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Peut On Dire Pour L'art : à Chacun Selon Son Gout?


ksweat059

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Posté(e)

bonjour à tous j'ai ce sujet a faire pour le mercredi 16/03 et je n'y arrive pas.Je souhaiterais une aide de votre part, je vous en serait très reconaissant.merci

sujet: Peut-on dire pour l'art : à chacun selon son goût ? :)

  • E-Bahut
Posté(e)
L’art apporte à l’amateur d’art un certain plaisir, plaisir de l’esthète qui goûte dans l’art une richesse et un raffinement que l’on ne rencontre qu’en lui. Il ne s’agit pas pour autant d'un plaisir sur le mode  de la simple « consommation », mais d’un plaisir attaché à la culture. En tant que culture, il peut se rattacher aussi un certain savoir, à une culture esthétique. Est-ce à dire que pour autant, le plaisir esthétique dépend de la connaissance que nous possédons sur l'art?

    La jouissance esthétique n’est pas purement intellectuelle. Il est tout à fait concevable qu'un homme qui ne connaît pas la théorie musicale, ni son histoire soit cependant touché par la beauté d'une oeuvre. Le plaisir esthétique peut aussi survenir devant le spectacle de la Nature il n’est pas évident que le savoir nous apprenne réellement à sentir davantage.

    Qu’est ce qui nous rend capables d’une appréciation esthétique ? La jouissance esthétique est-elle affaire de sensibilité ou de jugement ?

  • E-Bahut
Posté(e)

Bonsoir,

Je pense que tu as dû traiter cette question dans ton cours.

C'est un des principals points vu dans l'Art.

Relis ton cours attentivement et lis ceci; ça devrait t'aider.

L'art et le beau.

Le jaillissement du Beau dans l'ici et le maintenant d'une oeuvre fait d'elle un lieu, le lieu d'une manifestation comme surprise, comme ce qui ne pouvait être prévu par aucune règle de composition, ce qui ne relève pas d'un concept, ou, si l'on préfère, d'une sorte d'art poétique. Cela pose un problème: comment le beau peut-il se manifester dans une oeuvre dans être pour cela inclus dans la définition, le concept dont elle devrait relever?

Par exemple: Soit une belle table de ferme: je peux tourner et retourner le concept de table, examiner tous ses prédicats, je ne tirerai jamais du concept de table la beauté d'une table: c'est que le concept est général alors que la belle table existe devant moi de manière originale. Si on m'en propose une autre à la place, il n'est pas certain que j'accepte l'échange. Même si la belle table relève du concept table, c'est effectivement une table que je peux utiliser, sa beauté ne peut être déduite de son concept: cette table me paraît exister comme une réalité entièrement neuve: le beau serait-il dans l'écart entre l'essence ou concept et l'existence?

Pourtant devant l'œuvre belle je porte un jugement: c'est beau. Ce que signifie ce jugement peut nous éclairer sur la relation entre l'art et le beau. Cette relation est elle essentielle, tient-elle à une caractéristique propre à l'un et à l'autre?

Dire c'est beau c'est reconnaître une présence dans une oeuvre: le jugement affirme, semble-t-il quelque chose de l'œuvre: dans toute affirmation, il y a une relation à l'idée de vérité. En ce sens "Le Beau est le lieu des idées" (Plotin). Le jugement esthétique se présente comme un jugement de connaissance qui déterminerait une intuition sensible par un concept, il se présente comme universel, devant être partagé par tous, et nécessaire, ne pouvant pas de pas être. Pourtant ce n'es pas un jugement de connaissance qui rattacherait une intuition sensible à un concept: ce jugement est sans concept: d'où peut-il donc tenir ce rapport à la vérité qu'il affirme puisqu'il ne peut se prouver en rattachant l'intuition sensible à un concept?

