Pitite_Blagounette Posté(e) le 14 novembre 2004 Signaler Posté(e) le 14 novembre 2004 Bonjour à tous et à toutes.... J'ai un commentaire à rendre pour mardi, mais je suis confrontée à quelques difficultés qui me bloquent un peu... Alors je me suis dit, que vous pourriez sûrement m'aider. Enfin je l'espère de tout coeur ! Voici le texte : Les Vrilles de la vigne rassemble de courtes nouvelles d'origine biographique dans lesquelles l'auteur exprime son goût pour la nature et la nostalgie du village de son enfance. Ce texte est extrait de « Rêverie de nouvel an » : au soir du nouvel an, après une promenade dans son quartier parisien enneigé, la narratrice se retrouve « en face de [son] feu, de [sa] solitude, en face d'[elle-même]». Ma solitude, cette neige de décembre, ce seuil d'une autre année ne me rendront pas le frisson d'autrefois, alors que dans la nuit longue je guettais le frémissement lointain, mêlé aux battements de mon cœur, du tambour municipal, donnant au petit matin du 1er janvier, l'aubade au village endormi... Ce tambour dans la nuit glacée, vers six heures, je le redoutais, je l'appelais du fond de mon lit d'enfant, avec une angoisse nerveuse proche des pleurs, les mâchoires serrées, le ventre contracté... Ce tambour seul, et non les douze coups de minuit, sonnait pour moi l'ouverture éclatante de la nouvelle année, l'avènement mystérieux après quoi haletait le monde entier, suspendu au premier rrran du vieux tapin de mon village. Il passait, invisible dans le matin fermé, jetant aux murs son alerte et funèbre petite aubade, et derrière lui une vie recommençait, neuve et bondissante vers douze mois nouveaux... Délivrée, je sautais de mon lit à la chandelle, je courais vers les souhaits, les baisers, les bonbons, les livres à tranche d'or... j'ouvrais la porte aux boulangers portant les cent livres de pain et jusqu'à midi, grave, pénétrée d'une importance commerciale, je tendais à tous les pauvres, les vrais et les faux, le chanteau de pain et le décime qu'ils recevaient sans humilité et sans gratitude... Matins d'hiver, lampe rouge dans la nuit, air immobile et âpre d'avant le lever du jour, jardin deviné dans l'aube obscure, rapetissé, étouffé de neige, sapins accablés qui laissiez, d'heure en heure, glisser en avalanches le fardeau de vos bras noirs, coups d'éventails des passereaux effarés, et leurs jeux inquiets dans une poudre de cristal plus ténue, plus pailletée que la brume irisée d'un jet d'eau... O tous les hivers de mon enfance, une journée d'hiver vient de vous rendre à moi ! C'est mon visage d'autrefois que je cherche, dans ce miroir ovale saisi d'une main distraite, et non mon visage de femme, de femme jeune que sa jeunesse va bientôt quitter... 1. « aubade » : concert donné à l'aube sous les fenêtres de quelqu'un. 2. « avènement» : arrivée, venue. 3. « tapin » : celui qui bat du tambour. 4. « pénétrée d'une importance commerciale» : convaincue de jouer un rôle commercial important 5. « le chanteau de pain » : morceau d'un grand pain ; « décime» : dix centimes. Termes rares et régionaux. 6. « passereaux » : oiseaux de petite taille. Je sais que quelqu'un a déjà demandé de l'aide pour ce même texte, mais je ne suis pas très convaincue du plan qu'on lui a proposé... Personnellement j'ai trouvé une idée de plan, mais pour tout avouer, je ne suis pas spécialement plus convaincue ! Voici mon idée : I - En quoi est-ce un texte autobiographique ? (banal, mais bon...) 1/ Analyse de l'énonciation 2/ Analyse des temps 3/ Analyse des champs lexicaux (en parlant des sentiments éprouvés) II - L'autobiographie, dans un but d'introspection... (oula, j'ai été cherché loin celle là !) 1/ ??? 2/ Reviviscence (nostalgie...?) 3/ Une réflexion sur elle-même... Voilà, dîte-moi ce que vous en pensez, je pense que la première partie est banale, mais elle rapporte des points... Par contre la deuxième ne m'attire pas tant que ça... Je vous remercie d'avance pour tous les conseils et les idées que vous pourrez me donner ! A bientôt, Pitite_Blagounette :P
E-Bahut clems Posté(e) le 14 novembre 2004 E-Bahut Signaler Posté(e) le 14 novembre 2004 c vrai que la première partie rapporte des points tu voulais dire "réminiscence"? j'étudierais le paysage, la façon dont il sert de transitions aux deux époques de sa vie. la métaphore filée du seuil, avec l'évocation du nouvel an (passage d'une année à l'autre), de la jonction établie entre ses deux soi. enfin, l'aspect transitoire du texte, et l'évolution vers le révolu, là où apparaît le regret. voilà mes idées.
