E-Bahut experiment Posté(e) le 2 février 2005 E-Bahut Signaler Posté(e) le 2 février 2005 Bonjour, J'ai passé mon bac blanc récemment (voir sujet antérieur) et un des sujets était: Etre honnête, juste, est-ce être naïf ? En vue d'un prochain devoir, notre professeur nous a demandé de rechercher le corrigé afin que l'on puisse travailler dessus en cours. Quelqu'un aurait-il déjà traité ce sujet ? Si non, auriez-vous qq idées qui me permettraient de faire mon propre corrigé ? (cette idée ne me plait pas trop mais bon...) Merci d'avance. Ps: c'est pour la rentrée, dans environ 15 jours.
E-Bahut sansid3 Posté(e) le 3 février 2005 E-Bahut Signaler Posté(e) le 3 février 2005 Rousseau affirme que la condition actuelle de l'honnête est une situation de contrainte : "[…] le méchant prospère, et le juste reste opprimé."
E-Bahut experiment Posté(e) le 7 février 2005 Auteur E-Bahut Signaler Posté(e) le 7 février 2005 Merci sansid3 je vais poursuivre mes recherches durant les vacances.
E-Bahut sansid3 Posté(e) le 10 février 2005 E-Bahut Signaler Posté(e) le 10 février 2005 reviens nous voir quand tu commences a reflechir dessus alors. Un autre point de vu: Sur toutes choses, quand tu te plaindras d'un ingrat et d'un perfide, ne t'en prends qu'a toi-même ; car c'est manifestement ta faute, soit d'avoir cru qu'un homme ainsi disposé te garderait le secret, soit quand tu as fait un plaisir, de ne pas l'avoir fait gratuitement, sans en attendre aucune reconnaissance, (et de n'avoir pas recueilli tout le fruit de ton action, dans le moment même de l'action.)Car que veux-tu davantage ? N'as-tu pas fait du bien à un homme ? Cela ne te suffit-il pas ? Et, quand tu agis selon la nature, demandes-tu d'en être récompensé ? [C'est comme si l'oeil demandais d'être payé parce qu'il voit] et les pieds parce qu'ils marchent. Car, comme ces membres sont faits pour cela, et qu'en remplissant leurs fonction ils ont tout ce qui leur est propre, de même l'homme est né pour faire du bien, et toutes les fois qu'il est dans cet exercice ou qu'il fait quelque chose d'utile à la société, il accomplit les conditions sous lesquelles il est au monde, et il a ce qui lui convient. Marc-Aurèle
E-Bahut experiment Posté(e) le 14 février 2005 Auteur E-Bahut Signaler Posté(e) le 14 février 2005 Bon voilà ce que j'ai trouvé. Il faut dire que cette dissertation ne m'inspire pas du tout, de plus je n'écris pas comme mon prof, et nous n'avons pas encore vu la notion de justice... Peut-on tout justifier ? I - QUELLE ANALYSE POUR CE SUJET ? Il faut prendre garde à la plurivocité du terme "justifier", qui signifie "rendre juste". "Juste" renvoie à la fois à la "justesse" et à la justice. On peut donc traiter aussi bien la question de la vérité (peut-on justifier toute opinion ?) que celle de la morale (tout comportement est-il juste ?). Le mieux est de trouver un plan qui rassemble les deux perspectives. Le terme "tout" doit faire l'objet d'une attention particulière. II - UNE DEMARCHE POSSIBLE A - LE PRESUPPOSE RELATIVISTE On trouve, dans la tradition sophistique, l'opinion selon laquelle toute cause peut être défendue, la bonne comme la mauvaise. Les sophistes enseignent d'ailleurs l'art oratoire, essentiellement pratiqué dans les procès et les délibérations publiques. Mais la sophistique, comme le pointe Platon, prend garde d'enraciner cette position axiologique dans une théorie de la connaissance, que l'on peut, avec François Châtelet, nommer sensualiste. Rien n'est plus juste ou moins juste, parce que d'abord rien n'est en soi vrai ou faux, aucune discussion ne peut trouver de solution définitive. En effet, tout énoncé serait un "point de vue", relatif aux sentiments et à l'état d'esprit de tel individu à tel moment. De ce point de vue, tout peut être "justifié" : ce que je fais et ce que je pense est juste du moment que je le pense et que je le fais. Et tout peut être "rendu juste" aux yeux de mon juge : il suffit de changer, par une habile rhétorique, l'état d'esprit de l'auditeur. B - L'IMPASSE DU RELATIVISME On voit que la question ne peut être traitée sans s'interroger sur les fondements du jugement en général. Peut-on et doit-on faire usage de critères absolus du jugement ? Peut-on discriminer, dans la multitude des pensées et des actions, ce qui doit être et ce qui ne doit pas être ? Il apparaît que l'activité humaine ne peut, sans se leurrer elle-même, renoncer à rendre compte d'elle-même, c'est-à-dire à choisir des critères d'universalité et d'objectivité, aussi bien dans le domaine de la connaissance que dans celui de l'action. A cette condition seulement sont possibles aussi bien la science que la liberté et la responsabilité (imputabilité des actions). Or l'établissement de critères, qu'il s'agisse de justesse ou de justice, implique une référence à la raison, faculté des lois et des principes. Est injustifié, de ce point de vue, ce qui