Serait-ce une opinion qui traduirait besoin ou désir en connaissance? Le jugement de goût n'est pas une opinion car il exclut le besoin et le désir: en effet besoin et désir se préoccupent avant tout de l'existence de l'objet, de sa position dans la réalité de l'ici et du maintenant, alors que cette existence importe peu dans une représentation: j'admire la peinture d'un sous-bois de chêne et peu m'importe que je ne puisse pas en obtenir du bois pour me chauffer. Un nu représenté exclut le désir et sa satisfaction. Peu m'importe le modèle représenté, que La Joconde ait été une femme ou le reflet de Vinci

A la racine du jugement c'est beau il n'y a rien de ce qui produit l'opinion: l'opinion est devenir alors que le jugement esthétique s'affirme comme permanence. Cette permanence n'est pas celle du concept dont la règle est immuable, elle ne peut de ce fait avoir pour origine un élément de l'objet déduit de la définition, ni l'ensemble des éléments qui ne sont que les prédications du concept. Cela nous oriente vers l'originalité, la particularité de la représentation, en quelque sorte la manière de voir et laisse intact le problème: d'où vient l'universalité du jugement esthétique?

Il faut donc chercher l'origine du jugement c'est beau dans l'amateur. Le sujet qui porte le jugement s'appuie sur une satisfaction: son admiration est d'ailleurs confirmée par l'admiration d'autres amateurs dans l'espace géographique (voir ceux qui admirent la Joconde au Louvre) comme dans le temps (Homère toujours admiré). Autant dire que la valeur d'une oeuvre d'art s'éprouve et ne se prouve pas.

Le jugement c'est beau est un jugement esthétique (en rapport avec ce que je vois, ce qu' j'entends), fondé sur un sentiment de satisfaction qui prétend à l'universel, qui me détache de moi-même pour m'attacher à l'humanité comme ensemble des êtres raisonnables sensiblement affectés capables de liberté.

La prétention à l'universalité du jugement: c'est beau est-elle justifiable? La subjectivité peut-elle dépasser la particularité pour accéder à la vérité? Ce qui s'éprouve peut-il prétendre à l'universalité? Est-il possible de résoudre la contradiction entre un jugement de goût posé par un sujet et un jugement universel, qui doit être partagé par tous?

Ce que le jugement c'est beau exprime c'est essentiellement une satisfaction de voir, d'entendre, de comprendre ... Cette satisfaction n'est liée ni au plaisir comme satisfaction d'un besoin ni à la satisfaction de connaître, ni à celle du devoir accompli.

Quelle est donc l'origine de la satisfaction qui fait prononcer le jugement c'est beau? Y aurait-il une sorte de sens commun en chaque homme? Qu'est-ce qui peut satisfaire pleinement un homme sinon la possibilité d'exercer librement ses possibilités? Comme être raisonnable sensiblement affecté, l'homme se manifeste comme entendement, imagination et sensibilité. Or la satisfaction du devoir exige le sacrifice des appétits, la satisfaction de la connaissance exige la détermination du sensible par le concept et la satisfaction des appétits exige le renoncement au devoir, comme si chaque satisfaction exigeait un sacrifice, chacun ne pouvant s'obtenir qu'au prix d'un sacrifice, d'un renoncement, d'une absence:

Dans le plaisir l'homme perd la conscience, dans la connaissance conceptuelle il perd l'existence et dans le devoir il sacrifie sa générosité restreinte.

Seule la contemplation esthétique permet le libre jeu de l'entendement et de la sensibilité sans que l'un sacrifie l'autre. Personne pour amener l'amateur à se juger: tu es nul, tu as fait une erreur, une faute. Et le poète Paul Valéry d'affirmer: "Mes vers ont le sens qu'on leur prête". Les facultés perceptives et intellectuelles jouent librement et ce jeu s'apparaît à lui-même comme pouvoir de penser au sens large, de mieux percevoir, d'imaginer, d'interpréter, d'expliquer, de comprendre dans l'unité d'un être raisonnable sensiblement affecté qui en appelle à autrui comme à son semblable en affirmant c'est beau. C'est l'existence et l'humanité qui sont exaltées: la satisfaction éprouvée est en effet épreuve de la plénitude de sa propre existence comme liberté et exigence d'une communauté avec ses semblables.