Pitite_Blagounette Posté(e) le 14 novembre 2004 Auteur Signaler Posté(e) le 14 novembre 2004 Euh non, je voulais bien dire "reviviscence". Parce-qu'en fait, elle revit son enfance avec le tambour, et tout... au moment où elle écrit. Je suis entièrement d'accord avec l'aspect transitoire du texte (je l'avais po vu :P ) Mais par contre, j'ai pas compris ton histoire métaphore filée du seuil... Si tu pouvais m'éclairer.... En tous cas marchi bicou ! B)
Pitite_Blagounette Posté(e) le 14 novembre 2004 Auteur Signaler Posté(e) le 14 novembre 2004 Chiouplait....
E-Bahut clems Posté(e) le 14 novembre 2004 E-Bahut Signaler Posté(e) le 14 novembre 2004 exact pour "reviviscence", je pensais à la madelaine de Proust... La reviviscence du passé Le passé est évoqué comme s’il était encore présent. Plusieurs procédés concourent à cet effet : - Plusieurs verbes au présent : " ces mêmes souvenirs renaissent [...] se gravent [...] augmentent " ; " me plaisent [...] ils sont de ce temps-là " ; " Je vois la servante " ; " Je vois tout l’arrangement " ; " les petites anecdotes [...] qui me font encore tressaillir " : procédé de l’hypotypose (consiste à raconter une scène passée comme si elle était présente) - Participes présents et infinitifs : " le valet agissant ", " une hirondelle entrant ", " une mouche se poser " : le temps n’a pas de prise sur les instants. - Verbes de mouvement : " agissant, entrant, se poser, la maison s’enfonçait, venaient ombrager, passaient " ® le passé n’est pas figé, mais saisi dans son déroulement étonnamment présent. - Enumération de détails concrets : " Les moindres faits " (" une hirondelle ", " une mouche ", " une estampe ", " un baromètre ", " un grand calendrier ") : certains de ces éléments représentent, de manière symbolique, le temps.
Pitite_Blagounette Posté(e) le 14 novembre 2004 Auteur Signaler Posté(e) le 14 novembre 2004 Donc en fait là on (enfin tu) a expliqué la reviviscence. Mais en réflechissant, ma deuxième partie est pas si top que ça... Parce-que y a pas vraiment de rapport entre l'introspection et la reviviscence.. Donc il serait plus judicieux de donner en II -, une autobiographie dans un but de reviviscence.... (je sais pas trop comment formuler) En 1/ je c pas, en 2 non plus et en 3/ notre explication... T'en pense quoi ? Désolée de t'embêter....
E-Bahut clems Posté(e) le 14 novembre 2004 E-Bahut Signaler Posté(e) le 14 novembre 2004 ce qui est intéressant, c la façon dont la reviviscence constitue une réinterprétation du passé, se focalise sur des points précis. j'étudierais ce phénomène en premier puis le problème du seuil, où le narrateur se situe dans ce souvenir qui empiète sur le présent.
Pitite_Blagounette Posté(e) le 15 novembre 2004 Auteur Signaler Posté(e) le 15 novembre 2004 Ok, merci beaucoup ! Je vais essayer de me débrouiller avec tout ça ! :P
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