Aller au contenu

Proposition De Commentaire Le Chêne Et Le Roseau


chingy59

Messages recommandés

  • E-Bahut

Bonjour, étant donné que certains d’entre-vous cherchent désespéremment le commentaire de la fable de Jean Anouilh, « le chêne et le Roseau » je vous propose mon commentaire, cordialement.

Disponible aussi en format Word

Le chêne un jour dit au roseau :

« N'êtes-vous pas lassé d'écouter cette fable ?

La morale en est détestable ;

Les hommes bien légers de l'apprendre aux marmots.

Plier, plier toujours, n'est-ce pas déjà trop,

Le pli de l'humaine nature ? »

« Voire, dit le roseau, il ne fait pas trop beau ;

Le vent qui secoue vos ramures

(Si je puis en juger à niveau de roseau)

Pourrait vous prouver, d'aventure,

Que nous autres, petites gens,

Si faibles, si chétifs, si humbles, si prudents,

Dont la petite vie est le souci constant,

Résistons pourtant mieux aux tempêtes du monde

Que certains orgueilleux qui s'imaginent grands. »

Le vent se lève sur ses mots, l'orage gronde.

Et le souffle profond qui dévaste les bois,

Tout comme la première fois,

Jette le chêne fier qui le narguait par terre.

« Hé bien, dit le roseau, le cyclone passé -

Il se tenait courbé par un reste de vent -

Qu'en dites-vous donc mon compère ?

(Il ne se fût jamais permis ce mot avant)

Ce que j'avais prédit n'est-il pas arrivé ? »

On sentait dans sa voix sa haine

Satisfaite. Son morne regard allumé.

Le géant, qui souffrait, blessé,

De mille morts, de mille peines,

Eut un sourire triste et beau ;

Et, avant de mourir, regardant le roseau,

Lui dit : « Je suis encore un chêne. »

Lien vers le commentaire
Partager sur d’autres sites

  • 2 années plus tard...
Bonjour, étant donné que certains d'entre-vous cherchent désespéremment le commentaire de la fable de Jean Anouilh, « le chêne et le Roseau » je vous propose mon commentaire, cordialement.

Disponible aussi en format Word

________________________________________________________________

Proposition de plan de commentaire « Le chêne et le roseau » d' Anouilh

1- Un pastiche parodique de la fable de La Fontaine.

a) reprise du même schéma narratif:- les mêmes personnages- discours directs du chêne puis du roseau- élément perturbateur : le vent- mort du chêne.

cool.gif Des références a la fable de L.F.. mais pour la remettre en cause :vers 2, « cette fable » renvoie a la fable de L.F., mais la question rhétorique prouve que le chêne conteste cette fable ; vers 3, terme péjoratif « détestable », vers 5 « plier, plier toujours » : la répétition a une connotation négative-

c) Reprise parodique de la versification :- même alternance de vers de 8 syllabes et de 12 syllabes que dans la fable de L.F.; mais introduction de vocabulaire familier « marmot», de jeu de mots entre « plier, plier toujours » et« le pli de 1'humaine nature ».

Cette reprise parodique de la fable de La Fontaine permet à Anouilh, comme à La Fontaine, d'opposer

Deux conceptions de la vie.

2- Deux personnages symboliques, deux conceptions morales de la vie :

a) le chêne : il symbolise la fierté, le refus de plier. - il reproche aux hommes de toujours se soumettre, par la question rhétorique vers 5 et 6- il pense qu'il faudrait former une autre morale que celle de L.F. aux enfants vers 4- il est grand, vers 9 -

cool.gif le roseau : il symbolise la petitesse, a la fois morale et physique ; il insiste sur sa fragilité vers 10,11, 12 : répétition de « petit », accumulation de « si », « prudents » prend ici un sens péjoratif, il est celui qui ne veut jamais risquer sa vie, le vers 13 prouve qu'il est uniquement préoccupé de se sauver lui-même, la rime « constant» et« prudent» souligne ce souci de sauver sa peau. - il se flatte lui-même vers 14-15.

c) C'est 1'orage qui va départager ces deux conceptions de la vie : 1'orage est une des «tempêtes du monde »,il symbolise un des obstacles , des malheurs auxquels les hommes sont confrontes : la gradation « vent», « orage », « cyclone » insiste sur la grandeur de ce malheur, de même que les assonances et allitérations en « on » et « r » dans « gronde » et « profond », et que 1'enjambement interne du vers 16.

Ces personnages et cet événement symboliques, caractéristiques d'un apologue, permettent à Anouilh

de développer une nouvelle morale.

3- Une nouvelle morale :la morale d'Anouilh est différente de celle de L.F. a)Anouilh condamne 1' attitude du roseau :- le narrateur intervient au vers 21 « II se tenait courbe par un reste de vent», pour insister sur le fait que le roseau qui a plie devant la tempête ne peut plus se relever, il reste définitivement« bas » moralement: 1'homme qui plie devant 1'adversite perd toute grandeur morale-le narrateur insiste aussi sur la bassesse des sentiments du roseau : enjambement entre les vers 25 et 26 met en valeur le mot « haine » : c'est la jalousie qui anime le roseau, ceux qui sont bas moralement ne supportent pas ceux qui sont grands ; de même 1'antithese entre « morne » et « allume » dans la phrase nominale « Son morne regard allume » souligne que le roseau ne vit, son regard ne s'allume que par la haine ; le commentaire du vers 23 « II ne se fut jamais permis ce mot auparavant» souligne la lâcheté du roseau.

c) Inversement 1'auteur montre la grandeur morale du chêne : -1'hyperbole «le géant» glorifie le chêne ; le rythme binaire et 1'hyperbole de « De mille morts, de mille peines » créent un contraste avec le mot« sourire » et soulignent le courage du chêne ; 1'adjectif mélioratif « un sourire [...] beau » montre 1'admiration du narrateur devant 1'attitude du chêne, capable de cacher sa souffrance, d'affronter la mort; 1'auteur donne la dernière parole au chêne, et cette parole est une parole de dignité « Je suis encore un chêne » : le mot « encore » signifie que celui qui a résisté reste quand même dans la défaite, même a 1'heure de la mort.

Lien vers le commentaire
Partager sur d’autres sites

Archivé

Ce sujet est désormais archivé et ne peut plus recevoir de nouvelles réponses.

×
×
  • Créer...
spam filtering
spam filtering