L'universalité du jugement esthétique apparaît donc comme la conséquence de la liberté, de l'existence.

La satisfaction est comparable à celle d'un jeu où l'on se passerait une balle: telle interprétation que l'amateur découvre l'amène à mieux voir et telle image qu'il perçoit suscite une interprétation et ce jeu anime la contemplation, tant qu'elle dure. C'est dire que l'art et le beau sont liés par l'activité créatrice d'une subjectivité qui prend conscience de sa liberté créatrice et s'affirme comme esprit (interprétation) et corps (image) réconciliés.

caractère subjectif:

Que veut-on signifier quand nous disons qu’une œuvre d’art est belle? C'est une expérience que tout le monde fait: nous nous arrêtons devant un tableau, une sculpture, un monument et le premier commentaire que nous sommes capables de formuler est cette impression de beauté. Nous éprouvons une satisfaction, un sentiment de plénitude et la certitude d'avoir raison: "c'est beau!". Pourtant, il arrive aussi que ceux qui nous accompagnent ne partagent pas cette émotion et m^me contredisent notre jugement. Il est difficile d'argumenter puisque notre opinion repose sur une impression intime qui est le plaisir esthétique. Ce que nous ressentons alors vient d'un sentiment de perfection devant une forme qui, à nos yeux, est achevée. Or, sur ce point, les écoles artistiques et littéraires divergent. Pour les classiques, la perfection est liée à la vérité et la bienséance; pour les romantiques, qui rejoignent les baroques, "ce n'est pas le beau mais le caractéristique" (V. Hugo) qui définit l'esthétique. Il est évident que les individus sont également partagés sur les critères de la beauté. Certains restent insensibles à la musique; d'autres préfèrent l'art figuratif à l'abstrait; d'autres encore seront touchés par l'expressionnisme plutôt que par la sobriété.

Ainsi, quand nous affirmons qu'une oeuvre d'art est belle, nous devons garder en mémoire que nous exprimons seulement l'effet qu'elle produit sur nos sens et qu'il ne s'agit en aucun cas d'une vérité absolue.

La subjectivité ne tient-elle pas à la nature même de l'art? L'oeuvre n'est pas la reproduction de la réalité mais une représentation. Son auteur cherche à donner vie et dans cette création, son regard est essentiel. Gauguin fut le pionnier des "simplifications" de l'art moderne, l'ancêtre de l'abstraction et de l'expressionnisme, le précurseur du cubisme. Loin des exigences du naturalisme, il a rendu manifeste le contenu affectif de la couleur. Que lui a valu cette quête? Le mépris des bien-pensants qui ne lui ont pas pardonné son symbolisme allusif et le climat sensuel de ses toiles. Un jugement esthétique et moral ne saurait exprimer la valeur réelle d'une oeuvre marquée elle-même par la subjectivité de son auteur. Il en découle qu'affirmer que telle oeuvre est belle, c'est rejeter implicitement toutes les conceptions qui ne correspondent pas à la nôtre. En 1874, les peintures de Cézanne déclenchaient l'hilarité scandalisée des visiteurs... "Nos pères ont ri de Courbet, et voilà que nous nous extasions devant lui ; nous rions de Manet, et ce seront nos fils qui s'extasieront en face de ses toiles.", écrit encore Zola. En ce sens, il faut être prudent dans l'expression de nos jugements qui varient et évoluent selon nos connaissances, notre expérience et notre culture. En général, un adolescent n'a pas les mêmes goûts qu'un adulte; ni un Français qu'un Africain; ni l'amateur éclairé que l'homme sans culture.