offense les exigences de la raison. C'est ainsi que Platon conçoit le passage de l'opinion à la science : la science est le discours justifié, c'est-à-dire fondé sur des raisons. Les exigences de la science moderne sont d'ailleurs dans le droit fil de cette tradition fondatrice : ne peut être reçue pour scientifique qu'une hypothèse testée selon les exigences d'une expérimentation de part en part investie de rationalité (non-contradiction, mathématisation...). L'existence de critères discriminants est à l'oeuvre également dans l'action, aussi bien du point de vue juridique que du point de vue moral. L'homme ne peut renoncer, comme le montre Kant, à l'exigence de responsabilité. Or je ne puis rendre compte que de ce qui procède de l'autonomie (se donner à soi-même sa propre loi) et donc de la raison dans son usage pratique (impératif catégorique). La loi du devoir, que je l'écoute ou non, pose donc une limite absolue aux entreprises casuistiques d'auto-justification. C'est d'ailleurs ce qu'en d'autres termes pointe Pascal dans Les Provinciales , en mettant au grand jour le caractère intenable de la casuistique jésuistique. Cette analyse nous conduit enfin à montrer les limites de l'exigence de justification : ne peut être juste (ou non-juste) que ce qui se situe "dans les limites de la raison" (Kant). Ne peut ainsi être justifiée (ni réfutée) une croyance, en particulier religieuse. On ne peut justifier la croyance dans l'existence de Dieu, ni d'ailleurs la croyance dans sa non-existence : il s'agit d'un objet à propos duquel aucune connaissance, aucun savoir universalisable, n'est possible. C - COMPRENDRE N'EST PAS JUSTIFIER On peut enfin, comme simple remarque, noter que tout comportement humain, et toute opinion, peuvent sans doute être "expliqués", c'est-à-dire qu'on peut leur assigner une cause. C'est ce à quoi nous invite Spinoza ( Ethique , 3) lorsqu'il recommande de "ne pas rire, ni se lamenter, ni haïr, mais comprendre". On peut d'ailleurs rapprocher cette attitude de celle de toute approche "psychologisante", et du freudisme en particulier. Mais il faut noter qu'un comportement "expliqué" ne devient pas "juste" pour autant. La présence de psychiatres dans les tribunaux ne dispense du "jugement" que dans des cas exceptionnels. L'homme ne peut pas si facilement, et sans se tromper lui-même, renoncer à sa propre responsabilité. Est juste ce qui est conforme à la légalité et à l'égalité. Bref, l’idée même de justice cmprend l’idée selon laquelle être juste ce n’est pas seulement se conformer aux lois. C'est aussi se conformer à l'esprit de justice. Comment définir de façon précise cet esprit de justice? il y a des lois injustes : ce sont des lois qui ne respectent pas l'humanité, des lois "inhumaines", qu'on ne peut accepter sans contradiction. Mais dans l'idée de justice est aussi comprise l'idée d'égalité, d'impartialité (intro). Ici, on va dire que l'esprit de justice, l'équité, revient à respecter cette égalité. Etre juste, c'est non seulement obéir aux lois positives, mais aussi et à condition de ne pas nuire à cette égalité. De nouveau, on va dire que revendiquer une telle exigence, c'est demander que la loi soit guidée par une exigence morale. Quand on parle de lois égales, on parle cesse de lois humaines, mais le domaine d'application de ces lois est retreint à un domaine particulier dans la vie de la société : celui de la répartition des biens et des charges entre les membres de la communauté (exemple : payer des impôts; recevoir tel salaire; posséder tels biens; pouvoir accéder à tel emploi, etc). Aristote appelle cette forme de justice la "justice distributive". Qu'est-ce qu'être juste, dans le domaine de la justice distributive? Tout le monde pense qu'une loi visant à répartir les biens et les charges dans la société doit respecter l'égalité, ie, ne léser personne. Une loi faisant des exceptions n'est pas recevable, n'est juste que de nom. On aurait raison de refuser d'y obéir, au nom de l'autonomie. Mais Comment respecter l'égalité? Comment va-t-on répartir ces biens et ces charges? Est-ce si facile? Est-ce si objectif? Etre juste, n'est-ce qu'obéir aux lois ? Ca va être laborieux, je pense... N'hésitez pas à me donner vos idées. Merci
E-Bahut sansid3 Posté(e) le 14 février 2005 E-Bahut Signaler Posté(e) le 14 février 2005 ce que tu as trouve a le mot justice dedant, mais cela ne me semble pas vraiement proche de ton sujet. Je ferais plutot une recherche du genre ""Etre juste c'est" et tu trouverais des pages comme http://www.philocours.com/cours/cours-justice.html Pourquoi le besoin de justice? Si on a ce besoin, c'est parce qu'il y a rareté des biens disponibles, et des inégalités physiques, psychologiques, etc., entre les hommes. Nous en avons donc besoin comme critère pour répartir les biens rares et établir une symétrie.
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