rammstou Posté(e) le 13 mars 2005 Signaler Posté(e) le 13 mars 2005 Bonjour, il faut que je fasse un résumé de 100 ou 150 mots. J'ai fait ce résumé (j'ai su faire 103 mots) et je voudrai avoir une correction , voici le texte à résumer: Mariée (robe de) Jusqu'à une date relativement récente, se marier en blanc était pour les jeunes femmes un moyen de proclamer la pureté de leur conduite antérieure. La robe blanche était une récompense à la fois morale et sociale, pour celles qui arrivaient vierges au mariage. Certes, dans certains cas, la récompense était usurpée, la morale bafouée, mais l'image sociale restait sauve. Le blanc de la robe signifiait que l'épousée était non pas une « oie blanche », c'est-à-dire une personne dont l'innocence confinait à la niaiserie, mais un lis virginal, pur et offert. Les jeunes femmes européennes ne se sont pas toujours mariées en blanc. C'est même une mode qui n'est pas antérieure à la fin du XVIIIe siècle et qui ne s'est imposée vraiment qu'au XIXe, lorsque les vieux systèmes de valeurs de la Réforme protestante et ceux de la Contre-réforme catholique se sont rejoints pour donner naissance - une bien étrange naissance - à ce que l'on a appelé les « valeurs bourgeoises ». La robe blanche de la mariée est une valeur bourgeoise, même si elle s'est largement diffusée dans toutes les classes de la société, y compris, à une date relativement récente, dans la société paysanne. Auparavant, dans le monde rural, les mariées n'étaient pas vêtues de blanc mais de rouge, et ce pendant de longs siècles. Le blanc était certes le symbole de la pureté et de la virginité (il l'était déjà dans la culture biblique et dans la sensibilité antique en général) ; mais le jour de son mariage, la jeune épousée se devait non pas d'afficher sa virginité - celle-ci allait de soi - mais de revêtir sa plus belle robe. Or cette plus belle robe était presque toujours une robe rouge, pour des raisons liées à la chimie des colorants et aux techniques tinctoriales. Jusqu'au XIXe siècle, en effet, la teinturerie artisanale, travaillant presque exclusivement à partir de colorants végétaux, a toujours et partout eu beaucoup de difficultés pour bien faire pénétrer les couleurs dans les fibres du tissu. Ces couleurs étaient donc rarement « grand teint ». Sous l'effet de l'eau (pluie ou lavages), de l'air et du soleil, elles se décoloraient rapidement. D'où cet aspect terne, passé, « pisseux », qu'ont eu pendant longtemps les vêtements paysans en Europe occidentale. Qu'ils fussent bleus, verts, jaunes, noirs, blancs ou bruns. Mais pas rouges. Car dans la gamme des rouges, l'emploi de la garance - grande herbe dont les racines possèdent des propriétés tinctoriales connues depuis une haute antiquité donnait des résultats bien meilleurs que ceux obtenus avec le pastel (bleus), la gaude ou le genêt (jaunes), l'ortie et le bouleau (verts), le noyer (noirs), l'aulne (gris), etc. En employant les mêmes mordants, y compris les plus rudimentaires (tartre, urine, vinaigre), la garance pénétrait plus profondément dans les fibres textiles que n'importe quelle autre matière colorante végétale, et donc résistait mieux à l'eau, à l'air et à la lumière. Voilà pourquoi les vêtements d'apparat, surtout pour le costume féminin, à la campagne, étaient si souvent des vêtements rouges. C'étaient ceux qui présentaient les tons les plus vifs, les plus stables et les plus saturés. En outre, le rouge était partout la couleur de la fête, du plaisir et de la joie. Les mariées ont donc été longtemps des jeunes femmes vêtues de rouge. Puis de rouge et blanc. Puis de blanc. Aujourd'hui on se marie moins qu'autrefois. Mais quand on le fait, on préfère encore le faire en blanc. Non pas pour proclamer un état de virginité désormais rare, mais, tout simplement, parce qu'en un siècle et demi le blanc est devenu (ou redevenu) la couleur archétypale du mariage. Michel Pastoureau, Dictionnaire des couleurs de notre temps.Symbolique et Société. Ed Bonneton, 1982 Merci d'avance.
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