposition entre l'univers pratique (3 premiers quatrains) et l'univers symbolique (2 premiers vers du dernier quatrain). Entre ces 2 univers, il y a un renversement de valeur et l'univers symbolique permet au poète de regagner ce qu'il perd dans l'univers pratique. L'échec et l'infirmité sur les planches étant peut-être la condition de l'accession et de l'élection pour un autre univers (les airs).

La 3e opposition peut être la plus importante de ce poème, c'est celle qui oppose l'espace vertical est horizontal. Ainsi le navire glissant sur "les gouffres amers" (vers 4), "les planches" (vers 5), "comme des vairons.deux" (vers 8) auxquels s'opposent "roi de l'azur" (vers 6), "prince des nuées" (vers 13), "se rit de l'archer" (vers 14). On a donc l'espace horizontal qui est celui des entreprises humaines au contraire l'espace vertical qui est celui de l'élévation et de la fuite vers l'idéal suivi, dans le recueil, par un poème nommé "Elévation". La comparaison du vers 8 est significative. Elle marque la chute de l'univers horizontal en reprenant le thème maritime, la claudication (fait de boiter : vers 12), la maladresse et la honte (vers 6), l'infirmité (vers 11-12), qui deviennent les signes de cette inadaptation à l'espace horizontal. Le dernier vers reprend cette opposition puisqu'il rappelle la vocation du poète à l'espace vertical avec l'expression "ces ailes de géant" (vers 16), source de sa grandeur tout en le condamnant à un univers inadapté (univers horizontal).

- 3e axe : Le dernier quatrain permet au lecteur d'accéder à une lecture symbolique. C'est aussi le seul où figure un mot en majuscule (le Poète) dans tout le poème. On accède à l'existence du poète. Un simple épisode de la vie maritime prend donc un caractère symbolique. Le lecteur est invité à une lecture rétrospective où l'occidental, par l'intermédiaire de l'allégorie, devient essentiel. Les deux "comme" du vers 8, comparatif et du vers 9 exclamatif, correspondent aux degrés les plus inférieurs du langage poétique, inscrivait le poète dans la déchéance d'un univers prosaïque et hostile. Le symbole lui permet de s'en arracher victorieux. La ponctuation coïncide alors avec le vers, signe peut-être, d'une discordance surmontée. Ce dernier quatrain s'organise en deux moment distinct : il y a tout d'abord les vers 13 et 14 qui nous installent dans l'univers symbolique sans faire la relation avec l'univers précédemment évoqué. Ensuite les vers 15 et 16 qui résolvent la contradiction entre les deux univers anecdotique, développé pendant 3 quatrains (histoire de l'albatros) puis les 2 vers pour nous introduire dans le monde poétique.

De ce point de vue là, le dernier constitue bien la clôture symbolique du poème puisqu'il en résume toutes les tensions en installant le poète au coeur de toutes les contradictions : c'est pourquoi on peut voir dans l'humiliation du poète, une des conditions/ le signe le plus certains de son élection à un autre monde.

Conclusion

Baudelaire dépasse ici l'anecdotique pour nous donner une représentation de la situation du poète à l'aube de l'ère capitaliste. C'est une image douloureuse et pathétique, il exprime la marginalisation progressive du poète qui finit par y trouver le signe renversé de son élection. Ce qui montre que les ordres social et poétique sont rentrés en conflit

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