Faut-il alors s'abstenir de porter un jugement sur une oeuvre?

La valeur intrinsèque de l'art vient de l'effort qui a mobilisé l'artiste, du témoignage qu'il nous transmet par sa vision. Dans cette recherche du beau, dans cette conception artistique, c'est le regard de l'artiste qui prime. Le véritable amateur d'art sait respecter la technique, le travail, l'imagination, l'originalité de l'auteur, indépendamment de ses propres goûts . Peu de visiteurs sans doute s'exclament: "c'est beau" devant Guernica de Picasso. La violence de la vision où les corps sont démembrés et les visages tordus en fait une oeuvre personnelle qui montre l'émotion du peintre devant l'horreur du massacre. Que l'on éprouve ou non un plaisir esthétique face à cette toile monochrome et cette recherche formelle, que l'on partage ou non l'engagement de l'artiste espagnol, l'étude du tableau nous permet d'approcher l'esthétique cubiste d'une part, le fonctionnement de la création d'autre part: Picasso transforme son indignation en une dénonciation universelle de la barbarie de la guerre, intégrant matériaux de l'oeuvre et mémoire personnelle. Si l'art s'adresse d'abord aux sens, il en appelle aussi à l'esprit. Il demande compréhension et interprétation. En suivant le regard de l'auteur, nous découvrons dans les choses une densité et un sens qui nous avaient échappé.

Nous aurions donc raison d'affirmer que l'oeuvre d'art est belle, en général car elle nous offre la possibilité d'apprendre et d'évoluer, quels que soient nos goûts. D'autant que par l'effort que nous fournissons pour comprendre la vision de l'artiste, notre sens esthétique s'affine et s'enrichit.

J'ai trouvé toutes ces informations sur Philagora, (je me répète) ce site est certainement un des meilleurs concernant la philo. Je te conseille d'y aller régulièrement.

Bon courage

  • E-Bahut
Posté(e)
merci de ta réponse mais j'aimerais juste savoir est-ce que ca répond exactement a la dissertation ou alors c'est justeune piste de reflexion?
  • E-Bahut
Posté(e)
La jouissance esthétique est-elle affaire de sensibilité ou de jugement ?
  • E-Bahut
Posté(e)

je ne sais pas.

Mon cousin qui est artiste m'a parle du role de l'education dans le gout pour une oeuvre:

au depart il etait incapable d'apprecier certaines oeuvres, mais apres deux ans de visites de musees avec explications, de cours d'art avec probleme a resoudre etc, il a put comprendre et apprecier des oeuvres qui l'avait laisse froid au depart.

et par contre, des oeuvres qui l'avaient enthousiasme, ont perdu de leur eclat avec ce meme processus d'education.

il me semble qu'il parlait donc de la reaction instinctive que nous avons pour une oeuvre, pour un paysage etc qui est ensuite modifie, rafinee, etc par une etude des problemes techniques de l'epoque, des themes... et une comparaison des artistes et de leur oeuvre entre eux... le jugement?

ceci dit, meme avec une education artistique, les artistes ne sont pas tous d'accord sur le choix des "grandes oeuvres", il me semble donc qu'il y a toujours une part individuelle dans l'appreciation d'une oeuvre d'art.

  • E-Bahut
Posté(e)

En mon humble (très humble, voire TROP humble) expérience de peintre, il me semble primordial que l'appréciation d'une oeuvre passe tout d'abord par des grilles de choix personnels... Quelle que soit l'éducation que l'on a reçu, le Moi réagit toujours face à une oeuvre nouvelle... Ainsi, l'on peut très bien fort apprécier le pastiche d'une oeuvre et ne pas en aimer l'original, et vice versa... Enfin, la question du goût me semble irréversible, mais il est à souligner que ce goût ne dépend pas de l'individu seul, mais également de toutes les fluctuations environnementales et culturelles...

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